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La sagesse commence dans l’émerveillement. ♦ Antonin

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eden de cacharel

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MessageSujet: La sagesse commence dans l’émerveillement. ♦ Antonin 23/4/2017, 18:05



"Antonin & Séfia "

Si nos chemins se sont croisés c'est parce qu'à ce moment là l'un de nous avait besoin
d'une épaule pour pleurer, et l'autre de quelqu'un sur qui s'appuyer.



Ça ne devait être qu’une rencontre éphémère. Une rencontre dans un métro parisien, un sourire échangé de loin. De la musique entre eux. Fascinée Séfia s’était arrêté devant cet homme qu’elle ne connaissait pas. Il était là, il montrait aux gens sa fureur de vivre, son âme écorchée, il ne se cachait pas, c’était la première fois que la jeune femme voyait quelque chose d’aussi beau. Elle n’a jamais prononcé un mot. Pas cette fois-là. Mais elle est revenue, sa curiosité la poussait à en voir encore, à en entendre encore. Elle s’approchait de plus en plus près à chaque fois, elle voulait le connaître lui, pas seulement sa musique. Et elle a fini par faire un pas de plus pour lui parler. C’est ainsi qu’Antonin et Séfia se sont rencontrés pour la première fois. Cette histoire si douce aurait dû n’être qu’éphémère. Un beau souvenir. Aussi lorsqu’il a passé la porte du bar où elle travaillait et qu’elle a appris qu’il faisait partie du crew, ils ont pris le parti de ne rien dire à personne. Leur rencontre reste leur secret. Leur histoire. Leur souvenir. Séfia ressent toujours une tendresse particulière pour Antonin. Leur amitié est douce et tendre. Ils se ressemblent beaucoup c’est ce qui les rapproche. C’est pour cela que pour son soir de repos elle décide d’aller le voir dans le piano bar ou il se produit. Elle le fait régulièrement quand elle le peut. Elle aime toujours autant sa musique. Elle ne ment pas à Em’, elle lui dit qu’elle a besoin de parler à Antonin, du mariage, elle voudrait qu’il soit son témoin. Elle aurait aimé lui annoncer elle-même, mais Antonin faisait avant tout partie du crew, et le crew était avant tout la famille d’Emeryck. Elle n’était qu’une pièce rapportée après tout. Mariage blanc ou non, elle voulait que son ami accepte d’être son témoin. Cinquième arrondissement. La nuit était tombée et cigarette aux lèvres elle admire la devanture du piano bar pendant quelques secondes. Elle n’a pas appelé Antonin pour lui dire qu’elle venait, elle ne le faisait jamais. Elle aimait se placer dans l’ombre et venir le voir à la fin de sa représentation. Parfois ils discutaient ensemble en buvant un verre. Parfois elle partait après lui avoir dit qu’il était génial. Une fois installée dans la pénombre, elle commande un whisky et s’installe tranquillement. Si la musique était un exutoire pour Antonin, pour Séfia c’était le dessin. Elle aimait croquer les gens qui ne faisaient pas attention à elle. Ce soir, son ami serait sur son dessin. La musique s’infiltre dans ses oreilles, descend le long de son corps et anime son crayon qui noircit la page blanche. Elle l’écoute mais ne le regarde pas, parce qu’elle dessine ce qu’il chante. Combien de temps cela a duré ? Elle ne saurait le dire elle pourrait rester ainsi des heures sans rien faire d’autre qu’écouter et dessiner. Elle s’approche d’Antonin lorsqu’il descend de la petite scène et avec un grand sourire le prend dans ses bras. Lorsque Séfia faisait confiance aux gens elle était du genre tactile. Clairement elle faisait confiance à Antonin, peut être que lui n’aurait pas dû. Séfia mentait, esquivait les questions sur sa vie, elle ne voulait pas perdre ce qu’elle avait construit avec ses amis pour un passé qu’elle exécrait. « T’étais géniale comme toujours, t’entendre me donne toujours des frissons. » Elle dépose un tendre baiser sur sa joue avant de se retirer de ses bras en douceur. « Je t’ai pas prévenu de ma venue j’espère que t’as le temps de boire un verre avec moi. » Oui Séfia se dit qu’elle aurait peut-être dû lui dire qu’elle passait, parce que ce soir elle avait envie de discuter avec lui. Espérons simplement qu’il n’ait rien de mieux à faire cette nuit-là.

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MessageSujet: Re: La sagesse commence dans l’émerveillement. ♦ Antonin 15/5/2017, 13:55

The magician's assistant in their dreamAntonin & SefiaLady, running down to the riptide, taken away to the dark side, I wanna be your left hand man (Vance Joy → Riptide)Comme d’habitude, il a le sourire coincé sur les babines. Une expression de joie figée lorsque ses empreintes rencontrent les touches agréables. Comme d’habitude, elles prennent vie sous les pressions qu’il leur fait subir. Ses articulations dansent pour éveiller l’art, font vibrer l’atmosphère de par les sons qui s’échappent et enveloppent la salle dans une étreinte qu’il veut curative. La communication de ses sentiments les plus sincères qui peinent parfois à quitter le seuil de ses lèvres débute lorsqu’il rentre dans une espèce de transe. Il y en a dans le lot qui n’écoutent pas. On n’y échappe jamais, à ceux-là. Ce sont ceux qu’il est très difficile de captiver, et il faut sans cesse tenter d’attirer leur attention. Dans sa générosité excessive, Antonin se fixe cet objectif précis. Les sortir de leur égocentrisme avancé pour leur faire partager quelque chose, aussi infime soit elle. Que ce soit tout simplement son talent ou quelques émotions qu’il espère toujours être en mesure d’inoculer. Pendant sa performance, néanmoins, il devient imperturbable. Les autres n’ont plus autant d’importance. Il leur donne tout ce qu’il a, mais c’est à eux d’être assez conscient pour le recueillir. C’est à eux de venir vers lui lorsqu’il leur tend la main à mi-chemin. Les bruits de conversation s’estompent, que ce soit une illusion auditive lorsqu’il se plonge dans un état de réflexion intense ou parce qu’ils l’écoutent vraiment. Il est seul gouverneur de son monde perché dans les nuages acculés de sa mélancolie. Il est seul roi véritable sur les lieux qui lui appartiennent désormais. Il s’élance dans ses rêves éveillés, les commissures des lèvres à peine rehaussées, le cœur ballant, les doigts conquérants. Et ça commence pour ne se terminer que quand il l’aura décidé, dans son infini désir de s’adresser à des spectateurs qu’il ne connaît pas.

La note finale abandonne une saveur aigre-douce sur sa langue, aussitôt dissipée par les bras qui le serrent contre une personne qu’il ne s’attendait pas à voir ce soir. La surprise du moment l’enivre autant que le parfum que Sefia dégage, et ça fait vaciller son cœur. Comme à chaque fois qu’une personne proche de lui l’écoute, il est empli d’une sorte d’extase bien dissemblable de celle ressentie en temps normal. Ça me fait super plaisir que tu sois là… qu’il chuchote, dans une sorte de crainte que le charme du moment se brise. Sa voix fatiguée se réfugie dans les graves alors qu’un baiser chaste en retour de celle qu’elle lui avait accordé se dépose sur son cou. Il en était amoureux. Et comme d’habitude, lorsqu’il est pris dans les filets à trop se rapprocher, il ne pourra jamais s’en délester, de cette affection particulière. Cela ne veut pas dire qu’il la désire, qu’il veut la conquérir. L’avoir pour lui et seulement pour lui. Elle n’est qu’une muse de plus, une merveille ayant laissé sa trace sur les pages innombrables d’un bouquin de peines et de remords. Un opuscule de joies éphémères qu’il ne cesse de relire avec un mélange raisonnable d’amertume et de contentement. Oh non, pas du tout. Au contraire, j’ai tout le temps du monde pour toi. Et c’est une surprise très très agréable, tu ne peux pas savoir à quel point ça me rend heureux. Récemment, il avait appris. Pour Emeryck et elle. Un flot de questions ininterrompu l’avait plus ou moins submergé, des interrogations qu’il ne pouvait adresser à l’homme. Emeryck a toujours été celui à qui il ne savait pas trop parler, et il avait peur de mal se faire comprendre ou de l’offenser. Cela ne veut pas dire qu’il l’aime moins que les autres, pas du tout, mais il connaît ses limites avec lui et préfère éviter des confrontations chaotiques sur un simple malentendu. En plus, il me semble que tu as beaucoup de choses à me dire. Tu es déjà servie ou je te ramène quelque chose ? Attend moi là où tu étais assise, j’arrive tout de suite. Il se dirige vers le comptoir, d’une démarche preste et des sourires pour tous ceux qui daignent lui adresser un compliment. Peu certain de savoir s’il a vraiment le droit de s’enquérir des travers de cette histoire, de ce mariage qui le trouble beaucoup plus qu’il ne voudrait l’admettre.
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C’en est assez de ces dédoublements, c’est plus dur à faire qu’autrement. Car sans rire c’est plus facile de rêver à ce qu’on ne pourra jamais plus toucher. ©alas.
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MessageSujet: Re: La sagesse commence dans l’émerveillement. ♦ Antonin 20/5/2017, 02:15



"Antonin & Séfia "

Si nos chemins se sont croisés c'est parce qu'à ce moment là l'un de nous avait besoin
d'une épaule pour pleurer, et l'autre de quelqu'un sur qui s'appuyer.



Plongée dans ses pensées, le crayon entre les doigts elle couchait sur le papier ce qu’elle ressentait quand elle entendait la musique de son ami. Antonin était doué pour faire vibrer les gens au son d’une mélodie. Séfia y a toujours été sensible, depuis la première fois. C’était beau. Il n’y avait aucun doute à avoir là-dessus. Il semblait se mettre en transe à chaque fois qu’elle le voyait jouer. Sur scène il semblait différent. Dans un autre monde. Dans son monde. Éloigné des salissures, des éclaboussures de la merde que la vie mettait sur le chemin des gens. Ses coups de crayons se précisent, s’affinent, son poignet semble se détacher des autres parties de son corps et vivre sa vie indépendamment. Cette transe elle ne la ressentait qu’avec un crayon à la main. A ce moment-là plus rien n’existait. Ses problèmes s’effritaient, son passé n’existait plus. Il n’y avait plus rien au monde que cette feuille et ce crayon. Il aurait pu y avoir un feu dans ce bar elle ne s’en serait pas rendu compte. Elle a d’ailleurs bien failli perdre le fil du temps, c’est l’arrêt soudain des notes de musique qui brise le charme. C’est à ce moment-là qu’elle a lâché son crayon pour rejoindre son ami. Un grand sourire s’affiche sur le visage de la blonde quand elle l’entend lui dire qu’il est content qu’elle soit là. Elle aussi elle était contente de le voir. Comme à chaque fois qu’elle parlait avec lui. Ils s’écoutaient mutuellement. Ils se ressemblaient beaucoup. Deux âmes écorchaient par la vie. Séfia semblait à l’aise qu’avec des personnes comme elle. Elle les reconnaissait au premier coup d’œil. C’est ce qui l’a attiré directement vers Antonin la première fois. C’est ce qui l’attire encore chez les membres du crew. Elle semblait vouloir recoller les morceaux de leur cœur. De leur âme brisée. Leur rendre le sourire. Peut-être que la jolie Russe s’oubliait souvent dans cette histoire. Peut-être qu’elle aidait les autres pour éviter de s’aider soi-même. Pour éviter de se plonger dans ses propres problèmes. Elle préférait garder ses œillères, redonner le sourire aux autres, garder le sien, mais ne rien toucher aux décombres de sa vie.

Séfia hoche la tête lorsqu’il lui dit qu’elle avait beaucoup à lui dire. En effet, ils ne s’étaient pas vue en tête à tête depuis assez longtemps et il voulait surement quelques explications sur ses fiançailles. Elle ne savait pas vraiment comment abordée le sujet. Em’ ne leur avait pas menti, il n’avait pas enjolivé la situation, ils se mariaient afin qu’elle reste en France c’était tout. Elle ne savait pas vraiment ce que Antonin pensait de ce mariage finalement. Peut-être qu’il avait été horrifié. Peut-être même qu’il refuserait de participer à cette mascarade. Elle ne lui offrirait pas plus d’explication qu’à Lionel. Elle lui dirait simplement une semi vérité. L’esquive c’était sa spécialité après tout. La jeune femme retourne s’assoir au fond de la salle et regroupe ses dessins dans un coin pour ne pas abimer ses créations. Elle le regarde revenir avec un verre dans chaque main, elle sait qu’elle a un peu abusée mais un verre de plus ou de moins elle n’est plus à ça près. Elle risque juste d’être un peu plus guillerette et parlait plus longtemps. L’alcool lui déliait la langue. C’est étrange que personne n’ait jamais pensé à la faire boire pour apprendre ses plus sombres secrets. « Déjà avant toute chose... Comment tu vas Antonin ? » Parce qu’elle n’était pas là que pour parler d’elle. Elle voulait d’abord savoir comment il allait lui, comment il se portait. Elle n’était peut-être pas sa confidente mais s’il avait besoin de s’épancher elle serait là pour lui. Toujours. « J’imagine que tu veux parler du mariage. Em’ m’a dit qu’il en avait parlé au crew. J’aurais préféré t’appeler pour te prévenir la première mais, vous êtes sa famille, je ne peux pas lui voler ça. Je suis qu’une pièce rapportée moi. » Une pièce rapportée c’était exactement ça. Elle ne le prenait pas mal, ils ne lui avaient jamais fait sentir qu’elle n’était pas la bienvenue. Enfin plus depuis longtemps maintenant. Elle admirait leur amitié étrange. Comme une enfant qui apprend la vie, elle apprenait avec eux. Les joies. Les peines. Les coups de gueule. Ils étaient tous différents mais similaires aussi. C’était beau. Séfia ne pouvait qu’espérer que cette amitié reste intacte encore longtemps. Parce que si un membre venait à manquer ça ne serait plus le crew. « Mon visa se termine je dois repartir en Russie prochainement… Je ne peux juste pas y retourner. Em’ m’a proposé ce mariage pour me sauver le cul dirons-nous. » Pas de surprise pour Antonin, il savait déjà qu’elle venait de Russie, elle lui avait avouée il y a longtemps, lorsqu’elle vivait encore dans les rues. Lorsqu’il lui avait demandé pourquoi elle vivait ainsi, elle avait répondu que mieux valait manger dans les poubelles plutôt que dans une prison. Elle n’avait pas développé mais c’était suffisant. Il avait compris que les souvenirs de son pays n’étaient pas joyeux. Bien au contraire. « J’ai quelque chose à te demander justement. Est-ce que tu accepterais de jouer le rôle de témoin pour moi ? » Elle relève timidement la tête et lui offre un fin sourire. La jeune femme attrape son crayon et le fait tourner silencieusement entre ses doigts. On peut sentir dans ses mouvements qu’elle s’inquiète de sa réaction, qu’elle ne sait pas vraiment comment elle réagirait elle si il lui disait non.


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MessageSujet: Re: La sagesse commence dans l’émerveillement. ♦ Antonin 30/5/2017, 08:14

The magician's assistant in their dreamAntonin & SefiaLady, running down to the riptide, taken away to the dark side, I wanna be your left hand man (Vance Joy → Riptide)Se diriger vers le bar n’est qu’un grossier stratagème. Une diversion afin d’avoir le temps de rassembler ses idées sans montrer à Sefia l’air pensif qui vient tirer ses traits dans l’inquiétude totale. La spontanéité n’était décidément pas son fort, à Antonin. Avec le temps, il avait appris qu’il n’y avait que la maladresse pour l’accompagner dans son périple, dans sa conquête du naturel exemplaire. Le fait est qu’à chaque fois qu’il se laissait aller à ses sentiments, chaque fois qu’il tentait de suivre ses instincts, cela se soldait par un échec cuisant. Que ce soit bafouements, malentendus, tergiversations burlesques, il était passé par toutes les erreurs classiques du cliché empoté. Tout d’abord, il s’était donc dit qu’il valait mieux qu’il prépare ses discours. Qu’il s’accorde quelques moments pour réfléchir à ce qu’il devrait dire. Ce n’est que plus tard qu’il avait compris que ça ne marcherait pas non plus. Car après tout, même lorsqu’il le fait, il lui arrive de tout gâcher. Il ne pouvait décemment pas retenir au mot près les élucubrations de son esprit torturé. Alors, il avait décidé de changer de stratégie il y a de cela quelques temps. Au lieu de chercher à établir toute une dissertation, il se contente désormais de penser aux grandes lignes de ses propos. Commandant deux bières pour lui et la blonde, quelques bribes d’idées en tête, le cœur loin d’être léger, il se dirige vers elle. C’est compliqué d’être désapprobateur. Ce n’est pas dans ses habitudes. Il s’abstient toujours de juger les autres et leurs décisions. Se contentant d’être un soutien inconditionnel. Certes, lorsqu’on lui demandait son avis, il avait toujours les arguments pour conforter la personne dans sa décision ou au contraire essayer de la dissuader. Mais dans ce cas précis, on ne lui demandait rien. Seulement d’être là. Seulement d’accepter la situation. Pourtant, il en a des choses à dire. Des mises en garde à énoncer. Et le bonheur de deux êtres chers à protéger. Il a beau chercher dans son vocabulaire étoffé les termes qu’il fallait, c’était peine perdue. Il n’y a pas de manière facile pour dire tout ce qu’il a en tête. Il n’y a pas de gants à mettre, de précautions à prendre pour dire à ses amis que c’est une erreur. Que leur mariage est à son sens la pire idée qu’ils aient eue. Se doutant bien que les raisons doivent être valables, mais que la solution choisie aurait le mérité d’être remplacée par une alternative.

Et bien, écoute, ça va très bien, merci. Un peu fatigué, mais je m’en sors. En réalité, malgré la proximité qu’il entretient avec Sefia, il ne pouvait pas lui dire que ça n’allait pas vraiment. Que dernièrement, les tensions avec ses parents s’étaient aggravées lorsqu’ils avaient appris les « horreurs » qu’il disait à son frère. D’après eux, il serait en train de le remontrer contre eux, en lui servant ses idéaux indignes de la famille Lavie. Dire au fraternel que le mot pédé était à proscrire est catalogué comme étant un acte de rébellion selon ces géniteurs aigris. Rien que d’y penser le lasse, et ce n’est pas par secret qu’il ne veut pas en parler. C’est juste beaucoup trop compliqué, beaucoup trop tiré par les cheveux. Et surtout, ça n’en vaut pas la peine. Antonin n’aime pas s’étaler sur ses problèmes, conter le moindre souci à ceux qu’il tient en affection. Il préfère être le roc, l’épaule sur laquelle pleurer. Il préfère justement que ce soient les autres qui lui demandent de l’aide qu’il désire offrir systématiquement. Ne dis pas ça, voyons. Si on suit ta logique, tout le monde est une pièce rapportée. Tu fais partie de la famille, maintenant. Il essaie de garder le sourire, malgré le sujet fâcheux déjà abordé. Il serait presque tenté de discuter de ses propres préoccupations maintenant, afin d’éviter de s’embarquer dans cette route tortueuse où un accident pouvait facilement survenir. Mais je comprends qu’il ait voulu nous l’annoncer à tous en même temps. Fallait voir la réaction de tout le monde. Et si tu étais là, on se serait probablement doutés de quelque chose. Une cigarette. Ça faisait longtemps qu’il ne s’en était pas grillé une. Le besoin commence à se ressentir, fulgurant, démentiel. Ce n’est pas une addiction, mais bel et bien un stress tempétueux qui venait l’assaillir. Tout en haut des montagnes russes, et le manège n’allait pas tarder à descendre. La clope n’est qu’un moyen de se distraire, lorsqu’un looping se profile à l’horizon et qu’il allait se retrouver la tête en bas, dans le vide. Oui, je sais, il nous avait expliqué et… Puis il la voit. Il la voit parce qu’elle existe vraiment. Il la voit parce qu’il est un idiot de l’avoir ratée. Cette lueur de détresse. Familière, alors qu’il ne l’avait pas aperçue depuis longtemps. C’est celle qu’avait la jeune fille dans les couloirs du métro parisien. C’est celle qu’il pouvait discerner sans grande difficulté, en même temps que la méfiance et l’admiration dans chaque geste qu’elle exécutait. Tout lui revient en mémoire, ça lui explose à la figure comme une bombe dégoupillée qu’il avait oublié de lancer. C’est beaucoup plus facile à avaler tout à coup. Enfin, il comprend. Que ce n’est pas faute d’avoir tout essayé. Que ce n’est pas un choix irréfléchi fait à la va-vite. C’est qu’il n’y a pas le temps de penser à autre chose. Et que le fiasco n’était pas permis.

Elle ne pouvait pas se permettre de chercher une autre solution, c’est la première qui s’offre à elle qui est adoptée. Sefia est une naufragée. Le mariage est sa bouée de sauvetage. Peu importe si elle n’est pas bien jolie, si elle est à peine gonflée, si elle ne la protège pas du froid de l’eau, ou de la faim qui ne tarderait pas à venir. C’est son seul moyen, c’est ce à quoi elle s’accroche et qui lui permet de rester à la surface. C’est ce qui l’empêche de se noyer, tout simplement. Oui, je comprends. Et comme un château de cartes mal agencé, tout s’effondre. La résolution, les admonestations qui allaient franchir la barrière de ses lèvres. Tout s’envole, se diffuse dans l’air, quitte les lieux en brise silencieuse pour ne pas polluer la conversation et la bonne humeur. Et la requête le prend un peu de court, mais ne l’étonne pas tant que ça. La russe a beau être l’une des créatures les plus gentilles qui peuplent cette terre, elle ne se laissait pas approcher facilement. Et il sait qu’il était l’une des personnes les plus importantes pour elle. Il sait que si elle lui demande ça, peu importe si ce n’est qu’un mariage blanc, c’est que ça lui tient à cœur, qu’elle a vraiment envie qu’il soit témoin. Qu’elle a vraiment envie qu’il soit là, en tant qu’aide inconditionnelle. En tant que roc. Antonin, c’est la barque qui débarque de nulle part. Qui l’embarque, elle et sa bouée. Qui la sauve dans ce chaos entre les vagues et l’étendue infinie de sel et d’eau. Il sourit, de toutes ses dents. Il sourit, parce que ça pourrait peut-être la rendre plus heureuse qu’elle ne l’est, que ça pourrait la rassurer, la réconforter, la soulager. Il sourit en disant oui, autant avec ses yeux, sa bouche, les fossettes sur ses joues qu’avec sa voix. Bien sûr que je serai ton témoin, Sefia, la question ne se pose même pas.
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MessageSujet: Re: La sagesse commence dans l’émerveillement. ♦ Antonin 3/6/2017, 21:43



"Antonin & Séfia "

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Antonin était doux. Antonin était gentil. Mais Antonin mentait lorsqu’il disait qu’il allait très bien. Il fallait être aveugle ou idiot pour ne pas s’en rendre compte. Qu’est-ce qu’il pouvait se passer dans la vie de son ami pour qu’il refuse de lui dire la vérité ? Elle espérait simplement que ce ne soit pas grave. Du moins pas trop grave. Elle le laisse croire pendant un instant qu’elle croyait à son histoire de fatigue accumulée. Elle le connaissait bien Antonin et elle savait qu’elle devait d’abord parler d’autre chose avant d’attaquer directement sur ses problèmes à lui. Si il se sentait bien, si il était détendu, elle pourrait mieux le faire parler. Elle n’attaquait jamais franchement avec lui. Il valait mieux faire passer la pilule avec le mariage en premier. Et c’est ce qu’elle fait d’ailleurs. Elle s’excuse d’abord de ne pas l’avoir prévenu en premier. Elle lui dit qu’elle était une pièce rapportée dans cette famille parfois un peu bancale. Être une pièce rapportée n’était pas péjoratif chez Séfia. Comme le disait Antonin, on est tous une pièce rapportée de quelqu’un. A part bien sûr si on ne côtoie personne d’autre que sa famille. Mais la Russe préférait n’avoir personne dans sa vie plutôt que de repenser à sa famille de géniteur. Le fait qu’Antonin lui dise qu’elle faisait partie de la famille lui laisse une boule au fond de la gorge. Elle est toujours émue en entendant quelqu’un lui dire ça. Parce qu’elle savait qu’ils le pensaient vraiment. « Et vous faites tous partie de la mienne aussi c’est évident. » La voix rauque de Séfia prouve une seule chose. Que ses émotions jouent au yoyo au fond d’elle et qu’elle est touchée par l’acceptation de son ami. Le fait qu’elle parle de famille avec Antonin peut paraître bizarre pour une femme qui n’avait aucune racine en arrivant en France et qui n’en voulait pas mais aujourd’hui elle ne souhaitait pas vivre sans. Déracinée depuis bien trop longtemps aujourd’hui elle réapprenait à vivre en communauté. Il lui parle de la soirée qu’ils avaient passée ensemble et de l’annonce surprenante d’Emeryck. Un sourire amusé s’accroche à ses lèvres. Effectivement elle imagine bien la réaction des uns et des autres. « J’imagine la réaction des autres oui. Ça devait être drôle à voir en fait. » Ou peut-être pas finalement. Elle était quasiment sûre que ses amis avaient chambré Em’ toute la soirée avec ça, avec leur relation et avec la corde qui pendait bientôt au cou de leurs deux amis. Elle essaie de prendre ça à la légère mais elle était quand même inquiète de la réaction du crew vis-à-vis de cette solution plutôt irréfléchi.

Aucun des deux n’avait eu dans l’idée d’y penser, d’y réfléchir, Em’ avait opté pour le mariage et Séfia avait accepté. Parce que c’était lui. Rien que pour ça. Autant dire que si ça avait été le premier venu à lui demander elle n’aurait pas voulu d’un mariage. Blanc ou pas. « Je sais que je pourrais repartir ailleurs qu’en France. C’est juste. Je ne peux pas le faire. » Je ne peux pas le quitter, lui. Je ne peux pas vous quitter vous. C’est exactement ce que Séfia avait envie de dire à Antonin mais ça serait difficile pour lui de comprendre ça. Parce que, qui comprendrait réellement la relation qu’elle entretenait avec Em’ ? Elle-même ne la comprenait pas toujours. Mais elle n’arrivait pas à se détacher du tatoué. Elle n’arrivait pas à partir de Paris alors qu’elle serait surement mieux loin d’ici. Plus elle attendait. Plus elle risquait de se faire retrouver par son passé. Elle risquait de se mettre en danger mais aussi de les mettre en danger eux. Mais son cœur lui ? Il l’empêchait de partir. Ce traitre s’était lié avec des gens et comme accroché par des liens invisibles Séfia ne pouvait se défaire de ça. Du moins pas sans laisser un morceau d’elle dans la bataille. Alors elle lui demande, elle lui demande de comprendre, elle lui demande d’accepter sa proposition, timidement, doucement, elle voudrait qu’il accepte d’être son témoin, parce que c’était important pour elle. « Merci Antonin. Ça compte beaucoup pour moi que tu sois là toi aussi. » Et son sourire remonte totalement. Elle boit une gorgée de sa bière. Ses épaules se détendent enfin, elle n’avait même pas remarqué jusqu’à cet instant précis à quel point elle était tendue. « Tu n’approuves pas ce mariage hein… Je ne le prendrais pas mal si c’est le cas. » Et c’était vrai, elle comprendrait, elle l’écouterait lui dire pourquoi s’était une mauvaise idée. Pourquoi ils devraient y réfléchir plus longtemps. Pourquoi ils devaient chercher une autre solution. Parce que la vérité c’est qu’elle savait Séfia qu’ils n’en sortiront pas indemnes de cette histoire. Séfia dépose sa bière sur la table et relâche le crayon qu’elle avait dans les mains, et croise ses doigts entre eux, regardant bien en face son ami et redevenant soudainement sérieuse. « Bon. Maintenant que l’histoire du mariage est réglée, Antonin, dis-moi comment tu vas et je veux de la sincérité. » Séfia mettre les pieds dans le plat ? Non ce n'était pas du tout son genre voyons. Mais elle refusait de laisser un ami avec ses problèmes, avec ses soucis enfouis en lui. Si réellement Antonin ne voulait rien lui dire, elle n’insisterait pas, elle ne creuserait pas, mais elle se devait d’essayer au moins. Simplement pour qu’il s’apaise un peu. Parce que si elle avait besoin de s’épancher, elle le ferait, elle.

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