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chasing ghosts. (inès)

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black opium de ysl

JE RESSEMBLE À : diego barrueco.

CRÉDITS : kawaiinekoj (a), balaclava, solsken (i), tumblr, junkiie (g)

PSEUDO : anaïs.


MessageSujet: chasing ghosts. (inès) 1/10/2017, 20:55

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/ oh won't you stay with me
'cause you're all i need
this ain't love it's clear to see
but darling stay with me /
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vingt trois heures trente et une. les quatre chiffres de l'horlogerie numérique affichés sur l'écran tactile de ton téléphone, t'informant de l'heure qu'il est. une heure tardive mais pas tellement non plus. ton index exerce une faible pression sur le bouton de verrouillage, et la lumière émanant du mobile s'éteignant pour laisser place à un noir complet autour de toi. il fait noir. il fait nuit. l'astre solaire a disparu du vaste horizon, et lentement le quart de lune de la soirée éblouissant a pris place dans le ciel voilé d'étoiles. changement d'astres métamorphosant l'atmosphère des rues. elle te semble bien différente la capitale la nuit. plus silencieuse, plus dangereuse, plus morte mais gardant une lueur de vie différente, attrayante. toi, tu es là. les fesses contre le béton froid des escaliers du porche d'un immeuble, le regard perdu dans l'immensité de la galaxie illuminée, la tête en pagaille et la clope au bec. y'a ce point rouge se détachant dans l'obscurité de la nuit, perdu dans le noir, le tabac brûlant au bout de ta cigarette coincé entre tes lèvres. tu fumes, en planant dans l'ignorance des raisons qui ont poussé ta présence face à cet habitat qui n'est pas tien. les questions embrument ton esprit désordonné. tant d'interrogations prenant forme dans ta cervelle mais aucune réponse s'y infiltrant. tu penses, et t'y perds l'esprit. tu sais pas ce que tu fiches ici, une raison expliquant ta présence. tu sais pas, tu cherches pas, tu te comprends pas. ou peut-être que la réalité est autre. au fond de toi, tu préfères ignorer les réponses, tu veux pas t'expliquer à toi-même la véritable explication de ta visite nocturne, à l'attendre. toute façon, l'alcool ingurgité plus tôt empêche les réflexions philosophiques de s’incruster dans ta boîte crânienne d'une façon bien trop plaisante. l'alcool, il brûle ta trachée aussi, a laissé une brûlure amère dans ta gorge, tu as l'impression qu'elle va s'enflammer quand tu prononceras les mots auxquels tu réfléchis, à l'explication que tu lui balanceras pour répondre aux interrogations qui pourront la traverser en te voyant assis là. tu es saoule, ivre d'une souffrance impérissable. et tu attends le remède à tes maux, tu l'attends avec une patience étonnante. les prunelles admirant le temps s'écouler autour de ta personne sans émettre la moindre pensée désagréable en rapport avec le temps qu'elle prend pour apparaître dans ton champ de vision. t'es trop retourné pour ça. retourné aux souvenirs, retourné aux douleurs éternelles inscrites sur ton coeur. parce que tu as eu la malchance, ou chance, de la revoir. elle. deux fois. deux fois de trop. deux fois où tu n'as pas réussi à lâcher prise sur les sentiments t'enveloppant, où tu n'as pas réussi à la lâcher totalement, à abandonner définitivement pour disparaître à tout jamais. son regard, sa voix, elle. tu n'oublies pas, toi. ça reste dans ta mémoire, et tu n'arrives pas à y effacer. ça fait mal. tellement mal. ton coeur s'éteint à petit feu, la mélodie des battements s'arrêtant à petites foulées, un peu plus à chaque fois que son image prend forme dans le noir de ton esprit. tes prunelles ne sont plus que le reflet de toutes ses choses envolées qui reste ancré en toi.
en cette douce soirée, tu es l'âme en peine, et dans cette peine t'enivrant, tu as besoin d'elle. le besoin vital d'oublier quelques secondes, de pas y penser jusqu'à te noyer dans une folie passagère ou éternelle. tu as besoin d'elle, inès. son sourire éclatant te faisant oublier celui qui t'a été enlevée. elle te fait oublier l'instant d'une seconde. et tu as besoin d'inès, comme d'une bouée de sauvetage. une bouée qui te maintient hors de l'eau, qui te permet de pas coulé dans la mer comme une pierre trop lourde. besoin qu'elle efface de sa simple présence la souffrance d'un passé effacé, arraché. ou qu'elle n'en devienne qu'une substitution, un rappel permettant de croire que rien n'aurait changé. ça te suffit d'y croire, pour le moment, c'est assez pour survivre. inès. quatre lettres, une personne, une simulation. malgré ça, tu aimes à croire qu'elle est là comme l'ange dont l'existence est nécessaire. un ange gardien, une lumière au bout du tunnel, elle est un peu synonyme de tout ça inès. tu aimes à penser que c'est le tien, d'ange, la tienne, de lumière. parce que tu as besoin d'un putain d'ange gardien pour veiller sur ta vie qui part en vrille. ça te rend égoïste, égoïste à en détruire une étoile resplendissante.
le bruit frénétique des pas tapant contre le sol délabré de paris se répercute dans tes tympans, ton regard s'abaisse jusqu'à tomber sur une ombre s'approchant d'une marche joviale dans ta direction. les rayons lunaires se reflètent sur le visage et c'est le sien de visage qui t'apparaît. elle est là. le mirage sauvant l'homme perdu dans le désert. le mirage sauvant folie passagère ou devenant la folie passagère. elle est là, s'approchant de toi. vos prunelles qui s'accrochent, et soulèvement de tes lèvres dans un rictus à la commissure. elle s'approche un peu plus, toujours plus. tu te lèves, t'approchant un peu plus d'elle. c'est d'une lenteur désarmante, un moment pendant lequel tu la dévisages, tu admires les traits de ton visage. elle est belle inès. d'une beauté frappante, fracassante. mais tu vois pas, tu remarques, parce que même dans les doux traits de son faciès tu n’aperçois que ceux d'une autre. tes doigts referment leur prise sur la cigarette pendue à tes lèvres, et tu craches la fumée de la latte que tu viens de consommer. "j'avais envie de te voir." c'est vrai. sincère. mais modifié d'une façon mensongère dans le fond. tu n'avais pas envie de la voir mais tu en avais le besoin vital de l’apercevoir pour ne pas plonger dans un foutoir sentimental te tuant sur place, pour pas t'effondrer sous la puissance des souvenirs d'une vie qui ne te semble plus qu'une rêverie. soutenant son regard, tes pieds stoppent tout mouvement. plus que quelques centimètres séparant vos deux corps. "t'as un peu de place pour moi, ce soir ?" la demande prononcée, le même rictus déformant ton habituel air impassible. t'es patient ce soir, lionel. tu la laisses décider ce soir.



ce soir, j'veux juste hurler.
hurler mes mots pesants,
avec ma voix d'adolescent qui a jamais mué.
hurler ma peur de l'abandon,
ma r'cherche frénétique d'attention.
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