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les tristes du trottoirs (caroline)

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MessageSujet: les tristes du trottoirs (caroline) 22/2/2016, 17:37

les tristes du trottoirs.
caroline & yann
Sempiternelles commémorations célébrant la débauche et le stupre bacchanale d'inlassables soirées infernales. Entre fêtes et défaites, entre illusions et désillusions brutales de lendemains fatals. Sainte journée des cœurs épris, mais aussi des esseulés qui trouvaient un refuge momentané et temporaire dans cette soirée d'illuminés. Une fête qui avait pour thème l'amour à l'envers, les blasés du cœur venu chanter et danser leurs célibats satisfaits et la frustration de ne pas avoir encore trouvé leurs tendres moitiés. Les enceintes crachaient des sons électro et tout aussi enivrant que les bulles en ébullitions dans leurs coupes de cristal hors de prix. L'ivresse aux bords des lèvres, des babines gercées par la clope et les joints consumés qui tournaient inlassablement entre les doigts abîmés de ces jeunes délabrés. Le protagoniste s'évertuait à rester maître de ses volontés, l'alcool ambrée prenant dangereusement possession de son essence alcoolisée au fil des verres ingurgités. Une soirée où il avait prévu de ne faire qu'une petite apparition remarquée pour satisfaire quelques potes en mal de popularité. La vérité étant qu'il aurait préféré célébrer la Saint Valentin au fond de son lit accompagné de musique et de fantasmes anéantis. Un Breton perdu dans une jungle doré de jeunes adultes délabrés par une société capitaliste et bancale. Le vice transpirait par tous les pores de leurs peaux souillées par le fric et la drogue. Une foire aux monstres modernes où se mêlaient fils et filles de la perdition Parisienne. Des putains griffées de la tête aux pieds. Des ersatz de femelles désillusionnées avant l'âge qui tentaient d'attirer désespérément sur elles des regards masculins concupiscents qui viendraient éteindre le feu d'un cœur ravagé et d'une libido démesurée. Elles se feraient sans doute baiser dans une allée et iraient pleurer dès le lendemain sur leurs tristes sorts de gamines pourrie gâtées — Dieu qu'elles aiment leurs culpabilités.

Peu accoutumé à cette musique de dégénérés, le Breton fumait dans un coin du salon sans offrir aux catins un regard ardemment désiré. Il se faisait chier et cela se lisait facilement sur ses traits. Un livre ouvert à la couverture délabrée par les vicissitudes d'une vie brisée. Des pages usées que beaucoup souhaiteraient fouillées pour percer le secret du Breton malmené. Des rêves pleins la tête que la musique arrivait à enterrer, des angoisses que l'alcool réussissait à apaiser. Le chaotique portait un simple jean ébène usé par le temps, des vans aux pieds et une chemise à carreaux rouge et noir qui lui donnait l'air d'un bûcheron tout droit sorti d'une pub pour Abercrombie. La barbe sévèrement négligée, il faisait tache au milieu des autres gars parfaitement gominés. Mais pourquoi avait-il accepté de venir ? Peut-être pour croiser le sourire séraphique et le regard céruléen de la jolie Caroline. Elle était là, reine de la soirée, le souvenir de ses yeux accolés à son corps le rendait nostalgique de leur rencontre furtive et figé dans sa mémoire dégradée. L'odeur des chrysanthèmes mêlée à la nicotine, elle incarnait le vice et le désespoir, personnification même de la magnificence qui n'avait qu'à lever le petit doigt pour tout obtenir. Esclave d'une beauté du soir qui ne le calculait même pas, accompagnée de ses acolytes qu'il ne pouvait pas encadrer. Ils venaient de deux mondes différents et séparés par le périphérique. Princesse de rien, pauvre de tout.

L'horloge de son téléphone affichait trois heure du matin pour tous ces sibyllins qui continuaient de danser et de s'enivrer jusqu'au petit matin. Fatigué, bourré et à deux doigts de dégueuler sa haine sur l'assemblée dorée, le protagoniste préféra quitter l'appartement pour rejoindre la ruelle aux mauvaises étoiles. L'unes d'elles brillaient sur un coin du trottoir,  ange du soir qui incarnait à la perfection le désespoir d'une génération dérisoire. La musique ne semblait n'être qu'une symphonie lointaine et bourdonnante dans ses oreilles tandis qu'il prenait place sur l'asphalte aux côtés de Caroline. « Joyeuse Saint Valentin. Tu comptais trouver un prince charmant au milieu de ces dégénérés ? Faut être désespérée. » Des lippes qui s'étiraient dans un fin de sourire, la bouche insolente bordée d'une cigarette pas encore allumée. C'était sa façon de briser la glace, assis à côté d'elle dans le caniveau crasseux. Son regard profane posé sur la bourgeoise dépourvue d'amour, il retira alors sa veste en jean pour couvrir la chaire diaphane et dénudée de la chaotique. Il faisait froid, février ayant apporté avec lui son manteau de glace alors que le protagoniste se consumait secrètement dans le feu du désir.

electric bird.

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MessageSujet: Re: les tristes du trottoirs (caroline) 22/2/2016, 18:14



   
   Yann & Caroline
   Les Tristes du trottoir.

D
ouce nuit qui promettait d’être d’une folie sans nom. Elle n’avait pas prévue de sortir en cette soirée des Valentins et des pseudo-couples qui ne connaissaient pas leur date de péremption. Caroline avait reçu un appel d’une amie la suppliant de la retrouver dans cette discothèque que cette fille appréciait tant. Peu tentée, elle s’apprêtait à refuser avant que, d’une petite voix malicieuse, son interlocutrice ne murmure le prénom magique. Yann. Pourquoi avait-elle le cœur qui battait un peu plus lorsqu’elle entendait ces simples lettres ? Ce n’était qu’un inconnu qui vivait bien loin de son monde de débauche, paillettes et alcools hors de prix. Cependant, elle raccrocha et se prépara rapidement. Simplicité de mise pour une soirée imprévue. Caroline n’enfila qu’une robe noire, des chaussures à talons qui faisaient mal aux pieds mais qui rendaient si sexy puis, elle fila. Le temps était à l’orage, comme si on la prévenait d’un danger. Comme si on voulait préserver son âme cabossée pour la laisser se morfondre au fond de son lit, à pleurer une famille perdue, une relation inexistante. Jamais de sa petite vie, Caroline n’avait réussi à se poser avec quelqu’un. Qui en aurait été digne ? Qui pourrait supporter son caractère de peste, son autodestruction prononcée et son désespoir ? Personne.

La musique montait lentement à ses oreilles alors qu’elle s’avançait dans la rue animée. La fête battait déjà son plein alors que la bourgeoise se faufilait sans mal à l’intérieur du bâtiment. Elle ne remarqua même pas la source de sa venue, posé contre un mur, happée par celle qui l’avait invité. Alors, commença le bal habituel d’alcool et de danse. Entre deux sorties clopes, elle buvait plus que de raison, tentant d’oublier ce mal-être qui rongeait son âme en perdition. Gorgée après gorgée, elle sentait les bienfaits de l’alcool glisser dans ses veines déjà maltraitées. Les heures passaient comme un battement de cil, si bien que les trois heures sonnantes furent tellement vite arrivées qu’elle n’en revenait pas. Il lui fallait de l’air, respirer le bon vent pollué des nuits parisiennes. Titubant à moitié, elle s’extirpa de la boite musicale pour s’affaler sur le trottoir, se fichant bien de ses vêtements, des on-dit ou même de la froideur. Elle respirait de grandes goulées d’air, tentant de calmer son cœur qui battait la chamade dans cette poitrine si mince et déjà bien fatiguée. Damned ! Ses cigarettes ! Caroline pesta, jura sur sa maladresse habituelle sans pour autant avoir le courage de retourner dans l’antre des fauves pour aller chercher son paquet, trésor de sa vie dissolue. Un long soupire s’échappa de ses lèvres fines et maquillées, désespoir et malchance quand tu nous tiens.

Une chaleur humaine se glissa près d’elle sans que la belle jeune femme ne daigne lever les yeux vers l’invité. Puis, un son, une voix. Cette voix. Caroline tourna la tête vers cette présence presque rassurante dans cette rue sombre et humide. Lui. Elle ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en l’entendant, le reconnaissant. « Je peux te retourner la question. Tu cherchais une Valentine parmi les hyènes ? » La journaliste poussa un nouveau soupire, son cœur battait fort, à nouveau. Elle se trouvait idiote. Ils n’étaient rien et pourtant, cet homme l’intriguait tellement. N’était-elle pas venue pour le voir ou même l’apercevoir ? « Possible d’avoir une clope ? » Pour se calmer, pour faire quelque chose de ses doigts, pour alimenter son addiction. Puis, un silence. Pas de ceux qui pèsent le cœur ou qui écrasent l’âme. Un silence qui signifiait que la conversation n’était pas finie, juste une virgule dans leur phrase. « Tu es venu seul ? » Cherchait-elle à se rassurer ? Elle n’en savait rien, la belle Caroline. Elle voulait le connaître, le comprendre. Elle voulait percer ce mystère qui entourait comme un halo lumineux cet inconnu qui l’avait piqué au vif. La jeunesse dorée passait devant eux, titubant, manquant de leur marcher dessus. Elle pesta entre ses dents en leur lançant un regard noir, profond, haineux. Elle les détestait d’être si heureux. D’être tellement innocents dans leurs décadences. Elle aurait aimé leur cracher son venin, dire ce qu’elle pensait réellement mais jamais elle ne trouvait le courage. Pas une fois.
WILDBIRD
 
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MessageSujet: Re: les tristes du trottoirs (caroline) 22/2/2016, 20:17

les tristes du trottoirs.
caroline & yann
Deux jouets abandonnés sur le goudron souillé par les incidents de la vie. Deux enfants d'un siècle perturbé qui malgré le froid de la soirée et les substances inhalées venaient de se retrouver. Une fête qui n'avait rien donné du côté de Yann, des heures perdues à fumer, boire et cogiter sous les néons brûlants de la boîte aux calamités. Une soirée qui commençait enfin aux côtés de la princesse où il pouvait lire dans son regard profane le reflet de ses propres péchés. Deux individus que tout opposaient et que le destin s'évertuait à vouloir réunir comme une ode à la fatalité. Ils ne se connaissaient presque pas, attirés l'un vers l'autre sans réellement savoir pourquoi. Elle était indéniablement belle, mais c'était le mal et la turpitude qui le rendait envoûté par cette beauté taillée dans le marbre. Comme-ci il voulait chasser cette obscurité émanant d'elle, toujours accompagnée de son noir cortège de chimères délabrées. Elle était belle. Même dans sa tristesse, un mal être qu'elle transpirait étrangement et qu'il pouvait sentir à chacun des verbes tranchés de l'aristocrate. L'argent ne faisait pas le bonheur ? Le Breton n'en avait jamais manqué. Il venait d'une famille relativement aisée, mais il avait le choix de travailler et de gagne sa propre monnaie. Indépendant, il avait quitté les côtes Armoricaines pour la ville lumière. Un choix qu'il regrettait parfois, mais Paris ne le laissait jamais sur sa faim.

Le froid s'infiltrait sous sa chemise, une veste chaude et moelleuse abandonnée pour protéger la princesse de la glace parisienne. Un ciel éteint à force d'avoir trop brûlé, laissant les deux protagonistes jonchés le trottoir sous les réverbères tagués et cabossés. Quelques passants venaient parfois troubler la tranquillité du duo sans que le brun daigne les regarder. Il se foutait bien du monde qui l'entourait, blasé par le temps, fatigué par cette nuit. Caroline semblait illuminée malgré les ténèbres qui l'entourait, elle avait cette aura aveuglante qui la rendait unique et la distinguait des autres catins fortunées. Il aurait aimé la revoir dans d'autres circonstances, peut-être sous la lumière d'un beau jour ensoleillé, son parfum dans l'air, son sourire illuminant la beauté de l'été. Tout comme le jeune homme, elle semblait avoir elle aussi cédée aux alcools et autres consommations meurtrières de cette jeunesse accidentée. Elle n'en demeurait pas moins séduisante, charmé sans pour autant le lui montrer — fierté mal placée d'un bâtard désabusé.

Ce fût presque innocemment qu'il questionna la diva sur le déroulement de sa soirée, une pointe d'arrogance aux lèvres, une pincée de moquerie dans le regard azuréen. Elle était de celles qui n'avaient aucun mal pour trouver un amant occasionner. Lui étant de ceux qui préféraient que l'éphémère devienne éternité. « Je peux te retourner la question. Tu cherchais une Valentine parmi les hyènes ? » Un sourire furtif inonda les traits armoricains du protagoniste. Le visage voilé d'une expression amusée, il secoua négativement la tête en observant le noir profond des cieux endormis. « Pas vraiment. A part des MST, je vois pas ce que je peux trouver ici. Même la musique est à chier. » Franchise vulgarisée, il alluma sa cigarette en inhalant une bonne bouffée. Une fumée qu'il recrachait lentement pour en savourer les vapeurs mortelles. « Possible d’avoir une clope ? » Le Breton posa son regard défoncé sur la brunette tout en extirpant de sa poche arrière un paquet de marlboro rouge chiffonné. Tige qu'il tendait ensuite à la Parisienne, la flamme du briquet pour l'allumer. Quelques silences qui n'étaient pas pour lui déplaire, au loin le bruit d'une ville qui commençait à sombrer dans la léthargie. « Tu es venu seul ? » Il se gratta la barbe, un œil fermé et l'autre fixé sur son interlocutrice. Alcoolisé, il tentait de se remémorer son début de soirée sans réellement y arriver. « Avec un pote qui m'a lâchement abandonné. Je comptais rentrer. Pas fan de ce genre d'ambiance. Toi c'est ton élément j'imagine. » Il posa ses iris sur quelques jeunes qui criaient et hurlaient leurs débauches dans la rue. Il préférait les soirées posées entre amis, à refaire le monde sous les vapeurs d'alcools et substances électuaires. « Tu veux que je te raccompagne ? T'as pas trop l'air en état sans te manquer de respect. » Il envoya valser le mégot de sa clope un peu plus loin, se relevant pour dominer la princesse tombée de son piédestal doré. Les mains dans les poches, il lui proposait une autre perspective à cette soirée périmée.


electric bird.

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MessageSujet: Re: les tristes du trottoirs (caroline) 22/2/2016, 20:53



   
   Yann & Caroline
   Les Tristes du trottoir.

L
a veste bien posée sur ses frêles épaules, Caroline l’observait, le détaillait. Elle se rappelait de chacun de ses traits presque comme si elle le connaissait par cœur. Troublée, elle détourna le regard après s’être rendu compte qu’elle le dévisageait un peu trop. Ce type, il l’intriguait, la fascinait sans aucune raison apparente. Comme si deux écorchés vifs arrivaient à se reconnaître dans la pénombre de la nuit, envoutés par l’alcool et bassinés par une musique bien trop bruyante. La demoiselle ne pouvait s’empêcher de se dire que cette attraction n’était pas naturelle, comme si le Destin se jouait d’elle et de ses résolutions. Ne jamais tomber amoureuse. Ne laisser personne prendre une place trop importante dans sa vie. Pourtant, juste ce regard étrange, ce sentiment de similitude et de différence, d’attrait et de désintérêt mêlé, elle le vivait à cet instant précis. Quelle idiote.

La demoiselle frissonna légèrement, un coup de vent plus fort que le reste ou était-ce juste cette proximité si familière bien qu’inhabituelle qui la perturbait tant. Elle ne put s’empêcher de rire en entendant la réponse du beau brun ténébreux présent à ses côtés. Il n’avait pas tords. « Dit comme ça, on pourrait croire que tu les connais bien, les putes de la haute. » Un ton amer prononcé sur la fin de sa phrase, elle trouva un intérêt soudain pour le macadam présent devant elle. Caroline savait. Elle savait qu’elle en faisait partie, collectionnant les amants comme d’autres les timbres ou les bandes dessinées. De ses doigts fins, elle attrapa le bâton de mort pour le porter à sa bouche, le coinçant entre ses lèvres avant d’approcher son visage de la flamme, prenant garde à ses cheveux décoiffés. Il ne valait mieux pas prendre feu. Pas des cheveux du moins. Puis elle le remercia d’un sourire avant de tirer une longue taffe. La nicotine l’aidait à chasser les volutes d’alcool encore bien présents dans son esprit tourmenté. Cela lui faisait un bien fou, comme si elle n’avait pas fumé depuis des siècles.

Une fois son addiction satisfaite, elle tourna la tête vers Yann pour l’écouter parler. Même avec une barbe comme la sienne, elle ne pouvait s’empêcher de le trouver borderline, d’y voir une similitude terriblement plaisante avec son existence. Caroline ne put s’empêcher de baisser les yeux due à une sorte de culpabilité face à cet inconnu qui l’avait déjà si bien cerné. « J’imagine oui. Difficile de se faire des amis dignes de ce nom parmi les prostituées et leurs macs. » Elle se rappelait encore de certaines situations où il aurait mieux valu qu’elle ait des amis, des vrais. Il y avait bien Baptiste et Natanael. Mais. Mais ils n’étaient pas comme elle, pas aussi prompts à s’autodétruire en se fichant bien des conseils des uns et des autres. Les mots de son hôte la tirèrent de sa rêverie inutile et la firent froncer des sourcils. Elle se releva avec grâce malgré les grammes d’alcools puis la demoiselle secoua sa robe légèrement, tentant de chasser l’humidité qui s’était installée confortablement. « Je n’ai jamais l’état pour rentrer. Mais j’accepte avec plaisir. » Habituellement, elle se serait trouvé un amant d’une nuit, aurait alerté un taxi auquel elle aurait craché son adresse avant de commencer la fin de soirée sur la banquette arrière crasseuse. Mais, cette nuit serait différente, c’était une évidence.

Caroline sourit un peu, sourire étrange au vue de l’éclairage miteux qui grésillait au-dessus d’eux. Puis, elle marcha un peu avant de s’arrêter et de s’appuyer sans aucune gêne sur l’épaule du grand accompagnateur. La journaliste retira ses talons pour marcher pied nu sur un sol crasseux et humide. Nullement gênée, elle jeta son mégot dans le caniveau avant de se remettre en route. Nouveau silence. La boîte de nuit s’éloignait d’eux et le calme de Paris endormis venait les accompagner dans leur marche tranquille. « Tu disais que tu n’aimais pas les boîtes. Que préfères-tu ? » Le silence, c’est bien mais lorsque cela devient trop long, ça rendait Caroline nerveuse. Elle se rappelait sans doute, dans un effet de mimétisme, la conversation familiale qui datait de treize ans en arrière. Plus la vie passait, plus elle se sentait bouffée par son enfance étrange, délaissée et dépourvue du moindre amour parental. La lune était belle, douce et ronde malgré les quelques nuages qui parfois la masquait. Oiseau de nuit, Caroline se sentait dans son élément, nullement fatiguée.
WILDBIRD
 
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MessageSujet: Re: les tristes du trottoirs (caroline) 26/2/2016, 19:07

les tristes du trottoirs.
caroline & yann
Ils étaient comme deux cons sur le trottoir jonché de saloperies, noctambules désillusionnés à qui la vie n'avait offert que des rêves cramoisies et des espoirs anéantis. Pauvres d'amours, riches de conneries. Il avait beau analyser les gestes de la chaotique, essayer en vain de percer le mystère de cette beauté fatale, mais il se heurtait constamment à un mur invisible et brutal. Un faussé semblait les séparer tandis que la fatalité hurlait son désir de les voir se rapprocher. Il pouvait sentir son parfum enivrant, cette tristesse dans la pointe de ses yeux ne le laissait pas indifférent tandis qu'elle approchait son visage pour allumer la tige à cancer. Il s'était souvent demandé pourquoi la plupart des gosses de riches n'étaient pas heureux. Elle venait de la haute, enfant de la noblesse et des privilèges. L'argent semblait n'être que des bouts de papiers colorés pour cette fille à qui tout avait été donné. Blasée avant la fleur de l'âge, mauvaise herbe à laquelle il aimait se confronter, Caroline représentait à merveille le déclin d'une société à laquelle il avait arrêté d'espérer. Elle était pourtant le stéréotype des nanas qu'il préférait éviter, ces filles dénuées d'amour propre qui avaient avalées plus de phallus qu'une actrice de film pour frustrés. Pourtant, le mal être qui se dégageait d'elle le touchait au plus au point, elle était belle, même dans sa déchéance profonde.

Les minutes s'écoulaient rapidement, une pluie fine commençait à les arroser comme-ci le destin voulait les laver de leurs péchés consumés. Salvatrice, froide et pourtant si désagréable. Il en avait rien à faire d'être mouillé, sur l'instant il était même prêt à brûler dans les flammes et se laver avec pour continuer à contempler ce regard azuré. «  Dit comme ça, on pourrait croire que tu les connais bien, les putes de la haute. » Le Breton avait étiré ses lippes dans un sourire amusé, sans se donner la peine de contredire les paroles de l'héritière. Peut-être parce-que il y avait une part de vérité non assumée. Il n'était pas de ceux qui brisaient des cœurs, mais cela ne l'avait pas empêché de goûter plusieurs fois aux fruits frelatés des putains de cette cité. « Peut-être. » Avait-il finit par lâcher en soufflant un nuage de fumée en direction du ciel voilé. Il n'était pas fière de ces amours du dimanche, préférant les effacer au profit de perspectives d'avenirs enjolivées. Il se moquait des autres pétasses, c'était elle qui suscitait l’intérêt du brun. Et personne d'autre. Il sentit que les mots précédemment formulés avaient eu un impact douloureux sur la princesse qui baissait les yeux vers le goudron mouillé. Commençait-il à la cerner ? Il en avait aucunes putains d'idées. « J’imagine oui. Difficile de se faire des amis dignes de ce nom parmi les prostituées et leurs macs. » Yann posa ensuite ses yeux défoncés sur la reine de la soirée, pensif vis à vis des réflexions de la débauchée. Il lui donna un léger coup d'épaule, le regard amusé. « Tout le monde à le droit à l'amour. Encore plus les putains. » Conclut-il alors qu'il posait son regard au loin sur la dame de fer illuminée. Il n'était pas en train de la comparer à une catin, il sous entendait juste que être aimé ne devait pas être seulement réservé à une élite surévaluée.

Debout face à la princesse qui avait chuté de son trône doré, il l'observait cloper sous la lumière du réverbère défoncé. Il ne pouvait décemment pas l'abandonnée sur ce trottoir, il n'était pas de ces connards qui profitaient d'une femme bourrée. Assise seule, elle ferait une proie de choix pour les prédateurs de cette soirée. « Je n’ai jamais été en état pour rentrer. Mais j’accepte avec plaisir. » Il avait sourit, n'étant pas du genre à juger vu le nombre incalculable de fois où il était rentré chez lui laminé par l'alcool et les soirées. Il aida la jolie brune à se relever, laissant derrière eux un trottoir marquée par leurs présences usagées et désenchantées.

Malgré le taux d'alcool qui dansait dangereusement dans ses veines, il était encore capable de mettre un pied devant l'autre pour avancer. Il pouvait sentir son torse se coller désagréablement à sa chemise mouillée. Des vêtements trempés qu'il avait hâte d'abandonner. Mais il en avait rien à branler, il était fière de marcher au coté de cette femme désabusée par les délices épicuriens extrêmes et démesurés. Des talons qu'elle abandonnait pour pouvoir retrouver une parfaite mobilité, un bras qui venait se poser sur l'épaule du breton comme un pilier à ses capacités diminuées par cette soirée alcoolisée. « Tu disais que tu n’aimais pas les boîtes. Que préfères-tu ? » Malgré qu'il était défoncé, il arrivait encore à réfléchir et à fouiller son esprit torturé pour répondre aux interrogations de cette déité profanée. « Au risque de paraître ringard, je préfère les soirées posées entre amis. La solitude ne me dérange pas non plus. Je préfère m'exalter avec mes idées et un entourage qui les partagent. C'est mieux que de se trémousser au milieu d'une foule de connards qui en ont rien à cirer de te piétiner les pieds. Puis au final, même entourés, on danse seul comme des cons. » Éternel incompris, un putain de loup dans la bergerie incapable de mordre ou de frétiller la queue pour des moutons en qui il avait aucunes affinités. Il posa une main sur la hanche de Caroline pour la soutenir tandis qu'il quittait la ruelle aux mauvaises fréquentations pour traverser le XVI arrondissement. Les rues étaient désertes hormis quelques automobiles qui rentraient de soirées. Les gens profitaient aveuglement de leurs St Valentin dans la concupiscence tandis que les deux cabossés peinaient à retrouver le sentier des amnistiés. Pour l'avoir déjà raccompagnée, il connaissait plus ou moins l'emplacement du château de la couronnée.

Ils traversèrent la petite cour pavée privatisée qui menait à l'immeuble de la ténébreuse, s'arrêtant alors vu qu'il avait rempli sa mission. Mains dans les poches, il observait le luxueux immeuble tel un gamin devant un trésor prestigieux. « Et voila mademoiselle. » S'exclama l'artiste au regard fatigué. Il avait l'air défoncé, mais lucide dans ses idées. « Je ne peux décemment pas t'abandonner un soir de Saint Valentin sans jouer au preux chevalier. » Un sourire tandis qu'il s'approchait d'elle pour venir décoller de sa joue une mèche figée par la pluie. Il se baissa ensuite pour l'attraper et la porter dans ses bras comme la véritable princesse qu'elle était. « Profites que je sois bourré car je ne le referais pas. » Un rire qui se laissait porter par l'echo tandis qu'il lui adressait un clin d’œil amusé. « Je décline toutes responsabilités si on se pète la gueule. » Il laissa la demoiselle déverrouiller la porte de son immeuble pour la porter jusqu'à sa porte comme un véritable gentleman qu'il n'était pas. Le retour risquerait d'être plus périlleux tandis que la pluie devenait battante à l'extérieur. Il n'avait pas envie de la laisser, mais il n'était pas du genre à s'incruster. Les rêves servaient à imaginer des situations auxquelles ils n'auraient jamais imaginés. Comme partager la nuit de cette princesse convoitée.

electric bird.

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MessageSujet: Re: les tristes du trottoirs (caroline) 27/2/2016, 10:15



   
   Yann & Caroline
   Les Tristes du trottoir.

N
os deux dépravés encore assis au sol, ils avaient une conversation pour le moins étonnante mais, malgré l’alcool de la soirée, Caroline appréciait cet instant à sa juste valeur. Elle ne put se retenir de lui lancer un franc sourire, tellement rare, lorsqu’il répondit par une pirouette à sa constatation. Peut-être. Cela voulait tout dire et rien en même temps. Il était aussi imprévisible que l’écorchée vive en robe chanel. Lorsqu’il parla à nouveau, elle fronça les sourcils, surprise et quelque peu vexée qu’il la traite de pute de luxe. Mais, la demoiselle n’en répondit rien, se contentant de laisser filer son affirmation avec le vent du soir. Vint le moment de la marche, difficile mais pas impossible. Question posée et réponse pour le moins drôle. Elle ne put s’empêcher de rire en l’entendant. Comme il avait raison, comme cette évidence lui était douloureuse mais elle s’en fichait, bourrée de son état. « Tu as raison. J’avoue ne pas avoir eu l’occasion de faire ce genre de soirée. Il faudrait que je teste. » Avec un beau mâle ténébreux comme celui qui se trouvait près d’elle. Mais elle ne l’ajouta pas. Ce n’était ni le moment, ni correcte de sa part. Une main posée sur sa hanche la fit terriblement frémir, comme rarement même lorsque c’était dans une situation différente.

Perturbée, la demoiselle marchait lentement, faisant quelques pas inutiles de droite à gauche. Elle se laissait portée par Yann, ne cherchant même pas à se repérer, une confiance aveugle dont elle n’était pas accoutumée. Etrangement, la nuit calme qu’ils vivaient était un moment précieux dont elle espérait se souvenir le lendemain, à son réveil qu’elle s’avait difficile. Collée contre lui, Caroline avait l’impression que rien de mal ne pouvait arriver, autodestruction qui s’était mutée pour quelques heures. Ce fut presque à regret qu’elle leva le nez en l’entendant, signifiant l’arrivée à son appartement vide. Elle l’observa, le gratifiant d’un simple sourire avant de pencher la tête, curieuse de cette dernière phrase. « Que veux-tu di… » Elle n’eut pas le temps de terminer qu’elle se sentait soulevée dans les airs avec une facilité déconcertante. D’instinct, elle s’accrocha au cou de son chevalier servant, leurs visages terriblement proches l’un de l’autre. C’était grisant, amusant et puissant. « Crois-moi, je profite là. » respirant le parfum de la virilité qui la portait, elle soupira d’aise avant de déposer un baiser sur la joue mal rasée de l’homme qui la rendait différente. « Si on se mange les marches, tu me soigneras, mon cher chevalier servant. » Elle rit à nouveau avant d’ouvrir la porte et de se laisser aller.

Le reste du chemin fut silencieux mais, ce même silence qui était à la fois agréable et réconfortant. Jamais elle ne se serait vu passer la Saint Valentin de cette façon. Arrivés devant le palier de l’appartement princier, elle se remit sur ses jambes pour ouvrir la porte de sa demeure puis elle se tourna vers son beau prince charmant. Elle lui attrapa la main sans crier gare avant de lui jeter un sourire malicieux, Puis, Caroline l’entraina dans son appartement sans lui laisser réellement le choix. Hors de question de terminer la soirée sur le pas de la porte. Elle en oublia de fermer cette dernière d’ailleurs, perturbée par la présence d’un être qui attirait son attention bien plus fortement que la dizaine de gars qui s’étaient succédés lors de ses nuits débridées. « Bienvenue dans l’antre familiale. Enfin, ce qu’il en reste. » Elle lâcha sa main presque à regret pour tourner sur elle-même, les bras ouverts dans le salon, entre la table basse et le canapé. C’était impersonnel, vaste et chic. Cependant, la demoiselle perdit l’équilibre, l’alcool n’aidant pas, et elle se rattrapa tant bien que mal sur Yann, comme s’il était le seul pilier présent à des lieux à la ronde. Ce fut cependant à cet instant qu’elle remarqua qu’il était bien plus trempé qu’elle. « Oh merde tu vas chopper la crève. » Sans aucune intentions d’autres qu’éviter une maladie à son bel inconnu, elle entreprit tant bien que mal de défaire les boutons de la chemise de Yann. « Je vais te donner une serviette et une chemise à mon père, il doit en rester. »
WILDBIRD
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