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ghosts in the moonlight (lanille).

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black opium de ysl

JE RESSEMBLE À : david prat.

CRÉDITS : innuendo (avatar), tumblr.

PSEUDO : manon, flightless bird.


MessageSujet: ghosts in the moonlight (lanille). 29/10/2017, 18:29

i walked the streets all day
running with the fears,
just take the pain away.
- lanille. ♡

les astres dansent et s’entremêlent devant ses pupilles orageuses, comètes à la lueur faiblarde se percutant violemment en crachant leur poussière constellée. collision d’étoiles, qui à défaut de trouer la voûte céleste nocturne, s’impose à son esprit dérouté sous ses paupières closes. brûlante, l’hémoglobine dévore ses veines, s’achemine jusqu’à son cerveau et semble frapper, sonner telle une symphonie stridente à ses tympans. ses doigts s’impriment un instant sur l’épiderme de ses joues rougies par le froid et les coups, mais les sensations de son visage semblent s’être perdues sous la force des poings reçus. les papilles soudainement noyées sous le liquide vermeil corrosif s’écoulant de son nez, le jeune guérin crache sur le bitume glacé de la rue, tâches rougeâtres polluant le goudron et se mélangeant au gris maussade de la ruelle. il titube cinq minutes, si ce n’est plus, avant de s’écraser lourdement sur le trottoir vide de tout passant. les cris étouffés des autres gamins des rues triomphent sous le silence nocturne mais ne lui parviennent que trop faiblement tant son esprit et son corps lui semblent être à des années-lumière de la planète terre. des années-lumière de paris et ces quartiers malfamés dans lesquels il s’enlise depuis toujours. encore plus depuis quelques jours. le visage de son père s’impose à ses opales sombres au détour d’un instant fugace, image qu’il tente de chasser tant bien que mal, la grimace déformant par la même occasion ses lippes rouge sang. il a pas l’habitude camille. pas l’habitude de ressentir ne serait-ce qu’une once d’inquiétude pour un patriarche qu’il a détesté, haït à s’en retourner les tripes pendant une bonne partie de sa vie. mais aujourd’hui, le guérin (re)nouait avec ce fragment d’âme qu’il croyait enterré, impénétrable, et qu’on appelle l’humanité. cette appréhension de perdre un proche, faiblesse des sentiments à l’idée de subir l’abandon de celui qui l’a délaissé depuis des années pour les barreaux glacés du pénitentiaire. ô douce ironie. les pensées sombres obscurcissent les paysages de son esprit, accélèrent les battements du palpitant contenu dans la cage thoracique et camille s’en arracherait presque les cheveux. de ne pas pouvoir soigner les ecchymoses du passé, effacer le visage dur et froid du patriarche qui se reflète dans son regard vitreux. de ressentir. simplement. alors il fait de la merde camille. un peu plus que d’habitude peut-être. cherche à anesthésier physiquement et mentalement les cicatrices qui menacent de se rouvrir en une plaie béante impossible à cautériser. donne autant de coups qu’il cherche à en recevoir jusqu’à endurer les tremblements des muscles de ses bras. s’écrouler sur ce bitume qu’il a martelé tant de fois. les mains qui essuient rageusement le sang frais sur son visage, la respiration se fait sifflante, piquante et inhaler l’air pollué de paname lui arrache un hoquet de douleur. les secondes lui échappent, filent entre ses doigts fatigués, et il est bien incapable de mesurer le temps passé sur ce trottoir, en tête à tête avec ses propres démons. et quand enfin, il trouve la force de se remettre sur ses pieds, il passe quelques carrefours, erre sans grand but, s’enfonçant dans les profondeurs de la ville lumière, silhouette de la ville qui lui parvient si floue tout à coup. et sous les coups d’une pulsion chatouillant les parois de son esprit, il envoie un message à maribelle sans réellement comprendre sa véritable motivation. pourquoi elle et pas une autre, finalement. mais les actes et les envies prenant généralement le pas sur la réflexion, c’est sans attendre de réponse qu’il s’engage vers la demeure verdier pourtant à des kilomètres de là. il réfléchit plus camille, se force à verrouiller sa cervelle de ses illusions nocturnes de noctambule pour échapper à un flot de sentiments contradictoires qui l’assaillent tel un tsunami contre lequel il ne pourrait se battre. et le temps s’effiloche tandis qu’il s’épuise dans un second combat au cours de la même nuit, lutte acharnée mais cette fois-ci contre lui-même. il met maladroitement un pied devant l’autre et se retrouve devant le portail imposant des verdier qu’il escalade tant bien que mal durant de longues minutes, lèvres pincées, esprit tournoyant sous la faiblesse de son corps. pour l’avoir fait une dizaine de fois, il savait exactement où poser les pieds pour s’éviter la difficulté et les efforts inutiles. toujours aucun message. le gamin contourne l’immense manoir, se poste sous la fenêtre de ce qu'il semble se rappeler d'ici, être la chambre de maribelle avant de cogner ses phalanges sur la vitre en des mouvements lents et fatigués, brisant le calme écrasant le terrain autour de lui. sans se préoccuper à vrai dire de savoir si d'autres membres verdier pouvaient capter le bruit. pas de réponse. il réitère sans savoir pourquoi il s’acharne véritablement. pourquoi il tient tant à être ici, loin des affres des rues, loin de l’agonie de la nuit. un filet de lumière le fait brusquement cligner des yeux et camille recule d’un pas. puis deux. puis trois. la fenêtre s’ouvre enfin et une silhouette féminine se détache du halo blafard. « mari ? » qu’il lâche en un souffle presque imperceptible s’entremêlant à la brise, les yeux plissés comme pour tenter de l’identifier. les pieds enfoncés dans l’herbe, il titube encore un peu sous la fatigue qui le fauche avant de comprendre qu’il a affaire à la mauvaise personne. à une autre sauveuse d’une nuit. « putain lana c’est toi ? elle est pas là mari? » les mots claquent sur sa langue, s’entrechoquent de sa voix éraillée, éreintée. les questions se bousculent au même titre que les pensées qui peuplent son cerveau. et il se contente de la dévisager à quelques centimètres en dessous d’elle, étudier les traits de son visage malgré le manque cruel de luminosité. comme deux âmes dont l’idée de se retrouver sous les étoiles d’une nuit n’aurait jamais effleuré leurs esprits embrumés. comme deux fantômes au clair de lune réunis par la seule force de la destinée.




FLIRTING WITH DISASTER.
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