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Go Against the Flow - (Maklie)

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MessageSujet: Go Against the Flow - (Maklie) Dim 7 Jan - 22:35

Go Against the Flow
« Qui suis-je ? » ; « Que m’est-il arrivé ? » ; « Qu’est-ce que je fais ici ? ». Des questions en apparence toutes bêtes et dont les réponses sonnent comme une évidence. Pour le commun des mortels, peut-être, pour moi … c’est une énigme totale. Un casse-tête sans nul autre pareil, et qui me rend un peu plus fou chaque jour. Il n’existe pas un instant, sans que ces innombrables interrogations ne me quittent. Elles sont là. Elles me hantent et m’obsèdent. En permanence. Comme une marque au fer rouge. Je me lève en m’endors avec elles. Aucun élément de réponse me permet de dénouer ce gigantesque sac de nœuds. Au contraire, j’ai même plutôt l’impression qu’il ne fait que croître à mesure que les jours s’égrainent et se meurent. C’est un peu comme si je n’avais que les pièces constituant les contours d’un énorme puzzle. Cela fait un peu plus de deux semaines que j’ai repris conscience dans cet hôpital militaire, et pour l’instant je suis toujours au point mort. J’ai du mal à croire que j’ai accepté de mon plein gré, de subir cette opération. Une lobotomie partielle, comme ils disent. Officiellement, on m’a fait sous-entendre que c’était pour éradiquer des petits troubles visuels et auditifs constants, mais j’en doute. Quel homme peut-être assez fou pour encourir le risque de devenir un légume, uniquement pour annihiler de simples petits problèmes de vue et d’audition ?

Soit j’étais à l’époque une tête brûlée n’ayant aucune conscience du danger, soit on m’a contraint et forcé à endurer cette procédure. Personnellement, je pencherais plus pour la seconde hypothèse. En tout cas, j’ai le sentiment que les médecins se sont efforcés de me cacher quelque chose et de taire la vérité. J’ignore depuis combien de temps je suis à Paris, mais j’ai l’impression que personne ne s’est risqué à jouer franc jeu et cartes sur table avec moi. Avant tout, ce que je dois découvrir c’est pourquoi on a essayé de me tuer. Savais-je quelque que j’aurais mieux fait d’ignorer ? Un truc relevant du secret défense ou classé top secret. Qui est derrière tout ça ? L’État Major ukrainien ? Les Services Secrets français ? Y-a-il un lien entre cette opération et la tentative d’assassinat ? Constatant que je n’étais pas devenu un être en état végétatif, on aurait alors décidé d’employer les grands moyens ? Non … je ne crois pas. Cela ressemblait plus à une sorte de règlement de compte ou d’affaire personnelle. Ce que j’ai du mal à comprendre, c’est pourquoi le tireur a raté son but. Au vu du matériel qu’a utilisé cette personne, j’ai toute les raisons de croire qu’il s’agit d’un tireur d’élite ou quelque chose dans le genre. La finalité n’était pas de me descendre ? Etait-ce une mise en garde ou une sorte d’avertissement ? Bref, comme vous pouvez le constater ce ne sont pas les questions qui manquent.

Peut-être qu’une partie des réponses se trouve dans ce que recèle ce cylindre à musique, que j’avais sur moi à mon réveil ? Mais … je ne suis pas certain de réellement vouloir savoir ce qu’il renferme. Quelque chose me dit que c’est comme la boîte de Pandore. Si je l’ouvre, les choses iront de mal en pis. Et franchement, je n’ai pas spécialement besoin de cela pour le moment. Allez savoir si c’est une conséquence de l’intervention, mais depuis quelque temps, je ressens comme un besoin vital de toujours me laver les mains ou de prendre plusieurs douches par jour. Comme si l’on  avait distillé en moi une souillure indélébile que rien n’efface. Ou alors, il s’agit d’un rituel de purification. Afin d’expier et de nettoyer des pêchés ou des fautes, que j’ai sûrement commis dans le passé et dont je ne me souviens plus. Sans doute qu’inconsciemment, je tente de revivre mon passé. Après tout, l’eau est en quelque sorte « mon élément de travail ». Il n’y a donc rien de bien surprenant si pour la quatrième fois dans la semaine, je me rends au complexe aquatique se situant dans le quartier dans lequel je tente de vivre caché. Du moins, pour l’instant. Comme d’habitude, la nana derrière le guichet à l’entrée me gratifie d’un regard que je ne connais que trop bien depuis que je suis ici. Ce type de regard qui dit tout bas : « Tu n’as rien à faire ici. » ; « On ne veut pas de gens comme toi. ».

D’accord je veux bien, mais que puis-je faire d’autre ? Si j’ai la bêtise de retourner en Ukraine, on m’arrêtera manu militari pour désertion. On m’accusera également de tout les maux de la Terre : trahison envers la nation, et pourquoi pas même intelligence et complicité avec l’ennemi. Le sort qu’on réserve aux personnes commettant ce genre d’impair n’est guère des plus reluisants. Si vous l’ignorez, j’aime autant vous dire que le régime de Porochenko est nettement moins regardant que la France, pour ce qui est du respect des droits de l’Homme. La vérité, c’est que je suis coincé ici. Homme libre et à la fois prisonnier de cette ville. Une fois délester d’une bonne dizaine d’euros, je prends la direction des vestiaire, pas mécontent de quitter cette femme au regard inquisiteur que je remercie néanmoins d’un signe tête ainsi que d’un sourire discret et forcé. Bon maintenant que la tenue de combat est revêtue, il est l’heure d’aller jouer les hommes grenouilles. Enfin « tenue de combat ... », c’est vite dit. Les shorts de bain étant interdits, nous autres messiers devons revêtir un … ah comment on dit … un shorty ? Oui voilà c’est ça, un shorty de bain. Hum, j’aurais sans doute dû prendre le mien une ou deux tailles plus grand. Bref. Dans le couloir embaumant l’eau chlorée, un rapide coup d’œil sur la droite me permet de constater que l’espace balnéo affiche complet. Contraste saisissant avec les alentours du grand bassin qui sont plus que clairsemés.

Remarque, on est en semaine et il est dix-sept heures passé. Ceci explique donc sûrement cela. Négligemment, je laisse ma serviette blanche sur une espèce de transat en toile jaune délavée. Mes lunettes de plongée chaussées, je prends place sur le plot de départ, comme on dit en natation. Une dernière grande inspiration, puis je me jette à l’eau. Au sens propre. Seulement, au lieu de remonter et faire quelques longueurs à la surface, je plonge vers le fond trois mètres plus bas. Ce n’est que lorsque mon ventre frôle le dallage que je commence à nager. L’obscurité engloutit tout. Seul quelques appliques sous-marines disposées de façon éparse, me rappellent que nous ne sommes pas encore en pleine nuit. Un aller. Un retour. Un aller. Je n’ai plus d’air à la moitié du second retour. Les yeux rivés en l’air, je m’assure qu’il n’y ait personne à proximité puis ondule frénétiquement des jambes afin d’émerger au plus vite. Chose qui se produit quelques secondes plus tard dans une profonde respiration à tout rompre, ainsi qu’un violent ressac de l’eau qui attire l’attention sur moi. A mon grand désespoir. J’en profite pour rabattre mes cheveux en arrière et remonter mes lunettes sur le sommet de mon front. Allongé sur le dos en surface, je me laisse ainsi porter au gré des flots tout en fixant la verrière sur laquelle la pluie de janvier joue des claquettes, et en tentant de reprendre haleine. Qu’est-ce que … oh non, ça recommence. Ce bourdonnement. Mes oreilles.

Argh ! Des images défilent à vive allure devant mes yeux. Un peu comme si on passait un film en accéléré. Des navires de guerre qui explosent ou coulent dans les abîmes. L’immensité marine qui vire à l’hémoglobine. Des balles traçantes. Des balles perdues. Des enfants qui pleurent. Des femmes qui crient et implorent le ciel. Des interrogatoires musclés. Des aveux arrachés sous des tortures moyenâgeuse. Повія ! Non, arrêtez ! Ce n’est que lorsque mon crâne heurte le rebord de la piscine que ce cauchemar éveillé prend fin. Tout s’arrête. Tout s’éteint. Tout se tait. De retour à la verticale, je manque de peu de boire la tasse. Cramponné fermement à la petite échelle métallique permettant de sortir ou d’entrer dans le bassin, je tente de retrouver une respiration neutre et normale. A me voir, on jurerait que je viens de me tirer la bourre avec Alexandr Popov sur un cent mètres papillon. Qu’est-ce que c’était que ces espèces de … de flashs ? Des choses dont j’ai été témoin ? Que j’ai faîtes endurer ? Que l’on m’a fait subir ? Je n’en sais rien. Depuis que j’ai repris connaissance, c’est bien la première fois qu’une chose pareille se produit. La mémoire commencerait-elle à me revenir ? Pfff, si seulement … . Tiens, on dirait qu’il y a plus de monde aux abords de l’eau. Les gamins sont partis et ont laissés la place à des trentenaires, des jeunes actifs sortant du travail et des étudiants. Лайно ! Je n’ai pas prêté attention au transat sur lequel j’avais laissé ma serviette. Celles étalées sur ces deux là se ressemblent en tout point. Je balaye les alentours du regard en me frottant la nuque, et surtout en espérant accrocher un regard offusqué qui m’indiquerait qu’unetelle ou unetelle n’est pas la mienne. Brrr, je commence à avoir froid. Les gouttes d’eau ruisselantes se prennent dans les pores saillant de ma peau frissonnante. Tant pis. J’attrape donc la première qui me tombe sous la main, priant dans mon for intérieur pour ne pas avoir à essuyer la colère d’un … comment vous dîtes en France … « un nageur du dimanche ».                            
                                                                       
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MessageSujet: Re: Go Against the Flow - (Maklie) Dim 14 Jan - 15:29


Go Against the Flow
Maksim Kryuko & Julie Perrin
Tu es un automate Julie, tu traverses les nuits comme une poupée brisée, tu travailles dans cette vieille station-service depuis ton arrivée à Paris et tes doigts prennent le relais de ton cerveau lorsqu’il est hors service. Il a l’habitude après tous. D’habitude tu es défoncée, tu sais donc comment donner le change et travailler de manière machinale, mais aujourd’hui ? Ton cerveau est simplement vide. Tu es vide. Parfois tu te retrouves au beau milieu d’une pièce sans savoir comment tu y es arrivée. Tu fixes le sol comme si soudainement il allait s’ouvrir et t’aspirer pour te recracher dans les limbes de l’enfer. Sauf que l’enfer tu y es déjà, c’est ici, à Paris, dans cette vie, dans cette peau que tu aimerais retirer à grand coup de griffe. La nuit est difficile mais la journée est pire que tous. Lorsque tu rentres chez toi tu plonges dans un néant dont tu n’arrives pas à sortir, titillé par l’envie de plonger la tête dans un bonheur éphémère, une poudre magique qui aspire tes peurs depuis l’adolescence, luttant contre l’envie de plonger ta langue dans un liquide chaud et rassurant, désespérant de laisser ton lit froid d’une simple présence féminine ou masculine afin d’oublier durant une fraction de seconde ton cœur fracturé sur le sol gisant à tes pieds. Mais tu sais que si tu touches à la drogue, à l’alcool ou même au sexe tu vas te disperser, te déliter, te décomposer et mourir. Il ne reste plus que ce cœur chaud au fond de toi qui prouve que tu es encore vivante et tu n’as aucune envie de le faire arrêter de battre. Tu lui dois bien ça à Alexandre, si tu abandonnais maintenant tu ruinerais sa mémoire à grand coup de talon dans sa tombe et tu as déjà tellement déçue ta famille tu ne veux pas continuer ainsi. Alors après le travail tu déambules dans les ruelles sombres de ta ville avant de rentrer chez toi, traînant ta carcasse comme si elle pesait trois tonnes. Tu admires ton grand lit, vide d’un corps chaud qui pourrait te réconforter le temps d’un battement de cil, le temps d’un battement de cœur. Un sourire amer frôle tes lèvres en pensant que depuis l’adolescence c’est la première fois que ton lit est vide depuis aussi longtemps, ça fait de toi une belle salope hein Ju’ ? Ouai tu le sais déjà ça. Tu secoues la tête, tu tournes et retournes entre tes draps froids avant d’aspirer un somnifère comme chaque fois que tu veux te laisser emporter par une torpeur médicamenteuse qui te laissera un goût amer dans la bouche au réveil.

Tu es malheureusement réveillée par une affreuse douleur qui se diffuse derrière tes paupières closes. Une douleur si forte que tu sens un gémissement de souffrance sortir de tes lèvres. Migraine. Chouette. Tu n’as plus la gueule de bois mais visiblement les maux de tête viennent des semaines après ton dernier verre. Tu rirais si tu pouvais encore te servir de tes cordes vocales pour autre chose que saluer tes clients. Tu entends le bruit de la porte d’entrée et tes yeux s’ouvrent rapidement, ton meilleur ami est là et tu n’as aucune envie de répondre à ses questions, tu n’as aucune envie de lire la pitié dans son regard, tu ne veux surtout pas subir sa compassion qui va finir par te faire plonger dans tes ténèbres alors tu te lèves rapidement, tu prends ton sac à main et tu attrapes un maillot de bain dans le fond de ton armoire. La piscine devrait retirer la migraine qui vibre au fond de ton crâne et qui est en train de faire surchauffer ton cerveau. Tu sors comme une tornade de ta chambre et tu l’entends, la douleur dans sa voix, elle t’aspire dans le passé et tu secoues la tête rapidement. « Je vais à la piscine. » Et la porte claque sur ton passage. Les habitudes ont la vie dure. Autrefois s’était pour faire la fête que tu t’enfuyais sous son regard réprobateur. Désormais c’est sous son silence réprobateur que tu t’enfuis. Il te parle de psychologue. De syndrome post-traumatique. Il te parle de soin. De désintoxication. De la culpabilité du survivant. Depuis que tu es sobre il essaie de t’atteindre bien plus qu’autrefois, lorsque le son de sa voix était atténué par les souvenirs et les drogues. Un grondement sort de tes lèvres encore une fois tu te sentais mieux lorsque tu ne pensais qu’à ta prochaine sortie plutôt qu’à toute la merde enfouit dans ton cerveau.

Une fois dans la piscine, habillée de ton maillot de bain, tu respires l’odeur du chlore et tu fermes les yeux pour bloquer les voix et les souvenirs. « Tu m’apprends à nager Ju’ ? » Tu sens ton corps se crisper sous la douleur de ce souvenir-là. Tu te souviens qu’Alexandre aimait plonger ses pieds dans le bleu de la mer méditerranée mais qu’il ne savait pas encore nager alors avec beaucoup de patience tu lui as appris ce que tu savais. Ton statut de grande sœur était le plus important, tu aurais pu rester toute la journée au bord de la plage sans t’énerver et taper du pied si en cadeau tu recevais un sourire de ce gamin blond comme les blés. Tu ouvres les yeux et tu as l’impression de voir l’étendu de la plage sous tes yeux, de l’odeur de l’iode entrant dans tes narines, du sable s’infiltrant entre tes doigts de pied, du cri des mouettes vrillant tes oreilles. Tu secoues la tête comme si d’un seul coup les images pouvaient s’enfuir et s’étaler en lettres noires sous tes pieds. Tu plonges dans l’eau et tu sens tes muscles se détendre enfin. Tu es une fille de la mer, l’eau c’est une seconde nature pour toi, tu as toujours été plus à l’aise dans l’eau que sur la terre ferme. Plus sirène que femme. Plus monstre marin que princesse.

Tu ne sais pas combien de temps tu restes dans le bassin, tu ne sais pas combien de temps tu laisses ta tête sous l’eau, tu sais juste que lorsque tu ressors enfin ta migraine n’est presque plus là et que ton visage crispé se détend un peu. Lorsque tu arrives devant ton transat tu y vois un homme se servir de ta serviette et la colère que tu ressens toujours se déchaîne au fond de tes veines aussi vite que le sang qui glisse jusqu’à ton cœur. Non mais quel sans-gêne. Tes pieds martèlent le carrelage froid mais lorsque tu arrives près de lui tu reconnais enfin l’homme devant toi. « Ainsi le mystérieux Maksim est un voleur de serviette de bain. » Un léger sourire passe sur tes lèvres. Tu ne savais pas que tu étais encore capable de sourire, tu ne te savais même pas capable de prononcer autant de mots d’un seul coup. Ta voix rauque te semble étrangère à tes propres oreilles. Et pourtant devant Maksim tu laisses l’ancienne Julie refaire légèrement surface. Tu ne seras plus jamais la même. Tu es juste une copie d’elle. Une Julie 3.0. Tu as l’impression de passer ta vie à effacer ton ancien passé et à rebâtir une nouvelle toi à chaque fois qu’un drame arrive. « Je vais pouvoir le rajouter à ma liste sur toi. Elle est plutôt fine malheureusement. » Tu ne sais pratiquement rien de cet homme. Un prénom. Un nom et énormément de je ne sais pas. Est-ce qu’il te ment ? Tu ne sais pas. Est-ce qu’il cache une blessure au fond de son regard ? Oui. Et ses blessures résonnent au fond de toi sans que tu saches pourquoi. C’est pour ça que tu le harcèles depuis votre première rencontre, parce que quelque chose t’attire chez lui. Ce n’est pas sexuel. Ce n’est pas amoureux. C’est autre chose. Depuis la première fois que vous vous êtes rencontrés dans ta station-service tu veux en savoir plus sur lui et tu sais qu’un jour ou l’autre tu finiras par l’avoir à l’usure. Parce que si il y a bien un trait de caractère qui te caractérise Julie c’est ta ténacité. Tu pourrais reconstruire ta vie jusqu’à ton dernier souffle tu seras toujours têtue. C’est l’un de tes plus gros défauts mais c’est le seul qui te maintient en vie alors tu t’y accroches avec la fougue d’une lionne avec ses petits. Il ne te reste que ça après tout.  

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MessageSujet: Re: Go Against the Flow - (Maklie) Dim 14 Jan - 19:21

Go Against the Flow
Outch ! C’était prévisible. « Pas trop d’efforts physiques, et beaucoup de repos », qu’ils disaient. Les chairs s’étirent, l’épiderme réagi et les fils travaillent. Derniers stigmates de cette blessure par balle, qui a bien failli m’envoyer vers un ailleurs merveilleux. Ou pas. Sourcils froncés, je porte mes doigts au niveau de mon cou puis en regarde la pulpe, afin de m’assurer que les points de suture ne se sont pas rouverts. L’absence de sang m’indique que c’est bon, il n’y a rien à signaler. Toutefois, je pense qu’il s’en est fallu de peu. Une ou deux brasses de plus et j’aurais sûrement été bon pour tâter de nouveau de l’aiguille. Navré de prendre par dessus la jambe vos recommandations chers éminents médecins, mais un mois d’immobilisme c’est au-dessus de mes forces. Visiblement, j’ai comme qui dirait un problème avec les ordres et l’autorité. J’ignore quel genre de soldat j’étais dans l’armée, mais je pense que je ne devais pas être de ceux de plomb. Rébellion ? Insubordination ? Mise à l’écart ? Il y a certainement dû y en avoir. Si je cède aux sirènes de l’inertie, je deviendrais à coup sûr … зелена рослина. Euh … une p-plante verte ? Je crois que c’est comme ça qu’on dit. Bref, mieux vaut ne pas me tenter. De toute façon, je n’ai pas le temps de flemmarder. Retrouver la mémoire et découvrir ce qui m’est arrivé sont déjà en soi des boulots à plein temps. J’aimerais en disposer de plus, mais ce n’est pas le cas.

Oui, c’est véritablement une course contre la montre, dans laquelle j’ai accepté de me lancer à corps perdu. A tout instant, la ou les personnes ayant cherché à me supprimer retenteront leur chance. Et cette fois-ci, quelque chose me dit qu’elles ne se rateront pas. Alors avant qu’un point rouge ne vienne se poser sur mon front et que je donne mon âme à Dieu pour sa collection, je me mets en quatre pour lever le voile sur l’épais mystère que englobe ma vie. Rien n’est pire que de ne pas savoir pourquoi on va mourir. Hum … réflexion faîte, si. Ne pas savoir qui l’on est et d’où l’on vient : ça, c’est vraiment frustrant. Je n’ai pas appris grand-chose depuis mon réveil dans cet hôpital militaire parisien, hormis que je suis originaire de l’extrême nord-est de l’Ukraine et que j’ai combattu en Mer Noire, pour empêcher l’annexion de la Crimée par l’armée russe. A part cela, c’est le néant intégral. Je suis certain que bon nombre de questions trouveraient réponses, si j’avais accès à mon dossier médical. Dossier que l’on a catégoriquement refusé de me communiquer et de me laisser consulter. Y a-t-il quelque chose que je ne dois pas savoir ou découvrir ? Probable. En tout cas, cela éveille ma curiosité et me conforte dans l’idée que je tiens peut-être là une piste. Ma requête auprès du personnel soignant du Val-de-Grâce n’ayant été approuvée, j’ai donc essayé de « forcer les choses », en piratant leur serveur informatique.

Car oui, je me suis découvert, ou plutôt redécouvert des petits talents de hacker. Malheureusement, les dizaines de couches de pares-feu de leur système, rendent ce dernier encore plus inviolable que Fort Knox. Hum. Je pense qu’une petite visite nocturne dans le bureau du Professeur Barnier s’impose. Il faudra que j’aille en repérage dans les jours qui viennent pour évaluer les failles dans leur système de sécurité et de vidéosurveillance. Alors que je m’apprêtais à m’éponger tout en faisant dans ma tête la liste du matériel dont j’aurais besoin pour cette opération commando, une voix quelque peu familière me coupa dans mon élan. Une femme. Dans la seconde moitié de la vingtaine. Plutôt grande. Les cheveux à mi-chemin entre le blond et le châtain clair, les yeux azurs et de petites tâches de rousseur constellant très joliment son nez et ses pommettes. Julie. La pompiste travaillant dans la station service où je viens réapprovisionner ma moto en gazole. Rouler à tombeau ouvert la nuit sur le périph … je dois avouer que c’est vraiment quelque chose d’agréable. La seule et unique chose qui me fasse encore me sentir vivant. Voleur … . Bon, eh bien j’avais une chance sur deux. Mauvaise pioche. C’est donc en plissant légèrement les lèvres et en fuyant le regard taquin de la jeune blonde que je lui rends sa serviette : « P-pardon. ».

S’il est des personnes pour qui moins elles connaissent les gens mieux elles se portent, pour Julie, ce n’est pas vraiment le cas. Bon, ce n’est pas non plus une fo… une fouine, mais il est clair qu’elle aime savoir à qui elle a à faire. On a discuté à plusieurs reprises lorsque ses pauses clope le lui permettaient. Enfin « discuter » … . Disons qu’elle parlait et que j’écoutais la plupart du temps. Cependant, je doute que mes réponses l’aient totalement convaincu. Au contraire, je serais plus tenté de penser qu’elles n’ont fait que l’intriguer. Tout comme ma gueule de slave d’ailleurs. Récupérant cette fois-ci la serviette m’appartenant, je m’essuie tout d’abord le visage avant de passer l’étoffe en éponge sur mes avants-bras et mes mains. Après avoir passé une main dans mes cheveux dont de petites gouttes d’eau perlent encore aux pointes, j’imbrique mon regard dans celui de mon interlocutrice et sourcille très légèrement. Avec une neutralité, un self contrôle et un français à couper au couteau m’étant caractéristiques, je rebondis sur la remarque de Julie à mon encontre : « Je pourrais t-te … te dire la même de toi. Tu n’es pas non plus quelqu’un qui s’épanche beaucoup. ». La blonde aux traits de poupon me regarde en esquissant ce qui semble s’apparenter à un rictus. Pas le genre moqueur ou railleur, vis-à-vis du pauvre type qui ne sait pas aligner trois mots sans faire cinq fautes de syntaxe ou de grammaire.

Non, il s’agit là plutôt … d’un sourire affectueux voire attendri. Néanmoins, je décèle dans ses yeux comme une note d’exaspération. Pas de doute, elle commence a en avoir marre que je réponde à ses constatations par une autre constatation. Je ne cherche pas à me défiler, loin de là. J’essaye simplement de gagner du temps, afin de trouver quelque chose à dire de crédible, et surtout, qui n’attisera pas plus ses doutes naissants. C’est tout moi. Toujours à jouer les funambules et les équilibristes, dans l’espoir de passer hors des écrans radars et de la zone rouge. Après avoir étendu de nouveau ma serviette sur le transat avec un zèle et une minutie vraiment superflues, j’ajoute en me grattant le coin du sourcil : « Il n’y a pas grand-chose à savoir. Je suis un immigré ukrainien venu vivre le rêve parisien, et qui tente de joindre les deux bouts en passant de petits boulots en petits boulots. Fin de la histoire. ». Il n’y a pas une once de véhémence ou d’animosité dans le ton que j’ai usité. Juste une placidité et un stoïcisme pouvant paraître déconcertant. Qu’est-ce que j’aurais dû lui dire ? Que des chirurgiens se prenant pour des boucher m’ont retiré une partie du cerveau pour je ne sais quelles obscures raisons ? Qu’on m’a tiré dessus ? Que j’attire le danger aussi facilement qu’un aimant attire le fer ? Que j’ai sûrement été amené à tuer des innocents dans mon passé, au nom d’une guerre déchirant deux nations antagonistes depuis la nuit des temps ?

Si le but de la manœuvre était de l’effrayer et qu’elle prenne ses jambes à son cou, alors oui, c’est certainement ce que j’aurais dû lui dire. Au lieu de cela, je préfère rester évasif, flou et dans le vague afin de demeurer à ses yeux le client à l’accent ruskov qui vient tout les mardis faire le plein pour sa Ducati. C’est plus prudent et cela vaut mieux. La jeune femme aux yeux dont la teinte rappelle celle de l’eau de la piscine, se met à fixer mon épaule en plissant les yeux et fronçant les sourcils. Qu’est-ce qui peut bien retenir son attention de la sorte ? Ah … . Le tatouage. Avec de beaucoup de retenue et de maîtrise, je précise : « Une connerie de jeunesse. ». Mensonge. Une fois encore. Une série de chiffres incrustée dans la peau à l’encre de Chine. Un matricule aux allures de ceux que les malheureux juifs déportés pendant la seconde guerre mondiale, avaient tatoué sur le bras. 9263. Le même nombre que celui apposé sur mon dossier à l’hôpital. Qu’est-ce qu’ils ont bien pu me faire ? C’était quoi la finalité ? Me punir ? Me déshumaniser en me réduisant à un vulgaire numéro ? Je suis quoi ? Un cobaye ? Un prototype ? Une expérimentation ? Un petit secouage de tête me permet de quitter le fil de mes pensées, et de lâcher des yeux cette énigmatique tatouage. Essuyant mon front d’un revers de la main, j’ajoute afin de noyer le poisson et de fermer la porte à un interrogatoire sur la signification de cette décoration corporelle, si tant est qu’on puisse appeler cela ainsi : « Cela fait longtemps que tu vis ici ? J’ai vu que tu n’avais pas tout à fait le même accent que le majeure partie des parisiens. ». Il est vrai que l’intonation et la voix de Julie sont nettement plus chantantes que ceux des parisiens pure souche. Quand elle parle, on sent le soleil et entend presque les grillons chanter. Dans la voix atone et morne des gens d’ici, il n’y a que grisaille et monotonie. J’ignore si cette pirouette me permettra d’arrêter de faire en sorte que Julie me cuisine, mais en tout cas cela ne coûte rien d’essayer.

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MessageSujet: Re: Go Against the Flow - (Maklie) Dim 14 Jan - 21:15


Go Against the Flow
Maksim Kryuko & Julie Perrin
L’aura énigmatique de Maksim t’a amené à te poser diverses questions sur lui. Tu te rends compte que tu n’as même pas essayé de le séduire, ce qui est assez rare pour le souligner quand même. Tu laisses glisser tes yeux sur l’homme en face de toi, oui, c’était un bel homme, étrange que toi la mante religieuse tu n’ai rien tenté. Ta curiosité te dictant sûrement l’attitude à tenir avec lui. Toi qui ne te laisses pas submergé par la curiosité te voilà en train de décortiquer toutes vos rencontres. Tu sais très bien que si il avait répondu sincèrement à toutes tes interrogations tu aurais oublié jusqu’à son visage lorsque tu étais défoncée mais la drogue exacerbant tes pires défauts tu n’as pas réussi à te débarrasser de toutes les questions qui frôlent ton crâne depuis. Tu fais toujours la conversation. Tu parles pour ne rien dire. Tu poses des questions en vrac. Tu parles de la pluie, du beau temps, de la capitale, de moto. Ton brouillard alcoolisé t’aide normalement à faire la conversation. T’obliges à être sociable, t’obliges à parler sans que ton cerveau embrouillé ne filtre les conneries qui vrillent à tort et à travers. Tu ne te souviens même pas de toutes tes questions. Tu as dû lui demander ce qu’il faisait comme travail. Ce qui l’amenait à Paris. Ou il était né. Si il avait de la famille qui l’attendait. Le mot à dû te faire grimacer tu en es presque sûre. Parce que ce mot est proscrit de ton vocabulaire depuis si longtemps que tu n’es pas sûre de pouvoir le prononcer sans te blesser toi-même. Tu reprends ta serviette et tu la glisses autour de toi en parlant. Tu lui avoues qu’il est mystérieux, que tu ne connais rien de lui, tu ne sais rien du tout. Comme si Maksim était vierge de toute vie, vierge de passé et de présent. Comme si tu étais en face d’une page blanche et que tu ne pouvais pas écrire une seule ligne aspirée par le syndrome de la panne. « Je pourrais t-te … te dire la même de toi. Tu n’es pas non plus quelqu’un qui s’épanche beaucoup. ». Tu hausses les épaules. Tu n’as jamais dit que tu étais mieux que lui. Effectivement tu ne t’épanches pas mais il y a une bonne raison à ça, Maksim ne te connaît pas, ne sait rien de toi et ne peut donc pas te juger. Tu es aussi inoffensive qu’un bébé chien pour lui. Aussi clean qu’un nourrisson. Oui il t’a vu défoncée. Oui il t’a vu alcoolisée. Mais il n’a pas vu tes ténèbres et c’est ce qui t’a poussé à venir aujourd’hui sans défense sans tes dérivatifs habituels. « Tu m’as vu dans des états pitoyables ça compense. » Tu n’as pas honte tu assumes toutes tes conneries, étrangement tu sais que sans elles tu ne serais pas en face de lui, il y a bien longtemps que ton corps serait froid au fond d’une tombe. Que la culpabilité aurait engloutit ton âme et volé ton dernier souffle. Alors tu assumes sans regretter tes moments d’euphorie. Tu regrettes néanmoins d’avoir abandonné la dernière face de ton humanité, la dernière bouffée de bonheur qui vivait encore à Marseille mais tu ne peux pas revenir en arrière désormais. « Il n’y a pas grand-chose à savoir. Je suis un immigré ukrainien venu vivre le rêve parisien, et qui tente de joindre les deux bouts en passant de petits boulots en petits boulots. Fin de la histoire. ». Mensonge. Tu n’as pas besoin de poser la question tu sais qu’il est en train de te mentir. Ce sont les mots fins de l’histoire qui résonnent au fond de toi comme un mensonge. Tu sais que si c’était la vérité il n’aurait rien dit de plus. Là ? Il vient seulement de placer un énorme panneau stop devant lui pour t’obliger à le contourner. Tu restes silencieuse un instant et tu te demandes si tu dois lui dire de ne pas te prendre pour une blonde sans cervelle mais tu préfères le faire d’une manière plus subtile qu’à l’accoutumer. « Le rêve parisien ? » Tu lèves légèrement les yeux au ciel avant de reprendre. « Ton informateur en France devait être nul parce qu’ici il n’y a rien de plus que la crasse et les emmerdes. » Tu es bien trop jeune Julie pour être aussi pessimiste, être aussi dégoûté par la vie mais tu te considères toi-même comme faisant partie de la crasse de la capitale alors tu sais de quoi tu parles.

Ton regard se perd soudainement sur son épaule et tu fronces les sourcils en essayant de distinguer les contours de ce tatouage aussi énigmatique que son propriétaire. « Une connerie de jeunesse. ». Ok. C’est peut la vérité, tu ne peux pas réellement juger les conneries de jeunesse vue que tu en fais toujours. Tu lui jettes tout de même un regard sceptique mais tu laisses tomber. Lui poser des questions en boucle ne change rien il n’a jamais autant parlé depuis que tu le connais alors tu ne vas sûrement pas le braquer maintenant. Tu te glisses le long du transat et tu détends tes membres autant que tu le peux. « Cela fait longtemps que tu vis ici ? J’ai vu que tu n’avais pas tout à fait le même accent que la majeure partie des parisiens. ». Un autre sourire moqueur effleure tes lèvres. Il esquive tes questions pour t’en poser. Intéressant. Vous avez la même technique. Habitué qu’il est à ne rien avoir à te demander il doit en être assez déstabilisé ça pourrait être drôle si tu n’avais pas besoin de répondre à ses questions. Étant donné ses efforts tu peux bien lui répondre. « Tu es très observateur Maksim. » Tu soupires doucement, tu n’avais pas besoin de quelqu’un d’observateur là maintenant, mais pourquoi pas finalement ? Parler de ton lieu de naissance ce n’est pas ce que tu préfères parce que dès l’instant où tu prononces ces mots tu sais qu’inévitablement ton passé va revenir en boomerang dans ta tête. « Je suis à Paris depuis neuf ans maintenant. Je suis née dans le Sud de la France. » Tu es partie à ta majorité, à l’instant ou les portes du foyer se sont refermés sur ta gueule tu es partie à Paris. Tu avais besoin de changement. Tu avais besoin d’une ville aussi pleine que Marseille pour te fondre dans le décor. Tu as pris un train et tu t’es enfuit aussi rapidement que le pouvait le TGV qui te transportait, toi, tes souvenirs et ton passé. « La mer me manque parfois… » Tu sens que ta voix devient légèrement rauque et c’est normal parce que les fantômes reviennent se glisser au fond de tes yeux. Tu peux encore voir le sourire tendre de ton père, entendre les glapissements de bonheur de ton frère et dessiner la déception que ta mère portait sans arrêt sur le visage dès qu’il se posait sur toi. Tu étais source constante de déception pour elle. Tu dois être au plus bas dans son estime désormais. Si une vie après la mort existe tes parents doivent être mortifiée par la femme que tu es devenue aujourd’hui. Tu secoues la tête doucement, tu n’as pas besoin de penser à ça maintenant. Pas devant le regard scrutateur de Maksim. Pas en pleine journée. Pas avant de t’être allongée dans tes draps. « Je ne t’ai même pas demandé ce que tu venais faire ici. Je t’ai toujours imaginé très solitaire ça me fait bizarre de te voir en pleine foule. » L’esquive encore Ju’ ? Ouai. On ne change rien et on recommence. Une partie de ping-pong vient de commencer entre vous et tu le sais. Attention à ne pas trop t’épancher Julie tu vas finir par te couler toute seule.

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MessageSujet: Re: Go Against the Flow - (Maklie) Lun 15 Jan - 1:13

Go Against the Flow
De prime abord, Julie semble faire partie de ces filles qui ont tout pour elles. La beauté. L’intelligence. Une situation, certes pas très prestigieuse, lucrative et épanouissante, mais qui à défaut a le mérite d’être relativement tranquille. Bref, tout les ingrédients sont là pour qu’aucun nuage n’obscurcisse son ciel et que le bonheur lui sourit d’une façon presque insolente, aux yeux des autres filles dépourvus de ses multiples atouts. Pourtant, il n’en est rien. Julie est indéniablement une écorchée vive. Une âme tourmentée. Une femme que la vie a brutalement brisé et meurtri au plus profond de sa chair. On ne sort pas indemne des revers que nous afflige le destin. D’autant plus quand ils vous tombent dessus en rafale, et que vous êtes victime de la loi des séries. Peut-on remonter la pente et entrevoir le bout du tunnel ? Probablement. Avec le temps. Le temps estompe et cicatrise tout, parait-il. L’abcès. L’absence. Comment les gens « normaux » font ? Parviennent-ils à oublier ? Ou apprennent-ils à vivre avec ? Oui, on apprend. Avec le temps. Ce temps qui court, tourne et qui se joue de nous. Combien en faut-il ? Allez savoir. Qui sait, il se peut qu’une vie toute entière ne suffise pas. Ce qui est clair, c’est qu’à un moment ou un autre de la sienne, la bonne étoile de Julie l’a momentanément quitté la plongeant dans un profond nadir. Quels affres a-t-elle bien dû traverser ? Mystère.

En tout cas, loin de moi l’idée de la passer au grill pour savoir quelles sont les raisons justifiant ce spleen et ce vague à l’âme permanents qui lui collent à la peau. Qui plus est, elle a pour l’instant eu la gentillesse de ne pas trop se monter intrusive envers moi. Ne dit-on pas : « ne fais pas à autrui ce qui tu n’aimerais que l’on te fasse. » ? C’est son histoire. Elle lui appartient et ne regarde qu’elle. Ce qui est sûr, c’est que les événements n’ont pas été tendres avec Julie, et ont laissé en elle une plaie ainsi qu’une béance encore à vif. Son mal-être, elle le noie dans l’alcool et l’enfume avec je-ne-sais-quelle substance illicite. La fuite, le déni et la dissimulation. Voilà ce que permettent ces genres de dérivatifs. D’échapper, de cacher ou de refuser d’affronter quelque chose. Certains y verront là le choix de la facilité ou de la lâcheté. Moi, je ne juge pas. Je ne connais pas l’ampleur des problèmes qui agitent Julie. Si mes tourments avaient été les mêmes que les siens, peut-être que moi aussi j’aurais cherché un semblant de réconfort dans ces produits permettant de tout oublié l’espace d’un éphémère et fugace instant. Et si, et si, et si … . Nos deux situations ne sont sans doute en rien comparables. Il est probablement plus simple de découvrir la genèse de ses emmerdes que de vivre, ou plutôt survivre, chaque jour avec les répercutions qu’elles ont sur votre existence. Qu’importe ce que je découvrirais, j’ai besoin de savoir. De comprendre.

Pourquoi. Pourquoi moi ? Pourquoi ça ? Je sais bien que je donne l’impression de jouer les gros durs infaillibles, mais qu’on ne s’y méprenne pas. Moi aussi je me cache et fuis. Des gens. Par méfiance et prudence la plupart du temps. Pour les protéger dans d’autres. Comme Julie l’a si justement fait remarquer, je l’ai déjà vu en dehors de son travail et … bien éméchée dira-t-on. Notamment ce fameux soir où elle est venue avec des amies s’amuser dans une boîte de nuit, où j’ai brièvement travaillé entant que videur. Elle est restée jusqu’à la fermeture, sur les coups de cinq six heures du matin. En plus de l’alcool, ses yeux explosés me disaient clairement qu’elle n’avait pas fumer que des cigarettes dans le petit fumoir en sous-sol. Au naturel Julie est une fille plutôt cash et brute de décoffrage, mais grisée par l’alcool et d’autres stupéfiants, je peux vous garantir qu’elle perd tout sens d’inhibition et est vraiment sans filtre. Dans mon for intérieur, j’espère qu’elle ne se souvient plus de ce qu’elle m’a dit et a tenté d’entreprendre avec moi ce jour là. Le lendemain, j’ai aussitôt démissionné. Sans cesse fuir, rester cacher et évoluer dans un milieu où je suis un parfait inconnu : ma vie. Dans un haussement d’épaules, je lui rétorque que : « Oui, probablement. ». Ma tentative pour éluder le propos et éviter à avoir à parler de moi, semble avoir été partiellement vaine.

La version quelque peu enjolivée et édulcorée du condensé de ma vie que je lui ai servi, ne semble ni être à son goût, ni la convaincre. La manière à peine perceptible qu’elle a de froncer les sourcils et d’avancer les lèvres, prouvent que la jeune femme est très dubitative. Cela se confirme : je suis définitivement un piètre menteur. Je m’en doutais déjà lorsque j’ai eu à avancer des excuses bidons à mes différents employeurs pour justifier mes retards, mais là j’en suis à présent persuadé. La réponse de Julie me fait sourire intérieurement. Une réponse très franchouillarde. Râleuse, bougonne et fataliste. Les bras croisés contre ma poitrine, j’effleure mes biceps afin de me réchauffer un temps soit peu. Avec détachement, je réponds à l’élancée jeune femme, non sans buter et hésiter sur certains mots bien difficiles pour un non francophone : « Crois-moi, comparé à la vie en Ukraine, Paris fait vraiment figure de euh … El-do-rado. C’est ici que j’ai découvert ce que sont les droits de l’Homme et les libel… les libertés individuelles. ». Non Julie, l’herbe n’est pas toujours plus verte dans le pré d’à côté. Tu vis ici depuis tellement longtemps que tu ne t’en rends probablement plus compte, mais je peux t’assurer qu’il n’y sans doute pas de plus beau pays que la France. Est-ce que je me rappelle des trente quatre années que j’ai passé dans mon pays natal ?

Oui et non. Je n’ai que de vagues réminiscences. Des souvenirs embrumés qui devraient logiquement me terroriser, si l’on ne m’avait pas ôté toute once d’humanité. Délation. Arrestation des opposants politiques. Exécutions sur la place publique pour servir d’exemple. Censure dans les médias. Presse cadenassée et sous contrôle. Ce que j’ai pu lire ou voir au sujet de ce pays, tend à confirmer que ce dont je me souviens n’est pas le fruit de mon imagination. Lasse et sans doute passablement énervée par les parties de poker menteur que revêtent nos discussions à chaque fois que nous nous voyons, Julie s’allonge sur son transat tandis que je m’adosse contre une espèce de colonne d’inspiration gréco-romaine non loin du mien. La blonde aux yeux cyans m’apprend qu’elle est originaire du sud de la France. Je n’ai peut-être plus la totalité de mon cerveau, mais au moins j’ai toujours l’oreille. C’est déjà cela. Dans la foulée, la pompiste ajoute à voix haute, et probablement sans s’en rendre compte, que l’immensité maritime lui manque. Scrutant la légère houle secouant le bassin, je rejoins mon interlocutrice sur ce point en déclarant dans un soupir lourd du sens : « A moi aussi … . ». Oui, cet élément qui était jadis l’espace où je laissais s’exprimer mes compétences de nageur de combat, me manque cruellement parfois. C’est d’ailleurs étrange. Je n’ai plus de désir, plus d’envie, plus d’aspiration, hormis celle de pouvoir un jour dérivée dans cette étendue d’eau iodée qu’est la mer.

Plonger à quinze, vingt mètres voire plus. Je crois … que c’est quelque chose qui me plaisait avant. Quelque chose qui me grisait. Après tout, si je viens si souvent à la piscine, il y a sûrement une bonne raison. Peut-être qu’inconsciemment, je cherche à revivre ces joies d’antan ? Guère concluant pour l’instant en tout cas. C’est incroyable de voir à quel point je suis bien et à l’aise dans l’eau. Parfois, j’en arrive naïvement à croire que j’ai sûrement dû apprendre à nager avant de marcher. Oui … à moi aussi la mer me manque, cela ne fait aucun doute. La fêtarde poursuit en me posant la question, qui doit sans doute lui brûler les lèvres depuis un bon moment, et que je redoute tant. Qu’est-ce que je viens faire ici ?. Aussitôt mon visage se ferme et se renfrogne. Je préfère ne pas regarder Julie et continue de fixer le bassin, de peur que mon air fort peu aimable ne la blesse. Alors, nous y voilà … . Je commence à être fatigué de mentir. Le silence s’installe et s’enracine. La jeune femme vêtue d’un bikini aux couleurs acidulées incline légèrement la tête. Je sens qu’elle tente d’attraper mon regard. Tête baissée, je déglutis ma salive et prends une grande inspiration avant de répondre à la question qui la taraude, et ce en jouant pour la première fois franc jeu. « J’étais soldat. Au départ, j’étais très fier de servir et défendre mon pays mais … . Plus les années passaient, et plus les conflits me semblaient absurdes. »

« J’avais l’impression d’être пішак … un p-pion se battant pour que les intérêts d’une poignée de puissants continuent à prospérer. Je n’avais pas signé pour ça. Je voulais protéger le plus grand nombre. Petit à petit, les missions, les ordres et les pratiques barbares de l’armée m’ont … ul-céré. J’ai fini par déserter. Tout laisser derrière moi. Partir en quête d’une terre meilleure. Paris m’a semblé être un bon choix. C’est vrai. Je ne suis pas quelqu’un de très … socié… sociable. J’étais dans la marine. Cela explique donc sûrement pourquoi je reviens toujours et … iné-lucta-blement ici. »
. Bien sûr, c’est la version romancée, fantasmée et idéalisée de ma vie. Cependant, j’aime à croire que c’est ainsi que les choses se sont passées. Je refuse d’admettre que pour des raisons inconnues, je n’ai été qu’un maillon constituant une chaîne de trafic d’être humain. Un cobaye qu’on a estampillé et sur lequel on a pratiqué je ne sais combien d’expérimentations médicales, au nom de la recherche ou du progrès. Non … je ne suis pas ça. Je ne suis pas que cela. Je suis autre chose. Quelqu’un d’autre. Qui ? C’est ce que je veux savoir. D’ici là, je me berce d’illusion en considérant que ce que je viens de raconter est pour l’instant la version de mon histoire faisant foi. Est-ce que Julie va y croire ? Je n’en sais rien. Je l’espère en tout cas, sinon je vais devoir lui servir un énième mensonge, et je ne m’en sens clairement pas la force.

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Sometimes I wonder if I miss my home. Then I don’t know why I'm​ not scared anymore. On the next move you can be anywhere. There must be a reason why we are here. And all the way you're sailing. Until this day this route has made me. Take it away to new place. Let all your dreams find their way.
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MessageSujet: Re: Go Against the Flow - (Maklie) Lun 15 Jan - 22:02


Go Against the Flow
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« Crois-moi, comparé à la vie en Ukraine, Paris fait vraiment figure de euh … El-do-rado. C’est ici que j’ai découvert ce que sont les droits de l’Homme et les libel… les libertés individuelles. » Tu te sens soudainement très idiote en entendant ça. Maksim a parfaitement raison, la France est un des pays les plus sécurisé qui existe dans le monde. Les droits de l’homme, les libertés individuelles, la liberté d’expression, vous êtes de foutus chanceux les Français mais tu ne t’en rends pas toujours compte. Lorsqu’on a l’habitude de certaines choses on ne se rend pas compte de la chance que l’on a avant de la perdre. Foutu capricieuse que tu es tu broies du noir en bavant sur ton propre pays mais tu oublies bien vite qu’ailleurs tu serais sûrement dans une autre situation. La situation des femmes dans d’autres pays te donne envie de vomir lorsque tu t’intéresses plus de cinq minutes aux informations. Parfois il t’arrive de t’imaginer ce que serait ta vie dans un pays comme ceux-là. Ce que tu aurais subi avec ton caractère de merde et à cause de ton penchant pour les drogues. Tu apparenterais peut-être un morceau de trottoir dans les ruelles sombres et pourries d’une ville dont tu n’es même pas capable de prononcer le nom. Terrorisée. Tremblante. Et déjà à moitié morte. Penaude tu hoches la tête doucement avec déférence. Si tu pouvais te tasser sur toi-même tu le ferais immédiatement. « C’est vrai tu as raison. Je suis désolée. » Tu ne t’excuses pas facilement Julie c’est pour ça que ces mots sont plus que sincères. Tu ne sais pas vraiment ce qu’il a subi dans son pays, ce qu’il cherche à fuir mais tu peux comprendre son envie de partir de là-bas. Tu connais très mal l’Ukraine et ses politiques mais les pays de l’Est n’ont pas toujours très bonnes réputations. « Comment tu trouves la France dans ce cas ? » Tu es curieuse de le savoir. Est-ce qu’il s’y sent mieux que dans son pays ? Est-ce que c’est difficile de vivre loin de chez lui ? Est-ce qu’il est heureux ici ? Est-ce qu’il s’y sent plus en sécurité ? Tu voudrais bien lui poser toutes ses questions mais si tu le faisais tu te plongerais dans une curiosité qui te semblerais presque malsaine. Tu ne veux pas décortiquer Maksim à ce point, tu veux juste en connaître plus sur cet homme qui rythme parfois tes soirées lorsque tu travailles. Tu voudrais casser le mystère de ses silences. Tu te doutes que le changement de langue doit être difficile pour lui mais tu sens que ce n’est pas que pour ça qu’il se cache et qu’il ment aussi facilement en te regardant dans les yeux. Alors tu le pousses, tu le titilles doucement sûre et certaine qu’il ne laissera rien s’échapper d’entre ses lèvres. Et pourtant tu t’apprêtes à en connaître plus sur lui. Comme quoi tu avais encore une fois tort. Décidément cet homme n’arrêtait pas de surprendre.

« J’étais soldat. Au départ, j’étais très fier de servir et défendre mon pays mais … . Plus les années passaient, et plus les conflits me semblaient absurdes. » Tu retiens ton souffle en l’entendant parler. Tu ne t’attendais sûrement pas à ça. Tu ne t’attendais pas à la vérité. Parce que là tu sais qu’il ne ment pas cette fois. Pourquoi il le ferait après tout ? Tu étais loin d’imaginer sa vie d’autrefois alors il aurait pu te dire n’importe quoi plutôt que ça. Tu le regardes attentivement et effectivement tu comprends mieux son attitude, sa façon de se mouvoir. Soldat. Certaines parties de son caractère devient plus évident désormais. Il a dû voir bien des horreurs. Comment fait il pour tenir encore debout ? Tu as toujours été admirative de la force mentale des militaires. C’est bien pour cela que tu refuses de croire ton meilleur ami lorsqu’il te parle de syndrome post-traumatique, tu as eu une brève histoire avec un militaire qui s’était déplacé en Afghanistan il souffrait de ce syndrome, il hurlait dans son sommeil, il était sombre et prêt à couler à chacune de ses respirations mais tu lui as envié sa force et son courage. Tu refuses de croire que tu pourrais entacher leurs courages à cause d’un passé bien différent de leurs souffrances. Tu te déplaces doucement et tu t’assois près de lui en restant silencieuse. « J’avais l’impression d’être пішак … un p-pion se battant pour que les intérêts d’une poignée de puissants continuent à prospérer. Je n’avais pas signé pour ça. Je voulais protéger le plus grand nombre. Petit à petit, les missions, les ordres et les pratiques barbares de l’armée m’ont … ul-céré. J’ai fini par déserté. Tout laisser derrière moi. Partir en quête d’une terre meilleure. Paris m’a semblé être un bon choix. C’est vrai. Je ne suis pas quelqu’un de très … socié… sociable. J’étais dans la marine. Cela explique donc sûrement pourquoi je reviens toujours et … iné-lucta-blement ici. » Tu poses tes doigts sur son bras, resserrant ta prise durant une seconde ou deux afin de lui faire comprendre que tu comprends, qu’il n’a pas besoin d’en dire d’avantage, que tu ne poseras plus de question sur cette partie de sa vie. Tu comprends mal ce qu’a été sa vie, tu ne l’imagines même pas mais tu es touchée qu’il s’épanche ainsi, rien ne l’obligeait à en dire autant devant toi. Tu ne vas pas le remercier pour ça alors tu sais qu’il n’y a qu’une seule façon pour qu’il comprenne que tu es touchée qu’il t’en dise plus et c’est en parlant toi aussi. Alors tu plonges ton regard vers le bassin où le reste du monde continue à vivre normalement et tu ouvres enfin les vannes. « Je vivais autrefois dans une grande tour un peu pourrie d’un quartier mal famé de Marseille. Ma voisine d’en dessous était une petite mamie atteinte d’Alzheimer sa famille ne venait jamais la voir alors chaque soir j’allais la voir et je vérifiais qu’elle prenait ses médicaments et qu’elle ne laissait rien allumer. J’avais l’habitude de faire depuis toute petite ça ne m’a jamais dérangé. » Tu n’avais plus pensé à cette vieille dame depuis le jour de tes quinze ans. Tu revois son visage souriant parsemés de rides comme un parchemin trop souvent utilisé, son regard fixe, ses soudaines crises de colère lorsqu’elle ne te reconnaissait pas et qu’elle te prenait pour une voleuse. Tu as pris des centaines de coups de canne, dans les genoux, sur la tête, tu rigolais doucement en la rassurant et en fouillant chez elle comme si tu étais chez toi. Tu l’aimais beaucoup cette vieille carne. Elle te racontait sa vie d’autrefois, elle parlait de ses parents, de son mari décédé avant que tu ne pousses ton premier cri. Il y avait tant de respect dans sa voix lorsqu’elle parlait de lui que tu rêvais autrefois de trouver un homme aussi amoureux de toi que son mari avait été d’elle. Elle pleurait toujours en repensant à lui et toi tu sentais ton cœur se fendre en deux en lisant sa souffrance derrière son regard azur. Puis elle te prenait pour sa fille et elle te serrait si fort entre ses bras que toi aussi tu te mettais à pleurer. Tu lui mentais pour la réconforter puis elle disparaissait dans les brouillards de sa maladie. La voir prisonnière de son propre corps était le pire pour toi. Tu préférais quand elle te frappait au moins tu savais qu’elle réagissait un peu à ta présence, parfois elle restait simplement silencieuse et regardait le vide sans bouger d’un millimètre de sa chaise. Tu te rends compte aujourd’hui qu’elle était la grand-mère que tu n’as jamais eu la chance de connaître.

« Un soir j’ai oublié d’y aller trop occuper à me disputer avec ma mère. Elle refusait que je rejoigne un garçon alors j’ai décidé de partir en pleine nuit le retrouver. » Tu sens un rire amer sortir de tes lèvres. Tu n’oublieras jamais ce garçon. Tu étais partie pour le retrouver caché dans l’obscurité de la nuit. Tu avais fait un caprice à ta mère pour qu’elle te laisse le rejoindre. Comme si c’était normal qu’une gamine de quinze ans reste seule avec un garçon de dix-sept dans une chambre. Tu étais si naïve à ce moment-là. Il t’a pris ce qu’il voulait et tu as abandonné une partie de toi entre ses draps. Tu t’étais retrouvé déçue de ce moment minable. Tu avais abandonné le domicile familial, tu avais crié à ta mère que tu l’as détesté pour ça ? Tu te revois marmonner entre tes dents en sortant de chez lui franchement mal à l’aise, dégoûtée de toi-même et avec un horrible pressentiment au fond du ventre. « Elle avait oublié une casserole sur la gazinière ce soir-là. Le feu a commencé dans son appartement et s’est très rapidement étendue. Ma mère est morte rapidement, la fumée à eue raison d’elle. Mon père a fait sortir mon frère de treize ans, il est rentré dans l’appartement pour me sortir à mon tour sauf que je n’y étais pas. Avant que les pompiers n’arrivent cinq personnes étaient mortes dont mes deux parents. » Ton âme n’était pas entachée que de la mort de tes parents. Tu le vois désormais avec clarté. Ce ne sont pas que les fantômes de ta famille qui hante ton regard bleu. Tu te sens responsable pour le feu. Pour la mamie seule dans son lit. Pour la famille vivant à côté de chez elle. Durant une seconde tu n’as pensé qu’à toi et à cause de ça un drame s’était étendu et avait entaché bien plus que ta famille, bien plus que ton âme, cela c’était répandu sur d’autres à cause de tes mauvais choix. Tu te revois courir vers ton frère et la gifle magistral qu’il t’a décoché en te voyant devant lui. Lui non plus ne t’a jamais pardonné. Il t’en voulait encore avant de mourir. Ton cœur se serre férocement dans ta poitrine en pensant qu’il était désormais parti loin de toi et vous n’avez jamais pu vous réconcilier. « Je crois que je suis morte ce soir là moi aussi. » Tu souffles cette phrase si doucement que tu n’es pas sûre que Maksim l’ait entendu. Tu te souviens de ton mutisme après, tu es resté dans un silence si pesant que les gens ne s’approchaient pas de toi. Puis tu es tombé sur une bouteille d’alcool. Sur de l’herbe. Et les paroles sont sorties toutes seules de tes lèvres. Ta personnalité a changé en même temps que les démons sortaient de ta tête. Très vite. Trop vite l’herbe et l’alcool n’étaient plus assez forts pour toi alors tu as plongé encore plus profondément. Où est passée la petite fille qui venait en aide à une mamie ? Tu t’es perdu Ju’. Tu t’es perdue depuis si longtemps que tu n’es pas sûre de pouvoir revenir un jour. Tu frottes doucement tes bras comme si tu pouvais retirer le froid recouvrant soudainement ta peau. Tu glisses ensuite tes doigts sur ton avant-bras afin de caresser les noms de tes fantômes que tu t’es fait tatouer avant de partir de Paris. Tu n’aurais pas dû le faire tu le sais parce que dès que tes paupières se soulèvent le matin tu ne vois que ça. Lorsque tes paupières se referment sur l’aube tu ne vois que ça. Tu n’as pas fait ça pour ne pas les oublier, non, tu l’as fait pour te punir toi-même. Tu te retournes légèrement vers Maksim avant de reprendre la parole. « Tu as encore de la famille en Ukraine toi ? » Tu ne cherches pas à esquiver, tu ne cherches pas à enfouir tes émotions de ton regard, tu essaies simplement de ne pas couler encore plus profondément dans le passé, tu espères seulement que tu ne vas pas trop loin. Tu espères seulement que tu ne vas pas le noyer à son tour dans un sombre passé.

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MessageSujet: Re: Go Against the Flow - (Maklie) Mar 16 Jan - 15:13

Go Against the Flow
Dans le fond, ce qui m’arrive est en quelque sorte un mal pour un bien. Sans toutes les facéties et les multiples caprices du destin, jamais je n’aurais eu la chance de goûter au vent de liberté qui anime la patrie au drapeau tricolore. Est-ce qu’il m’arrive de songer à ce que serait ma vie, si elle n’avait pas pris la tournure d’un thriller policier ou d’un roman d’espionnage ? Bien sûr. Tout le temps. Quelle existence pouvait bien mener le Maksim « d’avant » ? Etait-il un mouton de Panurge exécutant aveuglement les ordres qu’il recevait, ou avait-il au contraire l’âme d’un dissident ? Coulait et sabordait-il les sous-marins et les portes-avions ennemis basaient dans les confins de la Mer d’Azanov sans même l’ombre d’un rebord ? Etait-il au contraire conscient de la peine et du chagrin que ses actes causaient aux femmes, aux mères ou aux enfants des hommes auxquels il arrachait le dernier souffle ? Je ne sais pas. Ce que je sais en revanche, pour avoir failli la perdre, c’est que la vie est bien trop précieuse pour qu’on laisse un tiers vous la prendre. C’est fini. Il n’y aura plus de balles perforant les chairs. Plus de cliquetis métalliques de douilles venant mourir au sol. Plus de sang ruisselant et dessinant une auréole, autour d’un gisant se refroidissant et luttant pour capturer de faibles bouffées d’air. Plus de vies qui chavirent. Plus d’yeux mouillés. C’est fini … .

Vraiment ? Non, pas tout à fait. Il me reste encore quelques chargeurs à liquider. Quelques chiennes de vies à faucher. Celles des personnes ayant fait de moi un être insensible et au cœur de pierre. Un corps désincarné. Vide. Sans flamme. Eteint. Qu’importe s’il s’agit de grands pontes de la médecine estimés par leurs confrères, ou de hauts gradés bardés de médailles et autres décorations : il y passeront tous. Jusqu’au dernier. La vengeance, c’est tout ce qui me reste. Et après ? Irais-je mieux ? Aurais-je obtenu satisfaction ? Non, bien évidemment. Le mal est fait, c’est trop tard. Le Maksim « d’avant » est mort, et ce n’est certainement pas une vendetta gorgée d’animosité et d’acrimonie qui le ramènera. Je le sais. Cependant … je sens que c’est quelque chose de nécessaire. Comme un besoin oppressant et presque vital. C’est triste à dire, mais cela donne presque un sens à ma nouvelle existence. Une bonne raison de me lever le matin. Quand la justice des Hommes à échouer, il ne vous reste plus qu’un ultime recours : vous faire justice vous-même. Tant de progrès et d’avancé dans l’humanité, pour finalement en revenir à la loi du Talion. Les lumières se retourneraient probablement dans leur tombe, si elles pouvaient lire dans mes pensées. Désolé. Vraiment. Mais ça sera œil pour œil et dent pour dent. Quoi qu’on en dise et quoi qu’il m’en compte. Rassurez-vous, c’est encore trop tôt.

Pour l’heure, je dois me reconnecter au monde des hommes. Me fondre dans la masse. Adopter les codes qui régissent cette société afin de ne pas éveiller les soupçons. Sans oublier que le tireur ayant chercher à m’abattre peut être n’importe où ,et qu’à ce titre chaque individu représente une menace potentielle. Je m’efforce donc de vivre comme le plus français des ukrainiens, et de jouir de cette incroyable liberté se déclinant sous des formes infinies. Liberté d’expression, d’opinion, d’entreprendre, de culte ou encore de sexualité. Dommage qu’il ait fallu que je devienne le patient, ou plutôt le cobaye 9263 pour découvrir ces inestimables trésors. Perdre son humanité, ses émotions et ses sentiments était-il le prix à payer pour que j’y ai le droit ? Il faut croire que oui. J’esquisse un revers de la main tout en fermant les yeux et hochant la tête de gauche à droite, prouvant ainsi à Julie qu’elle n’a nullement besoin d’être désolée ou de s’excuser. Avant de répondre à sa question, je jette un bref coup d’œil aux personnes barbotant dans l’eau ou étant allongées de tout leur long sur un transat. Reportant ensuite mon attention sur elle, je lui réponds alors sur un ton ne laissant hélas rien transparaître : « C’est vraiment le jour et la nuit. Ici, on ne vit pas dans la peur de voir à tout instant la police débarquer chez vous, sous prétexte que t… que vous avez soit disant critiquer le pouvoir en place. »

« Les gens ne passent pas leur temps à s’épier, à se regarder avec méfiance ou à craindre d’être dénoncés. Là, c’est limite si on euh … si on se fiche de vous ? C’est comme ça qu’on dit, hein ? On peut faire à peu près ce que l’on veut sans redouter des représailles. On est libre d’être qui on est. C’est quelque chose de nouveau. De différent. Et qui est aussi très pl… plaisant. »
. J’ignore si je suis très clair. C’est vraiment frustrant de ne pas avoir les mots pour illustrer convenablement sa pensée. Voilà pourquoi en temps normal je préfère me taire ou répondre de façon sommaire. Etonnant d’ailleurs que je sois aussi volubile. Est-ce parce que … j’ai confiance en Julie ? Parce que d’une façon ou d’une autre, je me retrouve un peu en elle ? C’est une possibilité. En tout cas, je ne suis pas avare de paroles, lorsque je raconte mon histoire telle que j’aurais voulu qu’elle se déroule. Oui une fois de plus je me terre dans le mensonge. Oui je prends quelques liberté avec la réalité. Mais mettez-vous à ma place. Comment lui dire la vérité ? Une vérité que personne ne croirait ou n’est prêt à entendre. Est-ce le fait de le dire à voix haute ou tout autre chose mais, … . Pour la première fois depuis bien longtemps, je ressens quelque chose. Cependant, je suis bien incapable de dire ce dont il s’agit. Mon laïus s’interrompt aussitôt de manière abrupte, lorsque je sens une main fine et délicate se poser sur mon épaule.

Julie ? Je ne t’ai même pas vu ou entendu t’approcher. Un ange passe tandis que mes iris sombres souillent la clarté des siens. Une scène outrageusement cliché. Il ne manque plus que les sanglots longs d’un violon, pour que l’on se croit dans une mauvaise comédie romantique avec Katherine Heigl, au moment du french kiss en guise de happy end. La blonde aux yeux céruléens finit par détourner le regard. Puis, après s’être faite violence, elle décide à son tour de baisser le masque. La fêtarde fumant la vie par les deux bouts, laisse alors place à la femme morcelée et dans son nu le plus blême. Elle se raconte. Trouve la force et la confiance, de partager cet épisode douloureux de sa vie avec moi. Moi qui ne suis pourtant que le type austère et taiseux, venant tout les mardis soir faire le plein pour sa moto dans la petite station service où elle travaille. Les choses me semblent évidentes. Ce taedium vitae, cette mélancolie et ce dégoût pour la vie qu’arbore Julie prend soudainement tout son sens. Les relations conflictuelles avec ses parents, surtout sa mère. L’incendie. Les morts en cascade. Comment ne pas être rongé par la culpabilité jusqu’à la moelle après un pareil drame ? Si comme moi sa fierté et son orgueil la poussent à refuser les mains tendues, alors oui, alcool et drogues peuvent être de bonnes béquilles pour continuer à avancer. De guingois certes, mais continuer à avancer quoi qu’il en soit.

Sa voix oscille et vacille. Les mots deviennent plus sourds, plus étranglés. Ils ont de plus en plus de mal à franchir le seuil de ses lèvres. Qu’est-ce que les gens « normaux » disent dans ses moments là ? Qu’est-ce que l’on doit faire ? Enrouler un bras autour des épaules ? Donner une accolade réconfortante ? Je dois probablement être la dernière personne qui soit la mieux placée sur cette terre pour recueillir des confessions. Dessinant les pourtours de ma mâchoire, je me creuse la tête en quête des bons mots. Rien de bien sensationnel ne me vient à l’esprit. Tant pis, je prends quand même le risque de dire quelque chose qui soit d’une banalité affligeante : « On a sûrement déjà dû te le dire plus d’une fois et tu dois être fatiguée de l’entendre mais … ce n’était pas de ta faute. Ce que tu as vécu, je veux dire t’occuper et prendre soin d’une personne malade et déclinant de jour en jour, aucun adulte n’en est capable sans un minimum d’aide et de soutien. Comment une adolescente aurait-elle pu porter à bout de bras un tel fardeau ? A trop s’occuper des autres, il arrive un moment où l’on n’en peut plus et où l’on dit stop. Tu n’as pas à te sentir coupable. La façon dont tu as agi ce jour là … ce n’était pas de l’érgo… de l’égoïsme ou un caprice. Tu voulais seulement, l’espace d’un instant, avoir la vie qu’avaient toutes les filles de ton âge. C’est bien normal. Est-ce que le drame aurait pu être évité si tu avais été là ? »

« Peut-être. Peut-être pas. On ne pourra jamais le savoir. Toutes les personnes qui ont péris ce soir là, tu n’as pas à les avoir sur la conscience. Ton père a agi selon son instinct. La seule chose qui a dû importer pour lui, c’est que sa famille puisse être saine et sauve. Vous savoir en sécurité et à l’abri, c’était sûrement son vœu le plus cher. Je sais que je n’ai sûrement pas à te dire ça, mais je pense que où qu’ils soient à présent, tes parents n’aimeraient pas voir leur fille anno.. anéantie par le chagrin, et portant sur ses épaules ad vitam æternam la responsabilité de ce qui s’est passé ce soir là. Il n’est jamais trop tard pour renaître. »
. Je n’ai pas envie d’entre moralisateur et pontifiant. J’essaye juste d’apporter un peu de réconfort et de baume au cœur, à une personne qui en a cruellement besoin. J’ai beau faire de mon mieux, je sais bien que j’ai été gauche, maladroit et sans doute pas très délicat. Tout ce que j’espère, c’est de ne pas avoir accru le mal-être qui bouffe et gangrène Julie de l’intérieur. Cet évènement a beau être loin à présent sur la frise du temps, émotionnellement il est toujours bien présent. Comme une trace indélébile. Un supplice qui la tiraille et la martyrise, toujours un peu plus chaque jour. On reste sur le terrain de la famille, sauf que cette fois-ci, la balle est dans mon camp. Est-ce que j’ai toujours de la famille en Ukraine ? J’aimerais le savoir. Au fond moi, j’espère que non.

S’il existe des gens pour qui je compte ; une femme, des parents, des enfants ; alors je n’ose imaginer l’inquiétude et le calvaire qu’ils doivent endurer, à ne pas avoir de mes nouvelles. Désarmé et pris de court, j’ânonne pitoyablement quelques mots : « N-non. Enfin, je ne crois pas. ». Mauvaise réponse. Une fois encore. Quiconque sait si oui ou non il lui reste de la famille. On répond à cette question de façon franche par oui ou non. Voilà un exemple parfait des multiples « gaffes » que j’effectue à chaque fois que je discute avec Julie, et qui ont le don pour exacerber sa curiosité. Elle va rebondir là-dessus, et c’est bien normal. N’importe qui le ferait. Une fois n’est pas coutume, je vais avoir besoin d’une bonne explication. Qui sonne horriblement faux pour moi, mais qui pour le commun des mortels reste plausible. Mentir. Affabuler. Encore et encore. Un homme courant les yeux bandés vers un précipice. Voilà ce que je suis. Je m’assois sur le transat et fomente en quatrième vitesse un justification qui tient la route. Lorsque je la tiens, je relève la tête en direction de la jeune femme se tenant debout face à moi. Une mise en scène sous-entendant que bon gré mal gré, j’accepte de me plier à ce cérémonial des présentations. En toute honnêteté ? Pas si sûr.

Lui coupant donc l’herbe sous le pied et anticipant son éventuelle question, j’ajoute alors : « J’ai eu un accident de moto il y a quelques temps. Rien de bien méchant. « Juste » un trauph… traumatisme crânien. Le seul problème, c’est qu’à mon réveil j’ai oublié plusieurs pans de ma vie. Des fois, il arrive que je me souvienne de deux ou trois petites choses. Malheureusement, c’est toujours un peu confus et chaotique. Parfois, il suffit d’un son, d’une odeur ou d’une saveur pour qu’un souvenir me revienne. Parait que ça fait cela au début, puis qu’à force et avec le temps, on finit par retrouver cent pourcents de sa mémoire à long terme. ». Évidemment, les choses ne se sont pas passées comme ça. Cependant cela reste un scenario envisageable et auquel Julie peut croire. J’ignore combien de temps je vais bien pouvoir encore tenir. Plus j’apprends à la connaître, et plus il m’est difficile de lui faire avaler des couleuvres. Pourquoi ? Est-ce … parce que je tiens à elle ? Pfff, comment pourrais-je le savoir, je ne ressens toujours strictement rien. Mon regard remonte le long des jambes de la pompiste, pour finalement se poser sur ses grands yeux clairs. Cette fois-ci, c’est moi qui détourne en premier le regard cherchant un échappatoire en direction du bassin. Par honte ? Par embarras ? Par dégoût de soi-même ? Là encore, je ne sais pas.

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MessageSujet: Re: Go Against the Flow - (Maklie) Hier à 2:30


Go Against the Flow
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« C’est vraiment le jour et la nuit. Ici, on ne vit pas dans la peur de voir à tout instant la police débarquer chez vous, sous prétexte que t… que vous avez soit disant critiquer le pouvoir en place. » Effectivement tu pourrais bien hurler sur les réseaux sociaux, si tu y avais un compte, que le président en date est un con tu n’aurais certainement pas de problème avec la justice. Les journaux eux-mêmes critiquaient le pouvoir en place. La seule manière d’être embarqué par les flics c’est si tu lui tirais dessus. Ou qu’ils te voyaient avec un joint à la main aussi. La France sombre, il y a des morts sans arrêt dans ce pays qui semblait une terre tranquille pour ceux qui n’avaient jamais connu la luxure d’être heureux chez eux mais la police pouvait arrêter quelqu’un pour un peu de drogue ou des téléchargements illégaux. C’était hallucinant de voir ça. C’est ce qui te donnait un goût d’amertume dans la gorge quand tu pensais à cette France que tes ancêtres avaient tant aimés. Néanmoins tu n’étais pas assez idiote pour savoir qu’il y avait bien pire que tes petits soucis de bourgeois. La vie que Maksim avait dû connaître chez lui ne devait pas être magnifique. Surtout s’il comparait la France à l’Ukraine en te disais que c’était le jour et la nuit. Tu n’imagines même pas ce qu’était la nuit chez lui mais tu l’écoutes attentivement, curieuse de connaître son opinion sur ton pays natal. Limite si on se fiche de toi ? Oui ça résume assez bien la population française. Tu hoches la tête parce que tu comprends ce qu’il veut dire. Ce n’est pas négatif pour lui comme pour toi parce que vous voulez passer inaperçu mais tu sais que derrière les regards inexpressifs des habitants de Paris il y a bien du jugement. Tu te souviens de cette femme il y a quelques années qui a engueulé son gamin quand il s’est approché trop près de toi un matin. Tu marchais dans les rues, un énorme bleu sur ta pommette, une coupure à la lèvre et le regard vide de quelqu’un qui avait fait la fête toute la nuit. Elle s’est approchée de toi, elle a serré la main de son fils le plus fort possible et elle est partie en lui expliquant que les gens dans ton genre ne devaient pas être approché. Elle ne savait pas si tu avais été agressé. Si on t’avait fait du mal. Non ce qu’elle voyait c’étaient tes fringues trop courtes, ton teint cireux et tes yeux rouges. Ce qu’elle voyait c’était un déchet de plus qui ne devait surtout pas déposer ses mains sales sur la peau de son gentil ange. Tu t’étais sentie sale ce jour-là jusqu’à ce que la colère gronde au fond de toi, personne n’avait le droit de te toucher de cette manière. Personne n’avait le droit de te juger parce que sous les carapaces, les sourires et les beaux habits il n’y avait rien de plus que des ordures de plus. Sous le vernis des gens bien se trouvent généralement les créatures les plus dégueulasses qui existent sur terre. Tu préfères vivre parmi les déjections de Paris que dans des cages dorées. Parce que sous ton vernis Julie il y a un peu de douceur qui ressort parfois. Tu es souvent moqueuse, agressive et grande gueule mais tu peux sourire avec douceur quand la personne en face de toi en vaut la peine. « Les gens jugent silencieusement ici. Tu remarqueras leurs regards dédaigneux. Ils n’ont juste pas le courage de dire ce qu’ils pensent. » Tu hausses les épaules tu n’es pas comme ça toi, toi tu préfères dire ce que tu penses même si ça te fait passer pour la méchante. Le filtre coincé dans la tête des gens normaux ne s’est jamais construit chez toi, toi tu parles, tu parles et tu ne réfléchis pas. Tu pourrais rendre la drogue coupable de ce défaut mais tu te souviens de la gamine grande gueule que tu étais déjà autrefois. « Si tu as un jour l’occasion de parcourir un peu la France descends dans le Sud les gens y sont beaucoup plus sympathiques je trouve. » Voilà une étrange phrase qui sort de ta bouche, tu parles très peu de Marseille. Tu ne racontes pas ton passé mais parfois le sourire des commerçants, un bonjour d’un étranger dans une rue piétonne ça te manque un peu. Ici les gens vivent dans leurs bulles sans voir le reste du monde évoluer près d’eux.

D’ailleurs tu te plonges profondément dans ton passé afin de lui laisser le temps de te comprendre un peu. Pourquoi tu es aussi froide, aussi renfermée derrière ta prison de vices, pourquoi tu refuses de laisser les gens t’approcher à coup de regard langoureux, de jeux, à coup-de-poing parfois. Tu changes de tactique avec tes interlocuteurs dès qu’ils essaient de frôler tes cicatrices qui brillent encore au fond de ton regard bleu. Tu refuses de t’abaisser à parler. Tu refuses de parler depuis si longtemps que tu entends les mots qui vrillent tes tympans comme des balles sifflants près de tes oreilles. Tu n’es pas sur un champ de bataille et pourtant tu as l’impression d’esquiver la mort à chacun de tes mots. Les fantômes se retrouvent devant ton regard. La mamie. Tes parents. Le petit couple qui venait justes de se marier. La chaleur des flammes dansant devant ton regard. Les larmes d’Alexandre glissant le long de ses joues. Tu peux encore ressentir ses doigts sur ta joue. Tu peux encore entendre le crépitement du feu, ton regard rivé sur ton ancien appartement. Tu n’es plus devant Maksim. Tu n’as plus vingt-sept ans tu en as de nouveau quinze. Tu peux encore sentir sur ta peau l’odeur du premier garçon qui a frôlé ta peau. La spirale de tes pensées se mélange violemment au fond de ton crâne avant que Maksim se remette à parler. Ce n’était pas de ta faute. Tes yeux doivent sûrement s’écarquiller d’eux même sans que tu puisses faire quoi que ce soit. Une réaction de pure surprise se dessine sur ton visage en l’entendant dire cela.

Tu ne t’es jamais vu comme une adolescente aimante. Tu n’as jamais vu la tâche de surveiller cette femme un fardeau que tu n’aurais jamais dû porter. Tu l’aimais beaucoup alors tu le faisais avec plaisir. Lorsqu’il te demande si le drame aurait pu être évité si tu n’avais pas joué les gamines capricieuses tu connais ta réponse à cette question rhétorique. Oui. Si tu avais été là ce drame n’aurait jamais touché Marseille et ça tu le sais parfaitement bien. Tu ne gardes pas ce fardeau seulement pour te punir tu sais aussi que si tu avais été présente ton père serait vivant où tu aurais péri toi aussi dans l’incendie. C’est ce que tu aurais voulu au fond de toi et tant pis si ça fait de toi quelqu’un de suicidaire ça t’es totalement égal. Tu n’aurais jamais dû vivre avec cette faute sur le dos, surtout pas aussi jeune. Aucun gamin ne devrait vivre avec une telle culpabilité. C’est même étonnant que tu tiennes encore debout. Tu l’écoutes attentivement mais tu n’as réellement retenue qu’une seule chose ce n’était pas de ta faute. « Tu es la première personne à me dire que je ne suis pas responsable Maksim. » Tu te souviens que le reste des locataires te considérait comme responsable. Tu te souviens des regards mauvais lors de l’enterrement. Tu te souviens que même ton frère t’a dit que c’était à cause de toi. Tu as avalé ces accusations et elles se sont tranquillement installées au fond de toi. Chaque année de plus que tu passais sur cette terre les accusations grossissaient et te rongeaient de plus en plus férocement. Alors cette phrase est importante pour toi. Ça n’enlève pas le poids sur tes épaules, ça non mais ça apaise une douleur sourde qui vibre juste au fond de ta poitrine. Ça apaise un peu la gamine morte depuis cette nuit-là. Tu soupires doucement avant de reprendre la parole. « Pour te dire la vérité tu es même la première personne à connaître cette histoire sinistre. » Et là aussi c’était la vérité. Tu fais des cauchemars la nuit alors tu jettes tes amants avant de t’endormir, tu repousses ton meilleur ami quand il te serre entre ses bras quand tu hurles ta douleur dans ton sommeil. Lorsque tu es arrivé dans le foyer tu devais consulter un psychologue mais cette femme ne faisait que te juger. Elle te détaillait une lueur mauvaise au fond de son regard sombre. Elle avait tamponné sur ton front le mot « traînée » dès ton premier pas dans son bureau et si tu avais ouvert la bouche elle t’aurait sûrement rabaissé avec ses paroles acerbes. Tu entends encore le grincement de ses dents lorsqu’elle susurrait ton prénom. Elle le crachait comme une insulte. Tu avais cette horrible impression de n’être qu’une merde de plus sous ses Louboutin. Alors pas étonnant que tu n’aies rien dis après ça. « Mon frère m’en veut encore. » Tu grimaces légèrement sans avoir le temps de cacher la soudaine douleur qui traverse ta poitrine. Tu poses ta main sur ton cœur comme pour retirer la flèche accrochée à ton organe. Tu aimerais éviter qu’il sorte de ta cage thoracique et qu’il n’explose aux pieds de Maksim. « Il m’en voulait toujours je veux dire… » Tu te grattes la gorge doucement pour y chasser les sanglots qui risquent de s’accrocher à toi comme des sangsues. T’as aucune envie de parler de la mort de ton frère, c’est trop frais, trop douloureux. « Merci de ne m’avoir jamais jugé Maksim. » Tu grimaces un léger sourire, il est de travers tu le sens, tu n’arrives pas à ressortir totalement de ton passé mais tu tenais à ce qu’il sache que tu le remerciais de ne pas avoir jugé ce que tu avais fait. Il ne t’a pas non plus jugé lorsque tu étais défoncée et c’est assez rare pour le souligner.

Alors pour te sortir de ton propre tourment tu changes légèrement de sujet et tu l’interroges sur sa propre famille. Tu fronces les sourcils lorsqu’il te dit qu’il ne croit pas avoir de famille. Comment peut il ne pas savoir ça ? Lorsqu’il te parle d’un accident de voiture, lorsqu’il te parle d’amnésie tu sens une envie monter au fond de toi. Tu sais que ça doit briller au fond de ton regard, tu aimerais vraiment être amnésique toi aussi. Tu effacerais même les bons moments. Tu effacerais les joies mais aussi les pleurs. Tu effacerais Alexandre, tes parents, de ta mémoire sans aucun remord si ça pouvait te laisser respirer normalement durant une seule minute dans ta vie. Puis tu imagines ce que ça doit être de se rappeler au fur et à mesure. Ça doit être bien pire que de ressentir, peut être que lui t’envie de te rappeler de tous ça. Tu baisses les épaules, soudainement fatiguée par tes propres émotions contradictoires. « A ton avis qu’est ce qui est le mieux ta situation ou la mienne ? Ne pas se souvenir ou vivre avec ses démons ? » Tu poses cette question sans aucune arrière-pensée, sans aucune agressivité tu aimerais vraiment avoir son avis sur cette question. Tu n’arrives pas vraiment à départager ce que tu voudrais. Tu prends une grande inspiration. « Je n’ai jamais eu autant envie de boire qu’en cet instant. » Tu grommelles cette phrase pour toi-même. Jusqu’à présent le manque était fort mais là tout de suite ? Tu te noierais dans une bouteille de whisky sans aucun remord. Elle était plus simple ta vie quand tu n’étais pas réellement sur terre et que tu volais à travers les nuages de cocaïne.

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MessageSujet: Re: Go Against the Flow - (Maklie) Hier à 21:00

Go Against the Flow
Formuler des jugements à l’emporte-pièce. Tout le temps. A tort et à travers. Comme une sorte de seconde nature chez l’être humain. Fait ou idée reçue ? Le si peu que j’ai vu et dont je me rappelle pour l’instant, me laisse à penser que c’est hélas un fait. D’ailleurs, j’en ai eu la preuve pas plus tard que tout à l’heure lorsque je suis arrivé ici. Avec la réceptionniste. Enfin, la nana travaillant à l’accueil. Bref, je ne sais pas comment il faut dire. Elle n’a pas eu besoin de dire quoi que ce soit, son regard s’en est chargé pour elle. Trop insistant pour relever de la politesse. Trop moraliste pour être innocent ou je-m’en-foutiste. Qui sont ces héliastes de la vie de tout les jours ? Ont-ils un profil type ? L’âge rentre-t-il en ligne de compte ? Pas sûr. Cette fille était bien plus jeune que moi, et pourtant cela ne l’empêchait pas d’avoir une façon de penser sectaire et réactionnaire. A mon sens, tout du moins. Est-ce donc une coquetterie ainsi qu’une singularité typiquement franco-française ? C’est peu probable. Ailleurs, ce n’est sans doute pas mieux. Où que l’on soit, il y a de la haine dans tout les yeux. La France pays des droit de l’Homme : ok. La France modèle de démocratie et terreau historique des libertés : ok. La France terre d’accueil : pas pour tout le monde apparemment. La remarque de Julie, vis-à-vis de la population parisienne, vient conforter ma première impression. Sourcils haussés et tête opinant avec approbation, seul un furtif « hum » rebondit contre mes lèvres celées.

Les parisiens auraient-ils perdu leur âme dans le rythme, l’effervescence et la frénésie urbaine qui les happent ? L’autre est-il devenu une menace ? Une source de peur, d’incertitude et d’insécurité ? Doit-on le briser et le reconstruire encore et encore, jusqu’à ce qu’il soit conforme à sa propre image et qu’il puisse être admis dans le cercle ? Si tel est le cas, c’est bien triste. Et assez inquiétant, je dois dire. Hum. Cet élitisme et ce caractère nombriliste, doivent sûrement être propres aux gens de la capitale. Il en va sans doute de même dans les grands centres névralgiques des autres pays. Les habitants de Kiev considèrent sûrement aussi qu’il n’existe pas mieux qu’eux, et que les autres n’ont d’autre choix que de les imiter, s’ils désirent réussir. Peut-être qu’il demeure en province, quelques derniers bastions où le brassage des cultures et la mixité des individus, s’élèvent en maîtres ? De petits havres de paix où il fait probablement bon vivre. De ce côté là, et si j’en crois les paroles de Julie, il y a peut-être de l’espoir. Les gens résidant dans les régions méridionales de l’hexagone, sont selon elle plus sympathiques. Ca, je veux bien le croire. Je me souviens qu’en Ukraine, nous avons un proverbe qui dit euh … . Bon, la traduction est probablement un peu approximative et cela rend sans doute mieux en ukrainien. « Bonté et gentillesse éclosent et croissent au soleil ». Comme quoi, il y a sans doute un peu de vrai là-dedans.

Acquiesçant de nouveau du chef et esquissant une illusion de sourire, je tapote ma tempe à l’aide de mon index. L’air de dire : « Je tâcherais de m’en souvenir ». Ou encore, « J’y ferais attention, si l’occasion m’est donnée de m’y rendre un jour ». Південь. Le Sud. Ce sud qui tente et attire les âmes aspirant à débarbouiller le gris du ciel. Synonyme de dolce vita, de lendemains qui chantent et de doux embruns. Ce même sud qui pourtant est devenu en un claquement de doigts pour Julie, un véritable enfer ainsi qu’une fournaise. Que peut-on faire après être rescapé d’un pareil cataclysme ? Partir. Tout laisser derrière soi. Appliquer la politique de la terre brûlée. C’est une possibilité. En tout cas, c’est humain et cela se comprend. Julie a fait ce choix. S’en aller loin. Là où les nébuleuses sont reines et où le chant des cigales laisse place aux vrombissements sourds des moteurs. Un exil qui pour elle prend également un amer goût de pénitence. Survivre, se reconstruire et tenter d’expier une faute qu’elle s’impute : tels sont les parfums de sa vie désormais. Non. Je refuse de croire en ce fataliste, et au fait qu’elle soit condamner à inexorablement couler, quoi qu’elle puisse faire. N’en démordant pas, je confirme mes propos tenus plus tôt sur un ton qui à défaut d’être persuasif ou convainquant, se veut neutre : « Évidemment que tu n’y es pour rien. ».

« Ce n’est pas comme si tu avais sciamm… volontairement mis le feu ou que tu étais officiellement responsable de cette personne âgée. Les personnes à blâmer sont celles travaillant dans un organisme de santé, si cette dame était sous tit.. tutelle, et sa famille qui l’a délaissé au lieu de prendre soin et veiller sur elle. Tu n’as rien fait de mal. Tu n’es pas coupable. Je… je pense qu’il est temps que tu t’en convainques. »
. Bien sûr, tout ceci est nettement plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens. Elle vit depuis tellement longtemps avec cet atroce sentiment d’autopunition, qu’il faudra beaucoup de temps avant qu’elle n’accepte de voir les choses sous cet angle. Ou pas ? Peut-être qu’elle avait simplement besoin de l’entendre de la bouche de quelqu’un pour avoir le déclic ? En tout cas, j’aurais au moins eu le mérite de planter une petite graine. A voir après si l’idée fait son chemin, ou si cella restera lettre morte. Je trouve simplement que … que ce n’est pas juste. Julie est quelqu’un de bien. Elle le cache et le dissimule derrière une carapace aux allures de bunker, mais je sais qu’elle est intrinsèquement et foncièrement gentille et humaine. Elle mérite tellement mieux que d’être en proie à des innombrables démons et autres fantômes du passé. Hum. Oui, il faudra beaucoup de temps j’imagine. Ce sentiment de culpabilité est en effet d’autant plus grand à cause de son frère.

Ce frère avec lequel elle était brouillée, et qui a rendu l’âme sans qu’elle n’ait pu faire la paix avec lui. Comment continuer à vivre lorsque vous êtes convaincu qu’une personne s’en est allée en vous haïssant de tout son être ? A mon tour, je souhaite poser une main lénifiante sur son épaule, mais décide finalement de me raviser, préférant les paroles seules : « On en veut toujours à ceux qui restent. Je… je pense qu’il a sans doute essayé plus d’une fois de faire table rase du passé et de reprendre contact avec toi, sans jamais trouver la manière et l’occasion. On ne peut pas ha… haïr aussi longtemps une personne avec laquelle on partage le même sang. ». Ah oui ? Qu’est-ce que j’en sais après tout. De quel droit j’ose lui dire une chose pareille ? Moi qui ne suis qu’une coquille vide. Un homme sans racine ni passé, comme créé ex nihilo. En tout cas, son vote de confiance à mon égard me fait plaisir. Du moins, il me le ferait si j’étais « comme tout le monde ». Est-ce par gêne que je baisse la tête et mire le dallage, lorsqu’elle me révèle que je suis la première personne à qui elle raconte cette histoire ? Sans doute. Honteux et confus qu’elle me donne du vrai, de l’authentique, du sincère, et qu’en échange, je ne lui propose que du toc, du factice et du contre-plaqué. Nos histoires sont si proches et pourtant si différentes. Les questions existentielles, Julie en a les réponses et préférerait pourtant les ignorer, tant elles lui sont douloureuses et insupportables.

Moi ? Oh eh bien moi, je donnerais tout pour pouvoir y répondre. J’ai beau les déclamer, les crier ou les hurler, il n’y a guère que l’écho qui me répond. Qu’y a-t-il de pire entre la peste et le choléra ? Entre savoir et ne pas savoir. Ce dilemme semble également tarauder Julie. Il me faut un certain temps avant de répondre à son interrogation. Comme si j’avais du mal à assimiler ses mots. Finalement et suite à un soupir et un haussement d’épaules, je me hasarde à dire : « Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Je pense que … que l’on a besoin de savoir qui on est et d’où l’on vient pour pouvoir avancer, mais paradi… étrangement l’ignorance peut avoir du bon. On suit deux trajectoires opposées. Tu tentes d’oublier et d’échapper à ton passé, quand moi j’essaye de me le réapproprier. C’est un peu comme si tu dévalais à la hâte un escalier pour fuir ce qui se trouve au niveau supérieur, tandis que j’essaye de le gla… de le gravir, pour découvrir ce qu’il y a. ». Je n’ai jamais été très doué pour formuler des images ou des métaphores, mais celle-ci me semble coller parfaitement à la situation. Pour faire des choix non plus visiblement. A mon sens, je n’ai pas répondu de façon catégorique à sa question. C’est tout moi ça. Toujours le cul entre deux chaises, serpentant entre deux eaux. Adepte du « faut-il, faut-il pas ». Connaître son histoire, mais en même temps en redouter sa contenance.

Cela serait tellement plus simple de tirer un trait sur tout ça, et tout recommencer à zéro. Mais l’être humain est un chef-d’œuvre de complexité et a une sainte horreur de la simplicité. Je n’échappe pas à la règle. Boire ? Oui, j’imagine que c’est sans doute ce que les gens font, lorsque la situation pèse sur le plan psychologique et émotionnel. Nous sommes deux forteresses. On garde et intériorise tout. Si quelqu’un a le malheur de s’approcher trop prêt de nos défenses, on sort les pics et les hallebardes. Nerver complain, nerver explain. Aller contre notre nature a rendu les dernières minutes très éprouvantes. Aussi bien pour elle que pour moi. Une petite œillade vers la grande pendule numérique siégeant au dessus du bassin, m’apprend qu’il est un peu plus de dix-neuf heures. Les gens quittent tour à tour la piscine, comme s’il s’y jouait un remake des « Dents de la mer ». Maîtres nageurs et surveillants s’affairent à ranger les accessoires nautiques en plastique, ou je ne sais quelle matière. Tapant sur mes cuisses pour me donner du courage, je me relève en déclarant : « Ca, cela peut s’arranger. Tu connais l’Interplay ? Les avis sur internet le dépeignent comme étant le meilleur bar de tout le sud de Paris. ». Du moins, c’est ce que j’ai crû comprendre. Certains étant écrits dans un langage résolument jeun’s, je ne suis pas sûr d’avoir tout saisi. Je plie ma serviette en deux sur la largeur, l’enroule autour de mon cou laissant ainsi les deux pans reposer sur ma poitrine, puis demande à Julie sans sourire ni intonation montante, comme il est d’usage de le faire en français lorsqu’on pose une question : « Je t’invite ? ». Eh bien, que de surprises ! D’abord je parle et me confie comme jamais, puis maintenant, voilà que je recherche la compagnie de quelqu’un. On serait presque en droit de se demander où est passé le Maksim silencieux et solitaire.

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Homeless
Sometimes I wonder if I miss my home. Then I don’t know why I'm​ not scared anymore. On the next move you can be anywhere. There must be a reason why we are here. And all the way you're sailing. Until this day this route has made me. Take it away to new place. Let all your dreams find their way.
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Go Against the Flow - (Maklie)

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