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Take the hits, keep your head up and always aim higher ♠ Liam

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MessageSujet: Take the hits, keep your head up and always aim higher ♠ Liam 19/12/2016, 15:32


Liam & Kuan-Yi
When a love seller meet an ambitious guy



Il y a maintenant … pffiou environ trente ans de ça, le groupe « Les Avions » chantait, je cite : « La nuit est chaude, elle est suavaaaage. La nuit est belle, pour ses otages. ». Ah la grande chanson à texte française … . Un délice sans cesse renouveler pour les oreilles, ahem ! En cette nuit parisienne de mi-Décembre, je suis « l'otage » du propriétaire d'une galerie d'art située dans le quartier du Marais. Ce sera donc lui l'heureux privilégié qui mourra un peu plus tard dans mes bras après avoir étouffé un râle de … . Enfin vous voyez ce que je veux dire. Une fois n'est pas coutume, je n'ai aucunement envie de faire la … enfin de m'offrir au plus offrant. Hélas, je n'ai pas le choix. Si je veux que ce trench Armani et ce pull en cachemire Eric Bompard, que j'ai repéré un peu plus tôt dans la journée, rejoignent ma penderie, il va falloir que je me mette à l'ouvrage et que je donne de ma personne. En y réfléchissant bien, c'est au final un bien petit prix à payer. Certaines personnes font ce que je fais pour avoir de la cam', moi c'est pour me procurer de belles étoffes et amasser les chefs-d’œuvre des grands couturiers. Que voulez-vous, la faim justifie les moyens, et moi … j'ai très faim, hahaha ! A vrai dire, si je n'ai pas envie de jouer les Hétaïres de l'amour ce soir, ce n'est pas tant à cause de mon « client ». Non, lui ça va, il est plutôt bel homme. Grand, brun, bien bâti, la petite trentaine, l’œil de crin dans un regard de velours. Pour être franc, si je savais ce que c'est qu'aimer, je pourrais me laisser tenter. En réalité, si je ne suis pas spécialement motivé ce soir pour m'atteler à l'exercice du plus vieux métier du monde, c'est que … comment dire … . Ma dernière « prestation » fut pour le moins chaotique et houleuse. Et encore, c'est un euphémisme ! Ça remonte à il y a deux jours de cela maintenant. Un industriel allemand, en visite à Paris pour affaire, a décidé de faire appel à mes services pour s'offrir un peu de bon temps. Toutefois, j'ai rapidement vu qu'il y avait quelque chose qui clochait, et ce dès le « before » à l'opéra où je me tapais pour la énième fois l'agonie de « Madame Butterfly ». D'ordinaire les gogos que je rencontre dans le cadre mon activité d'escort ont l’œil qui frétille ou un sourire libidineux au coin de la bouche. Certains jouent même les Dom Juan de bas étage et essayent de me faire la cour.

Mais lui, il n'avait rien de tout ça. Il ne m'a quasiment pas adressé la parole, et le si peu de fois qu'il le faisait, sa voix prenait un ton inquisiteur. Dans ses yeux, je ne lisais aucun désir, aucune envie juste de la colère, de la rage et une violence sous-jacente qui ne demandait qu'à jaillir. Dans pareille situation, quand j'ai la sensation d'être tombé sur un homme pour le moins dangereux, je m'arrange pour le mettre hors jeu avant que « la phase horizontale » n'ai lieu. Ou tout du moins, qu'elle dure le moins longtemps possible. C'est donc ce que j'ai fait lorsque nous avons regagner sa suite au Rittz. J'ai juste eu à glisser discrètement dans sa coupe de champagne un puissant sédatif pendant qu'il avait le dos tourné et qu'il était au téléphone avec ses partenaires commerciaux de Berlin. Une chance que j'ai toujours ces petites pilules magiques sur moi. C'est en quelque sorte une double protection, en plus du préservatif ! Et Dieu que j'ai eu le nez fin sur ce coup là, car Herr Lottner a quelque peu tendance à confondre amant avec punching ball, si vous voyez où je veux en venir. Attendez ce n'est pas tout, le meilleur est encore à venir comme dirait l'autre. En plus d'avoir l'insulte, la gifle et le coup de poing facile, ce chleu était également asphyxiophile. Comprenez qu'il prend son pied en étranglant ses partenaires. Une chance que le sédatif ait rapidement fait son effet. Et surtout heureusement que je sois grand et costaud. Sans ça, jamais je n'aurais pu lutter, me défendre et me débattre. C'est simple, je crois que si j'avais été plus fluet ou si j'eusse été une femme … eh bien je ne serais certainement plus de ce monde aujourd'hui. Dieu sait que j'en ai rencontré pourtant des mecs avec des fantasmes tordus. Oh ça va de ceux qui veulent qu'on leur frappe sur la tête, à ceux qui veulent se faire talquer, en passant par ceux qui imitent le chien. Mais alors là pour le coup, avec celui-ci, il est clair que tout les fous sont loin d'être enfermés, c'est moi qui vous le dis ! Une fois que Nyx l'enveloppa de son voile et qu'il gagna les bras de Morphée, je n'ai pas tergiversé. J'ai récupéré mon fric, lui ai fait les fonds de poches et me suis tiré en moins de temps qu'il faut pour le dire. C'est le genre d'expérience qui vous dégoutterez un homme ou une femme de recommencer. D'autant plus que je garde encore aujourd'hui certains stigmates de cette nuit rocambolesque.

A commencer par ce coquard violacé qui vient cercler mon œil gauche taillé en amande. A cela vient s'ajouter les marques de strangulation qui parsèment mon cou et que le col de ma chemise a bien du mal à dissimuler. Vous comprenez donc pourquoi j'y ai réfléchi à deux fois avant d’accepter et de donner une réponse favorable à Dan. Enfin, à ce type de ce soir. Hélas, la chair est faible, j'ai donc craqué et dit oui. Je suis une pie attirée par tout ce qui brille. Et comme on le sait, tout ce qui brille a un prix. Heureusement, Dan n'a rien à voir avec l'autre énergumène allemand. Au contraire, il est un peu de la vieille école. Le genre qui vous conte fleurette, qui vous ouvre la porte et tire votre chaise afin que vous puissiez vous installer à table. En temps normal je trouve ce genre d'individu totalement inintéressant en plus d'être hyper cucul la praline. Mais … après ce que je viens de connaître, je dois reconnaître que je suis bien content de retrouver un homme en guimauve au cœur d’artichaut. C'est vraiment que du bonus, ce genre de mec ne regarde pas à la dépense. Je pourrais lui annoncer un prix faramineux pour seulement quelques heures, il accepterait sans broncher ni même négocier. Comme si ça ne suffisait pas, il a décidé de mettre les petits plats dans les grands en m'emmenant dîner dans un restaurant huppé et étoilé du huitième arrondissement. Un quartier que je commence à bien connaître, presque tout autant que mon fief du treizième. Pour l'occasion j'ai revêtu mon smoking Saint Laurent. Il a une très grande valeur à mes yeux. C'est la première chose que je me suis acheté suite à mon baptême du feu en tant qu’escot. Enfin acheté … . Négocié serait un terme plus approprié vu que j'ai dû payer la différence en nature auprès du vendeur, si je puis m'exprimer ainsi. Il me serre un peu de garde-fou et me redonne confiance. Qu'est-ce qu'ils ont tout ces bobos attablés à me regarder comme un phénomène de foire ? Vous n'avez jamais vu un asiatique dépassant le mètre quatre-vingt dix ou quoi ?! Si vous imaginez que je vais baisser la tête et raser les murs sous prétexte que je suis quelque peu amoché, vous vous foutez le doigt dans l’œil, concrètement ! J'ai bien l'intention de rester fidèle à moi même. Fière, droit comme un arc et le regard suffisant. Un pingouin en queue de pie vient nous accueillir et nous conduit à une table près d'une cheminée où un feu crépite dans le grand âtre.

Mon galant du jour décide d'amorcer la discussion en me questionnant sur ma vie. Tsss, c'est vraiment pas l'idée du siècle. Je me contente de réponses brèves et évasives. Le passé m'a appris qu'il n'est jamais bon de mêler business et vie privée. Argh, il est tellement délicat et attentionné que ça en devient presque gênant. J'espère seulement que … . Ouf, sauvé par le gong ! Son téléphone sonne. Il s'excuse et finit par répondre. Je lui fais signe que tout va bien et qu'il n'y a pas de problème. Ça a l'air important. Il me fait savoir qu'il s'absente quelques instants afin qu'il puisse poursuivre sa conversation dans un endroit plus calme. Une fois seul, je ne peux m'empêcher de pousser un profond soupir de soulagement. Aller Kuan-Yi calme toi. Tout va très bien se passé. Après tout, il y a peu de chance pour que … . C'est curieux, mais je sens comme un regard lourd et … intrusif posé sur moi. Hum, j'ai beau me retourner je ne vois rien qui sorte de l'ordinaire. Rah, c'est ridicule il faut vraiment que je … Haaa ! Mais qu'est-ce qu'il fiche ici celui là !? Oh, quelle charmante vision ! Cet homme est encore plus beau que mon chevalier servant du soir. Il semble un peu plus petit que moi mais … waaa il est gaulé comme un Dieu. Ses beaux yeux clairs sont écartés du nez juste ce qu'il faut. Sa mâchoire est saillante comme je l'aime. Ses épaules sont larges et puissantes mettant ainsi parfaitement en valeur sa morphologie en « V ». Pour ce qui est de l'âge … hum difficile à dire. Je dirais qu'il va sur la trentaine, mais bon sans certitude. En bon asiatique, je m'efforce de dissimuler ma surprise et de paraître le plus détaché possible. Toutefois, un léger sursaut vient trahir ma sérénité et ma quiétude de façade. Aïe, je lis dans ses yeux une … une espèce de curiosité malsaine teintée d'une pointe de … de moquerie ? Hum, cela ne présage rien de bon. Je vais jouer la carte du playboy écervelé qui ne comprend rien à rien. Je regarde donc ce bellâtre en penchant légèrement la tête sur le côté et en souriant de façon innocente. Me voici donc une fois encore dans l'obligation de jouer un rôle et de porter un masque. Après tout j'ai l'habitude. S'en est tel que parfois j'ai l'impression d'être étranger à moi-même. J'ai un mauvais pressentiment. Quelque chose me dit que ce type ne va pas gober mon numéro de jeune homme naïf et « pur ». Je le vois dans ses yeux. Ses beaux yeux bleus lagons dans lesquelles nombre de femmes ont dû se noyer … .
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MessageSujet: Re: Take the hits, keep your head up and always aim higher ♠ Liam 4/1/2017, 20:48

Take the hits, keep your head up and always aim higher
Kuan-YI Hsieh & Liam Baechler
Comme la majorité des grands restaurants parisien, ce dernier se situé dans un somptueux palace dont l’on ne comptait plus le nombre d’étoile. La salle grande et lumineux voyait défilé toute sorte de client prestigieux ainsi que quelques curieux voulant fêter un évènement particulier. Ce type de personne était la clientèle préféré de notre homme. Rien de plus pénible que de cuisiner avec son coeur pour qu’un homme d’affaire l’avale entre deux coups de fils puis laisse la moitié dans son assiette à cause d’une pause déjeuner trop courte. Liam trouvait que c’était donné de la confiture au cochon alors que les gens qui n’avaient pas forcément les moyens de s’offrir le repas, dégustait chaque bouché comme si c’était la dernière et prenait la peine de féliciter toute l’équipe pour ce moment. Il adorait travailler avec ses collègues, tous très talentueux et il ne bronchait pas quand son chef suprême lui aboyait des ordres sans y mettre les formes, après tout c’était ça aussi la cuisine. Cependant, malgré tout ce luxe dans lequel il a toujours voulu vivre, sa petite cuisine familiale de Vancouver lui manquait. Évidemment il était mille fois reconnaissant à son chef Québécois de l’avoir recommandé auprès d’un ami d’enfance mais l’ambiance n’était pas la même. Ici il y avait trop de code, trop de convenance, lui qui avait l’habitude d’aller saluer les clients réguliers et de draguer au passage quelques clientes, ici c’était une attitude interdite.

Évidemment Liam n’avait pas pu s’empêcher de jeter quelques coups d’oeil en dehors de la cuisine pour savoir ce qu’il se tramait, d’ailleurs cette tendance poussait à bout son chef. Pour le punir et l’éduquer, il l’avait désigné comme médiateur entre les clients mécontent et le personnels. Bien entendu, il s’agissait du poste le plus pénible qui existait en cuisine. En général, c’était le sous chef qui s’en occupait et non pas un chef de partie quand bien même son poste à la cuisson des viandes soient important. Liam était un beau parleur, il appréciait de se faire mousser par les autres, il avait un avis sur tout, mais surtout il ne connaissait pas encore les codes de ce nouveau monde. Certes, son parcours l’avait amené dans des endroits luxueux, il avait des habits de luxe, des accès privilégiés dans de haut lieu de la nuit parisienne mais le véritable luxe ainsi que l’aristocratie française restait un grand mystère. Rien de mieux que de s’habituer directement sur le terrain.

Aujourd’hui était donc son premier jour de corvée. Dans ce type d’établissement, il n’y avait que peu de plainte en règle général, par contre certaines personnes demandaient à voir le chef, du moins un chef, pour avoir des précisions sur le plat, pour un compliment ou pour d’autres demandes saugrenues que les serveurs/serveuses ne savent pas gérer. Liam était donc en cuisine, s’occupant de la cuisson de magret de canard pendant que les deux personnes sous ses ordres s’occupaient de fumer un poisson et de faire du porc confit, quand une première demande arriva. Il s’essuya les mains, vérifia qu’il n’y avait pas trop de sang sur sa tenue et se rendit en salle, sourire forcé au visage. On lui indiqua la table d’un couple de personne âgé dont la femme était une caricature sur patte. Manteau de fourrure en pleine journée, maquillage moins subtile que celui d’une putain et bijou bien voyant. La table n’avait encore rien commandé et le problème était justement là. Elle avait un doute quant à la composition d’un plat et elle avait absolument besoin de voir le chef en personne car la serveuse n’avait visiblement pas l’air qualifié. Après tout, si elle était serveuse elle avait forcément dû rater sa scolarité… Liam s’efforça de ne pas montrer son agacement suite à ses propos. La suite ne s’annonçait que plus belle! La vieille dame voulait absolument savoir la variété de noix utilisée pour la pintade farci au comté et aux noix. Évidemment Liam n’en savait rien du tout, d’ailleurs pour lui il n’y avait pas grand nombre de variété. Il en dit une au hasard : « Il s’agit d’une noix de Périgord Madame. » « Vous en êtes bien sûr? Une La Corne m’aurait paru plus approprié » Cette conversation s’annonçant sur-naturelle, Liam tenta de garder son sérieux. « Certes, La Corne aurait été un bon choix mais nous privilégions les produits AOC. Ce plat vous fait-il envie? » « Absolument pas, je suis allergique aux noix. Merci pour cette précision. Nous prendrons le poisson. » Le couple lui tendit les cartes. « Il faut vous adresser à votre serveuse pour ça. » « Mais vous êtes là, il ne serait pas plus rapide et plus simple pour nous de commander directement auprès du chef? » Ne sachant pas quoi répondre, Liam sourit et repartit en cuisine, s’arrêtant en chemin auprès d’Audrey, la serveuse, pour lui rendre les cartes. C’était une magnifique jeune femme tout en courbe qu’il aurait bien appris ç connaitre plus en profondeur si elle n’était pas déjà fiancée.

Les heures passèrent et la soirée arriva. Les clients s’étaient succédé, Liam avait dû quitter sa cuisine plusieurs fois pour satisfaire tout le monde quand quelque d’intéressant pointa enfin le bout de son nez. Ce truc était en réalité un asiatique grand, bien foutu dinant avec un autre homme assez quelconque. Liam s’aperçu rapidement, comme tout le monde ici, l’oeil au beurre noir de cette homme élégant. Si on faisait bien attention, on pouvait aussi apercevoir des marques au niveau du cou, elles étaient rouges, comme si elles étaient encore assez fraiche. Son rendez-vous s’absenta le téléphone aux oreilles, c’était le moment parfait pour faire sa fouine. Liam s’approcha de la table tout en continuant de fixer cette homme si étrange qui le fixait aussi l’air imbécile. Au niveau de la table, Liam fit comme si la situation était normale. « Bonjour, je me présente : Liam Baechler, l’un des chefs du restaurant. Désirez-vous quelque chose? Un verre d’eau peut-être, un glaçon pour calmer votre oeil? » Rongé par la curiosité, Liam voulait savoir quelle était l’histoire de cet homme qui dénotait franchement avec les autres personnes.
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MessageSujet: Re: Take the hits, keep your head up and always aim higher ♠ Liam 5/1/2017, 01:24


Liam & Kuan-Yi
When a love seller meet an ambitious guy



Voyez-vous cela … . L’apparence est exemplaire, le phrasé digne d'un cinq étoiles, en revanche au niveau de l'attitude … . Bon, on repassera comme on dit, hein ! J'ai dîné dans suffisamment de restaurants gastronomiques et huppés pour savoir comment ça marche. Lorsqu'un homme influent vient se sustenter, pour parler trivialement, dans ce genre d'établissement avec une personne « de mauvaise vie », la politique de la maison veut que la discrétion soit de mise. D'autant plus lorsqu'il est question de deux hommes. C'est du donnant donnant. Bien souvent, l'homme cherchant à tuer sa solitude sait se montrer reconnaissant. Comprenez que le pourboire qu'il y a à la clef, si la soirée se déroule sans heurt, est non négligeable. Un pourboire qui en définitive s'apparente plus à un dessous de table. Vous savez, la petite enveloppe bien garnie qu'on se remet discrètement sous le manteau. Je ne vois que deux hypothèses qui expliqueraient les raisons de cette situation … peu commune, dans laquelle je me trouve actuellement. La première, serait que ce bel arpète est nouveau dans le métier. A ce titre, personne n'aurait jugé utile de le mettre au parfum quant à la façon de se comporter dans ce cas de figure. Un impair plutôt fâcheux de la part du « big boss » de cette « gargote ». Les grands de ce monde aiment s'encanailler, c'est bien connu. Et comme le commun des mortels, ils ont faim. Seulement, leur folie des grandeurs et leur goût pour les belles choses les poussent à s'offrir ce qu'il y a de meilleur. Les restaurants n'y coupent pas. C'est d'ailleurs « les préliminaires » favorites de la plupart des gogos qui font appel à nous, les putes de luxe comme on dit. Je suppose que je ne dois pas être le premier escort à venir dîner ici, du moins, j'ose l'espérer. La seconde hypothèse serait qu'il connaît les codes tacites et sous-jacents qui s'imposent dans ce genre de … configuration. Conclusion, ça ne serait ni plus ni moins que de la curiosité qui justifierait son attitude quelque peu cavalière. Hum … . Ça me plaît ! Par ailleurs, si d'aventure son petit numéro de hors piste remonte jusqu'aux plus hauts échelons de sa hiérarchie, je ne vous raconte pas la quantité faramineuse d'emmerdes à laquelle il s'expose ! Des emmerdes qui pourraient bien lui coûter son poste.

Pour ce genre de restaurant « so chic », la perte d'un élément, fusse-t-il bon, vaut mieux qu'une mauvaise réputation ou une image écornée. Les occasions que j'ai de m'amuser se font de plus en plus rares. Je ne vais donc pas faire la fine bouche et cracher sur celle-ci ! Et puis … on n'envoie pas sur les roses un homme si … tentant ! Je sens venir les prémisses d'un petit jeu de dupe qui pourrait être fort distrayant. Je suis quasiment certain qu'il ne croit pas une seule seconde à mon numéro de « corps sans cervelle » comme dirait quelqu'un que je connais bien. Toutefois, ça m'amuse de me faire passer pour plus bête que je ne suis. Il n'y a donc aucune raison pour que j'arrête de surfer sur cette vague. Lorsqu'il mettra clairement en pièce mon numéro de bluff, j'aviserais. Pour l'heure, comme tout les bons joueurs, tant que je gagne je joue ! Ah, je sens que je minaude là. Petite moue, suivie d'un sourire angélique. Manque plus que la main dans les cheveux et là je fais le grand chelem ! Mais pas de précipitation. Je ne vais tout de même pas griller toutes mes cartouches dès la première salve de tir. « Bonsoir. Ravi de faire votre connaissance Monsieur Baechler. Je vous remercie pour votre bienveillance, mais cela n'est pas nécessaire. L'Arnica devrait faire son effet d'ici peu. En revanche, vu que nous sommes à Paris, je n'aurai rien contre une coupe de Moët & Chandon … ! ». Waaa, je m'étonne moi-même. Le sarcasme dans ma voix est plus que minime. Le ton quant à lui n'est ni caustique ni acerbe. Au contraire, il est calme, posé et limite aguicheur. Toujours est-il que cette réponse semble être à son goût. C'est en tout cas ce que laisse supposer le petit et discret sourire qui se décide sur sa … délicieuse bouche. En fait, je ne saurais dire si c'est tant la réponse en elle même ou la façon dont je la lui ai dite qui l'amuse. A moins que cela vienne de la légère pointe d'accent mandarin que je m’efforce de gommer ? Je sens comme un léger petit moment de flottement qui ne demande qu'à s'ancrer fermement. Afin de meubler, je me décide donc de sourire avec lui. Toujours de façon niaise, cela va s'en dire ! Oh je sais très bien la tête que je dois avoir en ce moment. Mes pommettes saillissent, et mes yeux deviennent si petits qu'on jurerait qu'ils s’apprêtent à disparaître à tout instant.

J'ai remarqué que c'est un truc qui fait marrer les français. Enfin, les occidentaux d'une façon générale. Je ne sais pas si c'est par retenu ou politesse que tu te retiens de rire aux éclats Liam, mais saches que j'apprécie. Nous, les asiatiques, lorsqu'on rit ou sourit, on a tendance à ressembler à des poupons joufflus. Alors certes, ça peut être mignon tout plein, mais dans le milieu de la mode, c'est un sacré handicap. Surtout ici en Europe. Ceci dit, je n'ai vraiment pas à me plaindre. Bon ok, je ne défile pas encore pour Dior ou Chanel, mais ce ne sont pas les contrats qui manquent. Il faut juste que le temps et le bouche à oreille fassent leur œuvre. Allons, soyons sérieux deux minutes, je suis le meilleur. Et le meilleur, ça ne travaille qu'avec les meilleurs. Heureusement qu'il existe dans cette ville des personnes intelligentes, comme Mérédith Delmare, qui l'ont tout de suite compris. Le hic, c'est que là ce soir, je ne suis pas le mannequin, mais l'homme aux mœurs légères, faisant commerce de ses charmes et qui se fait entretenir. Je me doute que tu n'es pas né de la dernière pluie Liam. Tu dois très certainement flairer ce qui se passe. Remarque, avec ce que tu m'as dis jusqu'à présent, rien ne m'empêche d'entretenir l'illusion que je suis un mec « clean » et un peu naïf sur les bords. Si par mégarde tu te déciderais à venir me chatouiller d'un peu trop près, j'ai un atout dans ma manche que je n'hésiterais pas à dégainer. Ton langage corporel m'indique que toi aussi tu as tes petits secrets que tu préfères garder pour toi … . Cependant, on joue « gentil » pour l'instant. Inutile donc de montrer les crocs et de sortir les griffes. Ce qui est sûr, c'est que tu devrais y réfléchir à deux fois, « beau gosse », avant d'agiter un chiffon rouge sous mes yeux. Un scandale est si vite arrivé … . Et on est bien d'accord, un scandale dans ce type d'établissement, ça fait désordre ! Oh, non mais regardez-moi ces beaux yeux myosotis qui pétillent de curiosité. Cette sacro-sainte curiosité que rien ne semble pouvoir étancher. Grrr, mais c'est qu'il est à croquer notre Maître Queux ! Aller, poursuivons donc notre petite partie de poker menteur. Avant cela, je jette quand même un rapide coup d’œil sur les alentours. Dan est toujours au téléphone devant l'entrée entrain de faire les cents pas.

Les gens, quant à eux, semblent trop accaparer par leur conversations plan-plans et ce qu'il y a dans leurs assiettes pour nous accorder un quelconque crédit à moi et « beau gosse ». Oui, j'ai décidé de te rebaptiser « beau gosse ». Non ne me remercie pas, tout le plaisir est pour moi, je t'assure. Et sur tout les plans, hahaha ! Je vais quand même réajuster le col de ma chemise par acquis de conscience. Monsieur le Chef est une fouine ascendant pie. Pas la peine donc d'attiser davantage ses cogitations avec les marques sur mon cou, laissées par les paluches de l'autre taré berlinois. Aller frottement sourcils suivi de main dans les cheveux. Un combo certes nettement moins racoleur que le premier, mais qui a l'avantage de faire son petit effet devant les photographes. Oh mais suis-je bête, il n'y en a pas ! Décidément le personnage du « corps sans cervelle » risque de prendre le pas sur la réalité à ce rythme là ! « Vous savez, le problème pour nous les asiatiques ici en France, c'est que si on ne sait pas faire des nems, des arts martiaux ou de l'informatique, les perspectives de carrière sont, comment dirais-je … peu reluisantes. Comme vous pouvez le constater, il semblerait que j'ai présumé de mes compétences aux nunchakus. Hélas, à la différence de la pratique du vélo, celle de cette arme s'oublie très vite ! Hahaha ! ». Waaa, j'ai raté ma vocation dit-donc ! J'ai toujours su qu'il y avait un comique qui sommeillait en moi. Tout bien considéré, je doute que vous auriez été très jouasse mère, à l'idée que votre fils gagne sa vie en véhiculant des archétypes et des clichés sur ses origines pour faire rire « la populace », comme vous dites si bien. D'autre part, il aurait aussi fallu pour cela que vous me laissiez voix au chapitre. Je suis l’exception qui confirme la règle qui veut que les asiatiques n'ont pas d'humour. Même moi, je rigole de mon calembour, c'est vous dire ! Bon ok, je ne vous cache pas que c'est un rire jaune. C'est le cas de le dire, hahaha ! Décidément je suis en forme moi ce soir ! Je n'aurais jamais imaginé que tu puisses me stimuler à ce point « beau gosse ». D'un point de vu intellectuel, bien sûr ! Entendons-nous bien … !
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MessageSujet: Re: Take the hits, keep your head up and always aim higher ♠ Liam

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