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the walls are cracking, our hearts are falling (astrid).

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j'adore de dior

JE RESSEMBLE À : adrien sahores.

CRÉDITS : ma queen bilal (avatars, signature, kebab salade tomates oignons, bref, tout). ♡

PSEUDO : manon, flightless bird.


MessageSujet: the walls are cracking, our hearts are falling (astrid). 19/5/2017, 17:10

the walls are cracking, our hearts are falling.
- astrid.

les jours filent, défilent sans que tad n’ait d’emprise sur ce temps qui s’écoule, temps qui lui échappe entre ses doigts impuissants. des jours de torture mentale infligée à son esprit étouffé par les souvenirs qui affluent sans cesse, s’accrochant aux parois de son cerveau sans jamais lui laisser une seconde de répit. jeune héritier au présent pourtant amer, persuadé de n’avoir que l’avenir dans son viseur, mais vite, trop vite rattrapé par les regrets du passé, monstres de culpabilité qui rongent les journées sans saveur, les nuits sans étoiles. l’âme est malmenée, depuis que son nom est réapparu d’entre les abysses de l’amertume et des remords. sentiments douloureux que l’on pensait enfouis pour le restant de ses jours, démons pourtant incrustés dans la chair qui ne demandent qu’à être rappelés au milieu du désordre de son esprit. astrid. l’écho qui vogue au gré de ses rêves nocturnes depuis quelques jours, mélodie bancale dont il est impossible de se défaire complètement depuis que tad a appris son retour. impossible de se détacher de cette complainte tambourinant à ses tympans lui crachant au visage toute cette lâcheté désobligeante dont il a pu faire preuve et qu’il a cherché à enterrer pour avancer et rentrer dans les rangs. se persuader que toute chose reprendrait leur place initiale dans le cours de sa vie et que tout redeviendrait comme avant. se persuader qu’il continuerait d’évoluer dans un monde parsemé de mensonges, obscur tunnel aux illusions dorées et aux frontières floues de ce qui est acceptable ou ne l’est plus. monde aux ambitions et finalités entachées et sur lequel il tente tant bien que mal de fermer les yeux depuis. sans succès. parce que les gens partent, mais les souvenirs restent, tad. ils s’aggrippent, te heurtent de plein fouet quand enfin tu crois t’en être détourné. et tel un automate spectateur de sa propre vie perdu dans les méandres des ecchymoses du passé, des mémoires esquintées, tad boutonne mécaniquement sa chemise noire devant le miroir. les opales sombres plongées dans le vide de son pâle reflet, tad est tiraillé, déchiré, bouffé par les milles et une questions qui peuplent les paysages de son imagination. sortir d’ici ou rester enfermé. se confronter au passé ou choisir de l’ignorer. réalité ou fantôme. lâcheté ou courage. respiration saccadée qui déchire le silence du penthouse, ses muscles sont endoloris, ses mouvements lents, comme pour retarder l’échéance. comme pour se laisser le temps à l’ultime réflexion. parce qu’il sait tad. il sait qu’en dehors des ultimatums lancés à soi-même, faire une apparition à l’enterrement du père de la brune serait vu comme un affront, comme un foutage de gueule sans nom auquel astrid ne s’attendait certainement pas, au milieu de flot de tristesse sans nom. alors tad inspire. tad expire. tad choisit d’ignorer pourtant ces voix qui lui crient silencieusement de se retenir. de ne pas partir. mais tad prend la décision sans se retourner et se rend au cimetière le visage éteint, les traits tirés de celui qui n’espère plus rien. y a ce vestige de culpabilité trop vite retrouvé, sentiment d’erreur amer qu’il avait tant bien que mal réussi à faire taire et qui lui brûle de nouveau les entrailles aujourd’hui. vieille habitude contre laquelle jamais on ne désire se confronter à nouveau. et pourtant. la situation tourne, se retourne dans son cerveau comme prise au piège de ses propres désillusions, de ses propres troubles. esprit malmené de voir que tout lui échappe brusquement, qu’il n’a aucun contrôle sur les évènements futurs. et, arrivé à cette funeste destination, il lui faut un temps relativement long pour se convaincre de quitter le véhicule, se décider à fouler l’herbe verte encore humide sous un ciel aux nuages aussi gris que son palpitant contenu sous sa cage thoracique. à s’arracher aux relents d’erreurs qui empestent dans l’habitacle, faiblesses d’avoir aimé mais jamais assez donné. d’avoir trouvé la facilité dans l’abandon plutôt que l’affrontement. et quand enfin il trouve la force de se sauver de cette torpeur dans laquelle il était profondément plongé, tad s’extirpe de sa propre voiture et s’avance lentement, trop lentement probablement pour que ce soit suffisamment naturel, s’arrêtant à l’écart du cortège funèbre qui défile sous ses yeux néants en contrebas. et soudainement, elle est là. astrid. mirage empreint de réalité abrégeant les peines l’espace d’une seconde. cette infime seconde où il est bien incapable de détourner les yeux de sa silhouette gracieuse près du cercueil, reflet abrupt des cicatrices du passé. même à quelques mètres d’elle, il le perçoit ce parfum de chagrin qui flotte, accroché à son âme. et plus il se brûle les yeux à la regarder, plus il les voit ses fragments de souvenirs, fragments de poussière d’un temps révolu qui émane d’elle. l’air quitte les poumons, le myocarde rate un battement, et il s’immobilise un peu plus sans se décider à faire un pas de plus. parce qu’y a le monde entier qui semble s’effondrer. pour elle. pour eux. et lui, il bataille à nouveau sous les décombres.



alors on va danser,
faire semblant d’être heureux.
pour aller gentiment se coucher,
mais demain rien ira mieux.
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MessageSujet: Re: the walls are cracking, our hearts are falling (astrid). 14/6/2017, 14:57

the walls are cracking, our hearts are falling
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« Mon père est mort, et aujourd’hui il va être enterré. » Chaque mot t’heurte et te décroche un direct dans ton cœur, mais tu ne peux pas t’en empêcher, cette phrase hante tes pensées. Et tu as beau te la répéter à l’infini dans ta tête, ton cerveau refuse de l’imprimer. En toile de fond passe et repasse le film de tes souvenirs, et y a un bug dans la cassette, t’essayes de mettre sur pause, de dormir, de t’habiller, de converser mais t’es ailleurs, t’es avec lui, tu rattrapes les quatre dernières années de sa vie. Cinq heures du mat’, les yeux grands ouverts à fixer le plafond, tu vois son ombre dans celles que la lune dessine sur les murs de ta chambre, encore gribouillés de toutes tes œuvres auxquelles personne n’a osé toucher. T’es bloquée dans un entre-temps, tu te redécouvres adolescente dévouée, à tenter de maintenir tout à bout de bras, mais tu n’es pas aussi forte que tu le voudrais, et c’est trop tard de toute façon, les brèches se sont déjà déchirées, tout s’est déjà écroulé. Et toi, tu n’étais pas là.
Tu te sens lâche, égoïste, anéantie. T’as fui, t’es partie, tu les as laissés. Tu l’as laissé. Tu le vois dans la glace en enfilant ta robe noire, tu le vois dans le regard de ta mère quand ses yeux daignent se poser sur toi. Y a une petite Astrid qui hurle, qui se débat en toi, qui leur crie qu’elle a toujours tout fait, qu’elle leur a tout donné, qu’elle n’en pouvait plus, qu’il fallait qu’elle prenne du temps pour elle, pour toi, pour ne pas imploser. Mais du silence de l’appartement au recueillement pesant dans le petit cimetière du douzième, rien ne te sort de ta torpeur, et tous les membres de ta famille semblent touchés par le même mutisme dans lequel tu es plongée.
« Mon père est mort, et je ne le reverrais jamais. » Le cercueil est descendu lentement dans l’emplacement qui lui a été creusé, et tu jettes une rose sur le couvercle fermé, sur laquelle tu avais déposé un dernier baiser, teinté de regrets. Les larmes toquent à tes paupières, mais tu te refuses à pleurer, tu ne veux pas montrer que tu es faible, tu ne veux pas qu’on puisse te dire que tu l’as en partie mérité, que tu l’as délaissé. Devant la tombe pas encore recouverte, tu tentes de rester digne aux côtés de tes trois frères, et alors que tu fais tout ton possible pour ne pas craquer, tu sens la main de ton frère ainé chercher la tienne, agripper tes doigts, les serrer avec toute l’intensité de cette peine que vous partagez. Tu laisses doucement ton corps se reposer contre le sien, et vous restez silencieux, même si tu comprends qu’implicitement il te remercie d’être revenue, d’avoir réagi à son message, de reprendre ta place avant que tout ne soit réellement effondré. Une larme finit par voir le jour, que tu essuies rapidement de ta main libre, tu enterres ta liberté avec le cercueil de ton père, aujourd'hui tu enterres ton enfance, ton insouciance, et des milliers de regrets.
Une fois la cérémonie terminée, un flot de visages du passé défile devant ta famille et toi, des oncles, des collègues, des amis, de la famille au troisième degré. Tu as l’impression de n’être jamais vraiment partie, que le temps n’a finalement rien changé, et tu étouffes, tu as besoin d’air, tu t’excuses et tu finis par prendre congé. Tu t’éloignes de quelques pas, t’appuies sur un arbre pour reprendre ton souffle, rassembler tes idées, te préparer à retourner les affronter. Mais un bruissement te fait tourner la tête, et le dernier visage auquel tu t’attendais à faire face aujourd’hui se trouve à quelques mètres de toi. Tad. T’hésites à te pincer, tu te demandes un instant s’il est bien réel ou si tu n’es pas en train d’halluciner ou de faire un malaise, un contre-coup de l’épreuve que tu viens d’endurer. Mais c’est bien lui, et c’est bien son visage qui te parait si différent et pourtant toujours aussi familier après quatre ans. Tu restes silencieuse quelques secondes, hésitant à lui mettre une baffe monumentale ou à juste prendre les jambes à ton cou et t'enfuir comme une dératée. Tu te redresses finalement et lui dit avec un ton encore plus sec que ce que tu avais escompté : « Tu n’es pas le bienvenu ici. » Plus les secondes passent et plus tu sens ton sang bouillir intérieurement. Après tout ce qu'il s'était passé, quel culot pour lui d'oser se pointer.

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by Wiise
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