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la nuit je divague, je respire enfin (camille)

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MessageSujet: la nuit je divague, je respire enfin (camille) 7/4/2017, 13:52

la nuit je vidague,
je respire enfin.
Camille & Daphné
Je vis au cœur de la planète, j'ai dans la tête un carnaval de confettis, j'en amène jusque dans mon lit, et sous mon ciel de faïence, je ne vois briller que les correspondances, parfois je rêve je divague, je vois des vagues, et dans la brume au bout du quai, je vois un bateau qui vient me chercher.

T'as  la maladie du brouillon aujourd'hui, ta page est  triste et blanche, tu penses à arrêter. Sauter la case diplôme et te consacrer uniquement à ta passion. Ta carrière commence et t'as déjà l'impression d'avoir réussi dans la vie, mais t'as que vingt ans et les gens se plaisent à te le rappeler. Pour toi, le monde appartient à ceux qui se lèvent tard, tu rêves de ne vivre que la nuit. T'abandonner aux escapades nocturnes et sentir la puissance de la lune et tout ce qu'elle a de bénéfique. Tu as assez de soleil sur ta peau pour faire diversion. La nuit est ton poison. Peu de gens à Paris vivent la nuit, mis à part les sauveurs de vie et les gens du spectacle, comme toi, c'est probablement le seul point commun entre ces deux métiers. Tu les admires ces travailleurs toujours dans l'ombre et maintenant que tu en fais partie, tu te sens enfin à ta place. Les études deviennent sommaire depuis quelques mois, tu n'y vas plus, tu ne rends plus tes devoirs c'est certain, tu vas lâcher la fac dans pas longtemps. Tu as fais ça pour faire plaisir à tes parents, mais aujourd'hui que tu ne vis plus avec eux, les choses se passent autrement. Ce tout petit appartement est devenu ton tout, ton Q.G, ton refuge, tu y es à l'étroit, mais tu t'y sens bien, lovée dans ces quatre murs rapprochés. Et puis, pas de spectacle ce soir, le moulin est fermé. Ça te fais criser, t'en as tellement besoin de ces heures de défoulement, c'est la seule chose qui t'anime vraiment. Donc, tu te retrouves ici à veiller toute la nuit car tu as pris ton rythme, tu vivras encore à quatre heure du matin, dans le quartier, il doit être proche de minuit. Tu n'entends quasiment personne, sauf quelque voitures passer par ta rue, les phares glissant contre les façades dans un ballet d'ombres. C'est un jeu de lumière que tu pourrais regarder pendant des heures. En attendant, tu prends soin de toi, des étirements tu en fais même sans avoir à danser, tu masses tes jambes engourdies de ne pas pouvoir bouger, ton corps est une machine à façonner chaque instant, sans trêve. Tous ces petits questionnement finirent par être balayés par le son de ton téléphone, rien qu'un message. Tu ne t'empressas pas de le lire, trouvant plus de temps à te lever qu'à te demander qui pouvait bien se manifester à cette heure. Quelle ne fut pas ta surprise en découvrant ce sms, un sourire se  figea sur ton visage, Camille. Une station de métro, une heure, pas grand chose de plus dans ce message. Intrigant. Ta relation toute entière avec lui est intrigante, enfin si on peut appeler ça une relation. Un lien non défini ? Une connaissance ? Plutôt oui. C'est plut fort que toi, tu lui réponds instinctivement que tu es d'accord, sans trop y réfléchir, car c'est comme ça avec camille, tu ne réfléchis pas. tu t'agites pour ne pas rater le dernier métro, ça serait con. tu n'oublies pas tes clefs ni ton sac en sortant de ton appartement, tu sors en ajustant tes cheveux machinalement. Tes pas résonnent dans la rue puis s'évaporent dans les tunnels sous-terrain. Bien vite, tu te retrouves à la station indiquée, tu sors dans la rue. le vent de la nuit s'agite autour de toi, tu ne vois personne pour l'instant et ton regard se perd lentement.
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MessageSujet: Re: la nuit je divague, je respire enfin (camille) 10/4/2017, 02:43

the night is darkest just before the dawn.
- daphné.

les mains sous le capot, camille finit de réparer le moteur qui peine à vrombir sous ses doigts depuis plusieurs heures. la nuit l’a rattrapé, subitement, sans prévenir, enveloppant la ville de son manteau sombre mais camille est tenace. seul au milieu des monstres de ferraille du garage, il n’abandonne pas tant qu’il n’aura pas réussi à réparer ce qui lui résiste. sous les lumières faiblardes qui grésillent au-dessus de sa tête et font danser les ombres sur son visage, camille s’énerve, camille s’entête. camille jette sa clé contre le bitume glacé, l’éclair de colère brillant au fond de ses opales noires. l’impulsivité bouillonne au fond de son estomac, font trembler ses phalanges salies par le cambouis et il se force à s’arrêter un instant pour calmer les pulsions dévastatrices qui lacèrent son esprit quand il se sent incapable de finir quelque chose qu’il a entrepris. et quand il ose enfin jeter un coup d’œil furtif autour de lui, sa solitude au milieu du garage le ramène à la réalité, lui revient en pleine figure. la vieille horloge pendue au mur défraichi en face de lui, ce tic tac incessant qui rythme son quotidien affiche cette heure tardive qui lui indique qu’il est là depuis trop longtemps. pourtant y a plus personne qui l’attend à camille. nul part. et ce, depuis longtemps. mais peu lui importait finalement. camille, il se cramponne à cette idée pourtant illusoire qu’il n’a besoin de rien ni personne. non, personne. alors il laisse tout en plan, à contrecœur pourtant. il a jamais mis autant de cœur à l’ouvrage que depuis qu’il est au garage. il a jamais tenu un boulot autant que celui-là. quand d’autres employeurs n’ont jamais cherché à lui faire confiance, le renvoyant aussi vite qu’il était arrivé pour mauvaise conduite, son patron au garage avait eu foi en lui, sans trop savoir pourquoi. et étrangement, camille filait plutôt droit là-bas. en général. pour une fois dans sa misérable vie. parce que personne venait le chercher là-bas, aucune pression, aucune barrière. il était là, il faisait son travail et parfois on lui filait quelques euros de plus pour finir le mois. et c’était tout. le chiffon entre les doigts pour nettoyer les traces noires qui zèbrent sa peau, camille range les derniers outils avant de fermer le garage derrière lui, s’enfonçant dans les profondeurs nocturnes qui le happe, prisonnier dorénavant de ses griffes acérées. il erre dans cette pénombre qu’il affectionne tant, ce réconfort nocturne qui apaise le tumulte de son esprit. mais ses jambes ne semblent pas vouloir le mener chez lui, ne semblent pas vouloir l’enfermer entre ses quatre murs vides. vides de souvenirs. il a pas envie de s’enfermer sagement dans sa cage, camille. pas envie de faire les choses qu’il faut. et sous le coup d’une pulsion irréfléchie, il s’empare de son téléphone et envoie un texto à daphné. camille, il sait pas. il sait pas réellement pourquoi il a ce besoin d’emmener daphné avec lui, de la laisser vagabonder à ses côtés au milieu des étoiles de la nuit. c’est irraisonné, spontané. ça se calcule pas vraiment chez lui. il cède à ses envies. et ce soir, elle prend la forme du visage de daphné. c’est à elle qu’il a pensé. une heure, un lieu. la piscine municipale fermée aux visiteurs nocturnes. prendre un bain le lavera peut-être de ses péchés, au fond. il rejoint alors son but, cancéreuse fraichement allumée au creux des lèvres. presque seul dans les ruelles de paris, y a plus que ses pas battant le bitume qui rompent le silence environnant. et puis enfin il la voit, silhouette frêle au loin qui l’attend, incertaine de ce que camille lui réserve probablement. le sourire mince se dessine sur son visage et aussi silencieux qu’un félin, il se rapproche lentement de la danseuse au milieu des volutes de fumée grisâtre. « j’pensais pas que tu viendrais. » il cherche déjà un peu, camille, en se plantant devant elle, attrapant la mâchoire de la brune entre ses doigts avant de poser ses lèvres entre sa joue et le coin de sa bouche. « salut. »  qu’il chuchote enfin contre sa joue, prenant un malin plaisir à la bousculer un peu, jouer sur les mots et tester ses limites pour en connaître les contours, les frontières à ne pas dépasser, piétiner. mais probablement qu’il les dépasserait, les bornes. qu’il enfoncerait les portes parce que camille, il a pas vraiment de limites. il cherche, creuse, jusqu’à trouver. camille est borné, camille est un con. il se recule alors, écrasant nonchalamment le mégot sous la semelle de sa chaussure. « viens avec moi. par là. » ses doigts se referment mécaniquement autour du poignée de daphné avant de l’attirer avec lui quelques mètres plus loin, devant les grilles de la piscine. le brun guette la moindre réaction sur le visage de la brune, le moindre sentiment qui pourrait tressaillir, le moindre voile pouvant assombrir ses jolis yeux. « j’ai envie d’me baigner, j’sors juste du boulot. j’t’aide même à escalader si tu veux. » en preux chevalier servant qu’il est. l’ironie se ressent pourtant, dégouline même des derniers mots prononcés. il reprend. « enfin, si t’as envie. » le défi teinte le ton de sa voix,  l’éternel sourire en coin se loge au creux des lèvres et ses pupilles accrochent ses semblables pour tenter d’y déceler la moindre émotion.  le moindre éclair de réticence sur lequel il pourrait rebondir dans le regard de celle qui l’accompagne depuis quelques nuits maintenant.
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MessageSujet: Re: la nuit je divague, je respire enfin (camille) 10/4/2017, 09:21

la nuit je vidague,
je respire enfin.
Camille & Daphné
Je vis au cœur de la planète, j'ai dans la tête un carnaval de confettis, j'en amène jusque dans mon lit, et sous mon ciel de faïence, je ne vois briller que les correspondances, parfois je rêve je divague, je vois des vagues, et dans la brume au bout du quai, je vois un bateau qui vient me chercher.

Un drôle de sentiment t'envahissait petit à petit, une peur de l'inconnu qui définissait bien la relation qu'il y avait entre toi et camille, une peur assez impressionnante, mais tellement vibrante. C'est bien pour cela que tu n'avais pas mis longtemps à sortir de ta chambre de bonne, son appel était trop tentant pour ne pas plonger dans ces aventures nocturnes. Tu aimes tellement ça. C'est comme danser, danser ça te fait vivre et ça te rend invincible. Depuis longtemps, tu es à la recherche d'adrénaline, c'est puissant et flippant à la fois. Petite, ton innocence t'empêchait d'avoir peur, aujourd'hui c'est bien différent. On ne traîne pas dans les rues seule la nuit, quand on est une femme, on doit se protéger d'un monde misogyne que l'on a pas demandé. La peur est omniprésente.  Pourtant, tu le suis camille, tu y vas la tête baissé tu ne le connais pas, mais tu t'y attendais un peu. Lors de votre première rencontre, tu as très vite cerné l'importance des mots pour lui, une manipulation de tous les instants, et toi, t'es tombée dans le panneau. Parce que tu as aimé ça, tout de suite. C'est sans parler de ces quelques escapades que vous aviez passé après, un véritable shoot d'adré. en plein cœur. Et tu es encore là cette nuit, à l'attendre dans un énième coin de rue, dans un flou total, et c'est ça qui t'excite. L'air est froid, ta veste en jean ne suffira pas bien longtemps car un frisson t'envahit au bruit des pas dans l'obscurité. Il s'avance, sans le distinguer avec précision, tu espères ne pas voir apparaître un parfait inconnu. La cadence est lente et toi tu frottes tes pieds sur le sol dans une impatience frénétique. puis il arrive devant toi, dans un nuage gris, il a ce regard que tu vois toujours sur son visage lorsqu'il te regarde, cet air aux multiples pouvoirs sur toi. Tu ne sais vraiment pas pourquoi, mais ce gars là, tu le suivrais partout. Et c'est tout sauf une question de confiance. Il ouvre la bouche et toi, tu le regardes sous toutes les coutures, attendant qu'il daigne te donner plus d'indices sur votre destination. Au lieu de ça, il te renvoi tes doutes au visage, tu préfères ne pas répondre. Un léger sourire s'affiche, tes yeux reflètent la malice imprévisible, tu tentes tant bien que mal d'être à la hauteur. Il s'approche dangereusement de ton visage, pose sa main sur ta peau sans ton autorisation, tu frissonnes. Ta bouche laisse échapper un timide « bonsoir ». tu ne sais pas comment réagir et tu te laisses faire, c'est osé, risqué, mais tu ne veux pas montrer la moindre faille, enfin, tu essaies. Tu ressens l'arrogance dans ses yeux, il scrute chaque parcelle de ton corps et tu commences à aimer cela. Tu n'attends rien de lui, sauf qu'il t’entraîne ailleurs, loin de la vie banale parisienne. Et c'est ce qu'il fait, ton poignet est emprisonné dans sa main, vous avancez vers un portail, il cache un bâtiment que tu n'avais encore jamais remarqué. C'est alors que camille éclaire enfin le mystère, une piscine. Tes yeux ne peuvent s'empêcher de s'ouvrir, étonnée, tu le regardes espérant trouver une quelconque ironie. « si ce n'est que ça on aurait pu aller dans ta douche tu sais » il joue, tu joues. Les sous-entendus risquent de fuser, le ton est tout sauf interrogateur, mais toi tu te demande vraiment comment vous allez entrer. Il te teste en voulant te bousculer ainsi, et toi tu tombes dans le piège qui se referme. Avais-tu vraiment le choix comme il semblait te le proposer ? « je te suis » cette affirmation sonnait comme la relève du défi, il était trop tard pour reculer dorénavant. Tu préfères ne pas réfléchir et foncer tête baissé, malgré le risque assez élevé. Tu fais comme si tu n'avais pas le choix, mais la peur te revient comme un coup de massue dès lors que tes mains se posent sur les grilles. Une infraction. Tu contournes la loi si tu fais un pas de plus, tu le sais. Et pourtant t'en as envie, oui, tu as envie d'y aller c'est tout. ton pied se pose sur le muret, tu t'agrippes un peu plus avant de tenter d'attraper le point le plus haut, tu te faufiles assez facilement contre tout attente. tu remercies ton corps d'être aussi préparé, ton élasticité et la force de tes bras ne t'auront pas servi uniquement pour danser. ça t'empêche de penser au regard de camille qui te suit à la trace, tu arrives finalement de l'autre côté. tu te retournes vers lui, un sourire assuré accroché au visage « t'en fais pas, tu auras d'autres occasions de toucher mes fesses ». S'attarder dehors serait une connerie, tu attends le jeune homme, espérant qu'il ait une solution pour vous faire entrer. « et maintenant ? »
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MessageSujet: Re: la nuit je divague, je respire enfin (camille) 20/4/2017, 22:58

the night is darkest just before the dawn.
- daphné.

deux âmes vagabondes qui s’enfoncent dans les profondeurs de la nuit, deux âmes sur lesquelles le temps n’a pas d’emprise, le goût d’éternité au creux de la langue. camille rejoint daphné sur ce trottoir sombre au milieu du silence et il n’est plus question de réfléchir. plus question de s’encombrer des conséquences d’actes quelconques. seulement de vivre, d’apprécier cette liberté illusoire sans se demander de quoi demain sera fait. camille, il aimait bien embarquer daphné dans son sillage avec cette sensation étrange que le temps défile vite, beaucoup plus vite à ses côtés, sans savoir réellement pourquoi. elle est différente, daphné. plus calme,  moins tempête contre laquelle il faut se battre pour exister. plus un soleil brillant contre lequel on pourrait se laisser aller. et au fond, camille aime bien ça, ne pas se prendre la tête à devoir se perdre perpétuellement dans des joutes verbales sans fin qui usent sa patience et sa tolérance à l’autre. alors il apprécie sa compagnie nocturne sans vouloir se l’avouer complètement. et ce soir, sur un coup de tête, en apercevant les dernières tâches de cambouis fleurissant sur ses joues et sur son t-shirt blanc sous son blouson, le brun se décide à s’introduire avec elle dans l’enceinte de la piscine municipale. il sait qu’ils y seraient tranquille un moment et la structure était simple à escalader, simple à pénétrer. qu’ils pourraient s’y vider l’esprit des pensées obscures qui irritent le cerveau, obscurcissent le jugement. et sous ses grands yeux étonnés, il la traine devant les grilles, le sourire sardonique qui court sur la pulpe de ses lippes. le silence tombe un instant tandis que les pupilles de la brune accrochent le portail face à elle. camille lâche enfin son poignet, et ses mains retrouvent nonchalamment les fonds des poches de son jean en attendant qu’elle réagisse, les mots suintant de la même ironie dont il fait preuve généralement. elle cherche un peu, daphné, à s’engager sur la même pente en le piquant sur une possible douche ensemble. camille aime bien, camille se fait un plaisir de jouer, d’invoquer les sous-entendus le sourire en coin frisant l’indécence, les yeux trop brillants pour y trouver un quelconque brin d’innocence. « pourquoi, t’aurais été partante peut-être ? » ses opales noires se confrontent aux siennes quelques infimes secondes avant qu’elle ne coupe court à l’échange silencieux en s’attaquant au portail, seule. avec une agilité déconcertante, elle s’infiltre de l’autre côté, observant camille à travers les barreaux de fer, poussant le vice du jeu un peu plus loin, laissant au jeune guérin le loisir de tester un peu plus les limites, les frontières de ce qu’elle accepterait ou pas. « beaucoup de paroles, peu d’actes prévost. » qu’il remarque en haussant les épaules à sa proposition de toucher ses fesses, avant de la suivre avec une trop grande aisance pour quelqu’un qui n’aurait jamais eu à en passer les grilles. ses pieds frappent brutalement le bitume aux côtés de la jeune femme après s’être élancé du haut des barreaux et camille se retourne enfin vers elle pour terminer sa phrase, laissant le chuchotement se perdre entre eux. « c’est pas bien de laisser entrevoir des possibilités comme ça. surtout si ça compte pas aller jusqu’au bout.. » camille, il pique jusqu’à atteindre son but, jusqu’à faire capituler. jusqu’à pousser dans les retranchements les plus sombres, la plupart du temps sans se soucier de la tolérance de ceux qui lui font face. à ne jamais se soucier des conséquences de ses mots, de ses actes. y compris envers daphné. « viens. » d’un léger signe de tête, il lui indique de le suivre avec ce soupçon d’autorité tranchante. ils contournent alors l’imposant bâtiment, les pieds légers contre l’asphalte grisâtre crissant sous leurs semelles avant d’atteindre la porte de service à l’arrière. camille connaissait suffisamment l’endroit pour savoir que le loquet tenait à peine depuis quelques semaines et qu’aucun agent n’avait été foutu de venir la réparer depuis, laissant le loisir aux visiteurs nocturnes comme eux, d’entrer sans trop d’efforts. deux coups d’épaule secs et la porte cède ainsi sans difficulté sous le poids de son corps. en silence, ils pénètrent l’arrière du bâtiment à pas presque feutrés, s’engageant dans un dédalle de couloirs sombres. camille ouvre la marche rapidement, se laissant guider à l’instinct et aux seuls souvenirs qu’il avait des moments passés ici, doigts entremêlés à ceux de daphné pour la pousser à le suivre sans concession et éviter de la perdre en chemin. l’odeur persistante de chlore chatouille ses narines et tous deux finissent enfin par déboucher dans la grande salle vitrée abritant l’une des piscines communes. les doigts se dénouent lentement et les pupilles se perdent sur le calme de l’eau, miroitant sous les reflets lunaires qui s’échappent à travers les baies vitrées. camille avance de quelques pas, juste ce qu’il faut pour se retrouver près du bord dans un silence presque religieux, loin des sirènes et des vrombissements des voitures dans paris. et il se retourne enfin vers daphné, ôtant son blouson de ses épaules avec une lenteur presque étudiée. « bon. tu comptes restée plantée là ? parce que moi j’veux en profiter. on sait jamais. » on sait jamais, ce qui pourrait arriver. parce qu’il le sait, qu’il y a des chances qu’un garde vienne à passer dans la nuit pour vérifier que tout est en place. qu’aucune âme esseulée ne serait venue se perdre dans les méandres du complexe. mais ça il se garde bien d'en toucher mot, simplement d’en donner juste l’indice, quitte à prendre le risque de courir un peu s’ils venaient à être dérangés. l’éternel sourire en coin accrochée aux lèvres, de celui qu’on ne peut lui retirer, il enlève subitement son t-shirt et ses chaussures, en attendant que la brune amorce un geste, un mot. et qu’ils oublient enfin l’espace d’un instant, les douces conneries de cette existence.
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