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(éléa) hospital for souls

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black opium de ysl

JE RESSEMBLE À : cole mohr.

CRÉDITS : riskin pour l'avatar et anaëlle pour la signature.

PSEUDO : raph.


MessageSujet: (éléa) hospital for souls 22/6/2017, 20:36

Putain d'soleil. T'ouvres difficilement les yeux. T'as une migraine d'enfer, p'têtre même la gueule de bois. Tu sais plus trop c'que t'as fait hier soir. Un mélange d'alcool et d'pétards. Et comme d'habitude, la solitude te revient en pleine tronche. Un putain de boomerang lancé à pleine vitesse. Tu dis rien, t'encaisses. T'es allongé sur l'canapé, une bouteille de vodka à moitié vide sur l'sol, y'a des mégots un peu partout, c'est un vrai bordel ici. T'as l'impression d'planer encore un peu, ou alors c'juste ton état normal. Tu donnerais tout pour oublier cette culpabilité à la con qui t'ronges depuis des années. Alors tu noies ça dans l'travail acharné, la consommation abusive d'alcool et de stupéfiants. Parfois tu t'surprends à penser que tu ferais mieux d'prendre deux boites de médocs, trois shots de vodka, histoire de plus jamais avoir à t'réveiller. Histoire de plus affronter cette réalité à la con qui t'bouffes jours après jours. Mais t'en as jamais eu les couilles. T'es un lâche, tu fois quand ça d'vient trop compliqué à gérer. T'as pas d'courage, ni même de hargne. Tu t'fonds juste dans la masse,  t'attends qu'le temps passe. Puis, y'a elle. Tu t'vois pas lui faire ça. A bien y réfléchir, y'a que quand elle est à tes côtés que tu t'sens un peu moins pitoyable. T'irais pas jusqu'à dire que t'es un gars bien à son contact mais au moins, tu fais pas semblant.
Tu finis par te redresser, ton corps suit pas trop mais tu t'forces. T'as envie de dégueuler mais tu t'retiens, va pas tâcher l'tapis, tu risques de pas savoir où dormir ce soir. Ton pote est sans doute partit bosser, toi t'es là à glander. Tu travailles que l'soir, c'est là qu'il y a plus de clients. Dit comme ça, on dirait que tu fais l'tapin. Mais t'es pas désespérée à c'point là. Tu trouves un joint à peine entamé et tu l'allumes. C'pas que t'es en manque, c'juste que t'en as besoin. Ca rend la vie plus douce, plus simple à supporter. On dirait que t'es à moitié mort. Et ce serait pas faux d'le penser. Tu tires une latte sur ta sèche avant de t'lever. Tu t'prends les pieds dans des canettes vides, tu gueules un coup avant d'tomber nez à nez avec le miroir de la salle d'bain. Regarde-toi, regarde le putain de déchet que t'es devenu. Tu t'détestes. Sur un coup d'nerfs, tu frappes l'miroir de ton poing déjà bien abîmé par la précédente soirée. Tu donnerais tout pour pouvoir pleurer. Chialer un coup, oublier. Tu penses à ta mère et tu t'dis qu'elle est p'têtre mieux là où elle est. T'espères qu'elle te voit pas, parce que putain elle aurait honte de toi. T'es la fierté de personne. Tu l'as jamais été. Tu serais plus humain, t'aurais peut-être déjà pleuré.
Le sang coule le long de ton poing, tu grimaces un peu. Tu nettoieras plus tard, c'pas comme si ta journée était bien chargée d'toute façon. Tu rinces la plaie, t'essaies d'en extraire le verre sans grand succès alors tu t'dis que ça tombera tout seul. T'es vraiment un putain de naïf. Ou un connard de drogué. Les deux, sans doute. Tu retourne dans l'salon et alors que tu t'laisses tomber sur le canapé, encore en caleçon, quelqu'un frappe à la porte. T'attends personne et ton pote bosse déjà d'puis quatre bonnes heures. Tu finis par te lever. T'es torse-nu, une barbe naissante, des épis plein les cheveux, un joint entre les doigts et la main fracassé. T'ouvres la porte, tu prends même pas la peine de vérifier l'identité d'la personne. Et c'est quand tu la vois que ton cœur s'arrête de battre un court instant. T'écrases ton joint sur le mur avant d'le dégager à l'autre bout d'la pièce. Tu veux pas l'enfumer. T'es dans un état pitoyable, t'as presque honte de la recevoir comme ça. L'appart est autant en bordel que ta vie. "Qu'est-ce que tu fous là?" Dit comme ça, c'est vachement agressif. T'es juste surpris. Tu t'rends compte de ta connerie et t'essaies de te rattraper comme tu peux. "Enfin, j'm'attendais pas à voir quelqu'un ce matin..." Il est déjà treize heures. Tu te racles la gorge et l'attire doucement vers toi pour la faire rentrer avant de fermer la porte derrière. T'as peur qu'elle s'en aille, qu'elle te laisse. "Si j'avais su que tu venais, j'aurais rangé un peu..." Et tu te serais arrangé, sans doute.
T'es là, torse-nu, la main en sang, la gueule de bois, à attendre qu'elle t'adresse la parole. Y'a un truc qui cloche. Elle est pas comme d'habitude. Tu l'vois bien qu'elle est mal, p'têtre même à deux doigts d'pleurer. Ça te fend le cœur. T'as envie d'la serrer dans tes bras et lui dire que tout ira mieux. Même si c'est qu'un mensonge à la con, t'as juste envie d'la rassurer. Putain, qu'est-ce qu'elle est belle.



BLESSED WITH A CURSE

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