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(verdier) toi et moi.

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n°5 de chanel

JE RESSEMBLE À : roden.

CRÉDITS : blue comet & tumblr & bat'phanie & lonewolf.

PSEUDO : b_bulle (mel).


MessageSujet: (verdier) toi et moi. 18/6/2017, 21:36


icons by morphine & little liars


la douleur. l'intensité de l'impact. tu y penses encore, toujours. tes paupières qui se ferment et tu revois l'instant qui a brisé ta carrière, peu importe ce qu'elle aurait pu être. même après deux mois, t'arrives pas à t'y faire. mais tu ne dis jamais rien, toi. t'as pas besoin qu'on s'inquiète pour toi. enfin, si. mais tu ne veux pas le dire trop fort. parce qu'ils prennent tous soin de toi, ils le font si bien que t'as pas envie de les envoyer chier. t'as pas envie de les repousser alors que tu leur as fait si peur. t'as pas envie de les perdre parce que t'as besoin de solitude, t'as besoin de te retrouver seule avec toi même, t'as même besoin de pleurer parfois. tu le fais quand t'es sûre que personne ne risque de te déranger. autant dire que ce n'est pas souvent. tes nuits sont rythmées par les cauchemars d'un accident qui n'est rien d'autre que de ta faute. tes journées ne sont que le miroir brisé de ta vie que tu as causé, aussi involontaire fut l'acte. décharge électrique dans ce qu'il te reste de ta jambe droite. douleur lancinante, celle qui vient et ne repart jamais. douleur sauvage, celle qui pique, qui tire et qui donne mal au crâne. de la main, tu cherches, sans prendre la peine de regarder, la boite de calmants qui traîne sur ta table de chevet. cachets libérateurs, comme si la douleur pouvait s'estomper peu à peu. comme si cela pouvait changer quelque chose à ton état physique. mais toi, toi t'arrives enfin à fermer les yeux. y a que le son de ta respiration qui résonne dans le silence de ta chambre. et puis, lentement, tu finis par te laisser aller dans les bras de morphée. la dernière fois que tu as regardé l'heure, il était trois heures du matin. t'as eu l'impression d'avoir fermé les yeux pendant cinq minutes à peine. réveillée par la douleur du membre que tu n'as plus, comme s'il était toujours là mais si mal en point que tu peux encore le sentir. dents serrées, palpitant qui déraille, souffle court. y a ta bouche qui s'ouvre mais aucun son n'en sort. surtout, ne pas alerter les autres de ce que tu ressens. parce que toi, tu gardes la tête haute, tu ris, tu te fous de ta condition. pour que les autres ne s'inquiètent pas. pour que les autres ne souffrent pas avec toi. pour que les autres pensent que tu avances malgré tout. t'attires suffisamment la pitié comme ça, pas la peine d'en rajouter avec tes cris et autres plaintes. les poings serrés, tes ongles qui se plantent dans tes paumes pour concentrer la douleur ailleurs. tes yeux qui se ferme et ta concentration qui se porte sur ta respiration. t'as bien dû rester dix minutes comme ça avant que tu n'arrives à retrouver un semblant de rythme cardiaque régulier. t'as cherché ton téléphone afin de regarder l'heure. sept heures et dix-neuf minutes. tu pousses un long soupire. il est trop tôt. beaucoup trop tôt. et toi, t'es en pleine forme, comme si t'avais dormi une bonne dizaine d'heures. enfin, en pleine forme, tout est relatif. faut que tu t'occupes, toi. mais, en même temps, t'as pas envie de mettre le pied en dehors de ta chambre. et puis, c'est trop tôt. enfin, tu crois. alors t'as eu cette idée totalement idiote de vouloir changer ta chambre de sens. y a un truc qui débloque dans ton cerveau, comme si t'avais la capacité de le faire. et pourtant, t'es bel et bien décidée à remettre de l'ordre dans ton espace vital. bon, déjà, pour commencer, faudrait que t'arrives à te lever de ton lit sans te casser la gueule. premier challenge de taille. tu t'en sors mieux qu'au début parce que t'es une dégourdie toi. mais c'est pas encore ça. ton corps se déplace jusqu'au bord de ton lit, ton unique jambe repose à présent sur le sol. nouveau soupir de ta part alors que tes yeux dévisagent le vide à la place de ta seconde jambe. sensation étrange de manque. tu balaies tes idées noires du revers de la main et tu tentes de te lever, en prenant appuie sur tes mains. tu te concentres, tu souffles lentement mais tu retombes bien vite le cul sur tes draps. c'est pas gagné cette affaire. changement de plan. tant qu'à être ridicule, autant que tu le sois pleinement. tu te laisses glisser sur le sol, tout en douceur. ou presque. t'embarques ton téléphone dans ta descente. bruit sourd mais t'as connu pire. tu patientes quelques instants mais tu n'entends rien. pas un mouvement, pas un bruit à l'horizon. soulagement de courte durée pourtant parce qu'il faut que tu te mettes en quête de la première chose à déplacer. assise, ça va être compliqué mais tu te persuades que tu peux y arriver. illusion évidente mais au moins tu auras essayé. tes déplacements en fauteuil roulant t'ont permis de développer les muscles de tes bras, ça ne devrait pas être si difficile que ça. dans ta connerie, tu rampes jusqu'à ton bureau, tel un soldat en plein exercice. situation hilarante de l'extérieur mais toi, pourtant, tu prends ça très à cœur. y a ce petit meuble, tout ridicule, dans lequel sont rangés tes cours. lui, il a plus sa place à cet endroit et tu comptes bien l'emmener à l'autre bout de la pièce. tes dents qui viennent attraper le bout de ta langue alors que tu réfléchis scrupuleusement à la façon de procéder. sauf que tu ne réfléchis pas assez longtemps et que tu entames ton périple. sept heures et quarante-deux minutes. c'est l'heure à laquelle le classeur, qui se trouvait sur le meuble et que tu n'as pas jugé bon de retirer, s'écrase sur le sol, entraînant dans sa chute les quelques livres cachés en dessous. vacarme pas si inattendu que ça, t'as tout pris sur la gueule et tu imploses. fais chier putain. juron qui glisse entre tes dents serrées. t'as l'air fine toi, tiens, en mini-short et débardeur, assise sur le sol de ta chambre, face à ce maudit meuble. et là, tu pries pour que personne n'ai entendu le bordel que tu as foutu. tu rêves ma pauvre maribelle, tu rêves.


suffocation
when you shoot across the sky like a broken arrow, it's all i've got. when you hit the ground, it's hard to get to heaven when your falling hell bound. ▬ broken arrow + the script.
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