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à la dérive (theo)

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MessageSujet: à la dérive (theo) 20/10/2017, 22:50

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/ il faut qu’on se noie encore une fois
dans les nuits fauves
et les grands soirs
qu’on récupère un peu d’espoir /
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quelques jours plus tôt, il faisait beau. le soleil illuminait le ciel turquoise, ces doux rayons réchauffaient les âmes vogueuses des rues. la voûte céleste était d'une couleur éblouissante, de celle créatrice des beaux sourires sur les faciès des passants. et sans que personne ne s'y attende, les nuages ont progressivement pris possession des cieux, donnant une couleur terne sans l'ombre d'une joie au ciel. il faisait beau, et maintenant, il fait moche. atmosphère des allées changeant au gré des envies de la météo. la pluie tombe sur Paris. le ciel déverse une tristesse infinie sur la terre. les milliers de gouttelettes d'eau explosant aux contacts des pavés, s'éparpillant sur le sol sale. l'eau donne l'étrange impression de laver les saletés humaines de la terre, laver tous ses détails gâchant la beauté de la ville le temps d'une averse. mais les gens, ils fuient cette purification passagère, ils ne le désirent pas. les gens, ils courent à la recherche d'un abri en pestant contre les intempéries. la désagréable odeur d'humidité qui ressemble vaguement au parfum d'un chien mouillé s'infiltre dans tes narines. parce que tout le monde fuit les larmes des cieux, tout le monde tente vainement de se faufiler entre elles pour qu'elles n'effleurent pas leurs peaux à en donner l'impression que les gouttes sont comme une brûlure violente qui les touche mais, pas toi. toi, tu ne fuis pas cette flotte s'écoulant le long de ton corps. tu ne fuis pas le temps morose de la capitale. la tête baissée, le regard fixé sur tes chaussures défoncées et les mains enfouies dans les poches de ton jean, tu vagabondes dans une destination toute tracée dans ta tête. la pluie s'abat sur ta gueule d'idiot, ta gueule où ne transpire aucune émotion, une impassibilité effrayante.
la pluie tombe sur Paris, et ton existence ressemble d'une façon amère à l'arrivée de cette météo sur la capitale. ça semblait calme, presque beau, et les nuages sont arrivés progressivement, d'une manière imprévisible. tu t'es attendu à rien toi, tu t'étais pas préparé. surtout pour la dernière nouvelle qu'est arrivé portant un coup fatal dans ton être, coup mortel. l'unique chose de toute ta vie que tu ne voulais jamais entendre, que tu ne voulais même pas imaginer malgré la certitude mélangée à l'âcre goût de la peur qui étaient omniprésents dans ton esprit. ça t'a éclaboussé à la gueule, violemment, plus brutalement que l'averse se jouant au-dessus de ta tête. t'étais pas prêt à entendre les syllabes qui forment cette phrase éclatée dans l'air, mais, encore une fois, le monde ne t'a rien demandé et te l'a infligé. et tu sais pas quoi faire, tu sais plus quoi faire, perdu dans toutes les idées, les souvenirs et les envies te traversant de part en part. alors, tu te contentes de marcher. marcher jusqu'à retrouver ton chemin, le chemin de ce refuge où ton cœur ouvert peut exprimer toutes la déferlante de sentiments te submergeant, et que tu camoufles sous l'impassibilité de ton faciès. ça bouillonne au fond de toi, et ça va imploser. tu vas imploser, tout exploser autour de toi. comme une véritable bombe humaine.
trente minutes à vagabonder en continu sous flotte, et tes pieds stoppent tout mouvement devant une porte. t'es arrivé à destination. ta main tape trois coups distincts contre le bois de la porte, et tu patientes quelques instants. les dernières secondes perdurent dans le temps avant que tout n'éclate. les dernières secondes qui tiennent encore en place le fin fils de tes émotions enfouis qu'est à deux doigts de se briser. le grincement de la porte atteint ton ouïe et la lumière de l’appartement éclaire l'obscurité du couloir. tu l'aperçois d'un coup, le visage de theo qui se répercute contre ta rétine. l'ouverture de la porte, l'invitation à entrée, et comme une ouverture à ton explosion. pas une salutation ne s'échappe de tes lèves, pas un mot ne découle de ta gorge, pas une émotion traverse ton faciès. stoïque jusqu'au bout des ongles, t'avances dans l'appartement dans une impolitesse habituelle mais inhabituelle dans ta façon d'agir. mouvement rapide de la tête, foutant le foutoir dans tes pensées, dans l'intention de sécher ton corps gorgé de pluie. comme une tentative vaine d'effacer tout d'un mouvement ressemblant à celui d'un chien trempé, tu tentes de sécher tes sentiments. à la minute où tes fesses s'écrasent contre les coussins du canapé, les secondes n'ont plus l’opportunité de s'écouler encore un peu plus que ta voix coupe le silence entre vos deux êtres aux pensées bien différentes. toi, tu as l'implosion trop proche pour te retenir plus longtemps, te taire encore quelques instants pour le laisser exprimer les interrogations ou laisser un suspens débile quant à ta visite surprise semblant sans motifs. mais il y en a un, il y a une raison. la raison bien pire que toutes les autres. "mon père va sortir de taule." cassure du masque d’impassibilité qui ornait les traits de son visage. mais trop d'émotions y défilant pour n'en retenir qu'une. t'es dépassé, t'es perdu, lionel. perdu dans un problème plus énormissime que toi-même, que toutes les conneries que tu pourras potentiellement faire un jour. tu n'as pas de solutions à ton problème, t'as même pas un once d'idée qui traverse ton esprit en pagaille. t'as rien. mais surtout t'as peur, peur de la même manière que ce gamin qui prenait les coups. ce gamin que tu seras toujours, d'une façon ou d'une autre, que tu ne le veuilles ou pas. tu as la trouille, la crainte de le revoir et de pas être assez fort pour sauver les quelques lumières persistants à éclairer ta vie. t'es effrayé d'une façon trop enfantine. les cauchemars ne te quittent jamais, les démons de ton enfance ne s'en allant jamais. mais, surtout, revenant d'une façon qui ne sera plus mirage mais réalité. alors, tu as besoin de theo. tu as besoin de son écoute attentive, besoin de ses conseils, et de lui surtout. pour la première fois depuis ta naissance, tu es prêt à demander de l'aide par toi-même. tes prunelles accrochées aux siennes le suppliant d'un regard te t'aider à surmonter le passé qui revient sous forme d'une grande claque dans la gueule.
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MessageSujet: Re: à la dérive (theo) 26/10/2017, 07:06

⊹à la dérive
Yeux fermé, casque sur les oreilles, les volets toujours fermé, aujourd'hui faisait parti de ces moments où j'avais décidé de me renfermer sur moi même, où j'avais décidé que le monde pouvait ignorer mon existence pour quelques heures. Ces phases était rare, je me laissais trop peu souvent d'espace pour moi même juste pour respirer, je préférais trop souvent retenir ma respiration et porter les bagages de quelqu'un d'autre, parce que moi je savais que je pouvais gérer, je pouvais faire avec. Je pouvais honnêtement pas dire quelle heure il était, ni même quel parti de la journée c'était, le matin, le soir ? est ce que j'avais mangé au moins ? J'en savais rien, je m'enfermais dans ce gouffre si confortable, me laissant bercer par la douce musique qui se glissait dans mes oreilles et ça faisait du bien, ça faisait du bien pour quelques heures de prétendre que je n'existais pas. C'était peut être malsain, de croire que j'en ressortais toujours plus fort, j'ignorais peut être beaucoup trop de chose sans m'en rendre compte, mais je crois bien que j'en avais besoin, je crois bien que tout le monde en avait besoin en fait. J'ouvrais à demi mes yeux, sortant en quelque sorte de cette transe qui avait pris emprise sur moi, revenant doucement à la réalité, balançant mes bras et jambes comme un pantin désarticulé pour m'étirer, prenant de large inspiration.  Ça pouvait faire 5min comme 4h que j'étais dans cet état là j'en avais aucune idée. Tout ce que je savais à cet instant c'est que j'étais en train de revenir sur terre, c'est peut être ça que les gars ressentent quand ils fument leur merde, j'avais juste besoin de me couper du monde, de me déconnecter.

J'avais pas besoin de beaucoup de temps pour redevenir "moi même". J'enlevais mon casque, allais dans la cuisine et prenais un énorme verre d'eau fraîche que je buvais d'une traite, comme si j'avais pas pus le faire depuis des jours. Machinalement je regardais mon téléphone, on savait jamais ce qui avait pu se passer pendant que j'étais là égoïstement fermé dans mon monde. J'entendais plusieurs toquement à la porte et je me retournais, un sourcil arqué, comme si la porte allait me répondre et me donnait une indication sur qui se trouvait de l'autre coté. N'attendant personne, je ne pouvais que supposer que c'était un des gars qui venait comme s'il était chez mémé. Je reposais mon verre et allais directement répondre. Le visage de mon doux ami Lionel apparaît de l'autre côté de la porte et il me suffisait de juste l'apercevoir pour savoir qui avait une merde quelque part et cette fois ci je pensais pas que la couille venait de son côté. Mes potes étaient beaucoup plus expressif qu'ils pensaient l'être, ou c'est moi qui les connaissait trop bien, faisant attention à chaque détails, connaissant la signification de chaque ride, ca en était même peut être carrément glauque en y pensant. Il prenait pas la peine de me saluer et je faisais de même, n'ayant jamais vraiment été fan des commodités, on en avait pas besoin de toute façon, il me faisait quand même un vif signe de la tête, ptetre plus pour remarquer ma présence qu'autre chose, il avait l'air d’errer comme un fantôme. Il rentre dans mon appart et se secoue comme un pauvre chien, giclant de l'eau dans tous l'appart, il est sérieux ce gars ? quand je disais qu'ils pensaient tous être chez mamie ici. Il était en train de pleuvoir ? Je pourrais sérieusement même pas répondre à cette question. Il s'assoit sur mon canapé et j'ai presque envie de lui gueuler dessus pour tremper ma magnifique possession, mais je me retiens, déjà parce que monsieur est tout permis mais aussi parce que je pense pas qu'il ai envie que je lui fasse chier à ce moment précis, et que je voulais savoir c'était quoi le problème. mon père va sortir de taule. Mon cœur rate un battement et je reste muet pendant une millième de seconde, millième de seconde qui me laisse le temps d'analyser la situation. Je le rejoins et me jette sur le canapé. t'as pas besoin de le revoir Y avait peut être des conneries comme un juge qu'il devait voir ou un truc du genre, mais j'en avais rien à foutre on pouvait pas le forcer à revoir son géniteur. La maman poule qui était en moi avait envie de le priver de console s'il lui venait à l'idée d'aller le voir. Je suis sérieux Lio', laisses le, t'emmerde pas avec cette connerie Je me retourne vers lui, cherchant à capter ses yeux qui eux sont perdu dans le vide. Con comme il est je pouvais parier qu'il serait prêt à aller le voir juste pour le confronter.


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