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paralyzed (matthellie)

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l'elixir de nina ricci

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MessageSujet: paralyzed (matthellie) Ven 29 Sep - 3:51

Tu erres dans les couloirs de l'hôpital, couloirs que t'as commencé à connaître un peu trop vite, un peu trop bien. Ellie, t'as aucune envie d'être ici, mais t'as pas le choix, ton frère est là, dans l'une de ces chambres, entre la vie et la mort et impossible de passer une journée sans venir lui rendre visite, parce que t'as toujours cette amer impression que ce sera la dernière fois et t'as pas envie. Non. Parce que tu n'as pas eu assez de temps avec lui, assez de souvenirs. T'as pas eu le temps de développer cette relation de fraternité si forte que rien ni personne ne pourrait égaler ce sentiment. Peut-être accaparait t-il toute l'attention de vos parents à l'époque, te faisant parfois tomber dans l'oublie, mais jamais tu ne lui en as voulu. Il avait besoin d'aide, d'être aider et t'étais trop égoïste à l'époque pour le comprendre réellement. Bouquet de fleurs en main, tu te diriges rapidement vers sa chambre en prenant soin de signaler ta présence à l’accueil. L’infirmière qui était en charge de son dossier commençait à bien te connaître et te laissait même parfois dépasser les heures de visite, tu lui en étais très reconnaissante pour ça, même si tu regrettes au fond que ce soit comme ça que tu rattrapes le temps perdu, écoulé. Déjà quelques semaines que tu es de retour et pourtant, t'as cette étrange impression d'avoir jamais réellement quittée cette ville et tous ses problèmes. « Merci, je vais pas rester longtemps. » Tu souris doucement, sincèrement et tu entres dans la chambre. T'as l'impression qu'il fait plus froid que d'habitude, tu soupires et réajuste la couverture sous la quelle il était. Comme s'il pouvait s'en rendre compte, mais toi, tu t'en souciais. Il a l'air paisible, serein, tu ne l'as jamais vu comme ça, lui qui avait toujours un sourire narquois au visage, les sourcils froncé et le visage rougit par la colère. T'as jamais compris pourquoi il avait tant de haine en lui, de rage, mais t'avais jamais cherché à comprendre non plus. Jusqu'à aujourd'hui. Assise près de lui, tu fermes les yeux en soupirant, ton front déposé sur l'une de ses mains, tu pries intérieurement qu'il se réveil, pour que tu puisses revoir son regard, qu'il voit que t'es là maintenant et que plus jamais tu le quitteras. C'est une promesse. « Je veux seulement que tu rentres à la maison.. » Sentant les épines du bouquet de fleur frôler tes cuisses nues sous ta robe, tu te relèves péniblement en essuyant tes larmes du revers de la main avant de sortir de la chambre, dans l'intention de demander un vase pour déposer ton bouquet. Le personnel commençait à en avoir l'habitude, presque tous les jours tu lui rendais visite avec un nouveau bouquet, alors t'es étonnée qu'ils en aient toujours pas préparé un de rechange dans la chambre, mais tant pis. Tandis que tu ouvrais la porte et que tu t'élançais rapidement à l'extérieur de sa chambre à la recherche d'une infirmière, tu percutas quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Ton bouquet tombe par terre alors que tu frottes ton front en grognant. Regardant les pétales éparpillées un peu partout sur le sol, tu t'empresses de les ramasser en regardant le gâchis. « Merde ! » Tu relèves tes iris vers la personne devant toi et c'est comme un choc instantané. Comme une bombe qui explose à tes pieds. Et ça fait des ravages, dans ton coeur, dans ton esprit. Tu peux pas y croire, tu veux pas. Matthieu. Ton Matthy. Enfin, de ce qu'il en restait. Ou du moins surnommé connard, depuis votre rupture. Tu déglutis et recule d'un pas, tu ne pouvais pas supporter de revoir ses prunelles fixer les tiennes, sentir son corps si près. C'était trop. Ton corps tremble, ton coeur manque quelques battements, tu frissonnes de la tête au pied. Tu lances un coup d’œil en direction de la chambre de ton frère avant de reporter ton attention sur lui, toujours les yeux rougis d'avoir pleuré quelques minutes plus tôt. « Qu'est-ce que tu fais là ? » Dis-tu en croisant les bras contre ta poitrine, essayant tant bien que mal de ne pas détourner le regard. T'avais longuement essayé de te convaincre avant ton retour, qu'il devait avoir quitté la ville, que jamais vos chemins se recroiseront, ou du moins, pas à Paris, mais le voilà, debout devant toi. T'as envie de le frapper, d'hurler, mais surtout de fuir, fuir ce regard qui t'as hanté si longtemps et qui te hante toujours aujourd'hui, même après des années, même si tu as toujours prétendue le contraire. T'as envie de fuir, mais t'es paralysée, Ellie.

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MessageSujet: Re: paralyzed (matthellie) Ven 29 Sep - 22:37


paralyzed 
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Tu n'es vraiment pas doué Matthieu alors pourquoi tu continues à vouloir faire à manger ? D’accord tu en as marre de manger des fast-food et de faire des pâtes pour ta sœur et toi mais un couteau dans une cuisine ? Sérieusement ? Il fallait t’en douter que l’accident arriverait. Tu t’es entaillé la main et si tu avais été seul tu aurais sûrement mit une bande dessus et c’était terminé. Mais il y avait beaucoup de sang. Beaucoup de sang pour une si petite coupure c’était affligeant. Alors tu es parti aux urgences. L’hôpital tu l’évites comme la peste. T’aimes pas ça du tout. T’as du mal à comprendre ceux qui y vont pour le plaisir d’y être. Tu tombes sur une infirmière mal aimable qui se fout littéralement de ta gueule quand tu lui expliques comment c’est arrivé. Les hommes aux fourneaux c’est une catastrophe. Pourquoi tu n'as pas demandé à ta mère ça aurait été plus judicieux ? Des phrases qui te lassèrent l’estomac sans que tu ne puisses l’éviter. Ton visage se referme immédiatement. T’aimes pas qu’on te dise quoi faire. T’aimes pas qu’on se foute de toi. Et tu aimes encore moins que l’on te parle de ta mère décédée. « De son cercueil ça va être difficile de me faire à manger ! » Ça a au moins le mérite de la faire arrêter de rire. Tu n’as pas été doux, bien au contraire, mais tu n’as aucun remord. Quand on ne connaît pas la situation familiale de quelqu’un on évite de parler trop vite. Elle n'était pas méchante au fond et tu le sais, elle est sûrement épuisée de son travail sous-payé mais ça ne lui donne pas le droit de juger ses patients. Le silence qui s’ensuit est pesant, t’as l’impression que l’air se gorge de gêne. Tu sens l’odeur de ton sang te vriller le crâne et tu regardes l’infirmière te coudre sans rien dire. Une fois qu’elle s’est chargée de toi elle t’explique ce que tu dois faire ou non avec ta main. Tu as jamais vraiment été doué pour écouter les consignes des autres mais tu hoches tout de même la tête pour approuver ce qu’elle te dit. Puis tu sors sans regarder devant toi, sans faire attention aux restes du monde, le nez dans ton téléphone pour envoyer un message à ta petite sœur. Et c’est là que quelqu’un te percute. Tu vois les fleurs s’éparpiller sur le sol et c’est là que tu l’entends. Sa voix. Tu ne l’as jamais oublié. Tu l’entends encore parfois te murmurer un je t’aime au creux de l’oreille. Ton cœur manque un battement. Au début il la cherchait. Il s’affolait lorsqu’il pensait la reconnaître au coin d’une rue. Lorsque tu sentais son parfum dans le cou d’une autre. Lorsque tu voyais les mêmes reflets dans le regard d’une autre. Ton cœur imaginait qu’elle était là, que c’était elle. Puis d’un seul coup il a compris. Il a compris que tu t’étais foutu de ce que lui pensait et que tu avais choisi de penser avec ta tête. Tu avais tous foutu en l’air. Tu le regrettes parfois. Parce que tu aurais aimé ne pas la blesser mais très vite tu te souviens que c’était pour son bien au fond. Que tu n’avais pas envie de lui imposer la vie qui allait t’attendre. Les batailles juridiques. Les galères de nourriture. L’appartement pourri. Tu ne voulais pas la voir évoluer dans cette vie-là. Tu voulais qu’elle soit heureuse sans toi. Alors tu t’es servi de ce que tu pouvais pour la blesser, pour la faire lâcher prise. Tu admires son regard, ses yeux rougis d’avoir trop pleuré et tu sens tes sourcils te froncer. Qui avait bien pu lui faire du mal pour qu’elle pleure de nouveau ? Qui jouait avec son cœur encore une fois pour qu’elle soit si mal ? Reste silencieuse Ellie. Ne dis rien. Tu sais que si elle reste muette tu pourras imaginer qu’elle n’est qu’un fantôme du passé. Un fantôme que tu regardes parfois quand tu penses à elle. Mais tu te refermes immédiatement lorsqu’elle ouvre la bouche. Oui Matthieu qu’est ce que tu fais là ? Pourquoi tu restes silencieux. Pourquoi tu restes immobile ? Puis ton cerveau se remet en marche et tu hausses les épaules comme si votre rencontre était sans importance. Comme si la revoir des années plus tard ne touchait pas du tout. « Je vis ici. » Trois mots. C’est tout ce que tu lui réponds. Trois mots c’est tout ce qu’elle mérite ? Bien sûr que non. Mais tu ne sais pas vraiment quoi lui dire. Tu ne sais pas vraiment quoi faire alors tu te baisses et attrapes la rose non loin de toi et tu lui tends. Geste qui te renvoie dans un passé dont tu ne veux pas. Tu te revois faire la même chose lors de votre premier rendez-vous. Geste idiot. Geste innocent. Quand tu avais encore de l’espoir. Quand tu essayais encore de recoller ta vie. Quand Ellie était l’une des meilleures choses qui te sois arrivé dans ta vie. Juste après ta petite sœur. « C’est à toi qu’il faut demander ça. T’étais censé être loin d’ici. » Peut être que tu es un peu amer de la voir là. Peut être que tu te sens légèrement irrité de la voir là. Parce qu’elle remue un passé dont tu ne veux plus te souvenir. « Cadeau de la part d’un admirateur ? » Tu pointes les fleurs du menton. Pourquoi t’as posé cette question Matthieu ? Tu mérites des claques tu sais ? Oui tu le sais parce que tu te mords la langue. Ta gueule Matthieu maintenant c’est bon. Cette rencontre allait être longue et éprouvante, t’as pas vraiment envie de ça, et si tu partais ? Encore fallait il que tes jambes le veuillent. Visiblement elles ne veulent pas bouger non plus. S’il te plaît Ellie va t’en ça serait beaucoup mieux pour vous deux crois moi.

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MessageSujet: Re: paralyzed (matthellie) Dim 8 Oct - 2:05

C'était pas un bon moment pour le voir, même que c'était un très mauvais moment. Tu en avais assez à supporter, t'avais pas non plus envie qu'il vienne en rajouter. C'est bien le dernier endroit où tu pensais le croiser et pourtant il est bien là, en chair et en os. Tu le sais parce qu'il y a quelques minutes à peine, tu as pu sentir la chaleur de son corps contre le tiens lorsque vous vous êtes percutés, c'était bref, mais juste assez pour que tu reconnaisses vaguement son odeur. C'était pas prévu, si tu aurais pu ou si tu aurais autant de courage que tu le penses, tu lui aurais tourné le dos et tu serais partit, comme ça tout bonnement, comme il l'avait fait autrefois. Mais t'arrivais pas à bouger Ellie, t'étais comme paralysée, tétanisée et égoïstement, même si tu étais choquée de te retrouver face à lui, tu n'avais pas réellement envie de quitter tes yeux des siens, toi qui les a recherchés longtemps après votre séparation. C'était éprouvant, mais c'était pour le mieux. Il ne t'avait jamais aimé, préférant ton cul à ton coeur. Ce sont ses paroles. Paroles qui t'ont depuis, souvent empêcher de t'engager dans une relation sérieuse, parce que tu avais peur. Peur qu'on brise de nouveau ton coeur. T'es fragile Ellie, même si tu tentes désespérément de démontrer le contraire. Face à lui, t'es pas de taille, il pourrait te faire tomber avec un seul regard, mais t'as pas envie de lui donner cette satisfaction, alors tu restes planté devant lui, prête à jouer le jeu. « Je vis ici. » Il a toujours son éternel sarcasme à ce que tu peux voir. Ça te déplais, t'aimes pas la façon qu'il a de te parler, la façon qu'il a de te regarder. Tu voudrais détourner le regard, mais pourtant tu soutiens le siens. « Je voulais dire, qu'est-ce que tu fais à l'hôpital ? » Tu t'abstiens de rouler des yeux, même si ce n'était pas l'envie qui manquait. Mais tu poses trop de questions Ellie, tu vois bien qu'il a pas envie de tenir une conversation et toi aussi d'ailleurs. Tu soupires lorsque Matthieu se penche pour ramasser une rose; tu ne l'avais pas vu celle-là. À ce moment là, t'oses à peine le regarder, te contentant de reprendre cette dernière, après avoir frôlé sa main du bout des doigts. Comme une décharge électrique, ça t'avait procurée une gamme d'émotions. « Merci.. » Tu te maudis intérieurement, t'aurais pas dû le remercier, non, pas à lui, jamais. Pas après ce qu'il t'a fait, mais t'es comme ça Ellie, oubliant pratiquement jamais tes bonnes manières. Ses mots te frappent, comme un coup à la poitrine, il avait raison; Tu étais censé être loin d'ici. Tu déglutis, avalant difficilement en te rappelant intérieurement la cause de ton retour en ville, à Paris. Ton frère. « J'ai aucune explication à te donner, Matthieu. Je suis de retour en ville et je compte pas partir de si tôt, j'ai des choses à régler. C'est tout ce que tu dois savoir. » Et encore moins t'éviter éternellement. T'avais pas prononcé son prénom depuis tellement longtemps, que ça te laissait une sensation amer dans la bouche. Alors tu restes silencieuse, guettant la moindre faille te permettant de t'échapper. De le fuir, lui et tous les souvenirs qu'il pouvait te remémorer. « Cadeau de la part d’un admirateur ? » Tu fronces les sourcils, avant de poser ton regard sur le bouquet de fleurs que tu te tenais entre tes mains, puis tu reportas ton attention sur lui. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Le mal aise naissant entre vous était évident, mais pourtant, aucun de vous deux ne mettant fin à la conversation, aucun de vous deux ne tournait les talons pour partir et c'était le plus étrange dans tout ça. Pourquoi tu restais Ellie ? Pourquoi tu restais devant cet homme qui t'a tant blessé ? Il ne méritait pas ton attention, ton temps, mais tu restes quand même. Sans réellement savoir pourquoi. Haussant les épaules, tu regardes autour de toi et croise le regard de l'infirmière de ton frère, qui te scrutait du regard, comme si elle épiait votre conversation depuis le début. Plantant tes iris dans les siens, tu souris en coin, gênée. « Si l'admirateur c'est moi, alors ouais. » Tu baisses le regard, regrettant presque les explications que tu allais lui donner. C'était pas de ses affaires, mais intérieurement, t'as l'impression que ton aîné aurait voulu qu'il soit au courant, parce qu'il l'a toujours apprécié. Enfin, avant qu'il te laisse tomber. Tu fixes la porte de la chambre de ton frère et c'est presque dans un murmure que tu lui lances, « Le bouquet est pour mon frère, je lui en apporte un pratiquement tous les jours quand je viens lui rendre visite. » Tu le regardes de nouveau, reprenant ton courage à deux mains pour annoncer son accident. « Il est dans le coma depuis quelques semaines. Une bataille qui a mal tourné. Je suis venu dès que j'ai su. » Tu te racles la gorge, n'ayant pas envie qu'il te prenne en pitié. « Enfin bref, je veux pas t'emmerder avec mes problèmes, tu dois avoir pleins de trucs à faire, alors.. » Puis tu recules de quelques pas, prête à partir, toujours ton regard planté dans le siens, comme si égoïstement, tu attendais qu'il te retienne.

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MessageSujet: Re: paralyzed (matthellie) Lun 16 Oct - 22:55


paralyzed 
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Si il y a bien une personne que tu ne pensais pas revoir à Paris c’était bien elle. Tu savais qu’elle partirait loin de la capitale pour continuer ses études. Tu savais qu’elle irait à la fac loin de toi. Si tu n’avais pas eu ta sœur près de toi tu l’aurais suivi, sans même te poser une seule question. Il ne te restait plus personne ici et tu l’aimais comme un dingue à l’époque. Mais Aline était là et ta sœur passera toujours avant les autres. Avant elle aussi. La revoir devant toi te fige immédiatement. Tu ne l’as jamais réellement oubliée Ellie, tu as juste rangé tes souvenirs dans une boite que tu n’as pas ouverte depuis votre rupture. Mais aujourd’hui ses souvenirs revenaient à la charge et explosaient au fond de ta rétine. Tu te revois lors de votre première sortie, tu te revois lui tenir la main, l’embrasser, la tenir contre toi. Ellie était la seule femme que tu aies laissé rentrer dans ton cœur après la mort de ta mère. Un premier amour ça ne s’oublie pas et même si tu joues sur les mots, même si tu laisses le sarcasme se frayer un chemin le long de ta gorge pour lui répondre tu sais au fond de toi que oui tu ne l’as jamais oublié. « Je voulais dire, qu'est-ce que tu fais à l'hôpital ? » Tu reviens sur terre à cette phrase Matthieu parce que tu avais presque oublié le lieu dans lequel tu te trouves. L’hôpital. Voilà bien un endroit qui te donne de l’urticaire et pourtant tu restes là, tu restes devant elle. Et elle, elle soutient ton regard, elle ne bouge pas non plus, comme si soudainement le temps avait cessé de tourner. Comme si vous étiez prisonnier d’un passé que vous n’aviez pas envie de revoir, ni l’un ni l’autre. « Je me suis blessé. » Tu relèves la main que l’infirmière t’as gentiment recousu. Tu roules des yeux parce que tu te sens idiot à ce moment précis. Tu te sens comme ce gamin qui jouait avec les chemises et les pantalons de son père pour se sentir plus vieux. Tu es encore ce gamin parfois, un gamin avec des responsabilités sur les épaules. Des responsabilités qui t’épuisent parfois mais que tu ne donnerais pour rien au monde à quelqu’un d’autre. Tu sens l’amertume te consumer quand tu lui dis qu’elle par contre elle devrait être loin d’ici. Tu ne sais pas si tu es content de la voir là à Paris. Tu ne sais pas si tu es content de la voir de nouveau dans ta vie. Parce que tu sais que cette discussion, cette conversation, cette rencontre n’est que le début. Tu la reverras Ellie, parce que le destin le veut ainsi. Cette rencontre n’est que le fruit du hasard mais elle se reproduira tu n’as aucun doute là-dessus.  « J'ai aucune explication à te donner, Matthieu. Je suis de retour en ville et je compte pas partir de si tôt, j'ai des choses à régler. C'est tout ce que tu dois savoir. » Tu hausses les épaules et tu secoues la main comme si les paroles qu’elle venait de te dire ne t’atteignaient pas. Tu as toujours été très fort pour cacher tes émotions, tes sentiments même avec elle. Encore plus avec elle finalement. Mais la savoir désormais à Paris pour de bons te fait quelque chose au fond de toi. Y a ton cœur qui s’est accéléré légèrement. Y a ta tête qui va déconner et tu le sais parfaitement bien. Vous avez tellement de choses à régler tous les deux. Tu as tellement envie de lui dire la vérité. Pourquoi tu es comme ça. Pourquoi tu lui as menti. Mais ça serait te chercher des excuses et toi tu ne veux pas qu’elle te pardonne. Tu ne veux pas qu’elle s’apitoie sur ton sort, tu veux qu’elle te déteste. Tu veux qu’elle continue à penser que tu n’es qu’un salaud, un égoïste. Tu veux qu’elle refasse sa vie avec quelqu’un qui lui apportera le bonheur que tu ne pouvais pas lui offrir à l’époque. Tu sens un goût acide monter et descendre ta gorge, tu sais que c’est un relent de jalousie qui te consume légèrement en l’imaginant heureuse avec un autre que toi. Tu t’en rends compte à l’instant même ou tes lèvres s’ouvrent et ou tu lui poses la question sur la provenance du bouquet de fleurs. Tu t’insultes toi-même, tu n’aurais jamais dû lui poser la question, tu le sais bien, pourtant les mots sont sortis seuls de ta bouche et au fond tu sais que tu attends sa réponse avec une légère tension au fond de l’estomac. « Si l'admirateur c'est moi, alors ouais. » Tu fronces les sourcils en l’entendant dire ça. Tu ne t’attendais sûrement pas à cette réponse. Puis tu te souviens, tu te souviens de ses larmes, tu te souviens du lieu et tu comprends que quelqu’un à qui elle tient sincèrement est dans un lit d’hôpital. « Le bouquet est pour mon frère, je lui en apporte un pratiquement tous les jours quand je viens lui rendre visite. Il est dans le coma depuis quelques semaines. Une bataille qui a mal tourné. Je suis venu dès que j'ai su. » Tu restes surpris et tu te mets à sa place, tu imagines à quel point tu serais dévasté si c’était ta sœur dans ce lit d’hôpital. Puis tu l’aimais bien son frère avant. Avant que tu démolisses votre relation. Avant que tu blesses Ellie, vous étiez amis. Alors pour une fois tu baisses le masque, tu abats ta carapace et tu attrapes sa main dans la tienne quand elle fait quelques pas pour prendre la fuite. Peut-être qu’elle s’en ira. Peut-être qu’elle t’insultera. Peut-être même qu’elle te giflera. Mais tu ne veux pas qu’elle parte ainsi avec le poids des soucis qu’elle transporte pour son frère. Tu te souviens la manière dont vous vous êtes quitté. Tu te souviens de cet instant, cette seconde ou tu as décidé de tout foutre par terre, de lui briser le cœur pour lui éviter la vie qui t’attendait. Aujourd’hui encore tu te poses toujours cette question, est ce que j’ai bien fait ? Peut-être qu’Ellie aurait pu comprendre ton besoin de rester avec Aline. Peut-être qu’elle serait restée près de toi, mais toi, tu voulais surtout qu’elle continue sa vie et qu’elle ne se retrouve pas « mère de substitution » d’une gamine que tu avais juré de protéger de la vie elle-même. Tes mots étaient durs à l’époque mais tu ne voyais pas d’autres solutions à ce moment-là. T’étais qu’un gamin Matthieu. Elle aussi d’ailleurs. Vous n’étiez que des enfants qui s’aimaient bien trop fort pour leur âge. « Je suis désolé Ellie. » Tu ne sais pas si tu lui demandes pardon pour tes faiblesses, pour la manière dont tu l’as traité ou si ces simples mots sont là pour apaiser un peu de sa douleur. « Comment va-t-il ? Il va s’en sortir n’est ce pas ? » Toi qui voulais rester de glace face à elle voilà que d’un seul coup tu te transformes en guimauve sans possibilité de revenir en arrière. Ça va mal finir cette histoire tu le sais, tu le sens. Vous n’allez pas vous en sortir indemne.

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MessageSujet: Re: paralyzed (matthellie) Jeu 26 Oct - 0:10

Quand tu recules d'un pas prête à partir, t'as le coeur qui banque un battement. Tu t'attendais pas à ce qu'il te retienne, pas de cette façon en tout cas. Tes doigts se refermant sur la paume de ses mains tu te contentes de le dévisager, ne sachant pas trop comment réagir face à cela; de toute façon son geste était probablement dirigé par la pitié que tu devais lui infliger face à la nouvelle que tu venais de lui annoncer, donc tu te devais d'empêcher ton corps de réagir de la sorte face à sa peau contre la tienne. C'était agréable, son touché, ça t'avais manqué, mais quand tu repenses à la façon dont il t'a quittée, tu te dis que c'était pour le mieux, parce qu'il méritait pas ton amour Matthieu, ton coeur aussi. Il t'a détruite avec ses paroles, avec ses gestes et c'est pas son simple touché contre ta peau qui allait te faire oublier qui il était, ce qu'il t'avait fait. Tes prunelles foncées viennent se fondre dans les siennes et même si le temps semble être en suspend, tu retires ta main de la sienne en replaçant une mèche de tes cheveux derrière ton oreille. Il s'excuse et toi tu te contentes d'hocher la tête. Ton cerveau te dit de reprendre la parole, de dire quelque chose; malheureusement rien ne sort. Tu ressens comme une sorte d'angoisse, un petit stress que tu n'avais pas ressentie depuis longtemps, puisqu'en général tu réussis souvent à garder le contrôle sur tes émotions ou la situation. Pourtant, à cet instant t'as l'impression de perdre pied littéralement. Même si t'aurais préférée lui répondre que ses excuses n'y changeraient rien, tu ne peux le lui dire, parce qu'à cet instant précis, il avait l'air sincère. Humectant tes lèvres, tu souris en coin, le regardant fuyant. « Ça va allez, t'inquiète. Tu sais comment il est, il s'en sort toujours. » T'as confiance, confiance qu'il finisse par se réveiller, parce qu'il est fort ton aîné et que rien ne peut l'arrêter. Pas même un coma. Puis il te pose cette question. Cette question à la quelle tu n'as pas envie de répondre, parce que les médecins ne sont pas d'accord avec toi. Il est entre vie et la mort, sa vie tenant qu'à un fil. Mais tu gardes confiance. Cette confiance aveugle. Jouant nerveusement avec le bout de tes doigts, signe que t'es pas très à l'aise, limite nerveuse, tu fixes la porte de sa chambre et tu fais signe à Matthieu de te suivre. « Viens en déduire par toi même. » Tu passes devant lui en lui lançant un dernier regard avant de pénétrer dans la chambre. Il est là, couché sur son lit, vêtu d'une robe d'hôpital. Si la situation ne serait pas aussi grave, ça t'aurais fait rigoler de le voir dans une robe. Lui aussi se serait probablement marré d'ailleurs. Mais toujours qu'il est là, endormi, des blessures sur sa peau, des bleus au visage. Mais il a l'air serein et c'est tout ce qui t'importe. Debout à ses côtés, tu lui prends la main quelques secondes en silence, avant de te retourner vers Matthieu. « Les médecins sont pas aussi confiant que moi, tu vois. Mais je continue d'espérer, parce qu'ils ne savent pas de quoi il est capable. » Tu souris, cette fois sincèrement. « Je lui dirai que t'es passé quand il se réveillera. » Tu éclates de rire doucement, oubliant presque où tu te trouvais. « Je suis pas certaine qu'il appréciera que j'aille passé du temps avec toi, mais c'est qu'un détail. » C'est vrai. Le connaissant, il ne sauterait pas de joie, malgré qu'à un moment il l'aimait bien Matthieu, croyant dur comme fer qu'il était le garçon qu'il te fallait, que c'était une histoire sincère vous d'eux. Lorsqu'il t'a larguée, t'as pratiquement dû le supplier de ne pas aller le retrouver, que ça ne servirait strictement à rien. Qu'il ne pouvait pas l'obliger à t'aimer. Puis sans que tu m'y attendes, une infirmière fit son entrée, ce qui vous obligea à sortir. Tu le salua une dernière fois, avant de sortir de sa chambre. Et sans plus attendre, tu te contentes de te diriger vers la sortie de l'hôpital, ayant besoin de prendre une grande bouffée d'aire. « Et sinon, comment va Aline ? » T'avais pas spécialement envie de le savoir, vu ce qu'elle t'avait causée comme maux de coeur par le passé, mais t'étais curieuse de savoir si elle avait changé, si elle avait évoluée ou si elle était toujours resté au même point. Cette Gamine capricieuse.    

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MessageSujet: Re: paralyzed (matthellie) Mer 1 Nov - 23:02


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Ellie Thomas & Matthieu Ledoux
« Ça va allez, t'inquiète. Tu sais comment il est, il s'en sort toujours. » Tu ne sais pas si c’est vrai. Tu sais que parfois quand on fait le con, on ne s’en sort pas indemne. Tu imagines ta sœur dans le même état qu’Ellie. Tu t’imagines toi à la place d’Ellie et Aline dans ce lit. Tu ne supporterais pas cette épreuve. Tu ne sais pas d’où vient la force de la jeune femme, mais tu es admiratif de la voir y croire encore. D’être sûre et certaine qu’il va s’en sortir. Tu espères pour elle qu’elle ne se fait pas de fausses de joies, qu’elle n’a pas d’espoir pour rien. Parce que perdre un proche, il n’y a rien de plus douloureux et ça, tu le sais parfaitement. « Viens en déduire par toi même. » Tu n’es pas très à l’aise en rentrant dans la chambre. Les lits d’hôpitaux, les bips stridents et l’odeur ça te rend mal à l’aise Matthieu mais tu la suis parce que tu lui dois bien ça. Parce que tu l’aimais bien aussi son frère, avant que tu la quittes comme le lâche que tu es. Et ça te fait un choc de le voir ainsi, diminué dans un lit d’hôpital. Il a toujours été vif, il a toujours eu cet éclat vivace au fond du regard, il ne reste plus rien de l’homme que tu connaissais autrefois. « Les médecins sont pas aussi confiant que moi, tu vois. Mais je continue d'espérer, parce qu'ils ne savent pas de quoi il est capable. » Tu hoches la tête mais tu restes silencieux, chaque parole de ta part peut être un poids de plus sur les épaules d’Ellie et tu refuses de lui retirer son espoir. Tu refuses de la blesser alors tu ne dis rien et tu lui rends son sourire. « Je lui dirai que t'es passé quand il se réveillera. » Tu secoues la tête cette fois-ci, ce n’est pas une bonne idée, loin de là. Il t’a très bien fait comprendre qu’il ne voulait plus te voir. Qu’il ne voulait plus que tu la voies même. Et tu as accepté cette requête parce qu’elle te paraissait normale à l’époque. Tu aurais fait la même chose si un homme venait à blesser ta sœur. « Je suis pas certaine qu'il appréciera que j'aille passé du temps avec toi, mais c'est qu'un détail. » C’était bien plus qu’un détail même. Tu souris doucement parce que tu es presque étonné qu’il ne se soit pas levé en te sentant près de lui. Tu imaginais que de te savoir près de sa sœur l’énerverait tellement qu’il finirait par se réveiller d’un bon pour t’en coller une dans la tronche. « Je suis même sûr qu’il ne sera pas heureux de me savoir là. » Tu suis Ellie dans les couloirs de l’hôpital et tu arrives dehors, tu prends une grande inspiration. Paris est peut-être une ville polluée mais c’était bien mieux que l’odeur qui traînait dans cet endroit. « Il m’a rendu une petite visite d’ailleurs après… » Après la rupture. Mais tu ne termines pas ta phrase. Parce que tu n’as aucune envie de dire ce mot. Tu n’as aucune envie de l’entendre de ta propre bouche. Tu sais que ce n’était pas une rupture, c’était seulement toi qui mettais fin à votre relation. Une rupture c’est autre chose. C’est dire à la femme avec qui tu es que tu ne l’aimes plus. C’est être honnête. Tu ne l’avais pas été avec Ellie et tu le savais. C’est pour cela que tu restes silencieux et qu’un simple soupir sort de tes lèvres. Tu n’aurais pas dû remettre ça sur le tapis. Tu n’aurais pas dû lui parler et surtout tu n’aurais pas dû rester près d’elle. Même en l’entendant parler de son frère. Tu es faible Matthieu et tu le sais. « Et sinon, comment va Aline ? » Tu sens ton visage se tendre légèrement avant de secouer la tête. Comment va ta sœur ? Tu n’en sais rien. Parce qu’Aline ce n’est pas vraiment une jeune femme qui te dira comment elle va. Ce n’est pas vraiment son genre de dévoilé ses sentiments. Vous avez ça en commun. Vous n’êtes pas vraiment facile à approcher les Ledoux, plus depuis longtemps désormais. Alors tu pourrais lui dire qu’elle va bien. Mais au fond tu sais que ce n’est pas le cas. Sa vie. Votre vie. Elle te déplaît tellement, tu aimerais lui offrir autre chose, tu aimerais la sortir de vos emmerdes mais t’es incapable de faire ça. Alors tu sors une cigarette que tu glisses entre tes lèvres avant de l’allumer. Défaut que tu as toujours eu même quand tu étais avec Ellie. Mais désormais ce petit bout de cancer tu le sors dès que tu te sens mal à l’aise, dès que tu veux te donner un peu de temps pour répondre. « Ça a été un long parcours mais j’ai pu récupérer ma sœur. » Un instant de mélancolie se grave dans ta voix. Tu te souviens de ses insomnies, de ses moments ou tu avais simplement envie d’abandonner. Tu voulais récupérer ta sœur, tu l’avais promis à ta mère, tu serais toujours là pour elle. Tu aurais offert ton âme au diable si cela t’avait permis de la prendre dans tes bras une fois. Tu avais peur pour elle. Tu avais peur pour toi aussi. Mais tu n’aurais pas abandonné même pour elle et tu te doutes qu’elle s’en fout de tout ça. Il y a tellement longtemps qu’elle ne partage plus ta vie, tu n’as pas envie d’en dire trop. Tu n’as pas envie de te lamenter. Tu n’as pas envie de t’épancher sur ta vie d’aujourd’hui. Parce qu’au final tu as peur du regard qu’elle pourrait porter sur toi si elle savait qui tu es désormais. « Bref. Aline va bien. » Enfin. Tu imagines. Tu l’espères. Chaque jour lorsque tu te lèves tu te poses cette question. Est-ce que j’ai bien fait de la prendre avec moi ? Est-ce que j’ai bien fait de l’enlever à une famille qui aurait pu l’aimer comme il se doit. Peut être que tu étais trop égoïste finalement, peut être que ce n’était pas elle que tu voulais sauver mais toi-même. Peut être qu’être seul était bien plus terrorisant pour toi que pour elle. Tu lèves ton regard sur le ciel de Paris, ta ville, celle que tu aimes autant que tu détestes. « Je mentais… » Tu soupires ça entre tes dents et tu as l’impression qu’un poids immense se bloque encore plus violemment sur tes épaules. Tu pensais que ça te libérerait mais au contraire tu sens le poids de la culpabilité rongeait tes entrailles. « Quand on a rompu. Je mentais. Je voulais juste…. T’éviter ça. » Tu ne cherches aucune rédemption. Tu ne veux pas de pardon, tu veux juste qu’elle sache. Tu ne sais pas vraiment si elle y a pensé durant toutes ses années. Tu ne sais pas si elle s’en fout désormais mais toi, ça te torture et tu as besoin de lui dire la vérité. Parce que tu sais que tu ne pourras jamais avancer correctement dans la vie sans qu’elle ne le sache. Tu l’as aimé Ellie. Passionnément. À la folie. Et c’est parce que tu l’aimais que tu lui as offert cette porte de sortie sans qu’elle ne le sache.

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MessageSujet: Re: paralyzed (matthellie) Mer 15 Nov - 22:09

« Je suis même sûr qu’il ne sera pas heureux de me savoir là. Il m’a rendu une petite visite d’ailleurs après… »  T'es surprise, Ellie, tu t'attendais pas à cette révélation. Parce que tu lui avais fait promettre à ton aîné de ne rien faire. Et il avait accepter. Alors t'es un peu sous le choc de voir qu'il t'avait menti, même si t'es pas étonné. Ça lui ressemblait de faire ce genre de truc. Selon lui, personne n'avait le droit de te faire souffrir, et encore moins les garçons. Même qu'il s'entêtait toujours à dire que lui seul pouvait te faire la vie dure. Lui et personne d'autres. Tu comprenais pas trop ce qu'il voulait dire, au début, même que tu trouvais sa façon de penser complètement stupide. Mais t'as compris, maintenant. Tu comprends que c'était une façon maladroite pour lui de te dire qu'il t'aimait, qu'il veillait sur toi. « Merde, j'en savais rien. Je lui avais pourtant dit de laisser tomber. Désolée. » Tu te retiens de ne pas sourire et le regardant du coin de l’œil, tu ne peux t'imaginer ce que ton frère avait pu lui balancer à la gueule. Et au fond, t'as pas réellement envie de savoir, ni même de lui demander. Parce que t'avais un peu honte, même si tu ne le devais pas. C'est pas comme si Matthieu ne l'avait pas mérité. Préférant mon cul, à mon coeur. Des mots qu'il t'avait dit et que tu n'aurais probablement jamais dû répéter à ton aîné. Mais c'était chose faite, maintenant. Aucun retour en arrière alors autant en rigoler. « J'aurais tout de même aimée pouvoir assister à ça. » Tu le scrutes du regard, un sourire en coin, avant d'éclater de rire doucement. Ça faisait du bien, de rigoler, de rire sincèrement. De souffler un peu; Toi qui as vécue une montagne d'émotions depuis ton retour en ville. Mais assez parlé de toi, Ellie, t'as l'impression de t'apitoyer sur ton sort depuis le début de votre conversation. Et t'aimes pas ça, passer pour une victime, voir le regard des gens changer à ton égard lorsque tu leur racontes tes problèmes. Ton histoire. Alors tu lui demandes comment va sa sœur, Aline. Comme ça, comme si c'était la chose la plus naturel qui soit. Parce que c'était le seul sujet de conversation qui t'étais venue en tête et parce que tu avais envie de savoir. Même si t'avais encore cette sensation amère dans la bouche, lorsque tu repenses à elle, au passé et aux problèmes qu'elle t'a causée. Matthieu et elle ont toujours été complètement différent l'un de l'autre, mais ils en restaient pas moins très fusionnels. Matthieu est un homme de famille, il serait prêt à tout pour protéger ses proches. Et tu l'as toujours admiré pour ça, même si cette fameuse raison d'admiration a finalement eu raison de votre couple. « Ça a été un long parcours mais j’ai pu récupérer ma sœur. Bref. Aline va bien. » Tu hoches la tête en signe de réponse et tu lui souris, parce que tu ne trouves rien à lui répondre. Parce que lorsqu'il s'agit d'elle, Aline, tu perds tes moyens, ton sang froid. T'étais soulagée qu'il ait pu récupérer sa sœur. Heureuse pour lui. Parce qu'au final, c'était seulement lui qui m'importait et non Aline. Mais vu l'importance que cette gamine avait et a toujours pour lui, à ses yeux, tu tentes d'agir normalement lorsque tu entends son prénom ou lorsque tu entends parler d'elle. « Tout est bien qui fini bien, alors.. Je suis contente pour toi. » Ouais, parce que c'est pas ton cas, Ellie. Un long silence s'en suit. Silence pesant. Lourd. Tu ne savais plus quoi dire, où regarder, alors tu te contentes de regarder tout autour de toi en silence, jouant nerveusement avec le bout de tes doigts. « Je mentais… » Quoi ? Tu fronces les sourcils, incertaine d'avoir bien entendu. Et puis, qu'est-ce qu'il racontait ? Faisait-il référence aux nouvelles qu'il venait de me donner, concernant Aline ? Ou alors, était-ce quelque chose de complètement différent ? Tu n'en sais rien et tandis que tu allais lui poser la question, il te devance. « Quand on a rompu. Je mentais. Je voulais juste…. T’éviter ça. » La bouche entre-ouverte, t'as les mains moites, le coeur qui palpite, la gorge nouée et le regard perdu dans les siens, perdus dans les mots qui venaient de prononcer. T'étais complètement dans le déni, Ellie. Qu'est-ce qui est entrain de se passer, bordel ? Tu t'attendais pas à une telle révélation. T'avais du mal à l'encaisser, à le supporter. Tu prends la nouvelle un peu comme un tsunami, tu es pétrifiée devant sans savoir quoi faire mais après tu te dis qu'il serait temps de bouger, de prendre la fuite. la nouvelle est comme un tsunami, ça ravage comme n'importe quoi, c'est une horreur. en pleine figure, tu reçois un tsunami de souvenirs, ellie, une vague géante qui vient t'écraser la voix et le coeur. tu te souviens des rêves que vous vous étiez fixés, des rêves qui paraissent périmés aujourd'hui. Tu recules, secoues la tête et dit, dans un chuchotement presque inaudible « Pourquoi ? Pourquoi tu me dis tout ça maintenant ? » T'essaies de te convaincre que tout ça n'a plus d'importance, que votre histoire appartient au passé. Mais t'es blessée, Ellie. Matthieu, il te blesse, encore. Parce que ça te retourne le cerveau, le coeur, cette situation. Toi qui a longtemps pensée qu'il ne t'a jamais réellement aimée, qu'il t'a laissée parce qu'il avait obtenu ce qu'il attendait; ton cul. T'es dans le déni total, Ellie. Et t'as mal, tellement mal. « Et tu crois pas que c'était à moi de choisir ce que je voulais, peut-être ? De quel droit as-tu fait ce choix pour moi ? » Tu recules d'un pas, en haussant légèrement le ton, toujours sous le choc. « Tu crois que c'était la bonne chose à faire, que je serais plus heureuse sans toi et la vie que tu avais choisis ? Tu te trompes. » Ouais, il se trompe, littéralement. « J'ai pleurée des journées entière, en priant intérieurement pour que tu reviennes. Que tu me demandes pardon. J'ai attendu des mois, mais t'es jamais revenu. Pas même un appel, un sms. Tout me ramenait à toi, partout où j'allais, où je regardais, je te voyais, même si tu n'y étais pas. J'ai du partir, fuir cette ville et ces souvenirs, je croyais que ça allait atténuer ma douleur, que je rencontrerais quelqu'un d'autre, quelqu'un de bien. Mais j'ai jamais réussi à donner mon coeur entièrement à un homme, de nouveau. » Passant une main dans tes cheveux, tu regardes tout autour de toi, l'air complètement paumée. « T'avais pas le droit de faire ce choix pour moi, Matthieu. T'avais pas le droit de m'avouer la vérité après toutes ces années. De chambouler ma vie de nouveau. J'étais bien là.. » Faux. T'étais pas bien, tu essayais simplement de t'en convaincre. Mais maintenant, te voilà dans une situation que tu aurais préférée éviter, parce que t'es parsemée de doutes, Ellie. C'est à croire que parfois, le mensonge est plus facile a encaisser que la vérité. Et même si t'es persuadée que la meilleure chose à faire serait de partir, fuir cette situation, tu restes, devant lui. Parce que t'es paralysée, Ellie.
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MessageSujet: Re: paralyzed (matthellie)

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paralyzed (matthellie)

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