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it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre.

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eau de toilette

JE RESSEMBLE À : tommo, mon bb.

CRÉDITS : french adicted (avatar) + oim (signature, profil), c'est qui l'patron ?

PSEUDO : anaëlle, la fabulance-même.


MessageSujet: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 13/10/2015, 19:18


It's getting out of hand, now we're gonna go there
Tu interceptes la lourde porte d’entrée de l’immeuble alors qu’un homme d’environ la quarantaine vient tout juste de sortir du bâtiment. Après avoir marmonné un bref « merci », tu t’engouffres dans le hall. T’es pas très sûr de toi, et tu la sens très bien cette boule dans ton ventre. Tu fais ton maximum pour l’ignorer tandis que tu penses à cette scène qui a tourné des milliers de fois dans ta tête depuis… depuis combien de temps d’ailleurs ? T’en sais trop rien. T’as toujours eu une notion du temps très approximative de toute façon. La douceur de ses lèvres tout contre les tiennes. Un soupire s'échappe de tes lèvres sans que t'y fasses réellement attention. Tu montes les trois étages nécessaires et tu ne mets pas trop longtemps à trouver le numéro qui t’intéresse parce qu’il est au fond du couloir, juste en face de la cage d’escalier. Durant une longue minute, tu restes planté là à observer la porte sur laquelle tu finis tout de même par toquer, non sans hésitation. Et lorsque la porte s’ouvrira sur Léandre, qu’est-ce que tu vas faire, hein ? Tu vas le savoir rapidement puisque tu vois finalement la poignée s’agiter. Et puis tu le vois lui. Il te regarde avec autant d’incompréhension que de curiosité… enfin tu crois. Il ne bouge pas d’un cil mais tu crains qu’il referme la porte. Ce serait légitime après tout. Du coup, d’un geste vif de la main, tu bloques la porte afin qu’elle ne se referme pas sur toi. T’as pas l’intention de laisser Léandre fuir la situation une nouvelle fois. « Léandre, s’il te plaît écoute-moi. » Y’a des risques que tes paroles ne lui plaisent pas, notamment parce que c’est souvent le cas, mais tu prends le risque en toute connaissance de cause. T’es bien décidé à ne pas lâcher l’affaire. Tu te fiches pas mal qu’il joue les enfants entêtés. Il peut bien refuser de te regarder voire même te tourner le dos du moment qu’il t’écoute. C’est tout ce que tu lui demandes. Tu prends une grande inspiration après avoir fait le vide dans ta tête. Mieux vaut que tu ne réfléchisses pas. Pas maintenant. « Tu dois sûrement te demander où est-ce que j’ai eu ton adresse, alors je vais être franc… je t’ai suivi. » A en juger par sa réaction, l’heure n’est définitivement pas à la plaisanterie. T’aurais dû t’en douter. Aussi, cette piètre tentative pour détendre l’atmosphère échoue lamentablement. Tu te racles nerveusement la gorge alors que le manque d’assurance dont tu fais étrangement preuve devient de plus en plus flagrant. Contre toute attente, ça t’importe peu qu’il le remarque. « Je plaisante… Je l’ai simplement demandée à Albane en prétendant que j’avais besoin de vérifier ton dernier tatouage. Elle a pas vraiment posé de question à vrai dire. » Ton regard fuit le sien, irrémédiablement attiré vers le sol que tu trouves tout à coup cruellement fascinant. Pour autant, t’as pas vraiment l’impression d’avoir quitté ses yeux, parce qu’ils ont souvent eu ce même effet sur toi. Tu peux bien l’admettre maintenant, cela ne présente aucune quelconque sorte d’importance de toute façon. « J’sais pas vraiment par où commencer. J’t’apprendrais rien en disant que j’ai jamais été vraiment très doué avec les mots, et que je dis rarement les bonnes choses au bon moment… Faut croire que c’est pas inné chez moi. » Tu hausses négligemment les épaules avant de poursuivre. « Alors je vais commencer par te demander pardon. Pour ça et pour pas mal d’autres choses. Le truc c’est que je sais pas vraiment lesquelles. Je suis conscient d’avoir pu te vexer parfois, mais je t’assure que j’ai jamais pensé à mal. » D’ordinaire, t’es pas du genre à te justifier, sans quoi t’as l’impression d’être un pauvre môme embarrassé qui viendrait de faire une bêtise. Le pire, c’est probablement que tu ne t’es jamais trompé sur Léandre et que c’est pour ça qu’il t’en veut. Tu te demandes encore ce que tu fiches ici à t’excuser d’avoir vu clair en lui, là où d’autres ferment peut-être délibérément les yeux. Mais tu dois les chasser toutes ces questions qui remettent en cause ta présence ici, sinon c’est ton orgueil qui risque de prendre le pas. Tu reprends alors rapidement la parole avant de te noyer là-dedans comme tu le fais souvent depuis… lui. « Tant que j’y suis, j’imagine que j’te dois aussi des excuses pour… ce qui s’est passé. » On dirait que le mot « baiser » te brûles la langue. Pourtant, tu ne voudrais pas qu’il ait une nouvelle fois l’impression que tu le rejettes. Un bref rire t’échappe. Tu t’excuses pour lui et tu te trouves toi-même pathétique. Mais après tout, c’est comme ça que ça marche entre vous deux, pas vrai ? Tu le vexes, il blesse ton égo, vous vous en voulez, vous vous excusez. Votre relation – ou qu’importe ce que c’est – est un véritable cercle vicieux. Ouais, c’est ça. Parce que t’as le tournis quand il est là. T’as l’esprit qui tourne en contre-sens. Mais tu t’es juré de ne plus faire attention à ces drôles de pensées ; aimant à croire qu’ainsi elles finiront par lâcher prise et te laisser tranquille. Discrètement, tu serres les poings pour t’aider à retrouver le fil de tes propos et à te concentrer exclusivement sur ces derniers. « Je sais que c’est dur d’assumer, et t’aurais tort de penser que ça a été facile pour moi. » Tu marques une courte pause un brin hésitant. Tu remets rapidement en cause la nécessité de t’attarder sur ces détails de ta vie. Tu décides que ce n’est pas utile, d’une part parce que ce n’est pas le fond du problème, d’autre part parce que tu n’as aucune envie de déballer ce genre de choses face à lui. Du coup, tu te contentes de reprendre là où tu t’es arrêté le plus naturellement possible. « Mais il faut que t’essaie d’oublier le regard des autres juste quelques secondes. Peut-être que tu te rendras finalement compte que c’est à toi que tu fais du mal. C’est pas en tenant la main à une fille dans la rue que tu te sentiras bien, c’est pas comme ça que ça marche. Tu sais, j’veux pas te paraître moralisateur, j’essaie simplement de t’aider. Mais si ton objectif est de t’ancrer définitivement dans la normalité malgré ce que tu es réellement, alors j’peux rien pour toi. D’ailleurs, j’crois que c’est ça qui va pas entre nous… on est radicalement différents. » Tu le sens, tu te laisses embarquer là où tu ne voulais absolument pas aller, là où t’as les pieds dans des sables mouvants, là où toutes ces choses que tu tentes désespérément d’ignorer te rattrapent et ne te lâchent plus. Trop tard. « Et tu vois, j’apprécie ta présence autant que je la déteste. J’te jure que j’aime pas les pseudos principes sur lesquels tu te reposes quand ça va pas, j’aime pas tes allures de mec parfait, trop beau et trop gentil. J’aime pas cette manie que t’as d’avoir peur de la vie, peur de toi-même, et celle que t’as d’être toujours désolé. Et ce que je déteste par-dessus tout, c’est que moi… j’suis comme un con… à te trouver mignon… à m’intéresser à quelqu’un par envie et pas par politesse. A bien aimer ta présence, même si je viens de dire le contraire. La vérité c’est que tu me prends la tête, toi et ta petite gueule d’ange. Tu me vrilles la tête. Et je supporte pas ça. » Une nouvelle inspiration te semble nécessaire, ton cerveau a besoin d’être oxygéné. T’as jamais compris comment tes mots pouvaient sortir de ta bouche sans que tu ne leur commande de le faire. Pourtant, tu préfères ça à toutes ces pensées aussi incontrôlables qu’incompréhensibles qui s’insinuent en toi, tout ça à cause d’un mec que tu trouves ridiculement maladroit, trop susceptible, trop naïf, trop farouche… trop impertinent de te faire ça à toi. « ça », tu sais même pas ce que c’est. Tu t’en fous. Ton regard est toujours rivé au sol, tu te demandes d’ailleurs depuis combien de temps tu le fixes. Tout ce que tu sais, c’est que ça te paraît trop long. A la base, t’étais simplement venu pour lui proposer de venir voir une exposition de street art avec toi, sans même savoir si ce projet était susceptible de l'intéresser. Et puis tu t’es laissé embarquer par tes états d’âmes ou tu ne sais quoi d’autre. Quel con tu fais. Peut-être que si t’avais suivi ton plan, il aurait accepté, par pure gentillesse. Vous vous seriez baladés et vous auriez discuté. Cette fois, tu jures que rien n’aurait été de travers. Tu l’aurais raccompagné jusque chez lui par politesse, et aussi pour passer quelques minutes de plus avec lui. Et sûrement que tu l’aurais embrassé à ton tour. C’est dans cet ordre-là que ça se passe en général. Mais toi, t’as tendance à toujours tout faire de travers. Du coup, tu démarres par la fin… simplement. D’un geste, tu l’attrapes par la nuque et presse tes lèvres contre les siennes. T’es tordu comme mec. Tu viens juste de lui faire comprendre à quel point tu le détestais. Et voilà comment tu le prouves. T’es trop complexe, même pour toi. Mais t’as aucune envie de chercher à comprendre. Lorsque tu romps le baiser, un tas de questions te traversent l’esprit. T’aimerais avoir toutes les réponses, mais tu t’y connais pas assez dans le domaine qu’elles concernent. T’es paumé. T’es satisfait. Et puis tu regrettes. T’as le cerveau compliqué. T’es pas sans savoir que ce genre de geste ne signifie pas forcément la même chose pour lui et pour toi. T’as peur. T’as la trouille de ce qu’il pourrait attendre de toi. T’as la trouille parce que toi, tu sais justement pas ce que t’attends. Peut-être que le moment n’est pas aux réponses. Pas maintenant. Pas tout de suite. T’auras tout le temps de te torturer l’esprit, et probablement plus tôt que tu ne le penses, parce que c’est pas le genre de direction que tu prends habituellement. Tu flippes comme une gonzesse. Si tu pouvais, tu te ficherais ouvertement de ta gueule. Mais t’as pas le temps de laisser Léandre en plan. Tu souris légèrement, ne sachant pas vraiment à quoi t’attendre. Maintenant c’est quitte ou double. « Le gros nul voudrais que tu viennes avec lui à une toute nouvelle exposition de street art dans le premier arrondissement… s’il te plaît. »
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I'M JUST A STUPID KID

Tu te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint mais tu es l’un et l’autre et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux, celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui cherche, et tous les autres ensemble.  ©️ by anaëlle.
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 21/10/2015, 01:02


It's getting out of hand, now we're gonna go there
J'ai eu le temps de réfléchir à ce qui s'est passé, ce que j'ai fait moi-même sans que lui ne fasse quoique ce soit pour le coup. J'ai eu le temps et j'ai pris le temps de réfléchir aux choses, de me comprendre moi-même, d'analyser le comportement que j'avais eu et de comprendre la raison pour laquelle je l'avais eu. Mais je n'ai rien trouvé, j'ai eu beau chercher encore et encore, je n'ai rien trouvé de suffisamment valable pour moi-même, rien, absolument rien et aujourd'hui alors, je ne comprends toujours pas ce qui m'a pris, je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai embrassé Isaac, pourquoi je me suis laissé aller alors que j'ai longtemps résisté contre toutes ces choses que je ressentais sans les comprendre. Sans les accepter. Je n'aurais jamais du céder à ces pulsions étranges, n'aurais jamais du vouloir tant ses lèvres, n'aurais jamais du me pencher pour les sentir, me pencher pour les toucher des miennes, n'aurais jamais du accomplir ce geste et pire encore, je n'aurais jamais du l'apprécier. Et pourtant, je n'arrive pas à regretter, bien au contraire. Je n'arrive pas à regretter parce que c'était un baiser bien trop agréable pour que je décide aujourd'hui de le regretter. C'est un baiser que je souhaitais, un baiser que je n'ai pas vraiment calculé, un baiser rapide, furtif, agréable, chaud, soudain. Un baiser qui m'a fait sourire avant de me faire vaciller. Parce que « ça m'intéresse pas. » et que ces mots restent encore ancrés dans ma tête comme si quelqu'un me les répétait en boucle, en un chuchotement désagréable qui ne cesse jamais. Ça ne l'intéresse pas, pourquoi ça l'intéresserait ? Pourquoi mes lèvres ou quoique ce soit en rapport avec moi intéresseraient un garçon comme lui ? Un garçon qui a tout, qui est intelligent, beau, qui fait tomber les hommes comme des petits pains, un homme qui a confiance en lui, qui sait ce qu'il vaut et qui le montre. Comment un homme comme lui, un si bel homme comme lui pourrait être intéressé par moi. Je ne sais même pas réellement pourquoi je me pose les questions puisque j'ai les réponses aux questions. C'est tout bonnement impossible, lui-même me l'a dit et le pense, je n'ai rien de particulier, rien qui puisse lui donner réellement envie de m'embrasser plus longtemps que les quelques secondes que nous avons échangées. J'aurais du m'en protéger, certainement, parce que je dois reconnaître aujourd'hui, suis forcé de reconnaître que mes attentes ont été trop hautes, je me suis trouvé parfois rêveur en imaginant ses lèvres plantées sur les miennes, avant qu'elles ne le soient réellement de par mon initiative. Plusieurs fois je me suis retrouvé à souhaiter lui plaire, l'intéresser mais je n'ai finalement récolté que le contraire de ce que je souhaitais, et un beau moment honteux par dessus le marché. Cette histoire a d'ailleurs certainement fait le tour de son réseau d'amis aujourd'hui, Albane elle-même est peut-être au courant de ce petit écart de conduite si je puis dire. Peut-être se sent-elle même vexée d'avoir appris ceci par une autre bouche que la mienne ? Sans aucun doute, j'aurais du aller la voir, j'aurais du lui en parler avant que tout n'arrive, elle aurait su me conseiller et surtout m'empêcher de faire une telle bêtise. Elle aurait été là pour mettre mes idées au clair, comme elle l'a toujours fait et ne cesse jamais de le faire. Parce qu'Albane est comme ça et que quand j'ai besoin d'elle, elle fait en sorte de m'aider, fait en sorte d'éclaircir mes idées quand je suis moi-même bien incapable de le faire ce qui, avouons-le, arrive plutôt souvent, sûrement même trop. Mais je ne l'ai pas appelée ce jour-là, peut-être étais-je trop honteux ou trop perturbé par ce refus qu'était celui d'Isaac, par cette honte ressentie jusqu'à l'intérieur de la moindre de mes cellules. Ce goût amer dans la bouche, ces lèvres qui réclamaient encore la douceur de celles d'Isaac, mes yeux qui ne demandaient qu'à entrer en contact avec ces orbes d'un bleu profond que j'affectionnais particulièrement.
Je dois cesser d'y penser, stop, reprends-toi en main Léandre, reprends-toi en main bordel. Il faut que j'appelle Albane, juste histoire de savoir s'il lui en a parlé, s'il s'est moqué, si je suis ridicule, juste histoire d'avoir son avis, ses conseils, son soutien. Je dois l'appeler, je le dois, tout de suite sinon après je vais me rétracter et si je me rétracte, je vais encore m'apitoyer sur mon sort pendant des jours. Il faut que je l'appelle, il faut que...
TOC TOC TOC.
Il manquait plus que ça. Serait-ce le destin qui m'assure que je ne dois pas appeler Albane ou simplement une étrange coïncidence qui n'arrive pas vraiment au bon moment puisque j'étais enfin décidé à agir, à l'appeler et surtout, à lui expliquer pour ensuite lui demander conseil. Mais apparemment, ce n'est pas pour tout de suite, ce n'est pas le moment de rouvrir le souvenir de ce baiser et la douleur, il faut l'avouer c'est une douleur, de ce qui a suivi, à savoir la honte que j'ai ressentie et la dureté de ces mots qui raisonnent comme des « tu n'es pas assez » à mes oreilles. Je devrais peut-être ignorer, faire semblant d'être absent, ne pas aller ouvrir la porte, faire le mort, ne pas rencontrer la personne derrière ce mur, aller me cacher sous les couvertures, oublier, ignorer. Mais non, une force supérieure m'en empêche et bien vite je me retrouve, la main sur la poignée, à ouvrir cette fichue porte et pire à voir la personne derrière. Isaac. Je suis à la limite de refermer, j'en crève d'envie mais sa voix qui s'élève m'en empêche, mon envie de l'écouter et de le regarde même m'en empêche. « Léandre, s'il te plaît écoute-moi. » J'aimerais bien lui claquer que non, que je ne l'écouterais pas, que je me fiche bien de ce qu'il a à me dire, que ça ne m'intéresse pas, qu'il peut partir sans parler parce que quoiqu'il en soit, je ne l'écouterai pas ou plus. Mais j'en suis incapable, parce que je veux l'écouter, je veux entendre sa voix et comprendre pourquoi il est là devant ma porte alors que je ne lui ai jamais donné l'adresse. Alors je fais basculer mon corps sur une jambe, une position de stabilité qui, sans parler, lui permet de comprendre que j'accepte de l'écouter et qu'il n'a plus qu'à m'expliquer ce qu'il veut m'expliquer. « Tu dois sûrement te demander où est-ce que j’ai eu ton adresse, alors je vais être franc… je t’ai suivi. » Ah. Ah. Je crois que c'est le moment où je suis censé rire avec lui et lui taper dans le dos. Lui répéter mille fois que sa vanne est hilarante et lui offrir un verre. Mais non, il n'est pas là pour ça et je n'ai aucune envie de faire comme si cela me faisait rire ou comme s'il pouvait détendre l'atmosphère en un claquement de doigts ridicule. Ce qui est étrange et qui me fait tiquer, c'est certainement sa gêne. Parce que oui, il semble gêné, chose qui n'arrive jamais à Isaac. Mais je dois certainement me tromper, il ne serait pas gêné face à moi, c'est impossible. « Je plaisante… Je l’ai simplement demandée à Albane en prétendant que j’avais besoin de vérifier ton dernier tatouage. Elle a pas vraiment posé de question à vrai dire. » Je ne réponds toujours rien, parce que je n'ai pas grand-chose à répondre à cela à vrai dire, et je crois que je n'ai, pour le moment, aucune envie de répondre quoique ce soit. Il ne me regarde pas, ou peut-être devrais-je avouer qu'il fuit simplement et purement mon regard quand moi je l'observe sans aucune gêne, attendant d'entendre d'autres mots ou explications franchir ses lèvres qui me rappellent la douceur de ce court baiser que nous avons échangé il n'y a pas si longtemps. «  J’sais pas vraiment par où commencer. J’t’apprendrais rien en disant que j’ai jamais été vraiment très doué avec les mots, et que je dis rarement les bonnes choses au bon moment… Faut croire que c’est pas inné chez moi. Alors je vais commencer par te demander pardon. Pour ça et pour pas mal d’autres choses. Le truc c’est que je sais pas vraiment lesquelles. Je suis conscient d’avoir pu te vexer parfois, mais je t’assure que j’ai jamais pensé à mal. » Je ne m'attendais pas vraiment à ça, voire même pas du tout. Je ne pensais pas qu'un jour, Isaac viendrait me demander pardon pour une quelconque chose, lui qui semblait et était toujours très assuré, savait toujours ce qu'il faisait et où il allait, lui qui croyait en lui-même plus qu'en n'importe qui d'autre se retrouvait aujourd'hui devant ma porte à me demander pardon pour diverses choses qui me revenaient bien en mémoire. Si j'étais plus fort, je l'enverrais bouler je suppose, certaines personnes font ça. Mais il s'excuse et j'y crois, dur comme fer. « Excuses acceptées. » J'ai à peine le temps de dire avant qu'il ne s'empresse d'ajouter quelque chose. Je crois qu'il ne m'a même pas écouté, ni même entendu. Il est plongé dans ses pensées et dans ce qu'il doit dire. Peut-être même a-t-il appris un texte par cœur. Le texte « ce que je dois dire à Léandre ». Mais c'est stupide, parce que Isaac n'est pas comme ça, Isaac se moque que les mots soient bien choisis, encore plus pour moi parce que ça ne l'intéresse pas. « Tant que j’y suis, j’imagine que j’te dois aussi des excuses pour… ce qui s’est passé. » Ce qui s'est passé. Je ne sais pas vraiment comment je dois réagir à cette appellation. Ce qui s'est passé. Ça sonne comme une honte, je le sens, je le sais. Il a honte de ce que j'ai fait, a honte à ma place, il voudrait n'avoir jamais vécu ce baiser, n'avoir jamais senti mes lèvres, il voudrait pouvoir oublier que je l'ai embrassé, oublier cet écart de conduite. Et il rigole, et j'en viens à me dire que moi qui croyais que la honte que j'avais ressentie était pire que tout viens de comprendre que ça ne l'était pas. Ce rire est pire que tout, ce rire est affreux et résonne en moi comme le rire d'un démon. Ce rire me blesse parce qu'il se moque ouvertement, ce qui s'est passé (comme il se plaît à le dire) le fait rire, lui inspire l'humour ou le rend moqueur. Parce que c'était d'un ridicule hors-normes et que jamais, ô grand jamais, cet acte n'aurait pu lui venir à l'esprit, à lui. Et je le lui dirais, ces choses, si j'avais des couilles, le cran, mais je ne dis rien, me contente de l'écouter, comme muet. Et il enchaîne, bien sûr qu'il enchaîne, il semble avoir tant de choses à dire. « Je sais que c’est dur d’assumer, et t’aurais tort de penser que ça a été facile pour moi. » Je ne pense rien du tout, je crois que je ne me suis jamais réellement posé la question parce que tout semblait une évidence, comme si tout pour Isaac était simple, tout marchait comme sur des roulettes. Et non, finalement non, tout ne va pas toujours dans son sens. Il a, lui aussi, des moments plus difficiles que d'autres et c'est comme si je venais de me rendre compte, finalement, que lui aussi était humain. « Je... » Mais je n'ai pas le temps de développer le fond de ma pensée qu'il enchaîne, qu'il continue son presque monologue comme s'il avait peur d'un instant perdre le fil de sa pensée. Alors je ne le coupe pas, évite de le contrarier et le laisse parler, écoutant les sons sortir d'entre ses lèvres, former des mots qui s'entrechoquent jusqu'à mes oreilles pour finalement s'insinuer dans mon cerveau et me faire apparaître une série de phrases qui s'assemblent et se ressemblent. « Mais il faut que t’essaie d’oublier le regard des autres juste quelques secondes. Peut-être que tu te rendras finalement compte que c’est à toi que tu fais du mal. C’est pas en tenant la main à une fille dans la rue que tu te sentiras bien, c’est pas comme ça que ça marche. Tu sais, j’veux pas te paraître moralisateur, j’essaie simplement de t’aider. Mais si ton objectif est de t’ancrer définitivement dans la normalité malgré ce que tu es réellement, alors j’peux rien pour toi. D’ailleurs, j’crois que c’est ça qui va pas entre nous… on est radicalement différents. » Je ne sais pas, ne sais plus. Ne sais plus ce que je dois ou ne dois pas faire, ne sait plus ce qui est juste ou ne l'est pas, ce que je crois ou ne crois plus. Je me perds par sa faute et ne trouve plus les réponses à mes questions silencieuses. Qui suis-je ? Que dois-je faire ? Où vais-je ? Ai-je envie de m'ancrer dans la normalité comme il semble le croire ? C'est une question importante, à laquelle je suis incapable de répondre parce que je ne comprends pas ce qui est juste ou ne l'est pas pour moi-même. Je ne sais pas si je dois m'assumer pleinement, au monde entier et vivre avec cette anormalité que je crois vraie, que ma famille croit vraie. Ou si je dois continuer à ne pas être la personne que je suis réellement, sous prétexte que c'est mieux ainsi, plus simple, plus normal. Je ne sais plus, suis perdu. « Et tu vois, j’apprécie ta présence autant que je la déteste. J’te jure que j’aime pas les pseudos principes sur lesquels tu te reposes quand ça va pas, j’aime pas tes allures de mec parfait, trop beau et trop gentil. J’aime pas cette manie que t’as d’avoir peur de la vie, peur de toi-même, et celle que t’as d’être toujours désolé. Et ce que je déteste par-dessus tout, c’est que moi… j’suis comme un con… à te trouver mignon… à m’intéresser à quelqu’un par envie et pas par politesse. A bien aimer ta présence, même si je viens de dire le contraire. La vérité c’est que tu me prends la tête, toi et ta petite gueule d’ange. Tu me vrilles la tête. Et je supporte pas ça. » Je lui vrille la tête. Et là, il vient tout simplement de faire vriller la mienne, complètement. Il se contredit, encore et toujours, mais ses mots résonnent à l'intérieur de moi. Il apprécie ma présence, même s'il la déteste, il l'apprécie. Il me trouve mignon, s'intéresse à moi alors que ça ne l'intéressait aucunement. Il aime ma présence et ce qu'il appelle ma gueule d'ange. Il m'apprécie autant qu'il me déteste, il m'apprécie autant qu'il me déteste et je sens que ma tête va exploser. Si bien que s'il se remet à me parler de choses et d'autres, je ne l'entendrai pas je le sais, ou n'en serai nullement préoccupé. Parce que ses mots agréables sont plus importants que tout le reste, et je ne comprends pas pourquoi j'en viens à avoir une telle réaction, peut-être parce qu'il me plaît. Puis d'un coup, les autres mots viennent à moi, ces mots désagréables, de haine presque. Ces mots qui me rappellent mes défauts, plus nombreux que mes qualités et qui me crient un « je te déteste » au visage que je ne peux mesurer. Il m'apprécie ou me déteste ? Je ne sais plus, ne comprends plus rien. Il se perd en contradictions et moi je me perds dans ses paroles. Mais voilà qu'il ne parle plus, et alors que je m'apprête à tenter de me défendre par un « Tu me dét... » qui reste sans fin et surtout donc sans réponse, il me coupe à nouveau la parole, m'empêche de dire quelque chose. Il ne me coupe pas la parole pour continuer son monologue, non. Il me coupe la parole pour quelque chose de bien mieux encore, pour quelque chose que je n'attendais pas, ou plus, que je croyais impossible ou perdu à jamais dans les possibilités non effectuées car non désirées. Il m'embrasse. Je le sens, je sens ses lèvres contre les miennes, la chaleur et douceur de ses lippes qui effleurent les miennes. Je le sens, tout contre moi, et je le sens se séparer finalement, trop rapidement, trop tôt. Je veux plus. plus plus plus. Et j'obtiens plus, mes souhaits sont comme par magie exaucés quand il me sourit, d'un sourire que j'ai envie d'embrasser à nouveau. Par un sourire embelli par mon regard, par ce sourire qui me fait sourire à mon tour. Et par ces paroles, cette simple proposition, banale mais agréable, plus qu'agréable. « Le gros nul voudrais que tu viennes avec lui à une toute nouvelle exposition de street art dans le premier arrondissement… s’il te plaît. » Le gros nul m'invite. Je ne sais même pas s'il avait deviné mon goût pour le dessin, ou si c'était un total hasard, mais c'est réussi, et ce surnom qu'il se donne à lui-même me fait sourire plus que d'ordinaire. Je me sens bien. Je ne sais pas quoi penser de cette invitation mais je sais ce que je veux y répondre, et demander, ce que je fais. « C'est un rendez-vous ? » Et j'ai peut-être l'air con parce que peut-être qu'il ne voit pas du tout les choses comme ça, peut-être qu'il s'en fout de moi, complètement, peut-être que je ne suis qu'un coup à tirer et que, peut-être, ce n'est qu'une façon de m'appâter. Peut-être que c'est juste pour être gentil, ou parce qu'Albane le lui a demandé. Peut-être, peut-être, peut-être. Mais au diable les hypothèses, je veux profiter de ces instants, je veux accepter et je vais accepter, de ce pas. « C'est un oui, je veux bien y aller avec toi, gros nul. »
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 29/10/2015, 21:27

It's getting out of hand, now we're gonna go there
Pour quelqu’un qui vient d’affirmer qu’il n’était pas franchement doué avec les mots, tu sembles avoir la langue bien pendue. Tu débites sans trop t’en rendre compte, et après coup, tu mets ça sur le compte de la nervosité. C’est vrai, t’as les jetons qu’il te jette sans crier gare, le pire étant que tu le mériterais sûrement. Mais t’as pas envie de ça. Risquer de ne plus jamais le revoir, tu veux pas. La vérité, c’est que t’as quelque part en toi la conviction que t’as besoin qu’il soit là… pas trop loin. Parce que quand c’est le cas, t’as la sensation que tout devient plus léger. T’oublie de te prendre la tête, t’oublie même d’être con parfois. Tu décèles avec une aisance déconcertante toute la bonté du monde rien que dans ses yeux clairs chaque fois que tu te risques à le regarder. Et tu le trouves beau. Même maintenant avec le nez froncé, ses cheveux légèrement en bataille et son regard perdu. Tu souris légèrement. C’est compréhensible qu’il soit totalement paumé ; tu débarques chez lui à l’improviste et tu joues les fontaines à paroles, paroles dont l’ambiguïté semble d’ailleurs ne faire rien d’autre que l’embrouiller davantage. Finalement, tu te demandes si t’as bien fait. Pour lui comme pour toi. Vous vous détestez sûrement autant que vous vous appréciez, alors à quoi bon. Au fond, t’es conscient qu’il t’aime pas beaucoup, et c’est la raison pour laquelle le baiser de la dernière fois reste difficilement explicable pour toi et ton cerveau chamboulé. Juste retour des choses ; tu ne l’aimes pas beaucoup non plus… il paraît. Mais toi aussi tu finis par plaquer tes lèvres contre les siennes, dans un élan de fantaisie. Une fantaisie pas forcément anodine pourtant. Le goût de ses lèvres te donne inexplicablement envie de laisser durer ces quelques secondes qui se sont pourtant échappées trop tôt. Tu n’as pas pris le temps de t’y attarder suffisamment la dernière fois, sûrement parce que l’effet de surprise a eu le don d’anesthésier ton cerveau pour un instant. Curieusement, c’est le même effet que suscite à nouveau ce baiser. Pourtant cette fois, t’es capable de ressentir chaque détail, malgré les quelques centimètres qui vous séparent désormais. T’as la sensation de ne pas avoir déjà quitté ses lèvres. Tandis que le silence s’amuse à faire office de barrière invisible entre lui et toi, tu te surprends à tenter de rationnaliser ton geste pour toi-même, en vain. Qu’est-ce que c’est un baiser ? Enfin, pour toi… ça signifie quoi ? T’as rarement embrassé un mec comme ça sur un coup de tête en étant bien conscient qu’il n’y aurait rien derrière. T’y peux rien, t’es comme ça. Pourtant, Léandre, tu l’as embrassé par pure envie. Tu savais que ça allait s’arrêter à ce simple geste – si tant était qu’on puisse le qualifier de simple. Mais tu l’as fait quand même, juste pour le plaisir de sentir la douceur de ses lèvres contre les tiennes. Juste pour t’accrocher à lui quelques secondes alors que tu l’as déjà trop souvent laissé partir. Mais t’as pas pour autant les idées claires. Tu comprends toujours pas. La seule chose dont t’es sûr, c’est que ses lèvres ont le goût d’un petit quelque chose que tu voudrais déjà pouvoir retrouver. Or, c’est le silence que tu trouves. Il est long, embarrassant. Il t’inquiète. Peut-être bien que t’as mal interprété tout ça et que tu viens de faire la plus grosse connerie du siècle. Pourtant Dieu sait que t’en a fait des conneries dans ta vie. Celle-là semble surpasser toutes les autres, et de loin. A en juger par l’expression de Léandre, le beau brun ne s’attendait pas à ça. Ou pire, il ne voulait pas. Bordel, toi non plus c’était pas dans tes plans. En l’espace d’une minute ou deux, t’as déjà réussi à te convaincre que ce geste déplacé, tu ne l’as pas vraiment souhaité. T’as dérapé, malencontreusement. On appelle ça une erreur. Une vulgaire erreur, ce genre que t’aurais jamais faite avant lui. Pourquoi fout-il tout en pagaille rien qu’en étant là ? Tu regrettes cette fois où vous vous êtes vus pour la première fois… autant que t’en garde un souvenir délicieux. C’est quoi toute cette merde ? Pour un peu, tu rougirais. Il se peut que tes pommettes aient légèrement rosi d’ailleurs, mais t’en as aucune certitude pour la simple et bonne raison que tu n’y prêtes aucune attention particulière. Tu souhaiterais avoir reculé, avoir changé d’avis. Ne pas l’avoir revu depuis, et ne plus jamais le faire. Tu penses que c’est une mauvaise idée. T’entreprends même de le penser à voix haute. « J’crois que… » « C’est un rendez-vous ? » Il t’interrompt et tu relèves presque aussitôt la tête. Non, en fait, tu la relèves immédiatement. Toutefois, ton regard balaie machinalement son appartement malgré une oreille attentive. Un rendez-vous ? C’est pour les gens amoureux ça, non ? C’est pour les héros des comédies romantiques. « Non ! » Et ça sort de ta bouche presque trop vite, comme une balle de chasseur hasardeuse. Alors là, tu piges plus rien. Tu comprends pas. Tu comprends pas ton comportement. Tu comprends pas le sien. Tu comprends plus grand-chose en vérité. Le pire, c’est ce que tu sais que si tu t’évertues à jouer les fiers il va refuser. Et ça te ferait trop mal. Tu savais que ce serait une mauvaise idée pourtant. Mais toi, ça te connait de tout faire de travers. De manière machinale, tu te mordilles la lèvre inférieure comme pour dissimuler un certain malaise. Tes pieds refusent de quitter le sol de peur que cette piètre image soit la dernière. Alors tu restes planté là, comme un con, guettant une quelconque réaction de la part de Léandre. Mais que pourrait-il dire ? Que pourrait-il faire ? Il te prend pour un abruti, et à raison en plus. T’avais tendance à faire de même pour lui jusqu’à ce que tu te rendes compte que c’était toi l’abruti. Il est un peu trop tard, pas vrai ? Si tu l’avais laissé parler, il t’aurait sûrement dit à quel point il te détestait à son tour. Au moins, vous seriez quittes à l’heure qu’il est. Tu déglutis difficilement avant de te rendre compte qu’attendre ici ne te mènerait à rien qui vaille. T’es prêt à te barrer de là. A te barrer pour ne plus jamais avoir à croiser à nouveau ce regard qui te cause tant de doutes. Et puis finalement, tu te ravises. Pour qui, pour quoi ? Tu sais pas vraiment. T’as juste pas envie de patauger dans la merde… encore. « Tu sais quoi ? En fait… si. T’as peut-être raison. Disons que c’est un rendez-vous. Autant que tu le saches, j’ai vraiment envie que tu viennes avec moi. » Alors que tu ne le supportes pas, ouais. Tu l’as assez répété comme ça que tu le détestais de tout ton être. Le malaise, c’est qu’il n’a pas l’air d’en saisir la raison essentielle. Ça t’aiderait pourtant. Parce qu’il semblerait que tu aies besoin de son aide pour comprendre toi aussi. Alors t’anticipes une vague réponse, comme pour te justifier toi-même. Et parce que t’as trop peur aussi. Peur qu’il te refoule comme un pauvre con, après tout tu l’as bien cherché. Sauf qu’il est bien la seule personne par qui tu ne veux pas te faire refouler. Parce que ça te ferait… quelque chose. A ton égo, certes… mais pas uniquement en fait. Tu esquisses un fin sourire face à l’ironie de la situation, et réprime même un léger rire. « En fait… j’te déteste pas vraiment. Tu sais, je pense que c’est un peu plus compliqué que ça. » Tu t’arrêtes là, fixant de nouveau le sol dans un élan de gêne. T’as aucune envie d’aller plus loin. Il a pas besoin de connaître tous les détails. Déjà que pour toi ils restent inexplicablement flous. Tu sais juste que… ce que tu déteste, c’est pas lui. Non. Ce que tu détestes, c’est ce qu’il te fait sans même s’en rendre compte. Tous ces espèces de… trucs… à l‘intérieur de toi. Les gens en parlent de ces choses-là… mais t’as pas envie de connaître ça. Le temps d’une fraction de seconde, tu clos fermement les paupières, commandant ainsi à ton esprit de se taire, de penser à voix basse, de te laisser tranquille. Lorsque tu rouvres les yeux, Léandre semble toujours aussi préoccupé, comme s’il n’était pas vraiment sûr de la réponse qu’il allait finalement t’apporter.  « Je te le demande parce que j’en ai envie. » Finalement, tu lui adresses un sourire. Un simple sourire. Il est apparu comme ça, tu sais pas trop pourquoi, mais t’espère qu’il saura le convaincre. « C'est un oui, je veux bien y aller avec toi, gros nul. » Et là, t’as l’air stupide, presque idiot. Tes yeux s’écarquillent trop naturellement pour que tu puisses les en empêcher. Tu t’attendais pas à ça, et alors que tu cherches péniblement tes mots, un sourire se dessine sur tes lèvres entrouvertes. Sans plus attendre et sans plus aucune gêne, tu t’engouffre dans son appartement et attrapes vivement son manteau qui était accroché dans l’entrée avant de lui tendre. « ça tombe bien parce qu’en vérité… j’avais pas vraiment l’intention de te laisser le choix. » Tu laisses à nouveau échapper un rire, puis tu tends légèrement le bras, assez pour atteindre la porte et la rabattre derrière Léandre. « Je prends les choses en main ! » Ce petit éclat de narquoiserie qui perce souvent ton regard refait petit à petit son apparition alors que tu évacue tout doucement cet embarras qui s’est immiscé en toi depuis que tu as retrouvé Léandre. Et tu préfères ça. Ouais…Tu préfères te sentir bien. Et tu préfères qu’il soit là.
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 28/11/2015, 11:43


It's getting out of hand, now we're gonna go there
Je me sens encore un peu embrouillé par tout ce qui se passe, je dois l'avouer. Un moment il me déteste, un autre il veut que je l'accompagne à une exposition. Puis merde je n'arrive même plus à rester les pieds sur Terre, la seule chose qui passe en boucle dans mon cerveau, c'est ce foutu baiser qu'il vient de m'offrir avant de très certainement le regretter. Il m'invite, c'est bien gentil, mais ce baiser, il a n'a pas l'air d'en être ravi. C'est une des nombreuses choses qui nous opposent. Parce que l'idiot que je suis a plutôt bien apprécié sentir ces lèvres chaudes et douces, et je crois même que je me sentirais bien en les sentant à nouveau. Mais je m'égare et je n'en ai pas le droit. Isaac et moi sommes deux personnes totalement opposées et je n'ai, de toute façon, aucune envie de penser à une quelconque relation avec un homme, alors encore moins celui-là. J'ai encore du mal à comprendre ce qu'il se passe dans ma tête, la seule chose que je peux vraiment dire avec assurance, ou presque, c'est que je ne le déteste pas. Au contraire même, peut-être sa simple présence m'apaise-t-elle ou en tous cas, la réalité en reste très proche. Alors le voir ici, malgré mon silence, c'est quelque chose que j'apprécie. Puis il est beau Isaac, il faut l'avouer, avec ses cheveux en bataille et ses tatouages partout. Enfin, il est beau comme tout le monde, évidemment. Rien de vraiment spécial c'est sûr. Je réfléchis sûrement trop, peut-être parce qu'il parle trop également. Le truc, c'est qu'il m'intimide et ça, je ne saurais l'expliquer sans me perdre totalement dans ce que je dis. Isaac, il a quelque chose, c'est indéniable, la preuve, il attire plus de monde qu'un repas n'attire les mouches. Isaac c'est ce garçon beau, mystérieux aussi et qui peut, en un claquement de doigts, faire tomber l'homme de ses rêves à ses pieds. Puis en face, bancal devant lui en ces instants, il y a moi. Léandre, petit puceau qui ne sait même pas vraiment ce qu'est une vraie relation, qui se sent totalement con au simple fait d'imaginer les lèvres de quelqu'un sur les siennes et ne parlons même pas de relation charnelle, je risquerais de m'évanouir de gêne. Deux opposés, et j'aimerais bien, je crois, que les opposés s'attirent. Tout autant que j'aimerais le contraire, fuir, ou le faire fuir, qu'un de nous se mette à courir dans le sens opposé. Parce qu'on est trop différents, que je ressens des envies que je ne contrôle et ne comprends pas et je n'ai strictement aucune envie de me perdre dans ce genre de problèmes, comme si ma vie n'était pas déjà suffisamment compliquée ainsi. Pourtant, malgré mes envies fortes de le voir s'en aller, tout aussi fortes que celles de le voir rester, il reste justement ici, devant moi. Et j'en viens à avoir besoin de savoir, la question du rendez-vous me brûlait tant les lèvres que je l'ai laissée échapper sans même vraiment m'en rendre compte. Un rendez-vous ? Alors c'est ce que je veux ? Ou au contraire, ce que je ne veux pas ? Je suis perdu, mais l'idée d'un rendez-vous n'est pas la plus répugnante qui soit. Elle pourrait presque me faire sourire. Mais ce serait sans compter sur son exclamation si rapide et si douloureuse que je me pétrifie sur le coup. «  Non ! » Les opposés ne s'attirent pas, ou du moins, un seul opposé est attiré par l'autre, sans aucun doute. C'est bête parce que j'étais à la limite de croire que son baiser était sincère, à la limite de croire que ses mots l'étaient tout autant. Mais je me suis foutrement trompé, on me dit naïf et je m'en énerve plutôt rapidement mais ce n'est là que la pure vérité de la personne que je suis. J'ai trop espéré et je me suis pris une belle claque dans la gueule. PAF, d'un coup, comme un con. Ah. Ah. J'ai été bête de croire quoique ce soit, de croire que ses lèvres sur les miennes étaient plus qu'un simple geste de pardon ou de je ne sais trop quoi. Je suis prêt à refuser, parce que c'est assez douloureux quand même, de se prendre un panneau stop ainsi, dans la tronche. Mais pourtant, je reste face à lui les bras ballants et peut-être que j'ai bien fait puisqu'il enchaîne. Et ses mots s'enchaînent tellement rapidement que je me perds dans ce qu'il dit. Je retiens que c'est un rendez-vous, qu'il a envie que je l'accompagne. envie, depuis quand a-t-il envie de ma présence ? Il ne me déteste pas, c'est compliqué mais il en a envie. Et moi je me trouve là comme un con à ne plus savoir faire quoi d'autre qu'accepter. Parce que moi aussi j'en ai envie, fortement et sans le contrôler. Alors accepter c'est la meilleure solution, et tant pis s'il me prend pour un con plus tard, tant pis si je fuis une nouvelle fois, pour l'instant je suis content. Et le voir entrer et s'activer comme s'il était chez lui, énergiquement parce qu'il en a envie, ça vaut vraiment d'avoir pris le risque. Le risque de souffrir. Mais il a l'air si sincère, si différent du Isaac que je croyais connaître, comme s'il avait porté un masque et que là, je le découvrais. Et si l'autre Isaac me plaisait déjà pas mal, alors celui-là me retourne le cerveau. Alors, à mesure que j'enfile mon manteau et des chaussures, je le regarde faire. « Tu as souvent des envies soudaines comme ça ? » Des envies soudaines comme ça.. mais de quoi ? De venir chercher les garçons chez eux, ou de leur faire ce genre de petit discours, de les embrasser même, est-ce une habitude ? J'aimerais croire que non, j'aimerais croire que malgré le fait que tout soit compliqué dans nos tête, je sois un peu plus spécial. « Je ne te déteste pas non plus tu sais. » Je me permets de lui dire alors que mes gestes se sont arrêtés et que je me suis tourné vers lui. Et je le regarde quelques secondes, me demandant ce que je dois faire parce que cela devient gênant. Et j'ajoute, baissant finalement les yeux pour fuir son regard pesant sur moi. « Et je sais pas trop ce que tu entends par compliqué parce qu'après tout, je suis pas dans ta tête mais… moi- moi aussi j'ai envie de t'accompagner à cette expo. » Et je me tais, je le dois. Parce que mes joues se sont empourprées et que je risque de raconter bêtise sur bêtise pour combler un quelconque silence. Alors je me tourne, sans prévoir le meuble de l'entrée sur mon passage qui vient à me cogner violemment la hanche. Je grimace, pour quelques secondes seulement parce que c'est une habitude pour moi, de me cogner partout. Certains jours, quelqu'un voyant mes bleus pourrait penser à un homme battu, mais non. Je suis juste maladroit, allez expliquer ça. Quelques secondes de massage sur ma hanche et me voilà prêt, un sourire aux lèvres. « Bon, on y va ? »
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 14/12/2015, 17:26

It's getting out of hand, now we're gonna go there
Tu ignores à quel moment tu t’es permis de penser à tout ça, mais le résultat en est que tu es devenu un grand indécis. Ouais, toi qui d’ordinaire n’écoute que ta spontanéité et tes envies les plus impulsives. Toi qui fonces dans les murs sans même en défoncer les portes. Toi qui désormais te laisses bouffer tout entier par trop d’hésitation et de doutes. Ce genre de choses si voraces de la moindre de tes failles. Léandre. Curieusement, ton esprit associe ces deux mots naturellement. Trop naturellement à ton goût. La carapace que tu t’es construite depuis toutes ces années semble s’ébranler sans préavis, te laissant alors simple spectateur de toutes les faiblesses que tu as mis tant de temps à dissimuler aux autres mais aussi à toi-même. Si t’avais su lire dans les grands yeux verts de Léandre le danger qu’il pouvait représenter pour un mec comme toi. Tu l’aurais pas laissé entrer dans ta vie. Jamais. D’ailleurs, tu ne te souviens même plus du moment où t’as baissé la garde. T’aurais pas dû le faire. T’aurais pas dû te laisser toucher par sa gentillesse, sa candeur, sa bonté. T’aurais pas dû te laisser attendrir par sa maladresse, sa vision de la vie, sa fragilité, la pureté de ses idées. Toutes ces choses qui te font défaut et qui lui vont si bien. Tu ne te sentirais pas capable d’être comme ça. Pourtant, t’es persuadé qu’il y est pour quelque chose à propos de ce baiser, un peu comme si le surplus de tendresse qui lui étouffe le cœur avait déteint sur toi, assez pour que tu baisses les armes quelques instants. Le temps d’un baiser, justement. Le plus étrange étant sûrement que tu avais envie de le faire et que tu te sens bien à l’instant-même où tu repenses à tout ça. Tu sens encore le goût de ses lèvres. Il y a encore quelques semaines, tu pensais sincèrement que sa jolie petite gueule d’ange et ses airs de mec parfait avaient une mauvaise influence sur toi, et peut-être que cette idée n’a pas totalement quitté ton esprit. Tu lui en a beaucoup voulu de te torturer la tête par sa faute, de ne plus être capable de réfléchir correctement, de le trouver mignon, de te sentir instable. Tu lui en veux encore pour toutes ces choses que t’aurais aimé jamais connaître et qui te tourmentent encore. T’es incapable de les contrôler parce que tu n’arrives définitivement pas à les comprendre. Il est fort probable que tu ne veuilles pas les comprendre de toute façon. Si t’étais pas si orgueilleux, tu pourrais au moins t’avouer que pour la première fois de ta vie, t’as peur de l’inconnu. Elles t’effraient un peu ces petites choses indescriptibles qui te titillent de l’intérieur, celles qui t’assaillent uniquement quand il est là, un peu comme si tu étais le fruit de l’expérience loufoque d’un chimiste fou aux boucles brunes et au sourire ravageur. Le résultat c’est que tu deviens trop rapidement un imbécile. Encore plus qu’à la normale tu veux dire. D’habitude, ça te fait plutôt rire de jouer au con. C’est un peu devenu ta façon à toi de mener la barque tout en te protégeant à ta manière. Mais ces derniers temps, tu t’es souvent surpris à remettre en question tes attitudes, tes remarques, cette manière que t’as de toujours rester fidèle à toi-même qu’importe les circonstances par peur de tout prendre dans la gueule en retour. Un peu comme maintenant. Si seulement tu croyais en Dieu, tu prierais pour ne pas perdre ce qu’il te reste d’assurance afin d’être capable de contrôler tout le reste : les doutes, l’appréhension, et la peur de te laisser bouffer par ces choses étranges et visiblement plus fortes que toi qui t’ont mené tout droit jusqu’ici. Finalement, c’est lorsque tu aperçois le sourire timide qui prend tout doucement possession des lèvres de Léandre que tu comprends que tu as eu raison. Le sourire duquel ressort une certain manque de conviction te rassure, paradoxalement. Il te paraît si hésitant mais si chaleureux à la fois. Et tu te souviens enfin pourquoi t’as décidé de mettre ton égo de côté et de venir ici. Parce que sa bonté d’âme semble étouffer un peu ton arrogance. Parce que sa gentillesse semble atténuer ton sale caractère. Parce que sa simplicité te fait du bien. T’avais juste envie de ressentir ça à nouveau. Et cela a beau de faire mal de l’admettre, seule la présence de Léandre en est capable. Tu devrais pas avoir peur de t’avouer ça. Tu devrais pas avoir honte de souhaiter te sentir bien, simplement. Dieu soit loué – et ce, même si tu ne crois pas en Dieu – Léandre te force à sortir de ces pensées tortueuses. « Tu as souvent des envies soudaines comme ça ? » Des envies soudaines, t’en as souvent, ouais. Mais des envies comme celle-là… jamais. T’as jamais eu envie d’embrasser un mec pour le simple plaisir d’un baiser. Jamais. Jamais. Jamais. « T’en penses quoi, toi ? » Répondre par une autre question, c’est l’art de te sauver. T’as pas envie de lui avouer que l’envie la plus pure d’un simple baiser, tu ne l’as jamais eu avant lui. T’as pas envie non plus qu’il connaissent tes vices, le simple plaisir de la chair qui te pousse à coucher avec tout le monde et n’importe qui. Sans doute qu’il n’aurait jamais accepté ce rendez-vous s’il le savait. C’est précisément pour cette raison que tu ne lui permets pas vraiment de donner son avis de toute façon. L’idée qu’il aurait déjà réagi d’une manière ou d’une autre s’il ne voulait absolument pas t’accompagner te rassure quelque peu et t’aide assez pour prendre les devants. Tu refuses de laisser passer une nouvelle occasion de te racheter, de lui accorder une chance d’être lui-même à tes côtés, parce que c’est ainsi que tu l’apprécies. C’est vrai, tu te contredis. Tu le détestais il y a encore cinq minutes tout au plus. Et, comme s’il lisait dans tes pensées, il reprend la parole. « Je ne te déteste pas non plus tu sais. » La vérité c’est que toi, tu sais plus bien ce que c’est que d’apprécier quelqu’un, ni de le détester. Parce qu’il te fait tout mélanger. Le bon, le mauvais. Comme un ouragan. Tu t’aperçois finalement que ce n’est pas Léandre que tu détestes. C’est l’effet qu’il peut avoir sur toi quelquefois. Ce sentiment de légèreté qui t’enlace lorsqu’il est là, qu’il te parle, qu’il sourit. Un peu comme avec Albane… mais autrement. Là, c’est avec lui que tu avais envie d’être. Pour lui prouver que t’es pas si idiot que tu le laisses paraître. Pour qu’il ait un peu plus confiance en toi. Pour que tu cesses d’avoir peur d’un truc dont tu ignores encore tout. Tu ne sais pas vraiment pourquoi tu attends tant, mais retrouver peu à peu cette volonté assumée qui semblait pourtant t’avoir faussé compagnie ces derniers temps te redonne tout le courage nécessaire à convaincre Léandre qui semble étonnamment ouvert à ta proposition. « Je sais pas trop ce que tu entends par compliqué parce qu'après tout, je suis pas dans ta tête mais… moi- moi aussi j'ai envie de t'accompagner à cette expo. » Tu laisses échapper un rire que t’aurais pourtant voulu intérieur. Il l’est, dans ta tête, et c’est précisément la raison pour laquelle tout devient si compliqué. Mais comment est-ce que tu pourrais bien lui expliquer quelque chose que tu ne comprends pas toi-même. Ça te rend dingue. Tu te sens comme un môme qui ne connaît encore rien de la vie. Toi qu’a pris l’habitude de tout contrôler, tu supportes pas de ne pas savoir, d’être incapable de mettre un putain de mot sur ce qui se passe. Dans ta tête. Dans ton corps. Pour autant, ton esprit préfère s’attarder sur la deuxième moitié de sa phrase, moitié qui t’arrache un fin sourire, d’une sincérité presque déconcertante pour toi. Ses joues anormalement rosées y sont probablement pour quelque chose. On aurait dit un bambin. Un bambin heureux. Et contre toute attente, ça te touche. « Bon, on y va ? » Pour toute réponse, tu lui adresses un sourire satisfait avant de quitter le bâtiment en sa compagnie.
Le vent est doux mais sa mélodie est couverte par le brouhaha environnant. Les rues sont bondées, certains passants distraits, d’autres pressés. Malgré les quelques bousculades inévitables et les deux ou trois piétons grognons, tu ne peux t’empêcher de trouver cette balade agréable. Ni lui ni toi n’avez ouvert la bouche depuis votre départ pourtant. Ce n’est qu’au bout de dix minutes environ que tu te décides à briser ce fameux silence qui n’en est pas vraiment un si l’on considère la cacophonie parisienne. « Il doit bien y avoir un million de raisons pour lesquelles t’aurais pu refuser de m’accompagner, voire même de m’envoyer chier. D’ailleurs, si les rôles avaient été inversés, c’est vraisemblablement ce que j’aurais fait. » Tu marques une courte pause, réfléchissant consciencieusement au choix de tes mots. « Mais si t’es là, c’est probablement qu’il y en a une autre pour laquelle tu t’es dit que ça valait la peine d’accepter. Une infime raison qui a elle toute seule à su évincer toutes les autres. J’ignores ce qu’elle peut bien être, mais je te remercie de l’avoir fait peser dans la balance. » Voilà ce que tu aurais voulu lui dire. Voilà ce que tu aurais dû lui dire. Mais t’as la vague impression que tu serais passé pour un bel imbécile. « Alors merci. » C’est tout ce que tu te contentes de marmonner en guise de conclusion. Et tu t’en veux un peu, parce que tu dois probablement avoir l’air tout aussi idiot. T’admires drôlement sa gentillesse, et t’aimerais bien qu’il le sache pourtant. T’es simplement incapable de te laisser aller à ce genre de choses, et si t’avais le courage de le reconnaître, ça t’attristerait sûrement beaucoup. Tu laisses s’échapper un soupire las et pensif avant de t’arrêter de manière soudaine. « En tout cas, j’ai pas une si mauvaise influence sur toi… » Tu sens pointer l’interrogation sous le sourcils légèrement arqué du jeune homme, mais tu ne poursuis pas immédiatement, préférant lui sourire malicieusement dans un premier temps. « C’est vrai, ça doit faire quinze minutes qu’on marche… il fait froid, il y a un peu de verglas, pas mal de bousculades… et t’es toujours debout sur tes deux jambes. » Tu lâches finalement un rire franc tandis que tu te remémores tous les petits déboires de Léandre auxquels tu as pu assister. Elle te plaît toujours cette petite expression timide et confuse qui apparaît sur son visage lors de ces moments-là. Ça aussi tu voudrais qu’il le sache, mais t’as pas assez de cran. Ouais. Toi, t’as pas assez de cran. Quand il est là, toi, t'es plus qu’un enfant.
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 12/3/2016, 12:51

Spoiler:
 


It's getting out of hand, now we're gonna go there
Au fond, je ne sais pas ce que j'espère, la raison pour laquelle j'accepte si simplement de me lancer dans quelque chose qui me fait si peur, parce que oui, ça me fait peur. Isaac lui-même me fait peur, simplement parce que je suis incapable de contrôler les multiples choses que je peux ressentir en sa présence. Et, moi qui ai toujours voulu contrôler cette chose anormale en moi, je deviens incapable de quoique ce soit dès l'instant où ses yeux croisent les miens, dès l'instant où je me rends compte qu'il me porte un minimum d'attention, dès l'instant où je me dis que merde, j'ai plus si honte en sa présence. Peut-être que son assurance déteint doucement sur moi ou simplement, m'aide à me dire que ce n'est plus tant une honte dans notre société. Lui semble le penser en tous cas, je sais qu'il ne s'en cache pas, je sais qu'il l'assume au-delà de la simple acceptation de soi et parfois même, il m'arrive de le jalouser, quand j'y pense trop longtemps. Tout serait tellement plus simple si ma tête acceptait mon cœur et ses ressentis. Si ma tête acceptait simplement que je puisse tomber amoureux d'un homme. Amoureux, un mot encore plus effrayant, un mot si différent du simple fait d'être attiré par une personne, l'amour fait peur, plus encore dans mon cas j'imagine. Mais je peux encore sentir ses lèvres sur les miennes, comme si elles y étaient toujours ou plutôt, comme si j'avais besoin qu'elles y soient encore, ces lèvres sucrées et douces, ces lèvres qui me rendent si rapidement fou. Les lèvres d'un homme, certes, mais d'un homme qui me change, doucement sans que je ne m'en rende véritablement compte. Pourtant, il le fait. Nous ne nous connaissons depuis si longtemps quand on regarde mais il me change déjà, je n'ai plus si peur et je sais que c'est grâce à lui. Je sais que la jalousie que je ressens vis-à-vis de lui qui semble si confiant me permet de croire qu'il me sera un jour possible de m'assumer pleinement aux yeux du monde et pas seulement aux miens ou à ceux d'Albane. Albane, merde. Je suis encore censé être avec elle, encore censé cacher mon homosexualité grâce à son aide et me voilà maintenant, en plein rendez-vous avec une autre personne que ma soi-disante petite-amie. Mais il doit savoir, cela ne fait aucun doute, il ne ferait pas ça à Albane tout comme moi je ne pourrais lui faire une telle chose. Fixant ses yeux pour y déceler un quelconque indice, je n'y trouve rien, je n'ai aucun talent pour ce genre de choses et je suis sans arrêt obligé de discuter de ce que les gens pensent plutôt que de le deviner par un simple regard, problématique puisque je serais bien heureux de pouvoir comprendre Isaac par un simple regard plutôt que d'attendre qu'il ne se dévoile. Peut-être est-ce pour cela que je l'apprécie tant, d'une telle manière, il est mystérieux. Bien sûr, je sais certaines choses le concernant, je pense que tout le monde connaît à peu près sa vie sexuelle mais le véritable Isaac, celui caché à l'intérieur de lui, celui qu'il ne dévoile sûrement très peu comme moi je ne dévoile très peu le véritable Léandre, celui-ci permet cette immense part de mystère. Et je donnerais n'importe quoi pour changer cela, pour ouvrir sa carapace et m'y faufiler comme lui le fait déjà doucement. Il se faufile entre les écailles de ma dure carapace, il la perce et regarde à l'intérieur, il modifie certaines choses, s'amuse d'autres et ce n'est pas si désagréable que j'avais pu le penser, de laisser un homme nous découvrir intérieurement, c'est même plutôt fou. Dans le bon sens du terme. Mais comment résister à Isaac, en même temps ? Il me suffit de le regarder droit dans les yeux pour comprendre qu'il puisse enchaîner des conquêtes si facilement, il suffit de le regarder pour se perdre dans ses yeux, pour se perdre en lui. Et mon regard se pose sur ses lèvres, qui précédemment touchaient les miennes. Isaac touchait mes lèvres, Isaac embrassait mes lèvres, une chose si agréable que j'en frissonne encore, une chose si agréable que j'ai besoin de lui poser la question, pour savoir si, éventuellement, un jour je sentirai à nouveau la douceur de ses lippes contre les miennes. La question à laquelle il me répond par une autre question, cet idiot. Se défile-t-il ?  « T'en pense quoi, toi ? » Bonne question. Très bonne question. N'étant pas vraiment dans sa tête, il m'est impossible de répondre de façon sincère et vérifiée à cette question. Et je me rends compte ainsi d'une chose, une chose essentielle mais quelque peu.. douloureuse. Je ne le connais pas. Je ne connais pas grand-chose de lui, ni sa couleur préférée, ni le nom de son premier animal, ni ceux de ses parents, je ne sais pas d'où il vient, où il va. Son prénom, son métier, son âge et sa beauté sont les seules choses qui me permettent d'affirmer que oui, je connais Isaac Delatour alors qu'en réalité, pas vraiment, reconnaissons-le. « C'est à toi que je pose la question. La seule chose que moi je sais… c'est que je veux bien que tu en aies souvent, des envies folles comme ça. » Comment j'arrive à dire une telle chose à cet homme ? Je n'en sais rien, mais il me décoince doucement et je me laisse alors aller à mes réelles pensées, je les accepte, enfin. Et j'apprécierais tellement, ressentir ses lèvres et son odeur tout autour de moi. J'aimerais tellement qu'il continue, qu'il fasse autre chose de surprenant mais d'agréable. Moi, le gay-récemment accepté-puceau-perdu, j'accepte enfin une telle chose. Et sûrement ne se rend-t-il pas compte de ce qu'il change chez moi mais c'est effrayant parce qu'indéniablement, je m'attache, je veux découvrir le monde à travers ses yeux, m'accepter grâce à lui, grâce à Albane, grâce à cette nouvelle vie qui, comme j'en ai l'impression, commence aujourd'hui.

Et puis d'un coup, son rire vient doucement emplir mes oreilles, mes tympans, mon cerveau et je ne peux empêcher un sourire en entendant ce doux son qu'il produit. Et je me retrouve complètement perdu dans ces sons qui me reviennent en mémoire à chaque seconde. Et je pars loin, sans comprendre ce que je ressens réellement, un coup de foudre peut-être ? Cela existe-t-il encore, vraiment ? Mais il est beau, Isaac, il est doux, Isaac, il est gentil, Isaac, il est là, Isaac. Il est là à mes côtés, prêt à m'emmener en balade, en sortie, en rendez-vous. Un rendez-vous oui, un rendez-vous parce qu'on veut vraiment y aller ensemble, un rendez-vous parce qu'il m'a embrassé, qu'on s'est embrassés plusieurs fois, prouvant ainsi que, d'un côté ou de l'autre, il y a plus qu'une simple amitié. Surtout de mon côté je crois mais je m'en moque. Parce que j'ai quand même un rendez-vous avec Isaac, un rendez-vous avec cet homme qui me fait tourner la tête, cet homme qui me fait oublier mes parents et leurs mots, la religion et ses interdictions. Parce qu'il surpasse ça, Isaac, il surpasse tout ça. Et si c'est pour lui, moi je veux bien aller en Enfer. Je sais que je l'y retrouverai de toute façon alors à quoi bon me priver ? À quoi bon me cacher ? Tant qu'il est près de moi, je veux bien tirer la queue du diable. Parce que j'espère, j'espère très fort qu'on partira ensuite en courant tous les deux. Et, alors que je me perds complètement dans mes métaphores, je reviens à la réalité. Nous pouvons y aller, ensemble, parce que c'est notre rendez-vous.

Pendant toute notre balade, je le suis en silence, un silence assez pesant mais que je suis totalement incapable de briser. Je me concentre, parce que je suis en sa présence, un pied devant l'autre, histoire de ne pas tomber devant lui, de ne pas me ridiculiser devant le garçon qui me plaît et ce, lors de notre premier rendez-vous, ce serait assez comique certes mais surtout très honteux. Je me concentre malgré notre silence lourd entouré d'un bruit de fond, d'ambiance qu'est celui de la vie parisienne mais j'y arrive, à me concentrer. Je ne bouscule personne, ne trébuche pas, ce qui me semble être une véritable exception, Isaac me changerait-il à ce point ? Il ne répond pas à cette question silencieuse, moi-même je suis incapable d'y répondre mais enfin, enfin il brise ce lourd silence, avec de beaux mots, des mots qui restent gravés longtemps en une personne, moi en l’occurrence. « Il doit bien y avoir un million de raisons pour lesquelles t’aurais pu refuser de m’accompagner, voire même de m’envoyer chier. D’ailleurs, si les rôles avaient été inversés, c’est vraisemblablement ce que j’aurais fait. » Je dois reconnaître que ce sont des mots assez étonnants, mais tellement plaisants. Je pourrais me formaliser et rester ancré sur ses derniers mots avouant que si j'avais été l'initiateur de ce rendez-vous, il se serait très probablement moqué de moi mais Isaac est tel qu'il est, et j'ai décidé de l'accepter ainsi alors peu m'importe ce genre de détail insignifiant puisque de toute façon, après ma tentative de baiser complètement ratée, je n'aurais jamais initié un rendez-vous, jamais. « Alors merci. » Quelques petits mots et un immense sourire sur mon visage, ces quelques petits mots et j'ai le visage en feu, voilà ce que produit Isaac sur moi, à mon plus grand désespoir je crois. Et peut-être que j'aurais du encore une fois me vexer, parce que ces mots ne sont qu'un murmure que je peine à comprendre, parce qu'il ne semble pas apprécier les mots qu'il utilise mais peu importe, mon cœur et empli d'un trop-plein de choses que je ne peux décrire mais qui me plaît plus que de raison. Je suis si surpris, si agréablement surpris que je ne trouve rien à répondre. Rien à répondre pour le moment mais une idée me vient, une idée qu'il ne me laisse pas le temps de faire puisqu'il enchaîne sur quelque chose que je ne comprends pas tout de suite. « En tout cas, j'ai pas une si mauvaise influence sur toi... » De quoi est-il en train de parler, lit-il dans mes pensées ? Il me change tellement que j'en suis surpris moi-même et que je me force à ne pas opérer un trop gros changement sur moi-même et voilà que lui remarque déjà, dès lors de notre premier rendez-vous, que l'affection que je ressens pour lui change d'ores et déjà la personne que je suis. Alors je le regarde, dubitatif, attendant une explication plus étoffée de ce qu'il entend par là, attendant qu'il m'explique les choses comme lui les voit, ce qu'il fait. « C’est vrai, ça doit faire quinze minutes qu’on marche… il fait froid, il y a un peu de verglas, pas mal de bousculades… et t’es toujours debout sur tes deux jambes. » Un rire violent me prend. Si bien que là, je manque de tomber. Chassez le naturel, il revient au galop. Alors mon rire se stoppe et j'en viens à faire une petite moue, j'ai manqué de tomber, bravo le ridicule. « T'as parlé beaucoup trop vite. » Puis mon idée me revient, et je me lance. Prenant mon courage à deux mains, je m'empare d'une des siennes, de main. Doucement, délicatement, ma main rejoint la sienne et mes doigts viennent chercher les siens pour les lier alors que je chuchote une explication. « C'est pour pas que je tombe… » Et je reste ainsi, sans rien dire d'autre, gardant la tête haute alors que je tiens la main d'un homme, gardant la tête haute et fixant les passants sans aucune honte, sans aucune peur. Parce qu'Isaac est là, et avec Isaac je n'ai plus peur, parce que je lui fais confiance et qu'il me donne confiance en moi. Un peu dingue tout ça.
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 13/3/2016, 15:25

It's getting out of hand, now we're gonna go there
Tu regardes bêtement tes pieds passer l’un devant l’autre, et tu te dis que cette situation est vraiment bizarre. Non pas le fait que tu marches sur tes deux jambes. En réalité, ton esprit est totalement ailleurs. Là où Léandre est à quelques centimètres de toi. Là où sa présence n’est absolument pas due  au plus sordide des hasards comme cette fois où t’as fichu les pieds dans son café. Là où il se ballade à tes côtés parce que tu le lui as demandé, un baiser en prime en guise d’argument. Tu pourrais te questionner encore des heures sur cet acte aussi étrange qu’inattendu. Tu voudrais cesser d’y penser une bonne fois pour toutes, notamment parce que ni toi ni personne n’a encore jamais eu la capacité de remonter le temps. Ce qui est fait est fait, et ne dit-on pas qu’il vaut mieux avoir des remords que des regrets ? Mais dans ce cas, une énième question s’offre inévitablement à toi : aurais-tu regretté de ne pas l’avoir embrassé ? Non, bien sûr que non. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’un juste retour de politesse. C’est ce que ton cerveau te dicte de penser. Celui-là, il est toujours en éveil quand tu le voudrais pas. Il commande ton esprit au millimètre pour pas que tu fasses de bourde. T’en fais des tas pourtant. Par chance, dans ce cas de figure, le remercier était une bonne idée. Une vraie. Pas le genre que toi tu trouves bonne au détriment des autres. Avec un peu de recul, tu t’aperçois que tu n’as jamais vraiment été tendre avec Léandre, ce type à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession. Toi, tu lui donnerais pas. Tu lui arracherais des mains sans préavis si cela pouvait filtrer un tant soit peu sa foi. Croire en quelque chose ne devrait pas empêcher quiconque d’être la personne qu’on a besoin d’être. Mais tu ne tenteras pas le sujet cette fois, t’y mets un point d’honneur parce que tu préférerais qu’il te sourie aujourd’hui. Que ses joues rosissent du bien-être de quelques secondes de sérénité, pas de colère. Alors oui, un simple merci fera l’affaire. C’est ce que font les gens bien d’ordinaire, les mecs gentils comme lui. « Tu sais, j'voulais pas vraiment te laisser le choix au début parce que ç’aurait été prendre le risque que tu refuses », tu commences afin d’expliquer ton attitude pourtant pas si surprenante lorsqu’on te connaît bien. « Et j’ai beau beaucoup aimer ça, je n’avais pas envie d’en prendre cette fois. » Pas dans ce cas-là, non. Tu voulais pas. Tu te demandes s'il n'a pas trop d'influence sur toi. Ça te ferait mal. C’est vrai, ça déplaît fortement à ton égo de mettre cette hypothèse en avant, même le temps d’une fraction de seconde uniquement. T’es pas modulable, toi. Tu ne l’as jamais été et ne le seras probablement jamais. La voilà ta vision des choses, celle que t’avais avant lui. Tu te sens tellement idiot. Idiot d’être aussi orgueilleux, mais aussi idiot de te laisser attendrir si facilement par un mec comme lui. Un mec qui ne cherche même pas à te faire flancher. Un mec au trop plein d’innocence. Un mec dont la bonté, la gentillesse et la sensibilité seraient bien trop risibles pour un gars comme toi. Comme lui. Comme toi. Comme un gouffre invisible infranchissable. Ça te fascine toujours autant que vous soyez là, tous les deux, à essayer coûte que coûte de vous supporter l’un l’autre... et t’as la sensation que ça fonctionne. Presque… ou que ça fonctionne tout court. T’es plus très sûr de ce qui se passe entre vous, entre deux entités qui se rejettent par toutes les lois de physique, de chimie ou toute autre connerie du genre capable d’expliquer la fusion impossible de deux éléments qui s’opposent. Ça te passe au-dessus, tu comprends que dalle. Tu supposes que c’est plus fort que toi. Tu finis par relever les yeux, et tu observes les gens qui t’entourent, les stands, les décorations. Et puis tu observes Léandre. Ses yeux ne décollent pas du sol pavé. Ses lèvres sont scellées, bien couvertes sous sa grosse écharpe en laine. Ses mains sont bien au chaud dans ses poches. Tu te demandes si son esprit est réellement présent. Il a l’air de voguer un peu ailleurs. Tu comprends rapidement que la situation est bien loin d’être confortable pour lui. Ça ne t’étonne que très peu en vérité. Aussi, tu tentes à nouveau de briser la glace de la manière la plus sympathique qui soit – du moins, il te semble. Le rire au bord des lèvres, tu plaisantes sur ses diverses maladresses qui semblent s’être atténuées, contre toute attente… mais qui reviennent au galop. « T'as parlé beaucoup trop vite. » Amusé, tu souris bêtement et secoues légèrement la tête. Et puis Léandre prend une initiative, de celles qui sont pour le moins inattendues. « C'est pour pas que je tombe… » Oui, autant que tu l’admettes d’ores et déjà, ce n’était absolument pas ce à quoi tu t’attendais. D’ailleurs, est-ce que tu t’attendais à quoi que ce soit ? Là était la véritable question. Avec lui, t’as tendance à tout laisser couler, parce que tout te paraît naturel. Presque trop. Mais sentir sa main se mélanger à la tienne te procure une toute autre sensation. Son contact te crispe et t'électrise à la fois. Tu voudrais retirer la tienne aussi rapidement que possible mais ce que tu veux encore plus, c'est ne pas le blesser. Toi, Isaac. Tu te préoccupes des sentiments de quelqu'un. Si la situation s'y prêtait, tu éclaterais de rire. Mais ce n'est pas le cas, tu ne peux pas te le permettre. Alors tu penses à toutes ces raisons qui font que tu souhaiterais à tout prix lâcher cette main qui te retient à quelque chose qui te fait trop peur. T'as les boules parce que toi, t'es pas fait pour les histoires comme ça, t'es pas fait pour être en couple ou quoi que ce soit qui s'y rapproche. Et par dessus-tout, t'es pas fait pour lui. « Si tu veux mon avis, tu as autant de chance de te déboîter un genou sans moi qu’avec moi. » Le temps de cette phrase, tu apprécies la chaleur que procure le contact de vos deux mains pourtant gelées. Tu l'apprécies putain, plus que de raison. Néanmoins, tu lâches son étreinte pour retirer quelques pièces de ta poche arrière. « Euh... tu... tu veux boire... un truc ? » Est-ce que tu rêves où est-ce que t'es réellement en train de bégayer comme un con ? Est-ce qu'il te fait réellement cet effet, hein ? Est-ce que t'es réellement en train de devenir celui qui se laisse doucement contrôler ? La seconde qui suit ces pensées troublées, tu t’arrêtes en plein milieu de la voie piétonne et fais pivoter ton corps juste assez pour faire face à Léandre. Comme si son geste, aussi innocent puisse-t-il sembler, t’avais fait l’effet d’un coup de jus. C'est un peu le cas en réalité. Tu te demandes si c’est pas ça qu’on appelle plus communément une prise de conscience ou un truc comme ça. « En fait, non. Tu sais quoi ? Peut-être que t'as raison. Et si je peux vraiment t'empêcher de te ramasser à terre devant tous ces gens, ça veut sûrement dire que toi aussi tu peux m'aider. Tu peux m'aider à juste... devenir mieux. Alors vas-y, contamine-moi ! », tu le défies on ne peut plus sérieusement. C’est curieux, pourtant, tu t’es toujours senti bien dans ta peau, voire même peut-être trop. Un peu comme s’il s’agissait d’un bouclier charnel. T’as toujours trouvé ça pratique. Toutefois, à cet instant, tu souhaiterais être comme lui. Même pour une journée, ou une minute… ouais, même si ça dure pas. T’as l’envie farfelue d’essayer. « Je t’écoute, allez. Dis-moi comment faire. Que penser, quoi dire… Comment on fait pour devenir un mec comme toi ? » Un môme. Voilà le tableau auquel le beau brun doit présentement faire face. Trop plein d’excitation, d’une volonté presque trop exacerbée pour être crédible. Tu sais pas trop si ça t’amuse ou si ça t’intéresse. Sûrement un peu des deux. Mais étrangement, tu perçois davantage d’intérêt dans ton attitude. Un truc bizarre. Tu le regardes un instant, lui, le gars que tout le monde apprécie. Celui que tout le monde trouve gentil, aimable, et toutes les autres choses qui vont avec. Toutes ces choses qui le rendent beau. Plus qu’il ne l’est déjà, en réalité. Et tu le trouves tellement beau. « Apprends-moi à être un mec bien. » Tu doutes que ça s’apprenne ce genre de chose. Chez lui, ça te paraît plus inné qu’autre chose. Tandis que chez toi, ce qui est innée, c’est tout le reste. Entre autre, l’arrogance, la manipulation, la rébellion. La connerie humaine en somme. Et c’est précisément à l’instant-même où tu le regardes que tu te dis que tu serais presque capable d’accoster un passant au hasard et de lui proposer de lui payer un café, juste pour être gentil. Au moins une fois. Si ça pouvait le faire rire ou le faire changer d’opinion sur toi. Et si c'était mieux encore que d'avoir ta main dans la sienne ?
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Tu te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint mais tu es l’un et l’autre et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux, celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui cherche, et tous les autres ensemble.  ©️ by anaëlle.
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 13/3/2016, 17:01


It's getting out of hand, now we're gonna go there
Une chose étrange avec Isaac en ces instants, c'est qu'on est tous les deux complètement perdus dans des pensées autres que celles que nous pourrions partager sur cette balade. En fait, on est tout simplement pas vraiment ensemble, tout en l'étant, incapables de discuter ensemble parce que nos personnalités trop différentes nous en empêchent finalement. Les actions sont plus parlantes, pourtant, dieu seul sait combien j'aime les mots, j'aime échanger par le biais de la parole, j'aime choisir mes mots avec soin pour impacter mon interlocuteur. Mais Isaac c'est différents, avec Isaac tout est une question de surprise, et nos mots sont tout sauf surprenants alors il faut trouver une alternative, il faut se battre chaque seconde pour trouver quelque chose. C'est comme un jeu minuté, cinq secondes avant le coup fatal. On essaie, on cherche. Quatre secondes. Que faire qui pourra le surprendre ? Trois secondes. Le temps passe trop vite. Deux secondes. Ce sera lui ou moi ? Une seconde. J'ai tout épuisé. Plus de secondes. Et rien ne se passe. Je nous vois bien comme deux personnages d'un jeu stupide, contrôlés par deux amis en désaccord, refusant de nous permettre une issue simple. Alors tout est compliqué, les mots sont actions, les pensées sont silences et je me perds dans le vacarme parisien, priant intérieurement pour ne pas mal faire, un seul faux pas et il m'échapperait, ce ne serait pas la première fois. Or, je n'en ai pas envie, je veux me battre et le garder parce que sentir sa présence à mes côtés est une chose bien trop agréable pour être ignorée. Et puis le coup fatal, le coup fatal mais surprenant, un échange de mots que je n'attendais plus, des pensées et ressentis échangés qui me font sourire, des remerciements qui me touchent et une envie de rester près de lui plus vive qu'avant. Isaac, que fais-tu de moi ? C'est cela avec Isaac, il me change, me transforme et me perd tandis que lui semble impassible à tout ce qui peut se passer entre nous, tout ce qui pourrait se passer. C'est peut-être cela qui m'attire chez lui, son côté si sûr de lui, son côté j'ai peur de rien, son côté j'aime le risque, j'aime prendre des risques et tant pis si ça ne plaît pas. Isaac dans sa totalité me plaît. Il est évident que j'arrive à lui trouver des tas de défauts en l'espace de quelques secondes mais il ne me faut que très peu de temps pour les trouver intéressants à leur tour. C'est la magie d'Isaac. « Tu sais, j'voulais pas vraiment te laisser le choix au début parce que ç’aurait été prendre le risque que tu refuses. » Si cet aveu me fait sourire, je reconnais aisément qu'il m'ait impossible de voir où il veut en venir. « Et j’ai beau beaucoup aimer ça, je n’avais pas envie d’en prendre cette fois. » Impossible d'empêcher mon sourire de s'agrandir, totalement impossible tant il est adorable en ces instants. Et associer Isaac et le mot adorable est une chose qui me semble si rare que je me dois d'en profiter et de lui avouer la vérité, celle qui peut me paraître parfois difficile à assumer, le manque que j'ai ressenti. « J'aurais accepté. T'as fait l'effort de venir, l'effort de me dire ce que tu ressentais, et tu me manquais je crois. Ouais, tu me manquais. » Mes joues rosissent instantanément à nouveau, c'est une révélation que je lui fais là je crois bien. Mais c'est la vérité, il me manquait. J'ai souvent pensé à lui et c'était une chose douloureuse que de se souvenir des mauvais moments. Maintenant j'en ai un bon, maintenant j'ai celui-ci qui me donne envie d'effacer les autres, d'effacer tout ce que j'ai pu connaître avant. Ce bon moment est le bon moment. Peut-être que je ne devrais pas, m'ouvrir autant à lui, peut-être que je devrais faire plus attention, me protéger plus, ne pas me lancer à corps perdu dans quelque chose de si inconnu, différent, effrayant mais j'le fais quand même. Je m'ouvre, dans l'espoir qu'il le fasse à son tour, un peu plus. Parce qu'il le fait déjà un peu, en réalité. Mais c'est pas suffisant, j'ai besoin de plus, j'ai besoin d'être sûr que je fonce pas dans le mur, j'ai besoin d'avoir un retour, une aide parce que j'ai beau faire le fier là, mon moi intérieur tremble complètement, j'ai beau faire celui qui assume, j'ai envie de partir en courant, j'ai beau faire celui qui a pas de soucis, j'ai l'impression que la foudre va s'abattre sur moi. Et chaque fois que j'y pense trop, je me concentre sur la présence d'Isaac à mes côtés, je me concentre sur la chaleur de sa main qui désormais touche la mienne, je me concentre sur ces petits détails, en silence, et j'oublie que je suis dans la faute, j'oublie que je devrais courtiser une jeune femme plutôt qu'Isaac, j'oublie parce qu'il me fait oublier et c'est bien trop agréable pour que je ne décide de m'en priver, bien trop exceptionnel pour que je ne décide de m'enfuir sans lui. Perdu dans mes pensées, il me faut un certain temps pour me rendre compte que flûte, il n'a pas lâché ma main, ni crié, ni vomi, ni rien qui aurait pu sincèrement me blesser plus fortement que je ne peux le croire et je crois que sans m'en rendre compte, un sourire de fierté s'est apposé sur mon visage, simplement parce qu'il n'est pas dégoûté, simplement parce qu'il ne m'a pas rejeté et c'est magique un peu. Pourtant je le sens, se contracter, je sens ses phalanges se resserrer, puis se détendre, puis se serrer et se détendre à nouveau, signe d'une possible anxiété mélangée à peut-être un sentiment plus heureux. Serait-il aussi paumé que moi ? J'en doute. Mais il garde ma main dans la sienne, me permettant ainsi de sentir sa douceur, sa chaleur et d'apprécier ce contact, et j'en suis dingue. « Si tu veux mon avis, tu as autant de chance de te déboîter un genou sans moi qu’avec moi. » Il a peut-être bien raison, il suffirait que je glisse et nous fasse tous deux tomber mais ça, je ne compte pas lui dire, non non. Parce que sa main dans la mienne ne me fait pas peur, pas penser au fait qu'on pourrait tomber ensemble, je pense simplement au fait que merde je papillonne. « Peut-être. Mais je me sens déjà un peu plus en sécur- » Je ne finis pas. Il lâche ma main, ne m'écoute peut-être même plus, il lâche ma main pour la plonger rapidement dans sa poche. « -ité. » Il l'a lâchée, j'ai fait quelque chose de mal c'est certain. Je n'aurais peut-être pas du dire ça, ou peut-être que ma main glisse trop, il n'aime pas ça. Je ne lui plais pas, sans aucun doute, comment j'ai pu croire une seconde qu'un gars comme lui allait être un tant soit peu intéressé par un mec comme moi. Quel con je fais. « Euh... tu... tu veux boire... un truc ? » Je le dégoûte tant que ça. Te fatigue pas, j'ai compris, te fatigue pas je m'en vais, je te laisse tranquille, je te laisse retourner à ta vie et je retournerai à la mienne. C'est pas toi, c'est moi, j'ai été con, j'aurais jamais du espérer quoique ce soit, ni t'attraper la main, ni te toucher, ni te parler, encore moins t'embrasser. Puis pourquoi t'as fait ça hein ? Pourquoi t'as posé tes lèvres ici, j'suis un de plus ? J'suis quoi pour toi, à quoi tu joues, c'est quoi le problème ? Peut-être que j'aurais du lui dire tout ça, puis peut-être pas. Peut-être que j'aurais pu, peut-être pas. Toujours est-il que j'ai pas eu le temps de lui répondre, j'ai même pas eu le temps de savoir ce que j'allais réellement dire qu'il enchaînait, avec presque violence. Et alors qu'il fait volte-face, juste devant moi, je trébuche. Je trébuche et, manquant de m'éclater contre le sol, je ne trouve qu'une alternative : m'accrocher à ses vêtements. Ce que je fais, tant pis pour la dignité que je cherche à avoir, tant pis pour tout. Je m'accroche à ses vêtements que je déplace un peu avant de me remettre correctement sur mes deux pieds. Et heureusement que je suis, cette fois-ci, bien accroché, puisque ses mots m'auraient fait tomber une seconde fois. « En fait, non. Tu sais quoi ? Peut-être que t'as raison. Et si je peux vraiment t'empêcher de te ramasser à terre devant tous ces gens, ça veut sûrement dire que toi aussi tu peux m'aider. Tu peux m'aider à juste... devenir mieux. Alors vas-y, contamine-moi ! » Je dois reconnaître que je ne comprends rien, je comprend ni de quoi il parle, ni ce qu'il cherche. Le contaminer, le contaminer de quoi au juste ? J'ai rien à offrir, rien à donner, je peux pas l'aider puisque j'ai absolument rien de plus que lui. C'est lui le gars intéressant, lui le gars qui peut apprendre aux autres. Moi j'suis rien, juste un mec paumé qui sait même pas ce qu'il est et ce qu'il veut, j'ai juste rien à apprendre à part les chants de prière que je connais par cœur. Et c'est quand même pas ça qu'il veut, si ? « Je t’écoute, allez. Dis-moi comment faire. Que penser, quoi dire… Comment on fait pour devenir un mec comme toi ? » Que penser, quoi dire pour être comme moi. Qui voudrait être comme moi, qu'est-ce qu'il trouve intéressant chez moi pour le vouloir à ce point, qu'est-ce qui l'a fait changer en l'espace de quelques secondes pour qu'il se laisse aller à ce point ? J'comprends rien, nada, niet. « Apprends-moi à être un mec bien. » Oh. C'est dingue parce que j'ai toujours cru qu'il était vraiment sûr de lui, que jamais il ne voudrait être comme un autre ou changer un détail de sa personnalité, j'ai toujours cru que c'était vraiment lui, qu'il jouait pas, se cachait pas, que y'avait pas des failles en lui, que c'était juste lui et que c'était tout. Et j'me prends une belle claque. Douloureuse, non, vraiment belle. Il était déjà beau, mais là c'est pire. Lui et ses failles sont tout ce que j'attendais depuis des années, je suppose. Mais comment l'aider ? Je suis pas un exemple, que ce soit de mec bien ou autre, j'suis juste un mec normal, paumé, je peux pas l'aider, j'ai rien à offrir. Alors j'trouve rien à répondre, rien à dire. Et je pose simplement mes deux mains à plat sur ses joues, je sais même pas pourquoi je fais ça, je me comprends pas mais c'est le seul truc qui me vient, je veux juste le calmer, je veux juste qu'il comprenne qu'il est bien comme ça, que ce qu'il aime pas chez lui, ça se change, mais qu'on s'en fiche, je veux juste qu'il comprenne que je l'apprécie comme ça, que mon cœur bat plus fort quand il est là, lui, pas un autre, pas un lui différent, lui tel qu'il est. Et c'est tout ce que j'essaie de lui dire, mes mains sur ses joues alors que le monde tourne encore autour de nous. « Moi j't'aime comme ça. » Et c'est sorti d'un coup, est-ce que je le pense vraiment ? J'en sais rien. Est-ce que je suis amoureux ? Non. Mais je l'aime, je l'aime comme on aime quelqu'un qu'on connaît un peu et qu'on trouve adorable, quelqu'un avec qui on aime passer du temps. Moi je l'aime comme il est, j'aime quand il est doux, parce que ça lui arrive, j'aime quand il m'embrasse parce que c'est spontané. J'aime tout ce qui fait qu'il est lui alors je l'aime, tout simplement.
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 13/3/2016, 23:45

It's getting out of hand, now we're gonna go there
Ç’aurait pu être un pire fiasco, tu te dois de l’admettre. Et ça te rassure un peu, que Léandre ait été enclin à te suivre dès le début ou non. « J'aurais accepté. T'as fait l'effort de venir, l'effort de me dire ce que tu ressentais, et tu me manquais je crois. Ouais, tu me manquais. » Tu fais simplement mine de réfléchir le temps d’une fraction de seconde parce que tu n’as pas réellement besoin de le faire pour être certain de l’affirmation qui suit. « Nan, tu devais juste avoir faim à ce moment-là, je t'assure. » Une réflexion qui se veut drôle mais à laquelle tu crois pourtant dur comme fer : tu manques jamais vraiment. A personne. A moins qu'il ne s'agisse que d'un manque de chair, celui que n'importe qui d'autre pourrait combler. Mais lui, c'est toi qui lui manquais. Tu préfères même pas te demander comment c'est possible, pour la simple et bonne raison que ça te paraît surtout invraisemblable. Parce qu'il t'a fait comprendre à plusieurs reprises que tu étais le mec le plus détestable de tout Paris. Et tu t’en veux un instant alors que tu te rends compte que t’as réussi à être assez imbuvable  pour qu’il pensé ça. Lui. T’insistes mentalement là-dessus parce que tu sais pertinemment que ce n’est pas anodin. Ce n’est pas anodin que tu t’en veuilles. Ce n’est pas anodin que lui t’en veuille non plus. Y’a rien d’anodin entre vous, et ce, depuis la première fois où t’as croisé son chemin – ou que lui a croisé le tien, tu sais pas vraiment. T’es pourtant pas du genre à croise à ces conneries mais t’as la sensation que c’est quelque chose de plus fort que toi qui te commande de ne pas le laisser filer aussi facilement. Pas tout de suite. « En plus, j’ai conscience que ma compagnie est bien loin d'être la meilleure... mais c’est tout de même mieux d’être ici plutôt que tout seul dans ton canapé, pas vrai ? A moins que tu sois agoraphobe… si c’est le cas, j’ai fait un bide… j’avoue que je m’en voudrais. Mais tu l’es pas, hein ? Rassure-moi. » Une légère grimace déforme tes lèvres, mais ce n’est pas tant à cause de l’appréhension de sa réponse. C’est plutôt parce que tu te sais peu bavard, et lorsque tu enchaînes des futilités aussi affligeantes, c’est bien souvent pour parer à une certaine angoisse. Ça t’est arrivé une fois, tu devais être en primaire. T’as pas souvent connu ce sentiment mais Dieu que tu le détestes. Pour couronner le tout, t’es tiraillé entre plusieurs choses que t’es incapable d’identifier toi-même – et que t’as aucune envie d’identifier non plus pour être tout à fait honnête. Qu’importe ce que cela puisse être, tu refuses de t’en sentir dépendant. T’as souvent pensé que Léandre ne savait pas ce qu’il voulait, qu’il était instable, qu’il changeait trop souvent d’avis. Tu remarques à cet instant précis que toi non plus, pour la première fois de ta vie, tu ignores ce que tu veux vraiment. Tu l’envoies balader, tu l’embrasses sans préavis, tu l’emmènes ici. Tu le laisse prendre ta main, et finalement, tu retires la tienne. Tu le taquines et puis tu l’embarrasse avec cette vérité qui te fait mal autant qu’elle le gêne : t’avais envie d’être avec lui. Y’a quelque chose à l’intérieur de toi qui lutte pour sortir quand il est là. Quelque chose de différent de ce que tu es. Ce truc qui fait que ce que tu voudrais, c’est le voir sourire, comme cette fois où il est venu te voir au salon et que l’espace de quelques secondes, la vie t’as parue si légère que t’as cru avoir dix ans à nouveau. Ça t’a fait du bien, c’est vrai. Ça t’en ferait encore, sûrement. Un peu comme le résultat d’une journée avec Albane et Juliette, mais en plus instantané. Et peut-être bien en plus permanent à en juger par le léger sourire qui étire tes lèvres à cette simple pensée. Léandre, au lieu de ça, il regarde le sol, il traîne un peu des pieds. Il est inconfortable, tu le sens. Et c'est peu de le dire car à l'instant-même où cette pensée te traverse l'esprit, tu le sens s'aggriper à tes vêtements sans une once de douceur. « Attention ! » Tu le tires légèrement par le bras afin de l'aider à se hisser de nouveau sur ses jambes. C’est confirmé, il gagnerait à regarder devant lui bien que tu aies toi aussi ta part de responsabilité cette fois. « Bon ok, tu sais quoi ? Je me porte garant pour être le seul et unique responsible de tout ce qui pourrait t’arriver en ma présence aujourd'hui. » Tu arbores un sourire confiant tandis que tu lui assène une légère tape sur l’épaule. « Mais il peut t’arriver des choses sympas aussi, tu sais. » La vérité c’est que toi, t’en es pas aussi certain. L’éternel maladroit qu’il est se trouve parmi une foule d’inconnus dont les 5/6 environ sont impolis de nature, dans un froid hivernal qui ferait frémir les manchots, le tout accompagné d’un mec qui l’insupporte tout particulièrement. C’est clair, le beau bouclé avait dû connaître des situations bien plus sympas au cours de sa vie. Mais du peu que tu le connais, il est bien trop poli pour le faire remarquer là où toi t’aurais déjà mis fin à cette escapade, non sans préciser ô combien tu savais pourtant que t’aurais dû t’en tenir à ton premier avis et ne pas te laisser embarquer. Dans ces conditions, t’as pas peur de vexer les gens uniquement parce que toi t’es pas franchement susceptible. Et puis de toute façon, c’est pas l’empathie qui t’étouffe. Mais lui… l’intérêt qu’il porte aux autres est précieux. Tu ne peux t’empêcher de penser que le fait qu’il accorde si peu d’importance  à sa propre personne y est pour quelque chose. Il est tout ce que tu n’es pas et ne sera probablement jamais bien que sa seule existence te fasse espérer le contraire parfois. Des fois comme maintenant. Ce que tu souhaiterais, c’est qu’il se dise que t’es pas si immuable, qu’il s’aperçoive que tu peux changer avec les circonstances, chose que t’ignorais aussi jusqu’à maintenant. Mais ce que tu ne veux pas, c’est qu’il se rende compte qu’à lui tout seul, il est sûrement l’une de ces circonstances. Toi-même tu t’interdis de le penser. D’ailleurs c’est pas vrai, tu te l’ai déjà juré un million de fois. Sans même t’en rendre compte, tu clos fermement les paupières comme pour chasser ces idées de ton esprit, ce genre de prises de conscience étranges que t’as bien trop souvent depuis lui. « Moi j't'aime comme ça. » Tu mets quelques secondes à réaliser que c’est à ta demande farfelue qu’il est en train de répondre. Tu arques machinalement les sourcils. Y'a plus vraiment de doute à avoir pourtant, c'est bien sur tes joues qu'il pose ses mains. Un semblant d’éclat de rire s’échappe de tes lèvres. Il... quoi ? Il t'aime ? D'abord, c'est quoi ce mot ? T'en as jamais entendu parler, il sonne pas comme il faudrait. C'est quoi bordel de merde ? Réveille-toi. C'est un coup de marteau qui te vrille le crâne. Un coup qui résonne et qui refuse de s'arrêter. Y'a le “comme ça” qui suit, mais y'a le ”je t'aime” avant. Et putain qu'est-ce qu'il fout là, lui ? A quel page de la bible il est écrit que le bon Dieu tombe amoureux du Diable et de ses Enfers ? Il ne peut pas t'aimer, et encore moins comme tu es. Toi, et lui, et ce verbe beaucoup trop fort entre vous deux, c'est incompatible. La science pourrait le prouver, t'en es certain. Pourtant, ses propos t'étouffent le coeur parce que tu les attendais pas, parce que tu les acceptes pas. Tu ne peux décement pas le faire. Et tu sais que tu ne vas pas le faire. C'est précisemment pour ça qu'il est écrasé ton coeur, compressé par un trop plein de culpabilité que t'aurait jamais pu ressentir avant lui. T'as mal pour Léandre. T'as jamais voulu ça. Qu'il t'aime comme t'es, et que ça lui fasse mal. Alors quoi ? T'as pas été assez imbuvable ? Pas assez arrogant ? Pas assez moqueur ? Pas assez insolent ? Pas assez... toi ? Alors, aussi vivement que tu puisses le faire, tu te défais de l'étreinte de ses mains dont la forme épousait pourtant si bien celle de tes joues. « Nan Léandre, tu m'aimes pas », tu commences en secouant la tête comme pour confirmer davantage tes propos. « Tu m'aimes pas, et j'vais te dire pourquoi. » Tu t'en rends à peine compte, mais ta salive est trop amère, et ta voix anormalement forte. Tu crois même qu'elle part un peu trop dans les aigus parce que ses paroles t'ont littéralement fouetté et qu'avec tu voudrais t'auto-flageller à ton tour. « Tu m'aimes pas parce que t'es Léandre putain ! T'es tout ce qui fait que le monde est beau et qu'il tourne bien. Et moi j'suis un con, ok ? J'suis le pauvre type du coin qui fait tout foirer, qui lui mets des câles sous les roues et lui fais des croche-pieds à c'putain d'monde. J'suis sâle Léandre, et tu devrais pas foutre les deux pattes dans la merde. » T’arriveras décidemment jamais à comprendre ce qu’il y a au fond de lui qui l’empêche d’accepter de voir la réalité en face. La vraie réalité. « Pourquoi est-ce que tu t’interdis sans cesse de voir les choses telles qu’elles sont et de les accepter ainsi ? » Tu marques une courte pause avant de reprendre la parole de manière à expliciter davantage tes propos. « Pourquoi est-ce que tu t'évertues à imaginer que les autres sont bien, que les autres sont beaux, que les autres sont bons ? Pourquoi tu fais ça alors que ça t'empêche irrémédiablement de voir ce que toi tu es vraiment ? » Sa gentillesse, son infinie bonté... mais son homosexualité aussi, le fait que le cacher à tout le monde ne le rendra ni hétéro ni heureux, et certainement tout un tas d’autres choses que tu ignores encore… et peut-être bien que lui aussi. Toutes ces choses qui le rendent si beau de diverses manières. Tu t’interroges sincèrement sur lui, plus que de raison c’est vrai. Toujours à l’arrêt, tu prends quelques secondes pour observer les gens autour de vous. Puis, tu soupires, portant de nouveau ton attention sur Léandre. Sans réfléchir, tu poses à ton tour tes mains sur chacune de ses joues afin de l’amener à relever la tête et plantes ton regard dans le sien. « Maintenant écoute-moi. », tu commences en attendant qu’il daigne enfin te regarder lui aussi. « Tu es très probablement la personne la plus exceptionnelle qu’il m’ait été donné de rencontrer. » Tu reprends une brève inspiration avant de poursuivre. « Par "exceptionnel" j’entends… unique, extraordinaire dans le sens… pas ordinaire. T’es différent. » T’essaie de mettre de l’ordre mentalement dans tes paroles mais t’es pas très habile avec les mots. Pourtant, tu ne lâches pas l’affaire, et tant pis si cela te vaut d’être ridicule. « Regarde-toi ! T’es gentil et empli de bonté… t’es cruellement beau à l’intérieur. » Ce que tu voudrais ajouter, c’est qu’il l'est aussi à l’extérieur, qu’il l’est même encore plus lorsque ses grands yeux verts te dévisagent d’un air un peu perdu. « T’es une personne rare… mais dans le bon sens tu terme, tu vois. Et ça, je comprends pas que tu sois incapable de le voir. » Tu décides de t’arrêter là, parce que tu sens que ça te démange de faire quelque chose que tu devrais pas. Tu sais que si tu ne lâches pas immédiatement son visage, tu risques de déraper. C’est lui. C’est son entière faute. C’est cette façon qu’il a de te regarder. Pas comme les autres. Et toi, ça te prend aux tripes. Tu recules d’un pas, délivrant finalement son visage de tes mains par la même occasion. « Il y a des jours où j’aimerais être différent moi aussi. Mais j'le suis pas, et tu peux pas m'aimer comme ça. » Tu te racles la gorge, un peu comme si tu venais de te rendre compte de tout ce que tu avais dit. T’es pas vraiment à l’aise avec ça, mais t’as la sensation qu’il y a des choses que Léandre avait besoin d’entendre. « Tu te trompes », tu lâches dans un souffle pour toute conclusion. T'es même pas certain qu'il t'ait entendu, et tu ne cherchais pas franchement à ce que ce soit le cas de toute façon. Tu détournes le regard et inspires profondément. Qu’est-ce qu’il te fait, putain ? Tu l’as assez dit pourtant : t’avais envie qu’il soit là. Mais maintenant, tu voudrais qu’il s’évapore, sans laisser aucune trace de son passage. Parce que tu t’en rends compte, enfin… il te rend vulnérable.
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Tu te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint mais tu es l’un et l’autre et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux, celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui cherche, et tous les autres ensemble.  ©️ by anaëlle.
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 16/3/2016, 20:13


It's getting out of hand, now we're gonna go there
Isaac me fait tourner la tête et le pire, je crois, c'est que j'aime ça. J'aime l'idée de me perdre dans ses yeux bleus que je vois pourtant si peu, j'aime l'idée d'apprécier un peu trop sa voix mais peu m'importe, peu m'importe parce que j'aime me perdre dans ses yeux et écouter sa voix. Et je n'ai aucunement envie de changer ces petits plaisirs ridicules de ma vie. Je ne le comprends pas toujours, certes mais je m'en fiche, je m'en fiche parce qu'il me donne envie de tout foutre en l'air, il me donne en vie de dire merde à la vie et aux obligatoires, il me donne envie d'envoyer tout boulet et de ne faire que ce que je veux. Il me donne envie, oui, mais je suis incapable de faire de telles choses, totalement incapable. Mais le manque que j'ai ressenti n'en reste pas moins réel, malgré ma colère, malgré tout ce que je pouvais ressentir à son égard, il me manquait, lui entier. « Nan, tu devais juste avoir faim à ce moment-là, je t'assure. » Je ne sais pas vraiment ce qui est le plus douloureux dans ces mots, le fait qu'il ignore complètement mon aveu, le fait qu'il s'en moque ou le fait qu'il soit incapable de me croire, un mélange des trois sûrement, un mélange amer de ces trois choses qui déjà me blessent, bien que je ne décide de ne chuchoter que quelques mots, sans trop m'étendre, ne souhaitant ni conflit, ni réponse encore plus douloureuse par la suite, je préfère me taire ou chuchote de sorte à ce qu'il n'entende rien, juste pour que mon cœur entende et que mon cerveau imprime, juste pour être sûr des choses qu'étrangement je ressens à l'intérieur de moi, comme des boulets de canons qui sautent partout, comme une fusillade, un crépitement désagréable et parfois plaisant, plaisant et parfois désagréable, Isaac. « J'veux pas te manger, j'suis pas comme ça, tu me manquais vraiment. » Mais ceci ne reste et ne restera qu'un murmure, quelque chose qui, je l'espère se perdra dans la ville, envolé par le vent soufflant, envolé loin, loin, loin de nous pour que jamais, jamais il ne se rende compte de l'emprise qu'il a déjà sur moi, ce serait une catastrophe, j'en suis certain. Je lui en ai voulu, si fort, puis je m'en suis voulu, si fort, plus fort encore que je ne lui en voulais à lui. Mais quelle importance au fond ? Puisqu'il me manquait, puisque je voulais réellement courir le voir, juste pour être sûr, juste pour souffrir encore peut-être mais juste pour être bien parce que maintenant, maintenant oui je suis bien, à ces côtés dans le froid de Paris, sentant sa présence à mes côtés, c'est ça que je voulais, juste ça, je ne demandais rien d'autre et maintenant, justement parce qu'il me manquait et que j'ai donc accepté, je suis serein. « En plus, j’ai conscience que ma compagnie est bien loin d'être la meilleure... mais c’est tout de même mieux d’être ici plutôt que tout seul dans ton canapé, pas vrai ? A moins que tu sois agoraphobe… si c’est le cas, j’ai fait un bide… j’avoue que je m’en voudrais. Mais tu l’es pas, hein ? Rassure-moi. » J'essaie de l'écouter et je le fais mais il débite ces mots à une vitesse que j'ai du mal à en suivre le cours. Mais je comprends, tout de même difficilement, mais j'arrive à comprendre et ne peut empêcher un petit rire, que je cache dans mon écharpe. Bien sûr que je suis mieux ici, qui aurait pu dire le contraire, quand aurais-je pu dire le contraire ? Je ne fais que lui montrer combien de l'apprécier et il trouve encore le temps de dire que je pourrais – ou que je le fais vraiment – ne pas apprécier sa compagnie, j'aimerais tant pouvoir lui faire comprendre les choses, j'aimerais tant qu'il commence à croire ce que je peux lui dire, parce que je le pense, quel serait l'intérêt de l'énoncer sinon ? « Calme toi, tout va bien, je ne suis pas agoraphobe. Mais je pourrais vite le devenir si des dizaines de personnes autour de moi parlaient tous en même temps tel que tu le fais, c'en est presque effrayant. » Un sourire aux lèvres, je tente tout de même de lui faire comprendre que ceci n'était qu'une petite boutade et que jamais je ne me permettrais de le juger. « Je suis bien ici… même si tu es moins confortable que mon canapé. » Un nouveau petit rire tente de s'échapper d'entre mes lèvres mais je l'en empêche rapidement, gardant ma main chaudement gardée dans celle d'Isaac, pour mon plus grand bonheur. Je ne réalise pas vraiment, je suis en présence d'Isaac, ma main dans la sienne alors que nous marchons dans les rues de Paris sans que je ne sois ni gêné, ni perdu, ni quoique ce soit, comme si un de ces miracles de Noël s'abattait sur moi en ces instants. Mais, en y pensant trop, souvent le problème revient alors j'aime mieux effacer ces pensées de mon cerveau pour un court temps, le temps de profiter du moment présenter et de ce que je fais aujourd'hui aux côtés d'un garçon qui me plaît plus que de raison, qui m'a embrassé et qui désormais, me tiens la main. Ou tenait. Je crois que j'ai cessé le nombre de fois où Isaac m'a blessé, parce qu'honnêtement, il ne cesse d'augmenter et pourtant je m'accroche, comme à une bouée de sauvetage parce qu'il est un peu toujours la mienne, au sens métaphorique du terme ou même, étant donné les circonstances, au sens littéral du terme. Il me remet sur pied quand je tombe, c'est exactement ça. Il fait tout cela sans s'en rendre compte souvent, ou même tout le temps je pense, je ne lui ai, je crois, jamais dit cet effet qu'il avait sur moi, qu'il pense souvent négatif, d'après ce qu'il laisse penser mais qui, bien au contraire, n'est souvent que très positif. « Bon ok, tu sais quoi ? Je me porte garant pour être le seul et unique responsable de tout ce qui pourrait t’arriver en ma présence aujourd'hui. » J'ai du mal à voir ce qu'il entend par ''responsable de ce qui pourrait m'arriver'' puisque cela ne changerait absolument rien au résultat final mais c'est une proposition qui me plaît plutôt bien, il doit se rattraper. Je comprends, qu'il ne soit pas intéressé par moi, après tout, pourquoi le serait-il ? Mais l'espoir que j'entretiens devient plus vif, sûrement trop vif pour que ça ne soit supportable encore longtemps et lui, s'en amuse peut-être, je ne sais pas mais ne fait absolument rien pour empêcher ça, me laissant patauger comme je peux, c'est à dire très difficilement. Parfois, je me rends compte que j'aurais bien aimé tomber sur quelqu'un de plus simple, quelqu'un de moins franc et désagréable, quelqu'un de plus posé, qui cherche les mêmes choses que moi et pas seulement une autre personne à ramener pour une soirée. Puis je le regarde et je me rends compte que ça n'arrivera jamais, parce que je ne veux être avec personne, si ce n'est pas lui. Et me rendre compte d'une telle chose devient très difficile à supporter et accepter. Je ne veux pas, n'ai jamais voulu, ne voudrai jamais souffrir comme on peut souffrir en amour et lui, je sais qu'il va me faire mal, je le sais parce qu'il le fait déjà en étant à son paroxysme de la gentillesse. J'aurais pu tomber sur un garçon simple, un garçon gentil et aussi paumé que moi, on aurait avancé à deux tout doucement, pas par pas. Mais Isaac et moi, c'est autre chose. C'est un petit pas en avant, cinq en arrière, un en avant, douze en arrière et trop d'obstacles sur la route, et ça, je ne sais pas si je me sens prêt à le supporter. Je suis pas fait pour ça. Et pourtant je me lance, je me lance à corps perdu dans cette histoire sans fin heureuse, sans réussite, sans possibilité de trouver son compte, je m'y lance et tant pis, on verra bien. « Mais il peut t’arriver des choses sympas aussi, tu sais. » Cette remarque me fait rougir, m'obligeant à penser à certaines choses, certes pas déplaisantes, mais un peu trop gênantes. Et impossible de m'empêcher de bafouiller, c'est une chose que je fais souvent et qui, je crois, fait partie de ma maladresse. « De- Hein ? Comment ça ? De quoi tu parles ? » Cachant les rougeurs de mes joues sous mon écharpe, je marche sans rien ajouter, évitant les autres parisiens ou touristes, attendant de comprendre ce qu'il entendait pas là parce que bon, j'ai entendu une chose plutôt étrange à mes oreilles, quoique appréciable bien qu'Isaac soit décidément une personne bien trop compliquée à comprendre, changeant beaucoup trop d'avis. Je ne le comprends pas tout le temps mais je l'apprécie et peut-être même un peu trop. Mon cœur bat plus fort en ces instants et je laisse échapper ces quelques mots, je les laisse échapper parce que finalement, je les pense, je sens dans mon corps que ce ''je t'aime'' traduit réellement les sentiments que je ressens pour cet homme. Et je ne sais, cela me semblait être le bon moment, je ne pensais pas que ces mots avaient tant d'importance, étaient si durs à entendre, je ne pensais pas mal faire, je ne pensais pas à mal, je voulais juste le lui dire, je voulais juste le rassurer je pense. Et, au vu de la tête qu'il se met à tirer, je comprends que j'ai fait exactement le contraire de ce que j'avais réellement voulu faire, de mon intention première. « Nan Léandre, tu m'aimes pas. » Comment peut-il savoir pour moi, il a mis des sortes de puces dans mon cerveau pour savoir ce que je pense ? Je ne comprends pas, comment il peut se permettre de penser des choses que je ne pense pas, à ma place. Je l'aime, je le sens, je le sais, je l'aime et je n'ai pas envie de changer ça alors cela ne changera pas. Mais ça, je suis incapable de lui dire et ce qui sort d'entre mes lèvres n'est finalement qu'un vague murmure presque brisé. « Si… Si Isaac, je t'assure… » Puis d'un seul coup, alors que je ne peux plus rien dire, sentant mon cœur retomber complètement dans mes baskets, je baisse la tête et le laisse débiter un flot de paroles que je n'écoute plus vraiment. Il m'a invité par respect, rien de plus, si je l'intéressais un tant soit peu, il ne ferait pas une telle chose, il ne serait pas ainsi, j'ai cru pour rien, j'ai eu la bêtise de croire que quelque chose était éventuellement possible. Des larmes aux coins des yeux, la tête baissée, je sens finalement à nouveau ses mains sur moi, sur mes joues surtout et quelques secondes plus tard, je me force et le regarde, je plonge mes yeux dans ses orbes bleues qui me transportent pourtant. Je ne sais même plus quoi dire tant j'ai mal, tant je souffre de ses mots, tant je souffre de cet amour non partagé. « T'es pas sale… je t'aime je te dis pourquoi tu veux pas ? » Il me laisse couiner ces quelques mots, puis reprend, ne me laissant même pas tenter. Il ne veut pas de moi, c'est clair, j'aurais du m'en douter, j'aurais du le comprendre dès le début, pourquoi ne l'ai-je pas fait d'ailleurs ? Pourquoi ai-je tenté de réussir quelque chose avec un garçon qui ne s'intéresse qu'aux conquêtes et au sexe ? Puis je l'écoute, débiter ces compliments qui me font plus mal que plaisir, ces compliments que j'essaie de ne pas écouter mais que j'entends quand même. Et surtout, surtout ces derniers mots. « Tu te trompes. » J'ai envie de m'énerver, de lui crier dessus et surtout, de pleurer. Parce que j'ai mal partout, j'ai mal parce que j'ai avoué mes sentiments, j'ai laissé parler mon cœur stupidement, et maintenant j'ai mal. Par sa faute, je savais pourtant, je savais et je l'ai laissé faire, et maintenant je ne veux plus, je veux plus être là, je veux plus qu'il me touche et qu'il me blesse. Je veux plus. Alors, d'un pas en arrière, je me recule et empêche ses mains de me toucher à nouveau. « Je me fiche de ta vieille disquette à la con de ''c'est pas toi c'est moi'', fallait juste le dire que tu voulais pas de moi et ça aurait largement suffit. Mais maintenant j'ai compris, pas de soucis. Je vais rentrer. »
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MessageSujet: Re: it's getting out of hand and now we gonna go there + isandre. 25/3/2016, 23:51

It's getting out of hand, now we're gonna go there
Tout semblait bien parti pourtant. Tu t'étais promis de ne pas faire de vague, de te comporter comme le gentleman que tu n'es pas. Avant de toquer à la porte de l'appartement de Léandre, tu t'es imposé des règles bien précises que tu n'as pas cessé de te répéter jusqu'à ce que son visage apparaisse finalement devant toi. Faut croire que t'as tout oublié aussi vite que l'idée t'es venue. Un peu comme si le simple fait de le voir avait le pouvoir de tout bouleverser. Pour autant, la catastrophe de fut pas immédiate. Tu lui manquais, qu'il disait. Tu l'aides à ne pas flancher, qu'il disait. Et puis il a ajouté qu'il t'aimais. Comme ça, sans préavis. Et t'as cru que le temps s'était arrêté, et le monde entier avec. Du coup, tu cherches à l'accélérer trop maladroitement. D'arguments en justifications pertinentes mais extrêmes, tu tentes de lui faire comprendre que ça va pas, que c'est pas bien, et surtout, pas normal. Mais est-ce qu'il y a réellement quelque chose de normal dans tout ça, ce bordel sans nom dont vous êtes acteurs malgré vous ? Tu sais pas, tu sais plus. « T'es pas sale… je t'aime je te dis pourquoi tu veux pas ? » Qu'est-ce que t'es censé comprendre ? Que c'est pas une blague ? Qu'il veut réellement de toi dans sa vie ? Qu'il veut de ta main au creux de la sienne, de ses lèvres sur les tiennes ? Comment est-ce qu'une si belle personne pouvait t'aimer, toi, plein de cambouis et de crasse ? Comment pouvait-il être attiré par tout ce qu'il déteste ? Y'a trop de questions et d'incompatibilités qui vont avec. T'es paumé comme un gamin égaré, et lui, il en remet une couche sans même se rendre compte de l'avalanche qui fait tomber sur toi. « Je me fiche de ta vieille disquette à la con de ''c'est pas toi c'est moi'', fallait juste le dire que tu voulais pas de moi et ça aurait largement suffit. » Ce que tu veux ? Comme si tu le savais. T'ignorais même jusqu'alors que t'aurais pu vouloir de lui. Du moins, tes indéniables talents pour la comédie t'aident à le cacher suffisemment bien, et comme si cela ne suffisait pas, tu surrenchérit avec une chose que t'aurais aimé ne jamais dire. « Dans ce cas, qu'est-ce que tu veux entendre ? Que c'est toi ? Que c'est Albane ? Que c'est cette satanée homosexualité que t'es pas fichu d'assumer ? Parce que finalement, c'est sûrement ça le problème, ouais. » ça, et puis ta trop grande fierté, et cette incapacité que t'as à t'avouer que tu le trouves mignon dans son entierté, d'une toute autre manière. Pas comme t'apprécis les autres ceux avec qui tu finis en deux-deux dans des chiottes ou plus rarement dans ta piaule le temps d'une seule fois. Ceux-là même que t'as pas envie de connaître plus que ça, et qui, en retour, ne s'intéressent à toi que pour une seule chose. Ces types qui te font pas vraiment d'effet quand ils sourient, eux. Tu vois, ces mecs-là, tu veux pas d'eux autour d'un café pour discuter ni même pour aller voir une expo de street art. Léandre, si. Sa présence a quelque chose en plus, ce petit truc qui éveille une partie de toi que t'as jamais connue avant lui. Pourtant, t'es bien trop con pour l'admettre, que ce soit à toi ou à lui. « Mais maintenant j'ai compris, pas de soucis. Je vais rentrer. » Il tourne les talons sans même hésiter, et au lieu de le retenir, tu restes planté là comme si tes pieds étaient enracinés. Il s'en va. Tes yeux s'accrochent à chacun des pas qu'il fait alors qu'il s'éloigne de toi, pour de bon cette fois. T'en est certain. « PUTAIN DE MERDE ! » C'est toute ta rage qui ressort, un véritable cri du coeur. Ce sont ses premiers mots à ce putain de petit coeur que tu croyais endormi pour toujours. Paralysé. Anesthésié. Ça te fait tout drôle, ça t'électrise. C'est la première fois de ta misérable vie que c'est cet organe encore trop étranger à toi-même qui s'exprime plutôt que ta tête. Et c'est lui, c'est Léandre le déclencheur. Il a activé l'interrupteur et il s'est tiré. Il te laisse là, comme le pauvre con que tu es, avec ce sentiment que t'arrives plus à apprivoiser. En fait, il sait pas de quoi il est coupable, parce qu'il incarne l'innocence-même. L'innocence parfaite, l'innocence la plus pure. Pourtant, tu te demandes comment il fait pour ne pas voir ce qu'il fait de toi. C'est vrai, t'as essayé avec ferveur de l'ignorer toi aussi, mais cette fois, ça te revient en plein dans la gueule comme un putain de boomerang : tu crèverais presque de son absence. Tu penses à lui, ça te bouffe. Tu détestes ça, mais tu serais prêt à en redemander. Encore. Perpétuellement. Et comme un idiot tu le laisses s'en aller à nouveau, bien que tu l'aies déjà trop fait. Les premières fois, c'était par pur orgueil. Maintenant, c'est parce que t'as pas les couilles. Tu lâches un rire irritable à cette seule pensée. Ouais, toi, t'as les boules. Les boules de montrer que tu tiens à lui, que tu veux pas qu'il se barre loin de toi. Les boules de lui dire que t'as besoin de sa légèreté, que t'as envie de lui ; de sa présence, de sa personne. Bordel de merde. C'est pas vrai tout ça, c'est pas toi. Tu mens. Tes propres sentiments se foutent de ta gueule. Après tout, c'est qu'un type qu'est rentré dans ta vie, comme ça, sans que tu ne demandes rien. Un mec trop gentil, trop lisse, trop poli, trop altruiste. Trop tout. Trop ton contraire. Alors pourquoi tu voudrais de lui, hein ? Pourquoi t'aurais besoin de lui ? Tu inspires profondément, t'appliquant tant bien que mal à chasser cette espèce de fausse vérité qui t'étouffe, mais tu peines à garder ton sang froid. « Fais chier ! » D'un vif coup de pied, tu tires dans un caillou qui a eu le malheur de se trouver sur ton chemin, ce chemin à l'opposé duquel Léandre reprend la route. Tu te demandes le temps d'une fraction de seconde pour quelle raison ça finit toujours mal vous deux. T'as beau ne pas croire au destin et à toutes ces choses sur lesquelles les gens aiment se reposer pour justifier le fait qu'ils refusent de foncer tête baissée dans la vie, tu commences à croire qu'on vous en veux. Pas spécialement à toi, encore moins à lui. Non. A vous. A cette espèce de relation sinueuse qui unit péniblement vos deux personnes. Mais peu importe, il est bien trop tard pour chercher à expliquer le pourquoi du comment. Aussi, afin de clore défintivement toutes ces pensées douloureuses, tu passes une main sur ton visage. Lorsque tes yeux se posent à nouveau sur les rues de Paris, tu remarques qu'un jeune couple te dévisage avec stupéfaction. « Quoi ? Qu'est-ce que vous avez, hein ? J'vous fais marrer ? » tu cries sans réellement attendre de réponse. Pour un peu, tu leur aurais bien foutu un coup de boule à tous les deux, comme s'ils étaient les uniques responsables de ton mal. Parce que ouais, t'as mal. C'est une torture. Léandre. Une putain de torture au sourire enjôleur.
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SCENE CLOSE.



I'M JUST A STUPID KID

Tu te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint mais tu es l’un et l’autre et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux, celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui cherche, et tous les autres ensemble.  ©️ by anaëlle.
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