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Find you ♪ Gabriel & Abigaïl

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MessageSujet: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 10/5/2015, 18:32

Gabriel ∞ Abigaïl
« Find you. »
Make them dance
Just like you
Cause you make me move
Yeah you always make me go

I'll run away with your foot steps
I'll build a city that dreams for two
And if you lose yourself
I will find you


La musique continue de se déverser à travers mes écouteurs. Encore hier je ne connaissais pas du tout cette chanson, que j'ai entendue dans un film. Ceux qui ont choisi les bandes sonores pour le film « Divergente 1» devraient être franchement remerciés, j'ai pu télécharger – bon d'accord, illégalement, mais tout le monde fait ça – la plupart des musiques, qui s'entassent dans mon I-Pod. Les trajets dans Paris peuvent être longs. C'est pour cela qu'une bonne bibliothèque musicale est indispensable quand on a plusieurs arrondissements à traverser. Est-ce que la voiture aurait été plus pratique ? Bien sur, cependant je n'aime pas conduire. Sur les routes de campagne okay, à Thonon il n'y a rien de plus facile malgré les nombreux lacets que font les routes de montagne. Mais ici ? La circulation est dense quasiment tout le temps, les gens conduisent comme des pieds et il y a des routes à voies multiples partout. Résultat des courses : ma voiture est très bien là où elle est, protégée de toute cette agitation.

J'ai finalement retrouvé l'adresse de Gabriel quelque part dans mes papiers. Heureusement que je sais où tout se trouve parce que mon bureau était sans dessus dessous. Ambre et Tybalt m'ont laissée chez moi hier, après m'avoir ramenée des urgences où j'avais passé la nuit. Je préfère ne pas trop y penser. La longue marque de mon cou est déjà un rappel un peu trop pesant à mon goût. J'ai pu habilement cacher le pansement grâce à un foulard en soie confectionné quelques jours plus tôt. A croire que j'avais un pressentiment de ce qui allait m'arriver, ce jour là. Mais non, c'était aussi imprévu que terrifiant.

Les rues défilent devant mes yeux, tout comme les nombreux moments passés en compagnie de Gabriel. J'ai l'impression que ça fait des lustres que je ne l'ai pas vu, ce qui n'est pas faux au fond. L’arrêt que je recherche est enfin devant moi et je descend précipitamment du bus. La rue est calme,  seul un autre étudiant descend à mes cotés. D'après moi il est gay et à en juger par la sacoche qu'il arbore, il est en architecture ou aux beaux-arts. Comment je le sais ? Il suffit de regarder, d'observer et d'interpréter. Ça arrive qu'on se trompe parce que les apparences sont souvent trompeuses, mais j'adore essayer de deviner ce que font les gens autour de moi rien qu'en observant leur attitude, leur comportement vis-à-vis des autres, leur tenue et les accessoires qu'ils portent.  

Je suis enfin arrivée : d'après mon plan du 10ème arrondissement je suis juste en face de chez lui. Il s'agit d'une sorte d’entrepôt un peu vétuste. Je fronce les sourcils, qui aurait l'idée de vivre là ? Rien que l'extérieur me file les chocottes, néanmoins Gabriel se trouve à quelques pas de moi et je suis tellement impatiente que je fais abstraction de l'environnement. Je frappe trois petits coups sur la porte, puis j'entends du bruit à l'arrière. Donc il est là. Mon cœur bat la chamade. Est-ce qu'il va me reconnaître ? Bien évidemment, je n'ai pas tant changé que ça. Qu'est-ce qu'il devient depuis le temps ? Il me le dira. Est-ce que ça ne fait pas bizarre que je me pointe chez lui après plusieurs années de silence radio ? C'est clair !

Soit, je lui décroche un sourire colgate quand il ouvre la porte. Ouah... il n'a plus la même expression qu’autrefois. Il semble... plus vieux. Parce qu'il l'est, mais on dirait que son regard a pris 30 ans en quelques années. « Salut Gabriel ! » dis-je en n'arrivant pas à réfréner la course de mon cœur dans ma cage thoracique. Il a l'air dubitatif, comme si... comme si il ne me reconnaissait pas. En fait c'était une mauvaise idée, je devrais partir tout de suite avant de me ridiculiser. Mon sourire se fane à la vitesse de l'éclair et je demande, timidement : « Heu... tu te souviens de moi ? Abby... de Haute-Savoie. Je sais que ça fait longtemps mais... j'ai retrouvé ton adresse et je me suis dit  « Pourquoi ne pas lui rendre visite ? » ! » J'énonce, peu sure de moi.
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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 10/5/2015, 22:14

Abigaïl & Gabriel

Find you


Cela faisait désormais quelques semaines qu'une ambulance avait déposé Gabriel devant cet entrepôt, cet endroit mal chauffé et mal éclairé qu'on lui avait pourtant bien présenté comme étant son logement. Visiblement ses papiers en attestaient et même s'il avait d'abord eu du mal à y croire, le jeune homme n'avait pu que constater qu'il avait effectivement vécu dans cet endroit. En arrivant, il avait trouvé un lit défait, une table, des assiettes, une pièce qui servait apparemment de salle de bain de fortune…. bref, tout le nécessaire pour vivre dans cet entrepôt qui avait pour principale vocation d'accueillir un nombre incalculable de tableaux. Avait-il peint tout ça de ses propres mains ? Impossible de le savoir. Les médecins avaient eu beau lui parler de ce déclic qu'il pourrait avoir en rentrant chez lui, et qui l'aiderait à retrouver la mémoire… Gabriel n'en avait toujours pas vu la couleur. Il s'était simplement retrouvé projeté dans cette vie dont il ne savait rien, et dans laquelle il avait bien du mal à se sentir à sa place. Centimètre par centimètre, il découvrait ce qui lui servait de logement et malgré tous les effets personnels que ce dernier semblait contenir, aucune bribe de souvenir ne lui revint. Gaby avait juste la désagréable impression de s'installer chez quelqu'un d'autre, de fouiller curieusement dans la vie d'un autre, d'un autre qui n'était pas lui. Mais puisqu'on ne lui laissait pas d'autre choix, le jeune homme avait du s'adapter. Il avait passé des heures entières à scruter chacun des tableaux entreposés chez lui, dans l'espoir d'y voir un indice, d'en faire sortir un quelconque souvenir… en vain. Alors il avait reprit le pinceau, et s'était installé devant son chevalet pour peindre tout ce qui lui passait par la tête. Effectivement, ses gestes lui parurent pour le moins assurés, comme s'ils étaient habituels, sans pour autant qu'ils ne lui rappellent quoi que ce soit. Gaby avait aussi trouvé une guitare près de son lit et après s'y être essayé, avait constaté qu'il jouait parfaitement bien. Il y avait aussi tous ces objets, quels qu'ils soient, avec lesquelles il jonglait sans cesse… et puis il y avait ces lettres. Des lettres qu'il avait trouvé au fin fond d'un carton poussiéreux et qu'il avait prit le temps de relire une par une sans vraiment en comprendre le contenu. Il s'agissait d'une fille, probablement une adolescente, qui avait du lui écrire des années auparavant comme en témoignaient les ondulations du papier abimé par l'humidité. Elle lui parlait d'un cirque, de moments qu'ils avaient visiblement passés ensemble et qui lui manquaient, de son père aussi… autant de détails qui laissèrent penser au jeune homme qu'elle le connaissait très bien à l'époque. Mais lui n'avait aucun souvenir d'elle ni même des circonstances dans lesquelles ils s'étaient cotoyés.

Assis devant son chevalet, un pinceau à la main et de la peinture plein ses vêtements, Gabriel était dubitatif. Il scrutait son œuvre incomplète les sourcils froncés, comme pour chercher le détail qui ferait toute la différence, celui qui viendrait terminer ce tableau en beauté. Il grattait sa barbe naissante d'un air dubitatif, déposant sans même s'en rendre compte quelques traces de peinture sur celle-ci. Mais soudain, un bruit sourd derrière lui le tira de ses rêveries. Quelqu'un avait frappé à la porte, la porte de son entrepôt. Soudain, il fut saisi d'une grande curiosité. Si quelqu'un venait le voir, cherchait à le trouver, c'était probablement qu'il le connaissait ! Peut-être que le moment de ce fameux déclic était venu ! Précipitamment, il fila donc entrouvrir la porte et alors qu'il y passait sa tête, fut presque déçu de tomber sur un visage qui ne lui rappelait rien. Deux grands yeux bleus qui le fixaient sans éveiller le moindre souvenir dans sa mémoire. «  Salut Gabriel ! » lança l'inconnue avec un large sourire aux lèvres. Le jeune homme se sentit d'ailleurs un peu coupable de ne pas lui rendre son sourire mais pour l'heure, il était bien trop occupé à fouiller au plus profond de sa mémoire dans l'espoir d'y entrevoir le visage de cette fille. Mais ce fut finalement elle qui prit les devants en lui expliquant qu'elle se prénommait Abby, qu'ils s'étaient connus en Haute-Savoie et qu'ils ne s'étaient visiblement pas croisés depuis très longtemps. «  Euh… Abby… Oui ! Je… » balbutia-t-il en feignant de la reconnaître quelques instants pour ne pas lui faire de peine, avant de secouer la tête d'un air désespéré. «  Non… non, désolé. Je ne me souviens pas. » avoua Gabriel, avant de repenser brusquement à ces lettres qu'il avait retrouvées il y a peu de temps. «  Attends, est-ce que… est-ce que je suis censé avoir des lettres de toi ? Est-ce que tu es cette Abby ?! » questionna-t-il, soudain envahi d'une vague d'espoir.


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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 14/5/2015, 01:39

Gabriel me regarde, dubitatif et presque méfiant. Pourquoi n'ouvre-t-il pas la porte complètement ? Il n'a passé que sa tête et je ne vois pas le reste de son corps. Pendant qu'il bégaie gentiment je l'observe à la dérobée : il a de la peinture sur la joue et sur les doigts qui tiennent la porte ouverte. Si je ne le connaissais pas je pourrais croire qu'il vient de faire de la peinture avec son môme, mais Gabriel n'a pas d'enfants aux dernières nouvelles, c'est donc que je l'ai dérangé pendant son activité créative. «  Euh… Abby… Oui ! Je… » Un petit espoir, tout petit compte tenu de son bafouillement. Mais l'espoir est une sale chose, il vous fait miroiter quelque chose alors que vous savez que vous ne l'obtiendrez jamais. Il finit par secouer la tête et je déchante rapidement. «  Non… non, désolé. Je ne me souviens pas. » Quelque chose cloche: je me suis peut-etre trompée d'adresse et c'est quelqu'un d'autre – qui lui ressemble beaucoup, soit – qui a ouvert ? Non, parce qu'il ne m'a pas reprise quand je l'ai appelée Gabriel. Et puis la coïncidence serait trop énorme pour que ledit mec s'appelle également Gabriel. Donc il m'a oubliée. Après toutes ces vacances que nous avons passées ensemble, quand  il venait dans notre ville, il ne se souvient absolument pas de moi. J'essaie de ne pas trop montrer ma déception, cependant ça me fend le cœur. J'ai l'impression qu'un poing enserre mon cœur à l'en faire saigner, parce que c'est dur de voir cette ignorance dans si beaux yeux. Peut-être que je ne suis pas si unique que ça, que je ne suis pas « son » Abigail mais qu'il s'est fait plein d'autres amies dans d'autres villes, tellement qu'il ne sait plus discerner les unes des autres. Je n'y ai jamais pensé, ça fait peut-être de moi quelqu'un de naïf au fond.

« Oh... » Bon bah je m'en vais et puis astalavista bye bye ? Mes épaules sont retombées, mon dos s'est voûté et j'oublie complètement le mantra de chaque danseuse qui se respecte : conserver le dos droit. J'avais mis tellement d'attentes dans cette visite que je ne me suis jamais dit que ça ne marcherait pas. Pour moi c'était inconcevable. La chute n'en est que plus dure. Je baisse la tête pour trouver une solution, quitter son regard d'inconnu. N'importe qui serait gêné à ma place : vous recontactez un ami que vous n'avez pas revu depuis longtemps et il ne vous reconnaît absolument pas, il y a de quoi avoir l'égo blessé tout de même ! «  Attends, est-ce que… est-ce que je suis censé avoir des lettres de toi ? Est-ce que tu es cette Abby ?! » Mes yeux s'ouvrent grands et pétillent, se relevant automatiquement vers le bel apollon. J'ai retrouvé le sourire, aussi. Pas si éblouissant que celui avec lequel je suis arrivé, mais un sourire quand même.  Je hoche la tête brusquement, plusieurs fois, comme une gamine à laquelle on propose un bonbon. « Oui c'est ça ! » Bravo Gabriel, tope-là mon pote ! Non, pas encore, il risque de me regarder telle une alien. « Pourquoi ? Il y a plusieurs Abby dans ta vie peut-être ? » Je le taquine en riant de bon cœur, m'informant au passage de l'existence ou non de ces multiples Abby à travers la France. « Tu pourrais peut-être me faire entrer non ? Ca ne te ressemble pas de laisser une amie dehors. » dis-je gentiment, poursuivant sur le ton de la taquinerie. Mes paroles sont dénuées de reproches toutefois, c'est juste une boutade idéale pour faire passer le message : je ne veux pas rester là dehors comme une inconnue, c'est trop étrange.
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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 18/5/2015, 23:26

Abigaïl & Gabriel

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Gabriel avait beau fouiller dans sa piètre mémoire, aucun souvenir ne lui revenait, pas même en face de cette fille qui semblait pourtant si bien le connaître. Elle était belle, ses yeux captaient toute l'attention du jeune peintre, et il ne faisait aucun doute qu'une fille comme elle aurait du marquer ses souvenirs. Avec le temps, et les occasions qui s'étaient déjà présentées, Gabriel commençait à croire que le déclic que les médecins lui avaient promis n'arriverait jamais. D'ailleurs, cela faisait aussi partie de leurs hypothèses, ces hypothèses dont ils n'avaient que très peu parlé au jeune homme certainement pour ne pas qu'il perde espoir. Mais à cette instant précis, celle qui paraissait être le plus déçue, c'était bel et bien Abby. Alors qu'il se sentait déjà horriblement coupable de ne pas la reconnaître, le jeune homme la vit se décomposer littéralement devant lui. Il sentit alors son cœur se serrer, alors que ses yeux s'appliquaient à détailler encore et encore chaque trait du visage de la jeune femme, comme s'il gardait toujours espoir qu'une bribe de souvenir lui revienne. Et soudain, Gabriel fit le rapprochement entre cette Abby, et la pile de lettres qu'il avait trouvées chez lui quelques jours plus tôt. A son plus grand soulagement, son interlocutrice retrouva le sourire au moment même où le peintre évoqua ces lettres. Et même si cela ne lui en disait pas beaucoup plus sur le passé commun qu'il avait eu avec elle, Gabriel ne put s'empêcher de sourire à son tour. Et alors qu'elle lui demandait s'il avait plusieurs Abby dans sa vie, le jeune homme ne put que hausser les épaules en lui lançant un regard hésitant. « J'imagine que non… » souffla-t-il sans entrer dans les détails, et sans lui livrer les causes de cette hésitation.

Après y avoir été invité avec plus ou moins de tact par Abby, Gabriel consentit enfin à s'écarter pour la laisser entrer dans l'entrepôt qui lui servait de logement. «  Oui bien sûr, excuse-moi… » balbutia-t-il, avant de refermer la porte derrière elle. Un peu gêné, le jeune homme se gratta nerveusement la nuque sans cesser d'observer Abby et le regard qu'elle portait sur tout ce qui l'entourait. « Euh… j'imagine que c'est la première fois que tu viens… C'est ici que je vis… apparemment. » ajouta-t-il à demi-voix, pas certain de comprendre lui-même ce qu'il fichait dans cet entrepôt qui n'avait absolument rien d'accueillant. A vrai dire, en ce moment, Gabriel avait l'impression de ne rien comprendre de tout ce qui lui arrivait. Tout semblait le surprendre à commencer par son propre prénom qu'il n'avait même pas reconnu, mais qu'il avait du réapprendre durant son séjour à l'hôpital. Sans savoir comment aborder le sujet, Gabriel resta silencieux quelques instants, observant l'entrepôt aux côtés d'Abby un peu comme s'il le découvrait en même temps qu'elle. Puis, il prit une profonde inspiration et se lança plus ou moins habilement dans des explications qu'il estimait lui devoir : « Désolé. Désolé de ne pas t'avoir reconnue, j'ai vu que tu étais déçue mais… Il faut que tu saches quelque chose. » Une petite grimace déforma son visage, alors que Gabriel cherchait la meilleure méthode pour expliquer sa situation le plus clairement possible. « J'ai eu un accident. J'ai été renversé par une voiture d'après ce qu'on m'a dit à l'hôpital et… je n'ai plus aucun souvenir de ce qui est arrivé. Je n'ai plus aucun souvenir du tout en fait… Les médecins parlent d'amnésie, ils disent que je pourrai peut-être retrouver la mémoire un jour, suite à un déclic… Mais je ne suis pas certain qu'ils aient raison. » déclara-t-il d'un air un peu détaché, avant de reporter son regard vers Abby. « C'est pour ça que je ne te reconnais pas… Mais j'ai retrouvé tes lettres il y a quelques jours, quand l'ambulance m'a déposé ici… »


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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 20/5/2015, 19:04

Son attitude est carrément étrange avant qu'il ne se souvienne de mes lettres. Il a forcément une explication, non ? Je sais que ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus mais je n'ai pas tant changé que ça, j'ai même gardé une photo de nous deux que maman avait prise quand nous avions dix ans. Nous étions venus en vacances à Thonon, comme tout les ans, pour revoir la famille, les amis et les voisins. Nous nous arrangions toujours pour tomber dans les mêmes dates que le cirque, elle savait que ça me tenait à cœur. La photo nous représente juste devant le lac, mes bras enlacés à son cou et lui qui me serre comme si j'étais la chose la plus importante de son monde. C'était une belle journée... nous avions ri aux éclats jusqu'à ce que j'ai trop mal au ventre pour oser avoir un fou rire supplémentaire. Je l'avais supplié d’arrêter de me faire rire comme ça et bien sur il avait continué pendant plusieurs minutes en me taquinant.

J'entre dans l'endroit où il vit et je reste bouche bée. C'est grand, bien sur, mais c'est assez austère. Pas le genre d'endroit où j'aimerais vivre. Pourquoi a-t-il élu domicile ici ? Est-il en manque d'argent ? A-t-il des problèmes ? « Euh… j'imagine que c'est la première fois que tu viens… C'est ici que je vis… apparemment. » Je fronce les sourcils face au ton de sa voix. Apparemment ? Il y a vraiment quelque chose de louche là dessous. La deuxième chose que je remarque sont les toiles accrochées partout sur les murs. Elles sont magnifiques. Certaines dénotent une tristesse, un sentiment sombre qui évoque la nostalgie des moments passés. Tandis que d'autres regorgent de couleurs chatoyantes, celles-là attirent instantanément mon regard. Je n'aurais jamais imaginé Gabriel vivre dans un logement comme celui-là... il ne lui ressemble pas du tout. La raison pour laquelle il a du se résigner a vivre ici est certainement le dépit, ou autre chose. « Wow... je n'aurais jamais pensé que tu vivais dans un endroit... comme ça. » Il s'excuse ensuite... il a quelque chose à me dire. Qu'est-ce que cela signifie ? En général quand un homme prononce cette phrase ça annonce quelque chose de sérieux, voire grave. Les scénarios défilent dans ma tête : il est marié ? A des enfants ? Est schizophrène ? Je me rend compte combien c'est ridicule en entendant ce qu'il a à me dire.

Il me laisse sans voix. Si j'avais imaginé qu'il ai perdu la mémoire... ! En tout cas cela explique son attitude depuis le début. Ce n'est pas parce qu'il avait plein d'autres petites amies dans d'autres villes qu'il ne m'a pas reconnue, mais parce que sa mémoire lui fait défaut. Dans mon malheur je suis soulagée, en quelque sorte. « Mais ça va ? Tu n'as pas eu d'autres séquelles ? » Je demande dans un souffle, cherchant du regard un endroit où m'asseoir. Finalement je repère une vieille chaise en ferraille et je m'assieds dessus sans le lui avoir demandé. Il faudra du temps pour que je digère cette situation. Moi qui venais avec de bonnes résolutions et l'envie de retrouver notre complicité d'antan, ça s'annonce beaucoup plus compliqué que prévu, voire impossible. « Tu ne te souviens vraiment de rien ? Je veux dire, tes parents, ton enfance, qui tu es... » Ma voix se brise sur ces derniers mots. Heureusement qu'il a fait le rapprochement avec mes lettres... sans doute parcourt-il sans relâche cet entrepôt en quête de lettres ou d'indices qui l'aideront à se souvenir. Oublier tout ce que l'on est, tout ce qui nous définit, c'est d'une cruauté sans nom. Maintenant il ne me reste qu'à espérer qu'il se rappelle. « Ça faisait un moment que je voulais venir te voir, mais je n'ai pas pris le temps, avec mon boulot... » puis mon ex qui accaparait mon temps. « peut-être que si j'étais venue plus tôt, ça aurait changé quelque chose. » je murmure.

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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 22/5/2015, 14:24

Abigaïl & Gabriel

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Abby était la toute première personne que Gabriel recevait dans cet entrepôt et à vrai dire, il se trouvait un peu honteux de lui faire découvrir ce véritable débarras dans lequel il vivait. Lui-même avait été à la fois surpris et presque choqué lorsque l'ambulance l'avait déposé à cette adresse, et lorsqu'on lui avait dit que ses papiers d'identité stipulaient qu'il s'agissait bel et bien de son logement. En entrant dans l'entrepôt comme si c'était la première fois, Gaby avait alors découvert tout un tas de souvenirs qui ne semblaient pas être les siens. Des tonnes de tableaux, du matériel de peinture entassé un peu partout, des montagnes de papiers… Et tout cela lui avait donné l'impression paradoxale d'être un étranger dans sa propre demeure. Il lui avait fallu du temps pour se faire à cette nouvelle vie, pour s'habituer à ces lieux pour le moins particulier et encore aujourd'hui, le jeune peintre avait parfois un peu de mal à s'y retrouver. D'ailleurs, lorsque la jeune femme lui avoua être surprise par cet endroit dans lequel elle le trouvait, Gabriel ne put s'empêcher de souffler : « Moi non plus, je n'aurai jamais pensé… » tout en haussant les épaules.

Puis vint le moment de tout avouer. De parler de tout ce qu'il venait de traverser pour la toute première fois devant quelqu'un, autre que les médecins de l'hôpital qu'il avait un peu trop fréquenté à son goût. Et puis il y avait ce regard qu'Abby lui lançait depuis qu'elle était entrée… Ce regard qui attesta que Gabriel lui devait certainement quelques explications. Alors il se lança, sans trop savoir comment s'y prendre, sans trop savoir comment la jeune femme réagirait. Il tenta de lui résumer la situation le plus simplement possible, sans rentrer dans les détails qu'il ne connaissait de toute façon pas. Ou du moins seulement à travers les récits que les médecins et autres infirmières avaient bien voulu lui faire. Et une fois sa petite histoire terminée, Gabriel releva un regard timide vers sa voisine qui sembla incapable de prononcer le moindre mot durant quelques instants. Il lui fallait certainement un peu de temps pour assimiler tous ces aveux, tout comme il en avait fallu à Gabriel la première fois qu'on lui avait annoncé son accident et son amnésie. Puis, comme si elle reprenait soudain ses esprits, Abby s'inquiéta d'éventuelles séquelles que l'accident aurait pu laisser à son ami, qui secoua la tête en la rassurant : « Non, non, ça va… Enfin, j'ai passé quelques temps à l'hôpital mais à part quelques cicatrices, tout va bien maintenant. » Quelques cicatrices de gagnées pour tant de souvenirs perdus, ce n'était pas franchement équitable. Mais au moins, Gabriel était en vie et dans ses moments de déprime, cet argument lui permettait de se sentir un peu plus léger. « Tu ne te souviens vraiment de rien ? Je veux dire, tes parents, ton enfance, qui tu es... » poursuivit Abby, faisant de nouveau secouer la tête de Gabriel qui attrapa une chaise pour s'installer en face d'elle. Il ne trouva d'ailleurs pas la force d'argumenter et de se lancer dans de nouvelles explications, et ce contenta de ce signe de tête qui voulait dire beaucoup. Gabriel avait oublié jusqu'à son prénom, que les médecins s'étaient efforcés de lui réapprendre pendant son long séjour à l'hôpital. Il avait été comme projeté dans la peau d'un autre, dans une vie dont il ne connaissait rien et qui était pourtant la sienne jusqu'à cet accident qui avait tout fait basculer. Songeur, le jeune homme laissa son regard flotter dans le vide pendant un moment, jusqu'à ce qu'Abby ne le ramène à la réalité en soufflant : « peut-être que si j'étais venue plus tôt, ça aurait changé quelque chose. »  Fronçant brusquement les sourcils en discernant une pointe de culpabilité dans le ton de la jeune femme, Gabriel l'observa quelques instants avant de reprendre : « Tu crois que je me serai souvenu ? » questionna-t-il curieusement, avant de laisser ses épaules s'abaisser sous le coup de la fatalité : « Si ça peut te rassurer, je ne pense pas que ça aurait changé quoi que ce soit… Tu sais, depuis que les médecins me parlent de ce fameux déclic qui ferait revenir tous mes souvenirs comme par magie… je n'y crois plus vraiment. Tout ce que tu vois ici, ça aurait du provoquer quelque chose ! J'aurai du me sentir chez moi, et au lieu de ça… rien. Ils me parlent de déclic pour me rassurer, j'en suis sûr. Ca n'arrivera jamais.  »  conclut-il dans un souffle, détournant prestement son regard de celui d'Abby auquel il était resté accroché pendant toute la durée de sa tirade. Il n'avait pas l'intention de lui montrer ce trouble qui montait en lui, ce malaise, ces faiblesses qu'il lui avait déjà beaucoup trop exposé. Alors, un s'efforçant d'afficher un petit sourire sans âme, il demanda sans aucun espoir : « Parle-moi de toi… »


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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 24/5/2015, 23:24

Je vais de surprise en surprise depuis que j'ai frappé à sa porte. Son logement insalubre, ses questions étranges, son ignorance à mon sujet... Je fronce les sourcils quand il me dit que lui non plus n'aurait jamais pensé vivre dans un entrepôt tel que celui-ci. Mais je n'ai pas le temps de le questionner plus sérieusement qu'il m'avoue la vérité ; il est amnésique suite à un accident. « Non, non, ça va… Enfin, j'ai passé quelques temps à l'hôpital mais à part quelques cicatrices, tout va bien maintenant. » Ouf, je peux enfin souffler. Puis je me rappelle que lui ne se souvient pas de moi et la tension s'empare à nouveau de moi. Il ne se souvient donc de rien... il ne peut pas dire ce qu'il a fait ces dernières années, si il a pensé à moi ou non, si il a une pile de lettres qu'il rêvait de m'envoyer sans l'oser, si il avait envisagé de venir me voir, si... tellement de si, d'hypothèses qui ne seront jamais vérifiées. Pour cela il faut qu'il retrouve la mémoire. Pas évident selon ses médecins...

« Tu crois que je me serai souvenu ? » dit-il avant de se voûter, dans une position de profonde lassitude. Cependant il ne comprends pas ce que j'ai voulu lui dire. « Tu ne comprends pas... si j'étais venue avant ton accident, si j'avais décidé de venir te voir, je ne t'aurais jamais laissé... » je pointe du doigt l'environnement « ici. Et peut-être que tu n'aurais pas eu d'accident. » Mais c'est arrivé, et maintenant il ne se souvient plus de rien, même pas de moi. Je sais que ma réflexion est débile au fond, je ne peux pas savoir ce qu'il se serait passé. Et je ne serais jamais venue si cette fichue psychologue ne m'avait pas rappelé mon temps avec Gabriel. En repensant aux événements d'il y a quelques jours j'effleure mon bandage du doigt, pensive, avant de laisser retomber ma main le long de mon corps. « […] Ils me parlent de déclic pour me rassurer, j'en suis sûr. Ça n'arrivera jamais. » Son regard fuit désormais le mien, comme si il ne voulait pas que j'aperçoive sa détresse et sa résignation. L'espoir est ce qui nous tient en vie. Mais il peut aussi nous achever quand il décide de prendre ses clic et ses clac. « Ne perds pas espoir. Si tu n'y crois même pas, ça n'arrivera pas... peut-être que tu y réfléchis trop, tout simplement. Et que le fameux déclic arrivera au moment où tu t'y attendra le moins. » J'affirme d'une voix pleine de tendresse, mais aussi emplie d'une détermination sans failles. Je n'imagine même pas comment il se sent... la solitude doit être sa seule compagnie depuis que les ambulanciers l'ont déposé ici. Ses proches sillonnent la France, et ses amis ne savent pas qu'il a perdu la mémoire. Moi je sais que j'aurais toujours ma famille sur qui m'appuyer, elle est à Paris et nous nous voyons régulièrement autour de repas de famille. Avec la dispute qu'Ambre a eue avec papa, ça risque de changer mais nous réussirons toujours à nous voir. Gabriel, lui, n'a rien de tout ça. J'ai un pincement au cœur en y pensant. Le Gabriel joyeux et insouciant a laissé place à un Gabriel esseulé, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Au fond que sommes nous sans nos souvenirs ? Sans ce qui fait de nous ce que l'on est : une sœur, un frère, un père ou une mère, un ami ? Rien. Il ne nous reste qu'à tout reconstruire.

« Tes parents font partie d'un cirque ambulant, ils passaient toujours dans ma ville natale, à Thonon,  à la même période chaque année. C'est comme ça qu'on s'est connus. Je balançai mes jambes dans le vide, au dessus du lac, et toi tu venais souvent me retrouver là le premier jour. Ensuite on a pris l'habitude de se donner rendez-vous près d'une cabane qu'on a construite dans un pin gigantesque. » dis-je, nostalgique. Mon sourire ne me quitte pas depuis que j'ai commencé mon récit. « J'ai du déménager à Paris, mais je m'arrangeais toujours avec mes parents pour que nos vacances à Thonon tombent en même temps que les spectacles du cirque. » Sur ces phrases mes yeux remontent vers les murs de l’entrepôt couverts de peintures. « On a continué à s'écrire après que tu ai quitté le cirque, mais au fur et à mesure les lettres se sont espacées et... me voilà, aujourd'hui. »  
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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 29/5/2015, 17:56

Abigaïl & Gabriel

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Le fait de se trouver en face de quelqu'un qui semblait le connaître sans que lui-même ne sache précisément de qui il s'agissait avait quelque chose d'effrayant et d'enthousiasmant à la fois pour Gabriel. Même s'il n'avait aucun souvenir d'elle, même s'il avait oublié jusqu'à son prénom, il n'avait qu'à observer les réaction de la jeune femme, ses expressions et son comportement pour comprendre que leur relation avait vraiment compté pour elle. Quelle qu'elle soit. Elle avait l'air de s'inquiéter pour lui et pire, elle semblait se sentir coupable de quelque chose qu'elle ne maîtrisait absolument pas. D'ailleurs, personne ne maîtrisait réellement tout ce qui s'était passé, à part peut-être le chauffard qui avait renversé Gabriel ce soir-là et sur lequel la police n'était même pas parvenu à remettre la main. Un peu comme s'il se laissait porter par une force extérieure, le jeune peintre semblait vivre sa vie en tant que spectateur depuis que les ambulanciers l'avaient déposé devant son entrepôt. Il découvrait des souvenirs qui auraient du être les siens petit à petit, et Abby était très certainement le plus important d'entre eux. Sans le savoir, elle détenait peut-être les clés dont Gabriel avait besoin, celles qui lui permettaient de renouer avec a vie d'avant en retrouvant quelques bribes de mémoire. « Tu ne comprends pas... si j'étais venue avant ton accident, si j'avais décidé de venir te voir, je ne t'aurais jamais laissé... ici. Et peut-être que tu n'aurais pas eu d'accident. » poursuivit Abigaïl alors que le jeune homme secouait la tête comme pour la rassurer. « Tu ne dois pas te sentir coupable de tout ça ! » rétorqua alors Gabriel en fronçant légèrement les sourcils. « Je.. j'apprécie que tu prennes la chose à cœur comme ça, vraiment. Mais tu n'aurais rien pu faire, c'est… le destin, comme ils disent ! » poursuivit-il en affichant un sourire amer, et en faisant référence à tous ces mauvais films qu'il avait eu l'occasion de voir sur la minuscule télé de sa chambre d'hôpital.

Plus que jamais, Gabriel eut l'impression bizarre qu'il n'était plus seul, que quelqu'un était enfin là pour lui. L'inquiétude d'Abby, ses encouragements et ses paroles rassurantes lui réchauffaient le cœur, bien plus que tout ce que les médecins avaient pu lui dire et qui l'avait laissé de marbre. Avec elle, tout semblait différent. Elle avait dans les yeux une lueur particulière, qui la rendait d'ailleurs sublime, et qui apaisait Gabriel sans même qu'il ne s'en rende compte. Et lorsqu'il lui demanda avec curiosité de lui parler un peu d'elle, la jeune femme se lança dans un récit qu'il but du premier mot jusqu'au dernier en la dévorant du regard. Tout à coup, tout semblait prendre un nouveau sens. Ces photos d'une troupe de cirque qu'il avait trouvées dans ses cartons, non loin des lettres d'Abby, ces objets un peu loufoques dignes du plus grand des jongleurs… Au fond, Gaby avait tout de suite su que ces choses-là faisaient partie de sa vie d'avant, sans jamais comprendre pourquoi ni comment. Mais grâce au récit de son amie, il reconstituait peu à peu le puzzle de sa propre existence. « Oh… je comprends mieux maintenant. J'ai trouvé tout un tas d'objets bizarres, et des photos d'une troupe de cirque… je me demandai ce que tout ça faisait chez moi ! » observa-t-il avec ironie. Ecoutant la suite du récit avec une attention toute particulière, Gabriel hochait la tête de temps à autres, captivé par tout ce qu'Abby lui apprenait. « Je vois. On était… amis donc ? » questionna-t-il innocemment, s'étonnant presque qu'une fille aussi jolie soit restée son amie pendant tout ce temps sans qu'aucune histoire de cœur vienne troubler cela. Après tout, il avait peut-être aussi changé de goûts suite à son accident ? Mais en observant les yeux azurs de la jeune femme, Gabriel avait bien du mal à croire qu'il soit resté insensible à ses charmes, et ce même dans une autre vie. Tentant de reprendre le fil d'une conversation plus conventionnelle, le peintre se racla la gorge et reprit, l'air toujours aussi passionné par tout ce qui pouvait sortir de la bouche d'Abby : « Et donc… tu dis que j'ai quitté le cirque… Est-ce que je t'avais expliqué pourquoi ? » questionna-t-il en songeant à la vie qui avait été la sienne au beau milieu d'une troupe de cirque, et ne comprenant pas vraiment pourquoi il avait un jour voulu quitter ce cocon qui aurait fait rêver n'importe quel enfant. Car même s'il se surprenait parfois à faire quelques acrobaties ou même à jongler avec à peu près tout ce qu'il trouvait, Gabriel n'avait aujourd'hui visiblement plus grand-chose à voir avec le monde du cirque. A en croire le nombre de tableaux qui les entouraient, son truc à lui semblait plutôt être la peinture… Mais comment avait-il bien pu en arriver là ? Telle était la question.


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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 5/6/2015, 23:37

Je ne dois pas me sentir coupable ? Comment y parvenir au juste ? Invoquer le destin ne me calme pas pour autant, au contraire. C'est une notion que l'on évoque souvent lorsqu'on n'a aucune prise sur ce qui nous arrive, ou qu'on ne préfère pas en avoir. En fait le destin est une connerie monumentale, c'est tout. Un jour peut-être que quelqu'un, ou quelque chose, arrivera a me faire changer d'avis, qui sait ? « J'emmerde le destin, Gabriel. » je dis en riant pour détendre l'atmosphère. Un gros mot dans la bouche d'une petite fille... c'est ce que disait toujours ma grand-mère quand je jurais ou que je disais un des mots répertoriés comme « à usage exceptionnel ». Moi aussi je suis bien amère au fond. Un espoir déçu, c'est exactement ce que je ressens. Il ne se souvient pas de moi, comment peut-on reprendre notre amitié là où elle en était ? Le truc c'est de ne pas reprendre notre ancienne relation, ne pas chercher à la retrouver mais débuter sur de nouvelles bases. Je m'imagine mal lui débiter tout un tas d’âneries qu'on se disait en étant plus jeunes, si il ne se souvient de rien de tout ça. Ç’aurait de quoi plomber l'ambiance et mettre une pression inutile su ses épaules. J'essaie de le rassurer quand même, en lui disant que le fameux déclic viendra au moment où il s'y attendra le moins... le tout est d'y croire.

Nous parlons – plutôt moi que lui en fait – de sa vie d'avant. J'essaie de glisser le plus de détails possibles dans cette description peu commune. Décrire sa vie à quelqu'un, parce qu'il ne s'en souvient pas, c'est un peu étrange. « Oh… je comprends mieux maintenant. J'ai trouvé tout un tas d'objets bizarres, et des photos d'une troupe de cirque… je me demandai ce que tout ça faisait chez moi ! » L'ironie est bien là, mais au moins il commence à se connaître lui-même, son passé tout au moins. Moi tout ce qui m'importe est l'avenir. On ne peut pas vivre dans le passé éternellement, il faut savoir le laisser de coté pour se concentrer sur l'avenir. Cependant c'est plus simple sur le papier que dans la vraie vie. « Il doit me rester quelques trucs aussi, à l'appart'. Comme tu connaissais tout le monde, on allait souvent voir le spectacle. Tu m'emmenais dans les coulisses et je rencontrais tout le monde. C'était vraiment une belle époque. » dis-je, souriante, avec une pointe de nostalgie dans la voix. J'aimerais tellement que l'on revienne à ce temps là, où tout était simple. Mais je me rappelle de mon mantra : se concentrer sur l'avenir, oublier le passé. Lui l'a réellement oublié en tout cas... « Donc oui, on était amis. De très bons amis, je pense... Tu m'as beaucoup manqué, pendant ces années. Mais mes études m'ont accaparées et j'oubliais toujours de t'écrire. »

« Et donc… tu dis que j'ai quitté le cirque… Est-ce que je t'avais expliqué pourquoi ? » Pourquoi a-t-il quitté le cirque ? Je prends un air songeur, repassant dans ma tête les mots qu'il a écrits à ce moment là. J'ai une très bonne mémoire photographique, ce qui est un atout de taille dans mon métier. En cours tous les étudiants s'étonnaient de ma mémoire d'éléphant quand il s'agissait des modèles des collections précédentes, remontant jusqu'à plusieurs années. Gabriel dessine des portraits, des paysages, ce qui lui passe par la tête... moi je dessine des vêtements, et plus particulièrement des robes en ce moment. « Je ne me souviens plus... peut-être que tu pourrais venir à l'appartement pour que je recherche tes lettres et qu'on voit si tu l'as mentionné quelque part ? » je demande d'un air enjoué. J'espère bien que l'on va se revoir. Souvent. « Mais à mon avis, tu devais venir ici pour percer dans la peinture, tu ne penses pas ? » Mes yeux font le tour de la pièce pour contempler toutes ces toiles. Il y en a beaucoup...
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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 8/6/2015, 16:53

Abigaïl & Gabriel

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Petit à petit, Gabriel réapprenait ses repères avec l'aide précieuse de la jeune femme qui se trouvait en face de lui, et qui en savait clairement plus sur lui que ce qu'il détenait jusqu'à présent. Avec ses description, Abby donnait un sens à tout ce qui entourait le jeune peintre depuis quelques semaines sans qu'il n'ait encore pu faire le lien entre ces objets étranges et sa vie d'avant. Certaines parties de son passé semblaient alors s'éclairer comme par magie, et ce même si aucun souvenir probant ne lui était encore revenu en mémoire. Avec le temps, Gabriel commençait d'ailleurs à perdre tout espoir d'un éventuel retour de mémoire et sombrait dans la fatalité. Cette même fatalité qui lui fit évoquer son destin devant une Abby qui le surprit par sa réaction on ne peut plus vive. Visiblement, la jeune femme ne voulait pas entendre parler de destin, et pourtant… Même si Gabriel avait maintes et maintes fois essayé d'ignorer ce concept, sa situation actuelle était là pour lui rappeler constamment que sa vie était guidée par quelque chose qui ne dépendait absolument pas de sa volonté. Depuis des semaines, il avait l'impression d'être un pantin, un jouet qu'un enfant turbulent manipulerait à sa guise. Gaby rêvait de reprendre sa vie en main, mais comment pouvait-il y penser alors que lui-même ne savait pas de quoi elle était faite ? Alors, devant le rire d'Abby, le jeune homme ne put qu'afficher un sourire un peu pâle avant de hausser les épaules, et d'écouter avec attention le récit passionnant de son propre passé. La voix de son amie était empreinte d'une nostalgie qui le toucha, et suffit à elle seule à adoucir son regard. La façon dont elle parlait lui faisait regretter encore plus amèrement de ne se souvenir de rien, mais il lui était en même temps extrêmement reconnaissant de lui livrer tout cela. Ils avaient visiblement vécu de très beaux moments tous les deux, et le fait de les évoquer sans avoir aucun retour de la part de Gabriel devait être une véritable épreuve pour Abby. Mais il voulait jouer franc jeu avec elle, et se sentait tout bonnement incapable de faire comme si tout cela lui rappelait quelque chose. Il préférait l'écouter avec attention, hocher la tête à chaque élément nouveau et la gratifier d'un sourire lorsque l'élément en question semblait le nécessiter.

Abigaïl elle aussi semblait vouloir être sincère avec son ami, et lui avoua d'ailleurs que ses études avaient grandement contribué à l'arrêt de leurs correspondances habituelles. Haussant les épaules d'un air un peu gêné, Gabriel répondit alors : « Je ne peux pas t'en vouloir pour ça… Et je ne peux pas te dire pourquoi j'ai arrêté de t'écrire. J'espère au moins que j'avais une raison valable… » poursuivit-il avec une nouvelle pointe d'ironie, avant de relever le nez avec Abby pour la questionner : « Qu'est-ce que tu étudiais ? Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? » Question qu'il se posait d'ailleurs également pour lui-même, et à laquelle la jeune femme répondit en observant tous les tableaux qui les entourait. Avant toute chose, elle lui proposa  de venir éplucher avec elle ses lettres pour tenter d'y trouver quelques indices utiles, puis lui susurra qu'il avait du atterrir ici pour faire carrière dans la peinture. A son tour, Gaby observa les toiles qui jonchaient les murs tout autour d'eux et haussa de nouveau les épaules. « Sans doute…  Même si j'ai un peu de mal à croire que c'est moi qui ait fait tout ça ! » Et en un coup d'œil supplémentaire sur son environnement, Gabriel afficha une grimace en grognant : « Visiblement, c'est un échec… » A en croire le taudis dans lequel il vivait, il était effectivement difficile de croire que le jeune homme avait réellement percé dans le milieu. Son atelier ressemblait plus au repaire d'un peintre raté qu'à celui d'un grand artiste mondialement reconnu. Il poussa alors un énième soupir, avant de reporter son attention sur Abby et de lui répondre à retardement : « C'est d'accord. Si… si tu as gardé les lettres, je veux bien qu'on les relise ensemble. J'ai déjà relu toutes les tiennes et… j'aimerai savoir ce que je te racontai… » ajouta-t-il avec un regard quelque peu rieur, avant de manifester son empressement sans pouvoir s'en empêcher, même s'il n'était pas certain qu'Abigaïl veuille l'accueillir chez elle aussi rapidement : « Tu habites loin d'ici ? »

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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 10/6/2015, 11:05

Il semble avoir du remords également, alors que jusqu'à maintenant il ne savait pas que nous correspondions. C'est attendrissant, typique de Gabriel. Nous avons pris des chemins différents et avons manqué de temps pour entretenir cette relation de profonde amitié, ça arrive. Lui devait peindre, moi dessiner des modèles et participer à des galas pour me tenir informée des dernières tendances. « Parfois les chemins se séparent sans qu'on ne puisse rien y faire. Et puis je suis là, maintenant. » C'est le plus important. Nous sommes réunis et allons sans doute nous revoir souvent si j'en crois son envie de souvenirs. Il cherche à comprendre qui il est et je peux l'aider, dans la limite de mes moyens. « J'étudiais le stylisme. Maintenant j’enchaîne les CDD dans différentes enseignes mais j'aimerais trouver un contrat longue durée, histoire de me poser et de rester dans la même entreprise. J'ai été interviewée par un magasine de jeunes talents la semaine dernière, ça devrait m'aider à trouver un job. » Parce que mon boulot c'est toute ma vie. Ma famille a également une place de choix, toutefois si je ne fais pas mes preuves avant mes 30 ans je risque de passer à coté de pas mal de jobs intéressants. Le marché de l'emploi est quelque peu bouché chez les stylistes. Pas celui des enseignes de grande distribution, mais celui des marques de luxe où l'on a des moyens colossaux à disposition pour réaliser nos modèles. Danielle Martinez a repéré mon travail, ils ont utilisé plusieurs de mes modèles pour des shootings et c'est à partir de ça que j'ai été interviewée. Cet entretien va m'ouvrir pas mal de portes.


« Sans doute…  Même si j'ai un peu de mal à croire que c'est moi qui ait fait tout ça ! » Un petit rire m'échappe. « Qui d'autre ? » Je me moque gentiment de lui avant qu'il ne dise que c'est un échec. Des dizaines de toiles ornent ses murs, c'est vrai. Ça ne veut pas dire qu'il n'en a pas vendu. Pendant ces quelques années de silence il a eu le temps d'en faire beaucoup, de la peinture. « Arrête ! Il faut du temps pour se faire connaître... peut-être qu'en allant à Montmartre des gens te reconnaîtraient... ou dans des cafés d'artistes. C'est impossible que tu n'y sois jamais allé ! » Dans sa quête d'identité nous convenons qu'il est plus simple de lire les lettres en suivant la chronologie, les siennes et les miennes, pour qu'il puisse s'y retrouver. Lire des lettres qu'il a écrites lui-même peut être un choc, ou une bénédiction.

« C'est d'accord. Si… si tu as gardé les lettres, je veux bien qu'on les relise ensemble. J'ai déjà relu toutes les tiennes et… j'aimerai savoir ce que je te racontai…
- J'imagine ! Ça a du être étrange pour toi de relire mes lettres sans aucun souvenir de moi... » comme un étranger qui lit les lettres de quelqu'un d'autre, il a du se sentir exclu...

Gabriel semble soudain pris de bougeotte, il a l'air excité d'avoir une piste à exploiter. La possibilité d'un déclic pour lui. « Tu habites loin d'ici ? » On est dans le dixième, j'habite dans le quatorzième. En somme nous ne sommes pas chacun à l'autre bout de la ville mais nous ne sommes pas tout près. J'ai choisi d'habiter là-bas pour être proche de l'école de stylisme. Mon ex petit-ami a emménagé avec moi, maintenant il est en prison. Je devrais changer d'appartement bientôt, histoire d’être plus proche du centre, ou d’arrêter de ressasser cette histoire d'agression. « J'habite dans le 14ème, donc oui, j'habite plutôt loin. Mais on peut y être rapidement, c'est bien desservi. » Je souris, me lève puis me dirige vers lui en fourrageant dans ses cheveux alors qu'il est resté assis. Ils sont doux, on dirait presque de la soie, ses cheveux. « Allez viens là, Picasso. On y va tout de suite ? Tu n'as rien à faire aujourd'hui, à part me suivre, non ? »
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MessageSujet: Re: Find you ♪ Gabriel & Abigaïl 14/6/2015, 23:58

Abigaïl & Gabriel

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« Parfois les chemins se séparent sans qu'on ne puisse rien y faire. Et puis je suis là, maintenant. » lâcha Abigaïl en relativisant alors que le jeune peintre se sentait de plus en plus coupable. Mais bizarrement cette phrase, aussi simple soit-elle, suffit à l'apaiser un peu. Abby y avait mis tant d'assurance et de douceur à la fois que Gabriel ne pouvait qu'être rassuré. Il hocha d'ailleurs la tête en souriant légèrement, avant d'écouter avec attention le parcours de la jeune femme. Elle avait étudié le stylisme et cherchait désormais, tout comme lui, à percer dans son milieu. Mais visiblement, Abby s'en sortait beaucoup mieux que lui puisqu'elle avait décroché une interview qui lui ouvrirait potentiellement de nouveaux horizons et lui permettrait d'obtenir le boulot de ses rêves. « Super ! J'espère que tu trouveras rapidement… » encouragea sincèrement Gabriel en affichant un nouveau sourire, alors que la conversation revenait inlassablement sur sa propre vie et tout ce qu'il avait oublié. Et comme il venait de le faire pour elle, la jeune femme l'encouragea en lui assurant qu'il fallait du temps pour se faire connaître, et en lui soumettant l'idée de se rendre à Montmartre. Le peintre eut une fois de plus le sentiment qu'Abby allait devenir une personne plus qu'importante dans sa nouvelle vie, probablement même essentielle. Elle en savait plus sur lui que quiconque, plus que lui-même, et semblait même avoir les solutions qu'il cherchait depuis des jours et des jours. Et alors qu'il ne la connaissait pas quelques heures auparavant, Gabriel avait désormais la sensation d'avoir trouvé sa sauveuse.

Soudain plein d'un entrain nouveau, Gabriel tentait d'imaginer tout ce qu'il pourrait trouver dans ces lettres qu'il avait écrites à son amie quelques années auparavant. Et alors qu'il semblait avoir perdu tout espoir, il se prit à rêver d'y trouver un élément, cet élément dont il rêvait depuis longtemps et qui pourrait déclencher le fameux déclic dont les médecins lui avaient parlé. Il ne savait absolument pas de quoi étaient faites ces lettres, mais espérait très sincèrement que le Gabriel de l'époque avait livré assez de détails et de descriptions pour lui permettre aujourd'hui de remettre des mots et des images sur son passé. Et visiblement, le jeune homme n'était pas le seul à s'enthousiasmer à cette idée puisqu'Abigaïl elle-même affichait un large sourire. Sans prévenir, elle quitta sa chaise et se dirigea vers lui pour enfouir sa main au beau milieu des cheveux déjà particulièrement ébouriffés d'un Gabriel qui esquissa d'abord un mouvement de recul. Peu habitué à ce genre d'attentions, il finit tout de même par se détendre et afficher un énième sourire alors que la jeune femme reprenait : « Allez viens là, Picasso. On y va tout de suite ? Tu n'as rien à faire aujourd'hui, à part me suivre, non ? » A vrai dire, Abby n'imaginait même pas jusqu'où il était prêt à la suivre pour avoir une chance de se retrouver lui-même, et de retrouver leur amitié qui semblait si sincère. Tout en haussant les épaules, Gaby s'extirpa donc de sa chaise et répondit : « Je te suis… » Il hésita quelques instants, se demandant s'il devait répondre à cette main qu'elle avait passé dans ses cheveux en signe d'amitié, mais se contenta finalement d'un sourire. Après tout, il venait à peine de la retrouver et avait encore un peu l'impression de se trouver face à une inconnue. Par conséquent, il lui était difficile d'agir naturellement et spontanément comme il aurait certainement pu le faire du temps où ils se côtoyaient pendant les vacances. Sans attendre, Gabriel entraina donc la jeune femme vers l'extérieur en prenant bien soin de refermer la porte de l'entrepôt à clés. Une fois dehors, le jeune peintre observa les alentours en laissant échapper un soupir, un peu comme si cette expédition représentait son dernier espoir. La situation était un peu inédite pour lui, qui était resté cloitré dans son entrepôt la plupart du temps depuis son retour de l'hôpital. Gabriel avait bien essayé de sortir et de redécouvrir la ville mais à aucun moment il ne s'était senti à sa place, ce qui l'avait poussé à passer le plus clair de son temps auprès de ses tableaux. Mais cette fois il n'était plus seul et sans trop savoir pourquoi, il accordait une confiance totale à Abby qui se tenait près de lui. Lui adressant un sourire pour se redonner une certaine contenance, Gabriel hocha la tête et annonça : « On y va ! » tout en attendant les instructions de la jeune femme quant à la direction qu'ils devaient prendre pour se rendre chez elle.

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