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if it's hung on a wall, a dude's naked buttock is considered art.

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MessageSujet: if it's hung on a wall, a dude's naked buttock is considered art. 26/2/2016, 01:17

L'organisation d'une activité qui implique plus d'une personne n'était jamais évidente. Même lorsqu'il y allait solo, il y avait toujours cette possibilité d'un imprévue qui allait rendre la chose... cauchemardesque. Taliesin n'était pas un fin organisateur et il ne ressentait pas la moindre once de plaisir à se porter volontaire pour essayer de faire concorder deux horaires. Il était plutôt du genre à laisser la chance prendre place et espérer pour le mieux. Diane et lui avaient entendu parler d'une petite expo d'un artiste émergeant qui tentait de faire sa place sur la scène parisienne. Ils avaient tenté de trouver un trou dans leur emploi du temps chargé et aux rythmes de vies opposées. Elle, elle vivait au cycle du parisien moyen; elle avait une relation très proche avec le matin, l'après-midi et le soir alors que, pour Tali, le matin était un étranger qu'il connaissait que de nom. Il vivait beaucoup plus durant les soirées jusqu'à tard dans la nuit. C'était peut-être un relent du p'tit villageois qui n'était pas encore mort dans son cœur qui lui faisait préféré ce rythme de vie à l'envers de tout le monde. Enfin, n'empêche que, organiser des trucs avec des horaires qui faisaient tout pour ne pas être compatible était la merde. Un texto avait été envoyé, un genre d'advienne que pourra quelque peu défaitiste alors que, en toute franchise, Taliesin faisait son gros lâche en ne voulant pas sacrifier ses heures de sommeil. Il n'avait plus vingt ans et ne pouvait plus carburer au café et à l'adrénaline comme avant.

C'était pourquoi, lorsque son mobile déchira le silence de son cri strident – il n'avait pas encore compris pourquoi il avait laissé Romy jouer avec la musique et les sonneries – alors que les neuf heures n'avaient pas encore sonnés, Taliesin eut envie de détruire la terre. Il avait décroché, incapable de supporter la musique une seconde de plus, et avait enfoncé la moitié de son visage dans ses oreillers avant de murmurer sa présence. C'était son client pour qui il avait réservé la journée. Une urgence l'empêchait de se rendre au rendez-vous, yada yada yada. Taliesin mentionna qu'il allait devoir figurer une nouvelle plage horaire avant de terminer l'appel sans le moindre au revoir. Il ouvrit l'appli maison de son horaire, râlant sans cesse, jusqu'à enfin avoir une dispo deux mois plus tard.  Son client avait beau être un super pote, mais en aucun cas il allait déplacer terre et mer pour une séance annulée la journée même. Les nouvelles dates furent envoyées et la réalisation qu'il allait pas pouvoir continuer à dormir lui picora les yeux. Un autre râle et il se redressa, l'air frais heurtant sa peau. Il sauta dans sa routine, plus lentement qu'à l'habitude, décida qu'il n'allait pas ouvrir sa shop aujourd'hui. L'envie n'y était pas, ni celle de bosser sur des croquis. Un texto envoyé à Diane disant qu'il allait être physiquement à l'expo dans plus ou moins une heure, si elle voulait y faire un tour.

Manteau enfilé et bottes aux pieds, il sorti, plissant les yeux sous les rayons du soleil matinal, traîna son air assassin jusqu'au premier café qu'il croisa, récupéra le plus gros format teinté d'espresso, et marcha. La petite gallerie n'était pas bomdée à proprement parlé, mais plusieurs observateurs glissaient d'une toile à l'autre. Puis il la vit et il ne cru pas pouvoir mieux tomber. Tali s'avança, le poids de ses bottes résonnant à chacun de ses pas dans cet espace silencieux, et laissa une distance respectable entre la dame et lui. Un inconnu se serait positionner de manière similaire pour observer une toile alors que quelqu'un d'autre était déjà en poste. Sa tête s'inclina sur le côté à la manière d'un chiot à la recherche d'une réponse, son regard fixé sur la toile. Le fessier généreux d'une douce blancheur du sujet de l'étude s'exposait avec goût et chasteté devant eux, comme si Diane et lui étaient entrés par erreur dans ses quartiers privés. Candide dans sa nudité, le sujet avait à peine ramener son attention derrière les intrus, il poursuivait son chemin jusqu'au lit à la manière d'une invitation silencieuse. Une invitation de se joindre au sujet lancée à peu importe qui se tenait à leur place. D'où le pourquoi Taliesin n'aurait pu calculer un aussi parfait moment pour déclarer sa présence à l'oiseau du jour.

« T'accepterais son invitation, toi? »

Il s'agissait d'une question tout à fait légitime. Le modèle n'était pas laid à proprement parlé. Il reprenait certaines qualités principales de l'ère du classicisme avec un dos solide aux muscles définis à l'aide d'un éclairage stratégique et un visage aux traits communs. On ne choque pas, on n'insiste pas sur la beauté du sujet, mais bien plus sur un effet d'ensemble, sur la suggestion du geste. Un léger sourire étira ses lèvres, analysant de son côté la réponse à sa propre question. Accepterait-il l'offre? Ne l'acceptait-il pas déjà en restant où il était? Bras croisés contre son torse, il se posta à ses côtés et dirigea son regard foncé sur le profil de l'oiseau du jour.

« J'ai déjà eu des invitations beaucoup plus subtiles, mais... » Petite pause pour l'aider à mieux formuler sa phrase. « Ça doit être la première que je prends la peine de m'arrêter pour vraiment y penser. J'sais pas pour toi. »

Habituellement, c'était sur l’instinct. Oui ou non, c'était pas difficile à savoir. Il avait toujours fait confiance à ses tripes et si elles sentaient qu'un truc ne tournait pas rond, elles le lui faisaient savoir. Trente-sept ans plus tard et elles ne l'avaient pas encore trahit. Niveau fiabilité, c'est le top. Son épaule se pressa, amical et bref, contre celle de la demoiselle en guise de salutation officielle.
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