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take this night / staloïs (hot)

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MessageSujet: take this night / staloïs (hot) 29/9/2017, 23:33


≈ ≈ ≈
get up, get out, get away from these liars
{because they don't get your soul or your fire.}
crédit/ lux aeterna/shiya ✰ w/@stanislas maurel

La porte s’était refermée derrière.
Les lumières et la nuit.

Encore sur mon palais, le goût des épices. Encore sur ma langue, le rire et les insultes. Les discussions habituelles. Et puis les silences. S’enfoncer dans ce cuir trop grand pour des épaules trop minces. L’illusion de pouvoir tout porter. La fraîcheur des crépuscules. Et puis l’obscurité.

Un dimanche soir comme les autres.
Comme si il pouvait y avoir une norme.

Les semaines se suivaient, et les jours se ressemblaient. Et pourtant, la question se répétait sempiternellement. Qu’est-ce que je fous ? Ça prenait parfois, au milieu de nul part. Dans le métro, ou en plein cours. Assis sur le sofa, dans l’appartement des parents.

Je suis ailleurs.
Ni ici.
Ni nul part.

Et le vide était parfois présent. Une absence sans réconfort. Les pilules, il fallait les prendre discrètement. Ou le faire en évitant son regard. Pas de questions. Pas encore. Pas ce soir, ni les autres. Il n’y en avait pas besoin. De savoir, d’y penser. Un détail, un accroc. Rien. Rien d’autre.

Fermer les yeux. Un soupir.

La chaleur rassurante des beaux quartiers. Il était tout ce que je détestais. Et pourtant j’y courrais. Parce que lui montrer mon monde, peut-être, était trop risqué. Parce que c’était l’habitude. Il y avait les lits des autres. Et puis il y avait les draps bleus. L’ironie. De se dire qu’ils n’avaient jamais vu personne. Pas un homme. Dans toutes les frasques, tous les ébats. Une terre sacrée. Les teintes d’une solitude consumée. Consommée. La douceur des nuits en tête à tête. Et l’amertume des lendemains qui déchantent.

Et un grognement étouffé. En me laissant tomber sur son canapé. La fatigue familière. Comme si c’était normal. D’être ici. Une main perdue dans les boucles, la nuque raide et le regard filant. Sans les mots. Sans les restes. Le coeur battant et le souffle encore écourté. De grimper ces marches quatre à quatre. De le narguer et de courir le long des trottoirs. Jusqu’à se laisser faucher. Au coin d’une rue. Par son sourire. Par sa nonchalance.

Il était irréel.
Il était sous mes yeux.

Grande carcasse aux traits taillés au couteau. L’acier dans ses iris. Et la tendresse de ses lèvres. Des semaines. Des mois. Et je n’y arrivais toujours pas. Il fallait garder le silence. Et puis garder tout le reste. Ne rien laisser voir. Des monstres cachés derrière. De ceux qui laissaient leurs mains glisser sur ce corps. De ceux qui l’avaient embrassé. Pour une heure. Pour une nuit. Pour un courrier, pour un mail. Pour le bien de tout le monde. Pour remplir les crevasses.

Un vague coup d’oeil.
Vingt-trois heures quarante-cinq.

Il ne restait qu’un quart d’heure.
J’oubliais presque.

Que je n’étais sûrement qu’un enfant, à ses yeux. Comme beaucoup.
Qu’il y avait des choses plus importantes.
Que je m’en moquais, à force. Les traditions et les convenances.

Quinze minutes avant de vieillir.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 30/9/2017, 21:03

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
C’était de ces soirées parfaites. D’un autre temps. Les artistes le long des trottoirs. La musique de Brel dans les oreilles. Et nos corps qui s’entrechoquent, pas aussi maladroitement qu’il ne me laissait le croire. Il n’y avait pas les démonstrations d’affection. Il n’y avait pas de caresse tendre. Seulement des regards qui en disant long. Je le couvais d’une œillade bien trop tendre. D’un sourire bien trop doux. Essuyais les miettes au coin de ses lèvres. Il était si précieux. Le héros de mes nuits. Le héros de mes pages. Il méritait de rire. De filer sur les pavés de la ville. Sa liberté m’éblouissait. Sa rage également. Seulement tue par quelques baisers volés au détour d’un lampadaire. D’une main glissée entre ses reins pour le rapprocher. Il sentait les épices et la vie. La fougue de sa jeunesse et de ses rêves. Il était dans tous les miens. Cet idole que j’aurais peint si j’avais le moindre talent. Je ne pouvais que composer quelques mélodies pour accompagner sa voix. Les souvenirs des musiques d’une autre époque. Celle à laquelle il aurait peut-être dû appartenir. Crier pour sa liberté. Crier pour son avenir. Il était ce guerrier. Mon opposé. Il menait des batailles que je ne comprenais pas. Montait sur des fronts dont j’ignorais tout. Je pouvais l’entendre m’en parler des heures, sans jamais participer à son combat. Je ne pouvais qu’écouter et retranscrire. Des mots qui n’auraient jamais de sens pour moi. Qui en auraient peut-être pour quelqu’un d’autre un jour.

Il était cet intru dans ma vie. Dans mon appartement. Et pourtant bienvenu. Entre mes draps. Entre mes bras. Il était cet homme. Presque adulte. Juste quelques minutes avant de creuser l’écart entre nous. Il n’avait rien dit. Il n’en avait pas eu besoin. La date était gravée dans mon esprit. De celle qu’on ne peut plus oublier. Alors en attendant que l’aiguille atteigne le sommet de l’horloge, je ronronnais entre ses doigts. Je n’étais qu’un chaton entre ses mains, en quête de ses caresses et de son amour. Autant qu’il pouvait m’en donner. Je prenais tout ce qu’il me laissait atteindre. Il y avait son corps. Il y avait ses convictions. Mais il me manquait encore tant de choses. Son cœur et son foyer. L’antre d’Aloïs. Une part de son identité dont il me privait. Je me languissais de ce que je ne connaissais pas. Je voulais sentir son odeur sur les draps. Observer les photos sur les étagères. Lire le titre des livres sur sa table de chevet. Il était ce mystère. Intriguant. Passionnant. Je voulais tourner les pages de sa vie. Apprendre chaque ligne par cœur et en espérant peut-être y voir figurer mon nom.  En lettres d’or sur la couverture. Sur son cœur.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 30/9/2017, 21:38


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Enfin la pause. Enfin la paix.
Arrêter de courir. 

Il le faisait assez. Filer, sans cesse. La fuite en avant. Le grand déballage. Arrêter de courir, jusqu’à ce que son coeur explose. Qu’il frappe assez fort, assez fort contre les barreaux de sa cage thoracique. Une prison trop de fois enfreinte et triturée. Par les mains d’hommes et de femmes dont il avait oublié les visages. La lumière et l’éther. Sa carcasse sur la table froide. Sa silhouette au milieu du cuir tanné. Il s’était enfoncé, avec comme seule accroche un regard perdu sur lui. Celui qui n’était rien. Celui qui était tout. Pour l’instant. Pour cette nuit. Comme pour toutes les autres. Toutes celles qui étaient passées sans crier gare. Des battements de cils, des battements de sang. Et le mince sourire sur ses lèvres. Rien qu’un rictus, un rituel. La flamme au fond des billes dorées. Le pétrole de ses pupilles, et la fosse de ses rêves. Il était beau. Beau comme ces hommes que les Réalistes peignaient, un canotier penché sur le front. Un charme suranné. Quelque chose de vieux et d’intemporel. Un soupir. Sa fatigue. Celle qui le prenait toujours, quand venait l’heure du loup. La fatigue de se battre, la fatigue de vivre. Un laisser-aller, un manque d’affect. Le coeur vide. Une pierre froide. Et pourtant, la bouche trop pleine. De mots et de maux. Des frissons, des tremblements. Les réminiscences d’un enfant. D’un homme trop vieux, d’une vie annexe. Celle qu’il n’avait pas vécu. Celle d’un autre. Sans trop y croire, les idées noires. Qu’il n’était devenu qu’un hôte. Pour faire continuer de battre un sang à perte. Avant que tout ne reparte. Lente déglutition. Et un mince rire. Un ricanement moqueur, une invective, un air de défi. Un sourcil relevé. Le laisser venir. À ses côtés. Que sa paume ne glisse sur ses paupières. Ses cils lourds d’histoires avortées. De révolutions empêchées. D’un monde qui l’attendait.

Il ne pourrait peut-être jamais le comprendre.

Ce qui l’habitait, ce qui le tenait en vie. Ce qui le faisait crier. Ce qui le faisait danser. Et chanter encore, chaque matin. Il se retenait. Constamment. Un contrôle incertain. Comme ses muscles qui se contractaient toujours, inconsciemment. Quand il venait effleurer ses lèvres du bout du pouce, en place publique. Quand il attrapait sa main. Quand il l’embrassait sans préavis. Ce n’était pas de la peur. Elle était loin derrière. Il aurait pu mordre ses lippes avec avidité devant n’importe quel fasciste. Pour la beauté du geste. Pour l’amour du risque. Pour le principe. Mais il n’était l’homme de personne. Sans attache, sans accroche. Il n’y avait pas de contrat, pas de conclusion. Et il aurait mieux valu qu’il ne sache jamais. Tout le reste. Sa vie. Son monde. Ce à quoi il était prêt. Alors la méfiance revenait toujours. Par vagues scélérates.

Il était un bien public.
Il n’était rien ni personne.

Détourner le regard. L’éviter, lui. Comme parfois il pesait sur ses épaules. Il le sentait, palpable dans l’air. La force de ses envies. Ce qu’il projetait. Ce qu’il faisait de lui. Une morsure en interne. Encore un article. Encore un message. Encore les nouvelles. Le monde qui continuait de tourner. Même quand il s’en échappait. Et un coup d’oeil. Encore un autre. Sourire avec les canines.

« Pourquoi tu me regardes comme ça ? »

S’humecter les lippes. Un affront à la lueur des étincelles.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 2/10/2017, 17:15

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Je me noyais dans son regard et son odeur. Ce parfum qui embaumait la pièce et les tissus. Un baiser sur son épaule. Un baiser dans son cou. Je laissais mon visage retomber sur le dossier du canapé et l’observais. Plus qu’il n’aurait fallu. Plus qu’il n’était décemment autorisé de faire. Ma mère m’aurait rappelé mes bonnes manières. Mais j’étais hypnotisé par ce sourire. Mais cette lueur au fond de ses iris. La fougue et la vie. Il en avait plus que quiconque. Malgré les traces sur son corps. Malgré les cachets que je le voyais toujours ingurgiter. Il avait cette vitalité dont j’étais jaloux. J’étais parfois si vide. Une âme errante en quête de cette lueur. Il faisait battre mon cœur. Il mettait en route chaque engrenage de mon esprit. Il n’était pas le premier. Il ne serait probablement pas le dernier. Mais en ce moment, il était seul. L’amant que je veux voir dans mes draps. Le nom que je veux voir s’afficher sur mon téléphone. L’homme avec qui je veux partager mes diners. « Pourquoi ? » Il n’était pas prêt pour entendre mes vraies raisons. Je voyais cette distance entre nous. Je l’acceptais. Je n’étais rien de plus à ses yeux que l’un de ses mecs des beaux quartiers. Un corps parmi tant d’autres. Une compagnie peut-être un peu plus distrayante que les autres. Je ne pouvais rien demander de plus. Je ne pouvais rien lui offrir que cette affection éphémère. C’était mieux pour nous deux. Je pouvais l’adorer avec passion et me nourrir de ce qu’il était pour remplir des pages. Et il pouvait simplement occuper ses soirées à mes côtés. Un vulgaire amant parmi tant d’autres. Une belle gueule pas trop désagréable à embrasser. « Parce que j’apprécie ta présence. » Ni trop, ni pas assez. C’était vrai. Sans trop en dire. Sans trop l’effrayer. Sans faux espoir.

Un léger regard à l’horloge sur le mur et je découvrais qu’il ne restait que quelques minutes avant de faire un pas en avant. Quelques instants avant que l’homme apparaisse devant mes yeux. Je n’avais pas prévu de cadeau. Ce n’était pas de ces relations. Il percevait mal mes attentions. Un simple café ramené au lit le lendemain matin était déjà bien trop. De ces gestes qui n’appartiennent qu’aux personnes qu’on aime. C’était l’intimité à laquelle il n’était pas prêt. Celle dont j’aurais rêvé si j’étais parfaitement honnête avec moi-même. J’aurais pu l’aimer avec tout mon être s’il me laissait la place. Et l’oublier avec autant de facilité peu de temps après. Comme tous les autres. Mais il méritait mieux que ça. Son cœur avait déjà été assez malmené. Il n’était plus qu’un corps. Une poupée de chair. Je l’enlaçais tendrement. Embrassais sa mâchoire et mordillais doucement son lobe. « Et pas que dans mon lit. » Un murmure. Parce que la vérité était parfois trop difficile à cacher et si douce à mes oreilles. Un aveu rare mais nécessaire.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 2/10/2017, 17:49


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Il connaissait ses airs.
Ce regard.

Celui qu’il posait sur lui. Quand il refusait de faire de même. Quand il se croyait tout permis. Quand il se croyait seul avec une image. Il connaissait ce regard. Il ressemblait aux autres. La faim et l’envie. Il y avait de ça. De cette fascination qui le rebutait. La même. Que les lubriques, et les perdus. Assis au bord d’un lit marital auquel il avait volé une innocence. En renfilant sa chemise, ou remettant son pull. Sans se retourner. À peine. Juste un coup d’oeil. Par-dessus l’épaule. Au petit matin, trop tôt pour les aurores. Mais jamais assez. Jamais assez pour les horreurs.

Il connaissait ses airs.
Pourquoi ?

Il y avait encore son souffle dans son cou. La tendresse de ses lèvres. Et celle de ses soupirs. Dans une moue, un haussement de sourcils. Inquisition en toute légèreté. L’ironie et la jeunesse. Un silence. Entre les temps, entre les heures. Entre les jours. Celui où il était jeune, et celui où il vieillissait. Se targuer de survivre. Une année de plus. Elles avaient toutes un goût de sursis. Et pourtant, il fuyait. L’idée même de sa mortalité. Celle qu’il goûtait à heures fixes. Un verre d’eau et le pilulier. Remonter, sans y prendre garde, ses pieds sur le bord du canapé. Il s’était vaguement débarrassé de ses chaussures. Nouer ses bras autour de ses genoux. La main prise, l’avant-bras clé de son corps. Il se cachait, par faiblesse et par fatigue. Avec le menton haut et l’allure d’un enfant. Et une fin à ses questions, une conclusion à la réponse de l’homme à ses côtés. Sans aval, sans retour. Si ce n’est un éphémère ricanement, un sourire en coin d’une insolence trop éthérée.

Des bras autour de lui.
Et ses paupières closes.

Il passait sa vie dans une forteresse. Derrière les barbelés. Dressé en étendard, figure de proue inaccessible. C’était plus simple. De fermer toutes les portes. Il y avait cet extérieur, et l’interne trop profond. Un baiser à la jointure de sa mâchoire. Un frisson dans sa nuque. Et ses mains se déliant avec lenteur. Un grognement, en sentant ses dents jouer avec sa chair. Chercher son visage. Chercher une prise. Comme trop souvent. Il savait bien. Qu’il surveillait l’heure. Et pourtant il l’ignorait. On ne souhaitait pas ces choses-là. On n’y pensait pas. Ça n’arrivait pas. Un toussotement, et ses ongles crissant avec nonchalance sur le bleuté de sa joue. Une caresse. Un air de défi. Pour ce murmure. Qui en disait déjà trop. « Tu vas me dire que je te hante- » Un souffle entrecoupé. Alors que ses paumes tombaient sur ses épaules. L’enfoncer dans le canapé. Enjamber, et s’installer sur ses cuisses. Il était beau. Avec la noblesse, mais sans la puérilité. Celle qu’il voyait dans les visages de tous ses congénères. Des enfants gâtés.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 2/10/2017, 22:17

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Il avait cette omniprésence. Près de moi. Contre moi. Sur moi. J’étouffais toujours de cet homme. De son aura. De sa force. Celle dont je n’étais pas doté. Celle dont je ne rêvais pas non plus. Ma quiétude me plaisait. Mon monde d’or et vin également. Tout était plus simple. Les défauts cachés par de doux mensonges. Les problèmes réglés par de bêtes stratagèmes. Il n’y avait pas de cris, pas de violences. Les tempêtes restaient dans les esprits mais n’explosaient jamais. Tout était plus propre. Plus lisse. Trop pour être honnête. Mais c’était un choix. Mon choix. Les inquiétudes volaient au-dessus de ma tête. J’avais conscience de mon impuissance face au monde extérieur. Il n’y avait que le mien qui comptait. Que le mien sur lequel j’acceptais d’agir. Et encore. Je laissais souvent la force des choses se faire. Le hasard me menait là où il voulait que j’aille. C’était comme ça que j’étais arrivé ici. C’était comme ça que je l’avais rencontré. Et malgré toute ma solitude, j’étais heureux. Parce qu’il y avait ces rares visages qui comptaient. Le sien notamment. « Peut-être. » Je riais en volant ses lèvres. Il ne me hantait pas. Il aurait fallu être un fantôme pour ça. Un être nuisible. De nous deux, j’étais le plus nocif. J’errais déjà, en quête d’un monde à hanter. Lui, brillait. Tel un ange armé de son épée vengeresse, prêt à terrasser chaque démon sur son chemin. J’espérais simplement ne pas être l’un d’eux.

Mais c’était plus compliqué que ça. Il ne naviguait pas dans ma vie comme il le croyait. Cet oiseau de passage. Il était le protagoniste de ce chapitre. Probablement plus important que moi. Il m’avait éclipsé et je vivais au travers de lui. J’en étais réduit à ça. Le second rôle de ma propre histoire. « Mais non. Tu es… » Comme les héros de mes romans. Mon obsession durant un temps. Plus important que tout le reste. Nécessaire à mon équilibre. Un moyen de m’échapper de la réalité. Je couchais mes idées sur les pages comme je couchais son corps sur mes draps. Je jouissais de mes mots comme je jouissais en lui. Il était ce nom, hors des romans. La matérialisation de mes plus profonds désirs. « Tu me fascines. C’est tout. » C’était surement la manière la plus simple d’en parler. Je me demandais parfois s’il était réel, et pas une simple projection de mon imagination. Il était trop beau. Il était trop brisé. Il était de ces héros dont on rêve d’écrire pendant toute une vie. Ce personnage mythique qui forge une carrière. On se rappellerait de moi grâce à lui. Je ne serais qu’un nom derrière le sien.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 2/10/2017, 23:05


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Peut-être.
Il aimait se moquer de lui.

Quand il travaillait, l’air trop concentré. Et qu’il se tenait là, comme une ombre. Une présence qu’il ne semblait plus remarquer. Quand il venait le pervertir durant ses sessions d’écriture. Lui rappelait des détails de leur soirée, en l’espace d’un cliché. Il se connaissait spectre. Il naviguait ainsi dans la vie des autres. Mais dans celle-ci, tout était un peu plus palpable. Et quand il saisissait ses hanches, il n’y avait pas de doute sur la force de ses mains. Il ravivait des blessures inconnues. Ce n’était pas qu’un inconnu. Ce n’était pas qu’un coup d’un soir. Ce n’était pas qu’une affaire aux retentissements plus grands que sa propre conception. Il figurait bien, sur les plateaux de télévision. Il signait des autographes, il paraphait des romans qu’il n’avait jamais lus personnellement. Trop amoureux d’un autre temps. Et d’autres maux. Des essais de Camus et de la verve de Nietzsche. Peut-être. Et quelque chose tout au fond se nouait. Dans son ventre, dans ses tripes. La déglutition trop longue. Il riait avec la beauté des insouciants. Quand lui n’esquissait qu’un maigre sourire. Il était plus jeune. Et pourtant, il avait l’amertume. De savoir que ses espoirs courraient à leur propre perte. Et que son combat était vain. Mais pour autant, il ne baisserait pas les bras. Même les lâches ont une place dans la révolution.

Il attendait la fin de ses mots.
Au bout de ses lèvres.

Il ne saisissait pas toujours cette étrange lueur, tout au fond de ses iris. Une tâche sombre, et un puit sans fond. Si il était le trou noir, alors il était une comète. Tous deux voués à l’extinction. Dans un grand fracas, et dans le seul silence. Tu me fascines. Et son dos droit, le corps raidi. Les amandes mordorées plantées sur sa silhouette. La froideur de ses traits, la brûlure de ses réalités. Il ne pouvait pas mener cette conversation-là. Pas sérieusement. Pas sans lutte, pas sans défense. Il était trop tard. Et ses paumes se perdaient. Le long de sa silhouette. Pour rattraper les siennes. Le guider par ses propres moyens. Il sentait sur lui le poids des minutes. La masse de chaque instant. « J’ai rien… d’incroyable. » Un murmure. Un souffle grave. En suivant de ses yeux le chemin parcouru. Il étouffait de trop de paroles. Les lippes asséchées, sa langue glissant avec nonchalance à leur orée. Et rester dans cette pose. Celle des insoumis, celle des bêtes sauvages. Celle des interdits. Le coeur battant. La vive allure. « J’ai grandi dans un milieu petit bourgeois- Je vis dans un seize mètres carrés, et je repique ma première année de maîtrise. » Des faits. Des choses qu’il savait sûrement déjà. C’était la surface. L’étiquette, les acquis. Et le long de ses flancs ses phalanges glissaient. Se débarrasser de son vêtement. Des couches superflues. Se débattre et s’échapper. Les boucles éclatées, et le souffle retenu. « Je vois pas ce qu’il y a de fascinant… là-dedans. » Dans la trivialité de son existence. Et dans la douleur de son apparence. Livrée à lui, dans le bleu de la nuit. Une ouverture, au milieu du corps. Une longue descente, les ailes d’un ange.

À coeur ouvert.
Minuit.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 8/10/2017, 13:55

Rêver un impossible rêve
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Il n’avait aucune conscience de qui il était. Dans ce monde. Dans mon monde. Ce rayon de soleil. Les épines sur une rose. Dangereux et attirant. Je devinais la douleur de m’y piquer et pourtant j’y retournais. Chaque soir. Chaque nuit. Contre ses lèvres. Contre son corps. Je cherchais toujours plus à le connaitre. Me laissais prendre dans ses filets. Surement malgré lui. Et pourtant avec une telle facilité. C’était surement plus simple qu’il ne réalise pas la vérité. Un homme parmi tant d’autres. Et pourtant le seul. « Si tu savais… » Tu partirais. Effrayé par cet attachement. Apeuré par ce que j’en faisais. Il finirait bien par l’apprendre. D’une manière ou d’une autre, il y aurait les conversations. Les aveux. Mais nous n’y étions pas encore. C’était si loin. Tant de choses à vivre encore. Des nuits de gémissements. Des journées à se prélasser dans les draps propres au lieu de faire face à la réalité. En attendant, je préférais l’embrasser. Glisser mes doigts sous les vêtements qu’il restait. Mes ongles plantés dans son dos. Ma bouche ancrée dans son cou. Sa peau marquait si vite. La trace de mes lèvres. De mes dents. Peut-être qu’on lui poserait des questions. Peut-être qu’au fond de moi je l’espérais. Qu’il parle de moi. Qu’il parle de nous. De cette chose sans nom qui nous unissait. Je l’enlaçais en retrouvant le chemin de sa bouche. « C’est surement parce que tu ne réalises pas tout ce que tu es… que tu m’intéresses autant. » Un aveu entre deux baisers. Entre deux caresses. Mes phalanges qui glissaient sous sa ceinture. Sa chair tendre et chaude. Je voulais l’embrasser. Recouvrir son corps. Me noyer dans son odeur. Je me languissais de lui. J’étais vide en son absence et j’avais besoin de savourer sa présence lorsqu’il me l’accordait.

Les aiguilles se rencontraient au sommet de l’horloge. Une nouvelle journée. Une nouvelle année pour lui. Je souriais de ma chance. Il m’avait accordé les premiers instants de ce renouveau. Une nouvelle ère pour grandir. Pour réaliser ses rêves. « Joyeux anniversaire. » Un murmure. Un secret. Il n’avait jamais eu besoin de me le rappeler. C’était probablement accessoire pour lui. Un jour comme un autre. Avec ou sans moi. J’appréciais l’instant pour nous deux. L’intimité sous sa plus belle forme. Je n’avais pas besoin de sa nudité pour l’apprécier. La tendresse de ses baisers me donnait des frissons bien plus intenses. Les battements de son cœur contre le mien résonnaient bien plus forts dans mon esprit que n’importe lequel de ses mots. Je n’avais pas besoin de beaucoup plus pour être heureux.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 8/10/2017, 18:46


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Il aurait pu le deviner.
Tout ce qu’il voyait, tout ce qu’il lisait.

Dans les tréfonds de son âme. Dans sa façon d’éviter son regard. Dans ses écarts, dans ses éclats. Il ne connaissait qu’une partialité de son âme. Il ne connaissait que le personnage, le héros sans histoire. Celui qui finirait par tourner mal. Celui qui l’avait peut-être déjà fait. Il avait vécu assez longtemps pour cela. Pour devenir l’antagoniste, sans y faire attention. Celui qui brisait les coeurs. Et pourtant le sien était mort. Le sien était enterré, quelque part. Jeté en pâture. Il fallait survivre. Revivre avec la foi d’un autre. D’un inconnu, d’une inconnue. Si tu savais.

Les frissons dans sa nuque.
Il était l’ange et il était la bête.

Les lèvres sèches, le souffle absent. En instance, en sursaut. En sursis, avant la mort. Il plantait ses griffes dans sa chair. Il rongeait ses os. Et il le laissait faire. Il lui servait sa carcasse sur un plateau d’argent. La carotide claire et le nez levé vers le ciel. Dans un soupir bouleversant. Ses phalanges glissées dans ses cheveux. Il avait pris la place qu’il lui intimait. Celle qui lui revenait. Pour un soir. Pour une nuit. À nouveau. Le dénuder et le détruire. Le chérir et l’abandonner. Peut-être qu’il ne remarquait pas, à chaque fois. Dans la pénombre, dans la précipitation. Les marques des autres sur son corps. Les siennes étaient plus profondes. Il lui prenait la vie, là où les autres ne l’avaient qu’embrassé. Un maigre sourire, quelque chose de mortel. D’ironique et de tendre. L’amertume sous la langue. La moue était fugace, le temps d’un instant. Avant qu’il ne laisse sa nuque ployer. Revenir contre lui. Revenir se cacher. La superbe et la vanité. L’odeur de sa peau. La chaleur de son cou. Lui. Il le parcourait, retraçait des routes qu’ils ne connaissaient que trop. Des sillons sous sa peau, des crevasses dans sa chair. Lui donner le reste.

Il y avait trop de tendresse dans ses gestes.

Il fallait se blinder, se barricader. Pour ne pas mourir, ne pas se laisser attraper. Il avait tous les atouts du chasseur. Et ses désirs de loup ne faisaient que courir. Même si la forêt était trop petite. Même si il ne pourrait rien contre ses balles. C’était un duel ancestral. Ses mains perdues dans son dos. Ses paumes sur ses fesses. Et le désespoir muet avec lequel il s’accrochait à lui. Comme un noyé à sa bouée. Dernière limite pour son existence. Et il souriait. Sans qu’il ne comprenne parfaitement. Jusqu’au murmure. Jusqu’au frisson. Jusqu’à ce que la fossette se creuse dans sa joue bleutée par la nuit et la barbe. Quelque chose s’était serré, tout au fond de sa cage thoracique. Il savait. Les lippes pincées. « Techniquement, c’est à trois heures et quelques que c’est officiel. » Quand il était né. Au milieu de la nuit. Au milieu des cris. De l’absence des siens. De l’urgence, des pénitences. Une lente déglutition. « … Merci. » C’était doux, et terriblement acide. Dans le fond de sa gorge. Le goût de la poussière. D’une année de plus. Le goût de la rouille. Encore une fois. « J’imagine… Que j’ai le droit à un voeu ? » Il le narguait. Avec une candeur, et puis cette lenteur. Cette paresse, cette nonchalance. Celle qui s’était nichée entre eux. Pour le coeur de la nuit. Leurs instants entre les temps. Faire durer les plaisirs. Pour mieux les savourer. Un baiser, et son torse contre le sien. Il pouvait déjà deviner.

La teneur de ses rêves.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 8/10/2017, 22:55

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Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Je savais qu’il trouverait à redire quelque chose. Un simple « merci » ne serait jamais suffisant. C’était trop simple. Peut-être trop symbolique pour nous. Il fallait une critique. Un bon mot pour alléger l’atmosphère trop sérieuse. Trop officielle. Ce n’était qu’un joyeux anniversaire. Une phrase qu’il entendrait une bonne partie de la journée. Mais j’étais le premier. Et il y avait un goût différent dans ces mots. Ils n’étaient pas prononcés pour faire plaisir. Pas pour lui en tout cas. C’était pour moi. Egoïstement, je voulais me sentir spécial. Je ne voulais pas prendre conscience de ces trois heures d’erreur. C’était son jour. Et pour le moment, il était à mes côtés. Et le « merci » tombait quand même. Gêné. Presque trop difficile à prononcer. Il n’y avait pas de banalité pour une fois. Ce n’était pas des syllabes prononcées machinalement. Pas de reste de sa bonne éducation. Il y avait le poids des années dans chaque lettre. Une de plus. Avec le poids du monde sur ses frêles épaules. Avec l’intensité de mes baisers sur ses lèvres. Ce n’était pas une bête soirée pour s’envoyer en l’air. Un coup rapide pour bien démarrer la journée. Il était trop malin pour penser ça. S’il ne se l’avouait pas complètement, il devait connaitre son importance. Mes gestes étaient trop doux. Mes caresses trop tendres. Pas de ceux qu’on reçoit d’un amant parmi tant d’autres. Il m’était spécial. Et j’espérais l’être en retour.

Je ne demandais pas son amour. Je ne le méritais pas. Je voulais simplement cette petite place dans sa vie. Un peu plus grosse que les autres. Créer des souvenirs qui marquent un peu plus. Passer des soirées qu’on n’oublie pas. « Tout ce que tu veux. » Ce soir, j’étais tout ce qu’il voulait. Son amour. Son amant. Son héros. J’étais prêt à gravir les montagnes et à lui décrocher la lune. Mon cœur était grand ouvert. Mes lèvres déliées. Il n’avait qu’un mot à dire. Qu’une question à poser. Je le serrais un peu plus contre moi. Mon visage dans son cou, respirant son odeur. Je ne voulais plus sortir de cet appartement. Je voulais vivre dans ses bras. Le monde était fade sans lui. Bien plus vivant sur les pages que je noircissais un peu plus chaque jour depuis notre rencontre. Le roman sans fin. Les mots qui coulent pour former une histoire qui n’appartenait qu’à moi. Qu’à nous, même s’il n’en n’avait pas conscience. L’Aloïs sur le papier était beau. Une œuvre. Mais je commençais à croire que celui contre moi l’était encore plus. Il n’avait pas que la chair en plus. Il était juste… tellement vivant. Sans même s’en rendre compte. Il était bien plus qu’il ne voulait l’adresse. Bien plus que tout ce que je pourrais écrire.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 9/10/2017, 16:50


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Il y avait une requête.
Une demande impossible.

De ces choses qui ne se faisaient pas. Ne se disaient pas. Ne s’avouaient pas. Pas dans son monde, du moins. Pas dans son coeur, ce point. Il y avait ses bras. Il y avait ses lèvres. Il y avait sa bouche, qui le mangeait comme un pain pour un affamé. Et son battement de cils, hasardeux. Et son battement de sang, douloureux. Comme cette déglutition. Ravaler des couteaux. Derrière un sourire, les lames de rasoirs. Et ses lippes pincées, la morsure trop profonde. Un souffle retenu. Fixer la ville, qui dormait et se battait. Là, par-dessus les boulevards. À travers sa fenêtre, sous leurs pieds. La vue depuis le balcon. Les étoiles et les lampadaires. Le brouhaha indistinct. Vingt-quatre ans. Un frisson. Trop nu, alors que ce n’était rien. Une folie. Irréelle. Un désir inassouvi.

Un toussotement.
Sa voix rauque et ronronnante.
Un chat logé entre ses cordes vocales.

« Fais-moi l’amour. »

Une voix blanche.
Ses yeux sombres.

Il ne demandait pas qu’il le prenne et l’abuse, comme à leur habitude. Il ne demandait pas à ce qu’il fasse de lui un jouet lubrique. L’amour. Un mot qui avait roulé sur sa langue, avec une convenance déconcertante. Un mot qui ne se disait pas. Qui n’existait pas, pas dans ce monde-là. Il en avait presque envie de rire. Peut-être de tristesse.

Tout sacrifier, sans espoir de retour. C’est ça, l’amour.

Si il l’écoutait, alors il n’était que ça. Il aimait trop. Trop fort. Pour tous. Il aimait pour donner, il aimait pour voler. Prendre sans se retourner. Les vagues et l’écume de ses poils hérissés dans sa nuque. Accroché à ses lèvres. À la réaction qu’il connaissait, et pourtant qu’il ignorait. « Juste… Juste cette nuit- Je sais pas ce que ça sera demain matin, mais-… J’veux pas baiser. » C’était tout le monde. C’étaient les autres. Ceux auxquels il susurrait des mots âpres, en glissant son numéro dans la poche de leur costume. Ceux dont il se moquait, ceux qu’il narguait. Et ceux qu’il appréciait, avec toute la tendresse de ses batailles. Ceux qui dansaient, ceux qui ondulaient sous les stroboscopes. Ceux qui riaient, l’alcool dans le sang. Ceux pour qui il tombait à genoux, sur le carrelage de toilettes exiguës.

Fais-moi l’amour.

Comme ça ne lui était jamais arrivé. Rien ne pouvait changer, sinon les termes. Il connaissait les marques. Il les avait déjà vues. Celles des autres. Les griffures dans son dos. Celles sur lesquelles il repassait avec ses ongles. Les morsures entre ses jambes. Les traces sombres, les souvenirs. Tout donner. Tout sacrifier. Sans espoir de retour. Et ses phalanges qui caressaient nerveusement ses mèches brunes. La pulpe de ses doigts perdus le long de sa peau. Il se voyait, dans le reflet de ses rêves. Dans l’humidité de ses yeux. Il l’ignorait, aussi fort que possible. Il était d’un autre monde. Apollon irréel aux succès éphémères. Sans lutte, sans bataille. Il le regardait encore écrire, quand il faisait semblant de dormir. Les sourcils froncés, l’air ombrageux.

Il en avait peur.
De lui donner ce qu’il voulait.

Mais il en rêvait.
Se leurrer encore.

Juste une nuit. Rien qu’une nuit.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 9/10/2017, 21:36

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
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Il y avait des mots que je n’aurais jamais cru entendre dans sa bouche. Je les avais espérés. Je les avais rêvés. Mais au fil des mois, j’avais abandonné tout espoir. Je prenais son corps. Je prenais les moments partagés ensemble. Je prenais l’affection qu’il était capable de me donner. Mais il n’y aurait rien de plus. Il avait ses batailles à donner. Son corps à utiliser avec d’autres. Il n’y avait pas de place pour autre chose. J’en avais conscience. Alors j’oubliais mon cœur et pensais avec mon entrejambe. C’était tellement simple. De la provocation et des rires. Des marques et de la sueur. J’ignorais d’où venait cette nouvelle envie. Ce besoin d’amour. Mais j’aurais pu pleurer. Le soulagement de savoir qu’il désirait ça de moi. Il aurait pu passer sa soirée avec n’importe qui. Chercher la tendresse dans les bras d’un autre. Mais c’était mon corps qu’il tenait contre lui. Mes lèvres qu’il cherchait timidement. Je lui aurais donné la Terre entière. J’aurais bâti des palais pour lui. Je voulais lui faire l’amour pendant des heures entières. Des nuits. Des années. Je n’avais droit qu’à ce soir. Un court moment de bonheur qu’il me reprendrait au lever du soleil.  Et j’ignorais si j’en étais capable.

Mais qui étais-je pour lui refuser ? Qui étais-je pour me le refuser ? Je devinais déjà mes larmes en refermant la porte derrière lui. Les souvenirs douloureux lorsqu’il repasserait le pas de la porte dans quelques jours. Le retour à la normalité. Comme si rien ne s’était passé. Mais il n’avait qu’un seul désir. Un vœu qu’il voulait que j’exauce. « D’accord… » Une déglutition. Et j’effaçais toutes craintes d’un baiser. Je laissais mes regrets pour l’avenir. « Laisse toi être aimé. Juste… ce soir. » Et peut-être même les suivants. Même il ne le réaliserait probablement pas. Il verrait les mêmes regards, les mêmes gestes. Et pourtant je doutais pouvoir retrouver la banalité de nos ébats précédents. Je voulais l’aimer. Jour après jour. Même s’il ne le savait pas. Même s’il ne le faisait pas en retour. J’acceptais la situation. Aussi triste fut-elle. De cette relation à sens unique. Alimentée par une simple nuit d’amour. Un bête cadeau d’anniversaire. Je l’embrassais avec toute ma passion. Caressais son corps avec tout mon désir. Je voulais enlacer son corps nu dans les draps de soie. Sentir ses ongles se planter dans mon dos lorsque je le pénétrerais. Gémir son prénom à son oreille dans un murmure qui n’appartenait qu’à nous.  
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 9/10/2017, 22:28


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Il avait rarement vécu cela.
Quelque chose d’aussi triste.

Tant d’amertume, alors que c’était jour de fête. Tant de fragilité, alors qu’il gagnait à vieillir. Il défiait les décomptes. Il narguait la mort. Il avait acquis son droit à la vie, son droit à survivre. Se battre et ne jamais s’arrêter. Il riait encore, il y a quelques heures. L’air effronté, le menton haut. Il riait encore. Il courrait encore. Il l’embrassait encore. Encore. Un tourbillon, tout au fond. La mélancolie. Il détestait cette idée. Qu’il fallait vieillir. Se laisser aller à l’âge. Cette chose qui rongeait les os. Qui portait le prix des bourreaux. Et dans sa supplique trop humble, c’était le drame d’une adolescence attardée. D’accord. L’entendre et ne pas le croire. Qu’il avait demandé une telle chose. Tombé si bas, monté si haut. Un battement de sang. Chasser les miasmes et le marasme. Ce qui s’accumulait au fond de son crâne. Reprendre pieds, reprendre mains. Celles qui courraient dans son dos. Un simulacre de sourire. Une douleur trop profonde. Son coeur à la dérive. Inspiration. L’expiration. Ses muscles raides, les courbatures. De trop de lutte, trop de batailles. Les combats en solitaire.

Rattraper ses poignets.
La boule au ventre.

Se dégager de son emprise, se relever. L’équilibre d’un funambule, debout devant lui. Un sursaut sous sa peau. Qu’est-ce que tu fous ? Vingt-quatre ans. Pour en arriver là. Minuit passé. Et une seule requête. Qu’il avait prononcée avec l’innocence et la douleur des hommes d’avant. Qu’il regrettait presque, désormais. Une lueur incertaine, au fond du regard. Malgré ses grands airs. Quelque chose d’étouffant. Une quinte de toux. Une insulte passée sous le souffle. Un ricanement nerveux. Laisse toi être aimé. Un reniflement, une morsure trop profonde. Un défi dans le regard. Pour se protéger des ombres. Il avait glissé entre ses baisers et entre ses paumes. Ses mains avides. Lui, trop beau. Et son âme glacée. La pierre tranchante qui lui servait à aimer. Un silex entre les côtes. Des battements de cils. « Juste… J’me fume juste une clope- » Un empressement sans précédent. Une terreur lointaine et enfouie. Fouiller dans les poches de la veste abandonnée. Les doigts nerveux. La fenêtre qu’il avait entrebâillée. La flamme tremblotante. La nicotine qui le tuait. Ses poumons déjà encombrés. Une autre quinte. Sa silhouette brouillonne.   Il fuyait ses propres rêves. L’avenue en contrebas. Les coudes sur le fer forgé. L’air frais. Celui qui mordait son torse. La carte de ses méfaits. Fermer les paupières. Les tempes dans les paumes.

Il était détestable.
Une personne infâme.

Et la fumée s’évaporait de façon effrénée. Faire tomber la cendre. Laisser brûler son monde. Le mégot abandonné sur la pierre. Ça aurait été plus simple. D’aller se perdre dans les bras d’un inconnu. De rappeler à tout hasard un homme de pouvoir. Puisqu’il n’était rien pour eux. Il y avait son corps. Et puis le reste. Et tout ce reste, l’homme qui l’attendait le grignotait avec appétit. Manger sa chair, ronger ses os. Souffler ses rêves, en faire des mots. Il voulait peut-être cela. Rien qu’une fois. Si ils avaient été quelque chose, il se serait levé. Pour l’enlacer, voler sa cigarette. L’embrasser contre la fenêtre, lui dire d’arrêter d’avoir peur. Lui demander des explications. Lui voler les réponses. Comme lui les volait aux autres.

Exorciser ses démons.
L’assommer de ses lèvres.

Il était trop vieux, et pourtant trop jeune.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 25/10/2017, 23:00

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Et il avait fui. Comme j’aurais dû y être préparé depuis longtemps.  J’étais surpris que ce ne soit pas arrivé plus tôt. Que l’habitude ne l’effraie pas. Que la familiarité ne le repousse pas. Il avait ouvert une brèche dans laquelle je m’étais faufilé avec tellement d’envie et de facilité. Il m’avait laissé faire, surement sans s’en rendre compte. Et maintenant il réalisait la porte qu’il m’avait ouverte. L’invitation qu’il venait de me donner. Une soirée exceptionnelle. Hors des habitudes et du temps. Elle ne nous engageait à rien. Lui, tout particulièrement. Car moi je n’étais pas sûr d’en ressortir indemne. Emu par le souvenir d’une nuit à l’aimer. L’être et le personnage. La réalité et le fantasme. Je le regardais s’effacer dans les lumières de la ville. Une silhouette sur le balcon. Le héros d’un songe. Il était beau. J’aurais pu l’observer des heures. Admirer la fumée qui dansait autour de lui à la lumière des réverbères. Mais j’avais besoin de son odeur et de sa chaleur. De percer la carapace qu’il venait de remettre tout autour de lui. Alors je levais ma carcasse. D’un pas lent, je rejoignais cet homme. Cet étranger. Cette lumière.

Mes bras l’entouraient délicatement. Mes mains se croisaient sur son ventre. Mes lèvres déposaient de doux baisers dans sa nuque. Je sentais ses frissons. J’ignorais s’ils venaient de ma présence ou du froid qui mordait sa chair. Peut-être nous deux. Deux attaquants qui venaient déranger sa quiétude. J’envahissais son monde. Celui auquel il me laissait accès. Son corps. Peut-être un peu son cœur. Des miettes parmi tout ce qu’il aurait pu me donner. Je me languissais de sa présence. Du son de sa voix. De ses baisers. Je respirais la cigarette qui embaumait nos êtres. « Ne me fuis pas. » Ne m’éloigne pas. Pas maintenant. Pas lorsqu’il faisait un pas. J’avais presque pu toucher à cette intimité. Une place lors des jours importants. Un espace pour l’aimer. L’ouverture de ses bras et de son cœur. Je volais la nicotine pour la faire s’écraser sur le trottoir plus bas. Remplacer le papier entre ses lèvres par les miennes. Ma main sous son menton pour le guider. Pour le voler, lui. « Donne-moi une nuit. »  J’aurais accepté de le voir disparaitre demain. J’acceptais ce deuil. Je m’y préparais depuis déjà trop longtemps. Mais en cet instant, j’avais tant besoin de lui. De l’aimer. De goûter à sa vulnérabilité. Je ne connaissais que trop peu de choses. Je devinais le reste. L’inventais parfois. Mais il avait le goût du réel. Le parfum de tout ce dont j’avais toujours rêvé.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 26/10/2017, 14:42


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Il y avait la brise.
Les lumières de la ville.

La chair de poule.

Et ce monde dans lequel il n’avait rien à faire.

Il fuyait, éperdument. En espérant toujours qu’on le rattrape. Sans même le savoir. Sans même s’en rendre compte. Qu’on le prenne au fait, que le reste explose. Des pensées anarchiques et sa tête fatiguée. Ça ne s’arrêtait jamais. Jamais vraiment, jamais complètement. Fixer la nuit, le rougeoiement au bout des lèvres. Dans la fumée, dans le goudron. La rage, en contrebas. Et son coeur, battant trop fort. Lente déglutition. L’effervescence paresseuse ne couvrait pas le son de sa respiration. Le bruit du parquet qui craque. De ses pas de loup. Et sa chaleur, et sa présence. Et la vague humaine, le long de son épiderme. Le long de son épine dorsale. Fermer les yeux. Juste un instant. Ses mains le retenaient. Ses lèvres le détenaient. Fais-moi l’amour. Il n’arrivait pas à faire taire les sirènes. À calmer cette machine qui s’était maladroitement mise en branle. Dès que les mots étaient sortis. Les mécanismes de survie. Si il remontait ses paumes, il pouvait sentir. À tout moment. Ce muscle cardiaque se démenant. Frapper avec toute la force, pour toutes ses faiblesses. Un rythme effréné qu’il n’arrivait pas à contrôler. Ne me fuis pas. Sa voix grave, dans un souffle. C’était lui, qui l’avait demandé. C’était lui, qui le voulait. Un voile sur ses traits. Un fantôme sur son visage. Un orage sur son front. Les sourcils froncés, pour tenir encore la barre.

Il avait arrêté de lutter.
Un cessez-le-feu.
Pour une nuit.

Il avait arrêté de lutter, comme lorsqu’il avait pris la cigarette entre ses phalanges graciles. Un météore parti s’écraser à la surface d’une ville qu’il ne reconnaissait parfois plus. Et son menton relevé. Un éclair au fond de ses iris mordorés. Un baiser sans ses mots. Et l’urgence de se perdre, avant qu’il n’y pense trop. Donne-moi une nuit.

Laisser sa paume glisser. Dos à la rue, dos à la vie. Une silhouette se découpant dans l’encadrement. Le repousser, le garder trop proche. Les têtes d’épingle de ses iris plantées dans son coeur. Serrer les dents, un dernier défi. Défaire sa ceinture, se débarrasser de ses derniers vêtements. Des dernières barrières. Des dernières frontières. Son armure à ses pieds. Sa carcasse à la merci des vautours. Des ecchymoses, d’autres griffures. D’amants inanimés. De coeurs de pierre. Nu, dans toute sa vérité. Relever le nez. Un reniflement. Le menton haut. Pour ne pas se laisser avoir. Pour ne pas se laisser aller. Un silence. « Fais ce que tu veux. » De lui. De tout. De cette nuit qui lui échappait à grands pas. De cette vie qui lui échappait à grands pas. Un noeud à l’estomac. Le tableau des arts de la guerre. Il n’arrivait pas à baisser les armes. Il n’arrivait pas à se rendre. Laisser tomber les boucliers.

Il serait parti au combat de toute manière.
La peau sur les os, et les rêves au bout des lèvres.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 28/10/2017, 17:13

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
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Il me filait entre les doigts. Mais contrairement à mes craintes, il restait là. Les vêtements s’amoncelant sur le sol. Sa nudité éblouissante sous mes yeux. J’aurais voulu peindre sa beauté. Ecrire des sonnets à son nom. Pour l’instant, je ne pouvais que l’aimer. Apprécier ce qu’il m’offrait. Une nuit. Peut-être plus. Je quittais le froid de l’automne parisien pour le retrouver. Les portes fermées derrière nous. Plus personne pour nous voir. Il n’y avait que lui et moi. Mes genoux à terre et mes mains sur ses hanches. J’embrassais son corps trop pâle. Respirais son parfum trop mâle.  Le menton levé vers son visage, je demandais une permission muette. Mes doigts se plantaient dans sa chair que j’avais déjà caressé de longues heures. Je la connaissais par cœur. Son goût et sa douceur. Ses frissons et ses gémissements. Comme une partition sur laquelle je m’étais entrainé des années. Je ne le connaissais que depuis quelques mois. Je ne l’avais connu que quelques soirs. Et je le partageais avant tant d’hommes. Des inconnus qui ne l’appréciaient pas pour ce qu’il était réellement. Seulement ce qu’il paraissait. Un objet de désir. Il était l’objet de mes passions. Mon amour et ma muse. Le seul homme qui attirait mon attention. Le seul homme qui attisait ma flamme.

Je goûtais à ce qui faisait de lui un homme. Des coups de langue et des baisers. Une douce mise en bouche. L’entrée en matière d’une nuit que j’espérais longue, bercée par son plaisir et quelques mots tendres. Je remontais le long de son corps pour attraper sa bouche. Voler sa langue et la faire mienne. Mes mains quittaient son corps seulement pour me défaire de ces couches de tissus. Une barrière inutile. Et finalement, ma nudité plaquée contre la sienne. Deux corps animés par le désir. La délivrance de le retrouver. Cette proximité si familière. Mais l’excitation des choses nouvelles. Une douceur rare. Une lenteur bienvenue. Je caressais sa joue. Son visage penché pour me laisser la place de me nicher dans son cou. Des baisers. Son parfum. Je me noyais en lui. De lui. Je suffoquais en respirant son odeur. Je voulais m’en imprégner et ne jamais la perdre. Même lorsqu’il m’oublierait. Même lorsqu’il trouverait plus intéressant. Je ne lui apportais rien sinon un passe-temps. Alors qu’il m’était tout. La source de mon inspiration et de mes sourires. La plupart de mes pensées même lorsqu’il était loin. J’ignorais la larme aux coins de mes yeux. L’extériorisation de toute ma frustration. De tout mon bonheur de le sentir entre mes bras. Peut-être pour la dernière fois.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 28/10/2017, 18:00


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Une offrande, peut-être un sacrifice.
Un agneau sur l’autel de dieux inexistants.

Entre l’ange et la bête, il n’était que carcasse. La chair et le sang. Et puis sa tristesse. Celle qu’il enfermait, à tout vent. Celle qui l’habitait, depuis trop longtemps. Par instant, par moment. Une vieille amie, un vieux prédateur. D’avoir trop vécu, de n’être plus des leurs. Des autres, de tous. Il vivait pour la mort d’un homme. Il vivait pour la fin d’un autre. Et quelque part, son coeur gisait. Incinéré, invalide. Jeté aux rebuts, avec le reste. C’était trop jeune, pour se faire remplacer. Pour se laisser dévaster. Mais c’était toujours trop vieux. Pour ne pas oublier.

Le vent s’était tu. La ville aussi. L’air flottant entre eux. Et sa chair de poule. Et ses coups de sang. Un objet, un cadeau. L’inverse des présents. Se donner, à sa merci. Poupée de cire, marionnette de chiffon. Il était tombé à ses pieds. Son visage contre son ventre. L’éclat de son regard, dans la lumière du soir. De cette nuit déjà morte. Et pourtant, trop vivante. Un creux au fond de la poitrine. Un vide entre ses côtes. Quelque chose de malsain habitait son âme, du crépuscule à l’aube. Des battements de cils. Debout au milieu de son salon. Un rictus, un vague soubresaut. Pour lui dire oui. Pour lui accorder ses demandes. Long soupir. Ses ongles qui déchiraient avec douceur sa chair. Et sa bouche qui le mangeait. Des vagues le long de son épiderme. Un instant trop court. Un instant trop long. Avant qu’il ne le fauche à nouveau. Qu’il ne reprenne son souffle, ses mots. Phalanges nerveuses se glissant dans ses mèches sombres. Son visage pressé contre le sien. Des paumes fantômes. Jusqu’à ce que sa chaleur l’enveloppe. Ses épaules choquant avec la fenêtre. Paris à ses pieds, Paris dans son dos.

Une caresse sur sa joue.
Ses yeux plantés dans les siens.

Une colère, une douleur. Quelque chose de sombre, qui le défiait de plus profond. Suivre la pulpe de ses doigts, pour rattraper les caresses. Les quémander, sans s’en rendre compte. Son souffle chaud, contre sa jugulaire. Un bras pour se raccrocher à son ancre. Une main pour se perdre entre ses jambes. Le long de son ventre.

Il y avait sa peur.
Il y avait l’urgence.

De vivre, tant qu’il en était encore temps. De vivre, tant que c’était possible. Le regard trouble. Il s’était trop perdu. Dans des bras détestables. Dans des idées minables. Ce corps n’était qu’un outil. Mais les rouages grinçaient, et le mécanisme avait depuis longtemps été trop malmené.

Un jouet.

Son sourire en dents de scie.
Celui avec les molaires. Celui du chien qui mord.

Un murmure, à son oreille.

« Je veux toi. »
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 29/10/2017, 00:10

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La douceur de sa peau m’envoutait. Derrière les cicatrices et les os parfois trop saillants, je ne remarquais que l’homme. Sa tendresse et ses frissons. Ses doigts me donnaient l’impression d’être important. Ses baisers courraient malgré lui le long de ma colonne vertébrale. J’étais en vie contre lui. Plus que je ne l’étais jamais. Plus humain. Plus ancré dans cette terre qui perdait souvent de sa saveur. Je souriais face à son air carnassier. Amusé et excité par son attitude. J’appréciais son souffle contre mon oreille. Pas autant que ses mots dont je ne me lasserais jamais. Je le serrais contre moi. Embrassais son visage et son cou. Je voulais être partout et nulle part. L’embrasser et mordre sa chair. Caresser son corps et y planter mes ongles. Qu’il se souvienne de cette nuit. De ma fougue et de ma tendresse. De mon désir et de mon amour. « Je suis tout à toi. » Cette nuit. Cette vie. J’étais là aussi longtemps qu’il le désirerait.

Ma bouche contre son épaule. Des baisers alors que mes doigts cherchaient les siens. Ils s’entrelaçaient doucement. Je l’attirais contre moi. Je l’attirais jusqu’à la chambre. Dans les draps de soie qu’il sublimait en étant lui. En étant là. Je l’admirais un instant dans la chaleur de cette pièce. Le témoin de longue nuit d’étreintes et de gémissements. Je le rejoignais lentement. Retrouvais ses lèvres et sa peau. Nos deux corps l’un contre l’autre. Ses jambes autour de moi, comme s’il ne voulait jamais me laisser partir. Je ne l’aurais fait pour rien au monde. Mon Aloïs. Mon cœur et mes sourires. Je l’embrassais à en perdre haleine. A en perdre raison. Mes doigts dans ses boucles défaites. Ma main contre ses cuisses puissantes. Les muscles tendus. Le désir palpable. Je voulais dévorer son excitation. Le faire mien. Être sien. Qu’il me capture au plus profond de lui. Avec le regard d’un homme qu’on aime. D’un homme d’important. Pas comme ces inconnus qui ne voient que son corps. J’espérais qu’il devinait son importance. J’espérais en avoir un peu. Je me serais contenté d’une poussière. « Si tu savais… » Tout ce que tu es. Tout ce qu’il serait toujours. Même si les sentiments fanaient. Il serait ce souvenir merveilleux. Ce visage qui faisait battre mon cœur un peu plus fort. Celui qui comblait mes pages de noir. Celui qui m’avait laissé lui faire l’amour le soir de son anniversaire.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 29/10/2017, 15:42


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Depuis longtemps, il avait appris à servir ce sourire.
Celui de la bête, celui du chien.

Celui-là même qui l’emmènerait en enfer. Qui l’avait traîné dans trop de paradis perdus. Celui qui rongerait ses os, ferait craquer la moelle. Et de tout cela, extraire un peu de vie encore. L’étreinte était fatale. Comme à chaque fois. Il ne fallait attendre qu’une chose. Condamnés pour des péchés inexacts. À une énième petite mort. Qu’il écrase ses côtes entre ses bras. Qu’il déchiquète sa gorge. À grands coups de canines. 

Tout à toi.

Sa main dans la sienne. Le rattraper, rattraper ses espoirs et ses trous noirs. Il se laissait traîner vers l’échafaud. Laisser tomber sa carcasse. La soie et son regard. Son corps étalé, la luxure d’un instant. De son humanité exposée à tous les vents. Les lèvres sèches et le souffle court. Lueur fiévreuse au fond des prunelles. Ce n’était que quelques secondes. En face à face, à sa merci. Lui qui le dominait de toute sa hauteur. Son coeur tremblant. Et la chair de poule toujours fidèle. Des battements de cils. Des battements de sang. Et l’accueillir. Dans ses bras. Il était une couverture chaude sur ses vieilles blessures. Nouer ses jambes. Le retenir sans y faire attention. Ne jamais le laisser partir. Les baisers ravageurs, affamés et désespérés. La pulpe de ses doigts courrait le long de ses bras. Le long de son dos. Tracer des routes, de long sillons. Les ongles et les griffures. « Quoi ? » Une question à en perdre haleine. En cherchant son regard. En embrassant encore sa mâchoire.

La cage thoracique écrasée par son poids.
Il fallait lutter pour chaque inspiration.

Et ça le tenait en vie. Entre ses mains. Sous ses lèvres. Refermer les yeux. Tendre le cou. Pour tenter de goûter l’air. De lui laisser un peu plus de chair. Se repaître de son existence. L’image floue, à fleur de rétine. D’un plafond aux moulures d’époque. D’une fenêtre donnant sur la ville. Des pointillés de ces flots de véhicules. Des lampadaires et des feux tricolores. Se perdre. Manquer un baiser.

Il se l’était pourtant juré.
Sans larmes et sans douleur.

Cette année au goût d’acide, au goût d’amer. 

Un reniflement. Son visage dans ses mains. Le retenir, l’arrêter. Chercher quelque chose. Un je-ne-sais-quoi qu’il ignorait. Humecter ses lippes, un frémissement de sourcils. La lente déglutition. « Fais-moi l’amour. » Dans un murmure. Réitérer les demandes. Dans un souffle imperceptible. Demander un aval. Une autorisation. À oublier. À s’oublier. Lui donner le reste de la nuit. Le reste de ses peurs.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 30/10/2017, 00:16

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Ce serait trop difficile à expliquer. Trop difficile à comprendre. Il ne devrait jamais savoir qui il était pour moi. Plus qu’une bouche contre la mienne. Plus qu’un amant lors des nuits froides parisiennes. J’étais sien sans qu’il s’en rende compte. Sans qu’il ne demande rien. Une fidélité à sens unique et sans limite. Je goûtais à ses lèvres comme un affamé. Je palpais ses formes comme un aveugle qui n’avait que ça pour apprécier la beauté. « Tu veux pas savoir. » Ça n’était pas important. Ça ne changeait rien. Il n’y avait que cet instant qui comptait. Mes caresses et ma douceur. Ses ongles dans mon dos et ses jambes autour de moi. Il y avait le désespoir. Cette étreinte que je ne lui connaissais pas. Le besoin de s’accrocher. De sentir que c’était moi. Son Stanislas. Mon Aloïs. Le couple d’une nuit. Le rêve d’une vie. Je me perdais dans son regard. Ses mains sur mon visage. Prisonnier de ses désirs. Je souriais bêtement face à son empressement. L’impatience que je n’étais pas près de combler. Je voulais savourer chaque instant. L’aimer des secondes durant. « Répète le moi, encore et encore. » Pour que jamais je n’oublie ses suppliques.  Pour que des années encore je me souvienne de la mélodie de sa voix dans mes oreilles.

Je traçais une ligne de baisers dans son cou. Sur son torse. Ses cicatrices étaient la route de ma tendresse. Le rappel constant d’un passé auquel je n’appartenais pas. D’un passé dont il ne parlait jamais. Ça n’avait aucune sorte d’importance. Elles étaient simplement la trace de sa vitalité. Grâce à elles il était là, contre moi. Alors je les aimais, comme n’importe quelle part de lui. Comme n’importe quel grain de beauté. Comme n’importe quel cil qui tombait sur sa joue. Mes mains caressaient son corps dans ma descente. Je sentais ses frissons. Je titillais son plaisir. Jouais de sa chair accueillante. Ses fesses et sa virilité, sous l’assaut de mes doigts et de ma bouche. Ses cuisses autour de moi avaient une chaleur rassurante. Assez ouvertes pour m’y laisser la place. Assez proches pour me rappeler qu’il m’enfermerait dans cet étau si jamais j’osais partir. L’abandonner même un instant. C’était plus que j’en étais capable. Un supplice que je n’étais pas prêt à vivre. J’avais froid lorsqu’il n’était pas là. J’étais seul lorsqu’il fermait les yeux. J’avais besoin de son regard. De ses caresses. De ses mots. Il frémissait sous mes coups de langue. Je blêmissais en pensant à la suite. Mes doigts ne suffisaient plus. Jamais. Il y avait ce vide. Ce manque. Cette douleur bienveillante. Cette pression accueillante. Le temps était précieux. L’instant divin. Mais ses yeux étaient ce qui importait le plus. Cette détresse inconnue. Ce besoin d’être aimé. Je retrouvais ses lèvres avec un empressement rare. Mes doigts se glissant dans ses cheveux dans une caresse bienveillante. « Je suis là. » Je serai toujours là. Et sur ces mots je glissais en lui. Surement trop tôt. Peut-être trop lentement. Mais avec toute ma tendresse. Tout mon amour.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 30/10/2017, 18:13


≈ ≈ ≈
get up, get out, get away from these liars
{because they don't get your soul or your fire.}
crédit/ lux aeterna/shiya ✰ w/@stanislas maurel

Peut-être qu’il avait raison.
Qu’il ne voulait pas savoir.

Encore avoir une chance. De se redresser, à l’aube. D’enfiler ses vêtements. Comme un voleur. De remettre cette veste sombre sur ses épaules frêles. Une main dans ses boucles, les cernes et l’amour. Et partir à pas de loups. Une cigarette au coin des lèvres. Pour se frayer un chemin dans la ville à peine réveillée. Respirer les gaz d’échappements. Goûter un peu au goudron. S’asseoir sur un banc, attendre un soleil trop souvent absent. En sentant la sueur, en sentant l’homme. Narguer les petites vieilles dans les squares. Faire la ligne de métro, appuyé contre une barre. Le regard sombre, prêt à se battre. Sourire aux beaux garçons, lever un peu plus haut le menton. Prendre un café dans un établissement décrépi. Manger le marc, l’amer au fond de la gorge. Entre les ivrognes et les costards. Elle était belle, sa vie. Elle était belle, sa ville. Le froid dans le dos, les frissons sur la peau. Sentir leur jugement glisser sur sa carcasse, et la lumière traverser les failles. Suinter un peu, de cette mélasse sombre qui engluait son coeur. Insulter les chauffards, et puis courir le plus loin possible. À perte de vue. À perte d’haleine. Cracher ses poumons, appuyé contre un mur en béton.

Quoi, ma gueule ?
Ils pouvaient bien la casser.

Alors, il répétait.
Son cantique. Sa supplique.

Avec toute son envie, tout l’empressement du monde. Un rictus conflictuel, et les lèvres à l’abandon de ses baisers. Caresser encore sa masse, dessiner encore ses muscles. Du bout des doigts. À pleines griffes. Un jour, il le rendrait fou. Si seulement il faisait à nouveau jour. La nuit n’était pas obligée de s’éteindre. Elle pouvait durer. Fermer les yeux. Un soupir. Qu’il mange sa chair. Qu’il mange son ventre. Il pouvait être le pain, il pouvait être le vin. Qu’il s’enivre. Il était à volonté. Sans voile, sans mirage. Cage thoracique lourde, de se soulever et s’abaisser aussi souvent. Entre ses jambes, l’origine de la guerre. Et le faire supplier. Un peu plus fort. Un peu plus bas. Des murmures sous son souffle. Entre ses mâchoires vissées. Contre son poing levé. Arquer et courber, pourvu qu’il le fasse flancher. Fléchir face à ses armes. Une main pour le retenir. D’une volonté de partir qui lui était absente.

Je suis là.
Le vide et le manque.

Ses yeux bleus dans la pénombre.

Et le hoquet silencieux, dans l’éclair de ses reins. Planter un peu plus profond ses crocs dans son épaule. Forme crue d’un amour animal. Sans fard, sans regard. Sans aucun moyen de se protéger. De tout ce qu’on aurait pu leur infliger. La douleur et la brûlure. De ses phalanges nouées dans sa nuque, dans ses cheveux. La lente agonie, au creux de sa bouche.

Un instant figé.
À lui tout entier.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 30/10/2017, 23:05

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
C’était l’un de ces moments où je prenais conscience de mon corps. Chacun de mes membres agissaient en harmonie avec ceux d’Aloïs. Une danse bien connue. Une passion dévorante. Les traces seraient bien visibles demain matin. Les suivants encore. Les souvenirs d’une nuit d’amour et de passion. Les ongles dans ma peau. Ses dents dans mon cou. Le désir animal de posséder l’autre. Dévorer son âme et sa chair. Et mon cœur qui battait si fort. Plus fort que jamais. Prêt à sortir de ma poitrine pour démarrer cette danse qui n’appartenait qu’à lui. Rouvrir les cicatrices et dénicher celui de l’homme contre moi. Plus qu’un simple organe. Plus que le moteur de son corps. Le sentiment d’être en vie. Celui d’aimer. D’être aimé. De partager un moment unique, qui n’appartenait qu’à nous. Ecouter le chant de nos gémissements. Profiter de la douceur de nos étreintes. De la douleur délicieuse de l’union de nos corps. J’aurais voulu rester en lui infiniment. Cette chaleur réconfortante. Cet étau familier. Je le pénétrais trop lentement. Le supplice de l’impatience. De ces yeux fermés de frustration. « Regarde-moi… » Je caressais son visage. L’embrassais du bout des lèvres. Un frôlement à peine. Comme un mirage sur sa bouche. A peine plus qu’un souffle.

C’était un rêve. La pureté des songes. Je craignais de me réveiller d’un moment à l’autre. Seul dans les draps de soie. Abandonné par ses bras. J’inversais nos positions. J’avais besoin de sentir son poids sur moi. De le sentir réel. Cette carcasse trop maigre et pourtant trop lourde. De souvenirs et de peines. Je guidais ses mouvements. Accompagnais ses ondulations. Mes doigts caressaient ses courbes masculines. Sa virilité délaissée, enfermée dans la proximité de nos corps. Des râles de plaisir. Le besoin d’en finir autant que de rester là des heures. Unis l’un à l’autre dans une tendresse qui ne nous ressemblaient pas. Je l’enlaçais tendrement. Une main dans sa nuque, à la naissance de ses boucles. Ce creux délicat, à l’origine de ses ronronnements. Je rêvais de lui murmurer des mots doux à l’oreille. Lui répéter combien il était beau. Combien il était important. Combien je l’aimais. Inconditionnellement. L’homme et le personnage. Ce qu’il provoquait en moi et ce qu’il était. Plus que l’inspiration. Plus que la raison de mon succès. La simple origine de mon bonheur. Le créateur de ma passion. Pour lui. Pour la vie. Mes sourires étaient siens. Mon cœur entre ses mains.
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MessageSujet: Re: take this night / staloïs (hot) 31/10/2017, 13:28


≈ ≈ ≈
get up, get out, get away from these liars
{because they don't get your soul or your fire.}
crédit/ lux aeterna/shiya ✰ w/@stanislas maurel

Regarde-moi.
Il aurait seulement aimé.

Qu’aucune autre pensée ne l’écarte. Qu’il puisse le regarder en face. Même si ses yeux pleuraient des larmes d’excitation et de frustration. Un baiser comme un papillon. Ses doigts de fantôme sur sa peau de papier. Un masque à terre. Quelque part, sur le parquet. À côté de ses vêtements entassés. À côté de son honneur. Non loin de ses remords. Les cils lourds. Des secondes, et l’attente. De ses bras cocon de chair. Et le droit à la disparition, volé d’entre ses mains. Sur l’autel de ses hanches. Un gémissement trop sincère. En redressant sa carcasse.

Ses paumes sur son torse.
Sa virilité entre ses reins.

Il le guidait. Le roulement de son corps. Et les tremblements de ses membres. Le souffle perdu, entre l’air et l’éther. Regarde-moi. Pourtant ses yeux se refermaient toujours. Le cou tendu, en glissant ses mains sur les siennes. En accompagnant ses découvertes. Fermer les yeux, pour mieux se voiler la face. C’était lent, comme dans un rêve à demi effacé. Un songe oublié, cet instant entre l’éveil et le sommeil. Ses lippes mordues dans sa complainte amoureuse. Un noeud au creux du ventre. Et chaque morceau de lui prêt à quémander un peu plus. Le tout, le reste. L’échine souple, quand il le rattrapait. Froisser les draps entre ses doigts. Les embrassades absentes. Tant qu’il pouvait respirer son air. Des battements de cils. Des battements de sang.

Faire durer l’instant.

Sans réelle notion du temps. Quelques secondes ou des minutes entières. Il avait enterré son visage dans le creux de son cou. Ses râles entrecoupés dans la naissance de sa mâchoire. Continue. Il n’y avait même plus le son à ses suppliques. Qu’il les lise en braille, sur le bout de ses dents. Pauvre diable enchaîné à ses bonheurs désastreux. Les vagues scélérates de son plaisir, à fleur de peau. Il pouvait s’échiner en solitaire. Mais il voulait que ce soit lui. Seul et unique, pour une nuit. Lui qui le prenne et le détruise. Le fasse mourir et renaître. Voler ses baisers, échapper à son étreinte. Cavalier seul. Et les paumes solides de l’écrivain, qu’il ramenait le long de ses cuisses. La faim.

La bête réveillée.
Il mourrait de faim.

De quelqu’un qui le connaisse assez.
Assez pour savoir le rassasier. Assez pour ne pas l’abandonner, le ventre vide.

Pas comme les autres, le chien errant.
Un morceau de carne et un coup de pied dans le flanc.

La faim.
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