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beau malheur. (lioba)

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black opium de ysl

JE RESSEMBLE À : l. hale.

CRÉDITS : lempika.

PSEUDO : marie.


MessageSujet: beau malheur. (lioba) 5/7/2017, 20:24

t'étais épuisée. même vidée. ta nuit de garde avait été bien rude. enfin comme toutes les autres au final. être étudiante en médecine n'a jamais été de tout repos, tu devrais le savoir. mais tu l'as voulu. tu peux pas reculer. oh que non. ta blouse sent encore l'odeur de l'hopital. enfin non. ta combinaison plutôt. parce qu'un très cher enfant avait fini par vomir du sang sur ta blouse. un vrai plaisir les chérubins. c'est comme ça aux urgences. ça va ça vient. ça va vite. trop vite. des fois tu ne suis pas. mais tu t'accroches. tu règles tout comme tu peux. comme avec une bassine et une combinaison de rechange. celles que tous les chirurgiens ont et qui te donnent des nausées. mais t'as pas eu le choix. t'avais le look parfait des séries américaines. celles que tu ne peux t'empêcher de regarder toutes les semaines. comme toute jeune adulte qui se respecte au final. parce que tu déroges pas la règle. t'es pas l'original qui chamboule tout. non. t'es toute lisse. tu fais comme les autres. comme la règle générale. c'est tout. t'y penses déjà à ça. parce que quand tu vas rentrer, tu vas surement t'effondrer sur ton canapé. tu te mettras un truc à la télévision. n'importe quoi. sans doute un truc à l'eau de rose qui passent tous les après midi. et tu finiras par t'endormir devant. c'est ton lot quotidien. surtout quand t'es de nuit. enfin. t'as connu des jours meilleurs. comme des pires. alors tu t'en contenteras. c'est pas la mer à boire au final. juste un autre jour qui se succède. c'est ce que tu te dis en posant tes écouteurs sur tes oreilles en sortant du métro. la musique elle te transporte tout de suite ailleurs. dans un autre monde. celui si coloré et mouvementé. elle te fait t'évanouir. réinvente la ville. parce que les paroles donnent un tout autre sens. plus jeune t'avais l'impression d'être dans une vidéo de clip. parce que ça fait imaginer. ça transporte. alors tu te laisses bercer. ça semble bien plus agréable. tu ne te sens plus seule sur ce long trajet. c'est comme si un ami te tenait la main. que ton coeur s'apaisait aux premières notes de musique. tu décides même de faire un petit détour. pour profiter de ce beau soleil. profiter de ce bel après midi. autour de toi les rues semblent assez calmes. les gens doivent travailler. ou bien être chez eux. peut être à cause de la chaleur. t'en sais trop rien au final. mais c'est agréable. les rues sont des labyrinthes vides. t'as souvent la tête dans les nuages. t'observes le ciel. les arbres aussi. et les fleurs. on pourrait te prendre pour une gamine. de celles qui semblent dans la lune. les innocentes et douces. mais tu t'en fiches; après tout t'es bien jeune. faut garder cette part si précieuse de soi. qui part des fois bien trop vite. toi tu la cultives. t'espères qu'elle ne te quittera jamais. vraiment ? tu décides de prendre une petite ruelle. elle devrait directement déboucher sur la grande rue où tu habites. enfin d'après tes calculs. parce que c'est vrai que certaines fois ton sens de l'orientation est au point mort. alors tu tentes. tu verras bien. c'est sur la voix puissante de bring me to life que tu t'engouffres dans cette ruelle. vide. elle l'était tout autant que les autres. toi tu fais pas tellement attention au final. tu marches un peu lentement. sans doute encore trop perchée comme à ton habitude. mais après quelques pas. c'est là que tu le remarques. un peu au loin. la tête baissée sur le caniveau. tu finis par ralentir encore plus ton pas. au final c'était pas tellement une bonne idée cette ruelle. qui sait qui pourrait traîner là-dedans. t'avais beau habitué l'une des plus belles villes du monde. la population pouvait parfois se révéler être la pire. t'en vois assez des cas aux urgences. entre les règlements de compte. les dealers. ou encore les femmes venues faire le tapin. tu ne les comptes plus. et encore t'en as encore une liste aussi longue que le bras. vaut mieux être prudente. t'avances doucement. un pas à la fois. t'as le réflexe de retirer tes écouteurs. au cas où. et c'est là où tu commences à comprendre. enfin tu crois. parce que l'intéresse relève sa tête; oh pas de grand chose. il est assez par terre. les jambes sur la route. heureusement que la circulation se fait rare ici. « est-ce que ça va ? » t'es prudente. parce qu'il a pas une position qu'on pourrait dire normale. ou du moins confortable. alors tu finis par arriver à sa hauteur. toujours sur une allure lente. et là il relève complètement la tête vers toi. tu te figes. pas qu'un peu. parce que tu le vois ce filet de sang qui dévale son visage. une vilaine blessure. un coup trop bien placé. tu sais pas trop quoi faire. mais quand ses yeux se pose sur toi. tu comprends. cet homme. ce visage. bien qu'amoché. tu le reconnais. il passait souvent à la colocation. quand les gars avaient envie de pizzas. c'était lui le coursier à la mobylette. celui à qui t'a jamais dit plus que deux phrases d'affilée. alors tu peux pas dire que tu le connaisses. tu l'as aperçu du moins. « mais qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? » c'est la première phrase qui te vient. surement pas la meilleure. mais c'est plus fort que toi. ça vient comme ça. et pis t'as surtout cette fibre en toi. celle qui te pousse à aider. à te tuer à la tache pour les autres. ton habit d’hôpital en est encore la preuve. t'es faite pour ça. que ça soit là-bas ou dans ta vie de tous les jours. ça va finir par te retomber dessus un jour. carrément même. « vous devriez aller à l'hopital. » phrase typique. de celles qui peuvent énerver. parce que le petit il a pas forcément envie d'y aller lui. après tout s'il était là à attendre c'est qu'il avait pas l'intention de s'y rendre. t'as pas vue de mec qui courrait en entrant ou tu ne savais quoi. alors dieu seul sait combien de temps il était là. tu finis alors par l'approcher encore. au moins tu peux toujours essayer. au moins. « laissez-moi au moins regarder. je suis étudiante en médecine. » tu finis par dire. une main prête à agir. après tout tu pouvais pas le laisser ainsi. pas dans cet état-là tout seul. t'aurais ça sur la conscience. et pis c'est pas toi. alors tu tentes un dernier ressort. peut être que ça va marcher au final. qui sait ? tu le regardes. t'inspires la douceur et la bonté. presque trop. ton regard est suppliant. rien qu'à la vue ses blessures sont assez moches. t'oses pas imaginer ce qui a pu se passer. est-ce lui ? est-ce un autre ? un règlement de compte ? une histoire futile qui a mal finie ? peut être était-il simplement un homme à qui les poings le démanger. tu ne le connaissais pas. seule la rue avait été témoin. et cette dernière resterait muette. alors t'en sais rien. et t'en sauras probablement jamais rien. mais ça t'intrigue un peu. tu peux pas le nier. alors t'attends. pendue à ses lèvres.
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