Partagez|

bravado, romane.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
black opium de ysl

JE RESSEMBLE À : david prat.

CRÉDITS : flightless bird (avatar), tumblr.

PSEUDO : manon.


MessageSujet: bravado, romane. 2/6/2017, 21:54

cause you bled in vain.
- romane.

les cliquetis des outils contre les monstres de fer entassés dans le garage emplissent l’air ambiant, déchirent le silence orageux flottant sous le manteau épais de la nuit qui dévore peu à peu la ville lumière. journée qui s’échappe emportant avec elle les dernières lueurs faiblardes du soleil, laissant l’obscurité noircir les ventricules des âmes errantes. les astres coincés au fond des pupilles, les aiguilles entament leur valse rythmée emprisonnées dans le cadran et le temps défile sous les yeux impuissants de camille. le haut du corps englouti sous le capot d’une vieille chevrolet, le moteur lui résiste sous ses doigts tatoués de cambouis qu’il essuie nonchalamment contre le tissu autrefois immaculé de son t-shirt, les manches de sa blouse de travail nouée autour de sa taille. les mains déjà usées par une vie consumée s’affairent à redonner vie à l’impossible, l’esprit pourtant ailleurs ce soir, les pensées qui s’entrelacent dans l’océan de souvenirs dans lequel il se noie si rarement. voire pratiquement jamais. la présence de romane à quelques mètres de lui perturbe cette concentration qui lacère son cerveau, le fait parfois recommencer une seconde fois ce qu’il s’était entrepris d’accomplir. y a cette atmosphère lourde qui occupe la pièce, le silence qui étouffe les regards furtifs coulés sur l’autre sans qu’aucun d’entre eux ne brise le mutisme duquel ils s’étaient fait prisonniers. y a plus qu’eux, qui se confrontent ce soir à la noirceur de la voûte céleste trouée par la clarté lunaire, enfermés dans l’entrepôt. solitude à deux, exil de deux âmes autrefois entremêlées dont les souvenirs tatoués à l’encre invisible peinent à s’effacer malgré tout. et de ces bribes du passé, ils n’en restent aujourd’hui que deux inconnus dont les chemins se sont recroisés il y a quelques semaines à peine sans le vouloir véritablement. nouvelles visions d’instants fugaces d’un duo éphémère qu’ils avaient autrefois formé, que camille s’est entêté à briser comme il fallait. l’inconscience d’un gamin des rues à l’époque incapable de conjuguer sa vie au pluriel, incapable de s’engager sur la durée. y a jamais vraiment eu de culpabilité, y a jamais eu de réelle prise de conscience suite au départ de romane. parce que camille, il s’encombre pas de ces conneries appelées sentiments qui pourraient faire palpiter le myocarde. y avait juste eu cette envie de vouloir avancer en laissant le reste sur le bas-côté, continuer de vivre comme si demain pouvait être le dernier jour de sa triste vie. mais depuis que romane a refait irruption dans sa vie, il la sent cette minuscule pointe qui prend son esprit en traitre, cette minuscule parcelle de sa cervelle qui fait des siennes, lui joue des tours en lui imposant les derniers vestiges de souvenirs du sourire de romane. quand elle daignait lui offrir, à l’époque. aujourd’hui pourtant elle ne sourit plus. en tout cas plus à lui. depuis que camille a intégré le garage de son frère, elle ne montre les dents que pour le faire fuir, le pousser à garder ses distances. elle l’évite quand elle le peut, il le sait. s’arrange pour que leurs horaires ne correspondent que peu. et le guérin aux habitudes fâcheuses, si peu enclin à garder le silence avait pourtant décidé jusque-là de fermer sa grande bouche sous les regards noirs qu’elle lui avait adressé quand ils avaient le malheur de se croiser. mais ce soir c’était différent. romane n’avait pu se soustraire à l’emploi du temps qui les réunissait tous les deux au même endroit et elle se trouvait là, à quelques mètres de lui, murmurant à l’oreille des moteurs vrombissants. oui ce soir, c’était différent. le gamin des rues, oppressé par ce requiem assonant provoqué par le silence, à deux doigts de l’énervement face à l’indifférence de la brune, s’agitait, retenant les mots qui menaçaient de se faire la malle et de rouler sous sa langue. et puis, arrivé à bout des milles et une raisons qui le tenaient prisonnier de cette aphasie, l’impulsivité reprend ses droits sur le gamin. et sous les coups d’une pulsion mordante qu’il ne peut réprimer, il jette mollement sur romane un chiffon noirci qui trainait là pour attirer son attention. « tu souriais plus avant. » épaules qui se haussent légèrement, prunelles qui s’accrochent rien qu’un instant sur la silhouette harmonieuse de la thuault, avant de feigner se concentrer de nouveau sur la voiture qu’il tentait de réparer. parce que camille il sait faire que ça, provoquer. parce que c’est sa seule manière de communiquer, sa seule manière de remplacer un malaise par un autre. parce que la forcer à contre attaquer c’est la pousser à sortir du mutisme, à lui accorder cette importance oubliée. parce que camille il est égoïste, à pas vouloir la laisser oublier.



FLIRTING WITH DISASTER.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
eden de cacharel

JE RESSEMBLE À : lagarce.

CRÉDITS : av@rhumanesque si@mine +tumblr

PSEUDO : NO NAME.


MessageSujet: Re: bravado, romane. 3/6/2017, 18:01

is it enough?
- camille.

encore une idée brillante de son frangin, encore une idée brillante parce qu'il veut faire briller son garage; cet héritage qu'il veut florissant. la demoiselle, elle peut comprendre; elle sait à quel point c'est difficile et à quel point l'aîné à travailler pour y arriver. Ils ont rapidement dû se rendre à l'évidence qu'ils ne pouvaient pas gérer uniquement à deux; qu'ils allaient devoir compter sur une autre personne, apprendre à délaisser. Parmi toutes les personnes compétentes et existantes sur terre; il a fallut qu'il l'engage lui. sur le coup, véritable tempête pour elle; elle n'était pas prête à ça, pas préparer pour devoir le côtoyer de façon régulière. trop de rancoeur encore qui l'habite, qui la consume lorsqu'elle glisse ses grands yeux de braise contre sa silhouette; non, elle était loin d'être prête. cependant, elle a dû se résoudre à accepter; de toute façon ce n'est pas elle le patron des lieux, elle doit se plier aux désirs de son frère. évidemment, elle n'a pas manquée de manifester son mécontentement, mais en même temps son frère ne peut pas comprendre, son frère n'a aucune idée qu'il a engagé le mec qui fut pendant plusieurs semaines; la raison des larmes de sa petite soeur. qu'il a été la cause de ces soirées à tenter de la rassurer et de la réconforter. il ne sait pas tout ça, sinon il est clair qu'il ne l'aurait pas engagé et il lui aurait probablement démoli le portrait en bonus. romane, elle a décidée de fermer sa gueule sur cette histoire; elle s'est concentrée sur les intérêts de la business et sur ce besoin urgent de trouver une personne compétente. malgré le fait qu'il soit à ces yeux le pire des connards; elle doit avouer qu'il est doué avec les voitures, extrêmement compétent, minutieux et acharné; un atout majeur pour la petite compagnie qui ne cesse de s'accroître. romane, elle planifie cependant; elle organise son horaire pour ne pas avoir à le croiser, elle prend soin de ne pas être sur les mêmes heures de travail que lui, et quand elle le croise y'a cette tension dans l'air et les couteaux dans ses yeux. elle a terriblement eu mal romane, l'une des plus grandes douleurs de sa vie; de sa jeune vie. animal sauvage à la base, elle s'était jurée de ne jamais aimer. elle se répétait sans cesse que l'amour c'était pour les cons, les faibles, mais lorsqu'elle la croisée; sa vision a radicalement changée. il l'avait prévenu dès le départ; elle lui avait dit qu'il n'avait pas à s'inquiéter, qu'elle ne s'attachait pas de toute façon et voilà qu'elle est tombée dans le piège comme une débutante. elle aurait tout donner s'il lui avait demandé, elle a déposée son coeur directement sur la table; puis, il a pris la fuite et lui a bousiller par la même occasion. ce soir, elle n'a pas pu éviter l'inévitable ils sont obligés de travailler ensemble, de partager le même espace, de respirer le même air. silence radio, uniquement le bruit des outils qui témoignent d'un travail acharné. regard rivé sur son ouvrage, la belle brune pourrait passer des heures et des heures ici; sans jamais se lasser. c'est son monde, son repaire, l'endroit où elle se sent le mieux du moins habituellement. là, elle n'est pas au meilleur de sa forme; elle a cette rage au fond du ventre, au fond du coeur. elle essaie de l'évacuer par l'entremise de son ouvrage, mais le fait de le sentir à quelques pas d'elle, est extrêmement difficile plus difficile qu'elle aurait pu l'imaginer. femme forte, femme indépendante, femme intouchable avec ses airs insensibles; elle a l'impression que si elle ose croiser son regard tout ça pourrait s'effondrer. elle doit terminer son ouvrage et partir d'ici, se sauver comme une voleuse c'est la seule option possible qu'elle a réussie à trouver. doigts frêles, doigts de fée, le corps cambré légèrement vers l'avant, outre le bruit des outils en fond sonore; il a uniquement le bruit de sa respiration qu'elle peut entendre. mains tâchés par le cambouis, rien de bien séduisant. tignasse remontée en un chignon simpliste, vêtue de sa fameuse combinaison de travail; romane dans son état naturel.

soudainement, une tentative d'approche semble tenté. la jeune femme reçoit un chiffon noirci qui l'heurte doucement pour tomber au sol, puis y'a ces paroles qui accompagnent le geste; « tu souriais plus avant. » ouais, ça c'était avant. c'est vrai qu'elle souriait plus la gamine; parce qu'il la faisait sourire, rendait la vie plus belle et légère; bon c'était loin d'être rose et le conte de fée à perpétuité, mais c'était eux et c'était beau malgré tout. prunelles qui ne se relèvent pas, elle n'ose pas; bien qu'elle est la sensation qu'il ait posé son regard sur elle. «tu parlais moins avant...» qu'elle articule, le visage collé sur son ouvrage; parole soufflée pour elle-même, parole à peine audible. en même temps, ses paroles sont pas entièrement vraies; guérin ne s'est jamais privé de dire ce qu'il avait à dire, mais dans ces souvenirs les plus précieux qu'elle garde en mémoire, c'était ces moments où ils étaient ensemble, mais où ils n'avaient pas besoin de gros discours pour se comprendre; où souvent le silence suffisait. romane n'a jamais été douée avec les mots, les mots tendres et amoureux comme la petite-amie parfaite; celle que l'on voit dans les films qui déballe ce monologue à l'homme qu'elle aime sans se priver. romane, elle n'a jamais réussie ce genre de chose elle préférait laisser son corps prendre la parole, pour elle le meilleur moyen de communication. doucement, la demoiselle s'empare du chiffon à ses côtés et tente de trouver une zone pas trop noircie pour enlever le surplus de cambouis sur ses mains. puis, elle continue sa besogne; mouvements précis, mouvements qu'elle doit parfois recommencer parce qu'elle n'est pas entièrement concentrée. elle se redresse et voilà le moment de vérité; elle se dirige vers la voiture et entre à l'intérieur faisant tourner la clé dans le contact dans l'espoir que le moteur se mette à gronder comme s'il était dans ses jeunes années. moteur qui tourne dans le vide, deuxième tentative, troisième tentative, une grimace qui déforme son visage; l'orgueil qui embarque parce qu'elle n'est pas seule et elle sait qu'il pourrait dire un commentaire. Elle sort du véhicule et claque la porte; bruit sourd qui résonne dans les lieux vides. impatience, agacement, la belle brune y retourne se disant qu'elle y passera la nuit s'il le faut.



un coeur de goudron.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

bravado, romane.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Aubépine offre des poésies à ceux qui les aiment
» shayane eloá dos reis ๑ nina agdal.
» Guy filip,le Miami Herald fait des revelations
» TRIS MASAE ATHENA LEVY-BARRETT ► brittany snow
» A. Romane Burns ♦ Sometimes the best revenge, is a simple smile.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LA VIE EN ROSE ::  :: 18ème arrondissement, butte-montmartre-